lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

200107

Chansons (paroles et musique) de William Sheller

Le carnet à spirale

J'ai encore perdu ton amour tu sais
J'peux pas m'souvenir de ce que j'en ai fait
Je l'ai pourtant rangé comme il fallait
C'est pas croyable comme tout disparaît

Mais j'ai trouvé dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique

J'ai un à un fouillé tous nos secrets
J'n'ai rien trouvé dans le peu qu'il restait
Sous quelques brouilles au fond sans intérêt
Des boules de gomme et des matins pas frais

Mais j'ai gardé dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique

J'ai encore perdu ton amour c'est vrai
Mais après tout personne n'est parfait
Si tu n'en as plus d'autres, c'est bien fait
Tant pis pour moi, j'étais un peu distrait

Je garderai dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique


Fier et fou de vous

On pourrait croire, qu'on lui fait des misères
A sa façon de pleurer sur mes genoux
Mais j'veux plus être son papa ni son grand frère
C'sont pas des rôles qui j'peux jouer jusqu'au bout
Pas du tout

J'lui dis y a des gens sur terre
Qui chantent autour de nous
Moi, je n'vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

Pourtant est-ce que j'peux être plus sincère
J'ai parfois du mal à joindre les deux bouts
Mais depuis l'année où je suis revenu d'la guerre
J'ai jamais manqué à ses rendez-vous
Pas du tout

J'lui dis y a des gens sur terre
Qui pleurent autour de nous
Moi je n'vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

Déjà quand elle voulait être écuyère
Elle m'écrivait qu'elle n'était pas bien chez vous
Mais qu'elle n'voulait pas risquer sa vie entière
Sur mon histoire qui n'tenait pas debout
Voyez-vous

J'lui dit y a des gens sur terre
Qui dansent autour de nous
Moi, je ne vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

William Sheller


 

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L'araignée du soir

araign_e_toile

L'araignée du soir

Dans son hamac de toile,
d'argent et d'or,
à la belle étoile
l'araignée s'endort.

Comme sur la mer
le voilier qui danse,
elle se balance
dans un courant d'air.

L'araignée du soir
rêve de voyages,
loin de son grillage,
en pays d'espoir ...

Le temps d'une nuit,
petite acrobate,
l'araignée oublie
son fil à la patte.

Antoine Bial


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Ma Vie - Henri Michaux

Ma Vie

Tu t'en vas sans moi, ma vie.
Tu roules.
Et moi j'attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t'ai jamais suivie.
Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.
A cause de ce manque, j'aspire à tant.
A tant de choses, à presque l'infini...
A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes.

Henri Michaux 1899-1984 ("La Nuit Remue")

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Lo que dejé por ti - Rafael Alberti

Lo que dejé por ti

Dejé por ti mis bosques, mi perdida
arboleda, mis perros desvelados,
mis capitales años desterrados
hasta casi el invierno de la vida.

Dejé un temblor, dejé una sacudida,
un resplandor de fuegos no apagados,
dejé mi sombra en los desesperados
ojos sangrantes de la despedida.

Dejé palomas tristes junto a un río,
caballos sobre el sol de las arenas,
dejé de oler la mar, dejé de verte.

Dejé por ti todo lo que era mío.
Dame tú, Roma, a cambio de mis penas,
tanto como dejé para tenerte.

Rafael Alberti

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Renouveau - Gaston Couté

Renouveau

Ben oui, notre amour était mort
Sous les faux des moissons dernières,
(La javelle fut son suaire ...)
Ben oui, notre amour était mort,
Mais voici que je t'aime encor !

Pan pan ! pan pan ! à grands coups sourds,
Comme lorsqu'on cloue une bière,
J'ai battu les gerbes sur l'aire ;
Pan pan ! pan pan ! à grands coups sourds
Sur le cercueil de notre amour !

Et pan pan ! les fléaux rageurs
Ont écrasé, dessous leur danse,
Le bluet gris des souvenances
(Et pan pan ! les fléaux rageurs !)
Avec le ponceau qu'est mon coeur !

Dedans la tombe des sillons
Quand ce fut le temps des emblaves,
Comme un fossoyeur lent et grave,
Dedans la tombe des sillons
J'ai mis l'amour et la moisson.

Des sillons noirs un bluet sort
Tandis qu'une autre moisson bouge ;
Avec un beau ponceau tout rouge,
Des sillons noirs un bluet sort,
Et voici que je t'aime encor !

Gaston Couté  (voir ci-contre pour d'autres poèmes)

Posté par de passage à 15:30 - JEHAN RICTUS et GASTON COUTÉ z'ont mal tourné - Permalien [#]

Ballade du dernier amour - Charles Cros

Ballade du dernier amour

Mes souvenirs sont si nombreux
Que ma raison n'y peut suffire.
Pourtant je ne vis que par eux,
Eux seuls me font pleurer et rire.
Le présent est sanglant et noir ;
Dans l'avenir qu'ai-je à poursuivre ?
Calme frais des tombeaux, le soir !...
Je me suis trop hâté de vivre.

Amours heureux ou malheureux,
Lourds regrets, satiété pire,
Yeux noirs veloutés, clairs yeux bleus,
Aux regards qu'on ne peut pas dire,
Cheveux noyant le démêloir
Couleur d'or, d'ébène ou de cuivre,
J'ai voulu tout voir, tout avoir.
je me suis trop hâté de vivre.

je suis las. Plus d'amour. je veux
Vivre seul, pour moi seul décrire
Jusqu'à l'odeur de tes cheveux,
Jusqu'à l'éclair de ton sourire,
Dire ton royal nonchaloir,
T'évoquer entière en un livre
Pur et vrai comme ton miroir.
je me suis trop hâté de vivre.

envoi

Ma chanson, vapeur d'encensoir,
Chère envolée, ira te suivre.
En tes bras j'espérais pouvoir
Attendre l'heure qui délivre ;
Tu m'as pris mon tour. Au revoir.
je me suis trop hâté de vivre.

Charles Cros 1842-1888 ("Le coffret de santal")

Posté par de passage à 15:30 - "LETTERA AMOROSA" : POÉSIES "hors classe" - Permalien [#]

L’école - Gaston Couté

L’école

Les p’tiots matineux sont ’jà par les ch’mins
Et, dans leu’ malett’ de grousse touél’ blue
Qui danse et berlance en leu’ tapant l’cul,
I’s portent des liv’s à coûté d’leu pain.

L’matin est joli coumm’ trent’-six sourires,
Le souleil est doux coumm’ les yeux des bétes...
La vie ouvre aux p’tiots son grand liv’ sans lett’es
Oùsqu’on peut apprend’ sans la pein’ de lire :
Ah ! les pauv’s ch’tiots liv’s que ceuss’ des malettes !

La mouésson est mûre et les blés sont blonds ;
I’s pench’nt vars la terr’ coumm’ les tâcherons
Qui les ont fait v’ni’ et les abattront :
Ça sent la galette au fournil des riches
Et, su’ la rout’, pass’nt des tireux d’pieds d’biche.
Les chiens d’ deux troupets qui vont aux pâtis,
Les moutons itou et les mé’s barbis
Fray’nt et s’ent’erlich’nt au long des brémailles
Malgré qu’les bargers se soyin bouquis
Un souér d’assemblé’, pour eune garçaille.
Dans les ha’s d’aubier qu’en sont ros’s et blanches,
Les moignieaux s’accoupl’nt, à tout bout de branches,
Sans s’douter qu’les houmm’s se mari’nt d’vant l’Maire,
Et i’s s’égosill’nt à quérrier aux drôles
L’Amour que l’on r’jitt’ des liv’s de l’école
Quasi coumme eun’ chous’ qui s’rait pas à faire.
À l’oré’ du boués, i’ s’trouve eun’ grand crouéx,
Mais les peupéiers sont pus grands dans l’boués.
L’fosséyeux encave un môrt sous eun’ pierre,
On baptise au bourg : les cloches sont claires
Et les vign’s pouss’ vart’s, sur l’ancien cim’tière !

Ah ! Les pauv’s ch’tiots liv’s que ceuss’ des malettes !
Sont s’ment pas foutus d’vous entrer en tête
Et, dans c’ti qu’est là, y a d’quoué s’empli l’cœur !
À s’en empli l’cœur, on d’vienrait des hoummes,
Ou méchants ou bons — n’importe ben coumme ! —
Mais, vrais coumm’ la terre en friche ou en fleurs,
L’souleil qui fait viv’e ou la foud’ qui tue.
Et francs, aussi francs que la franch’ Nature,
Les p’tiots ont marché d’leu’s p’tit’s patt’s, si ben
Qu’au-d’ssus des lopins de seigle et d’luzarne,
Gris’ coumme eun’ prison, haut’ coumme eun’ casarne
L’École est d’vant eux qui leu’ bouch’ le ch’min.

L’mét’ d’école les fait mett’e en rangs d’ougnons
Et vire à leu’ têt’ coumme un général :
« En r’tenu’, là-bas !... c’ti qui pivott’ mal !...»
Ça c’est pou’ l’cougner au méquier d’troufion.

On rent’ dans la classe oùsqu’y a pus bon d’Guieu :
On l’a remplacé par la République !
De d’ssus soun estrad’ le mét’ leu-z-explique
C’qu’on y a expliqué quand il ’tait coumme eux.
I’ leu’ conte en bieau les tu’ri’s d’ l’Histouère,
Et les p’tiots n’entend’nt que glouère et victouère :
I’ dit que l’travail c’est la libarté,
Que l’Peuple est souv’rain pisqu’i’ peut voter,
Qu’les loués qu’instrument’nt nous bons députés
Sont respectab’s et doiv’nt êt respectées,
Qu’faut payer l’impôt... « Môssieu, j’ai envie ! ...
— Non ! .., pasque ça vous arriv’ trop souvent ! »
I veut démontrer par là aux enfants
Qu’y a des règu’s pour tout, mêm’ pou’ la vessie
Et qu’i’ faut les suiv’ déjà, dret l’école.

I’ pétrit à mêm’ les p’tits çarvell’s molles,
I’ rabat les fronts têtus d’eun’ calotte,
I’ varse soun’ encr’ su’ les fraîch’s menottes
Et, menteux, fouéreux, au sortu’ d’ses bancs
Les p’tiots sont pus bons qu’â c’qu’i’ les attend :

Ça f’ra des conscrits des jours de r’vision
Traînant leu’ drapieau par tous les bordels,
Des soldats à fout’e aux goul’s des canons
Pour si peu qu’les grous ayin d’la querelle,
Des bûcheux en grippe aux dents des machines,
Des bons citoyens à jugeotte d’ouée :
Pousseux d’bull’tins d’vote et cracheux d’impôts,
Des cocus devant l’Église et la Loué
Qui bav’ront aux lèv’s des pauv’s gourgandines,
Des hounnètes gens, des gens coumme i’faut
Qui querv’ront, sarrant l’magot d’un bas d’laine,
Sans vouèr les étouel’s qui fleuriss’nt au ciel
Et l’Avri’ en fleurs aux quat’ coins d’la plaine !...

Li ! l’vieux mét’ d’école, au fin bout d’ses jours
Aura les ch’veux blancs d’un déclin d’âg’ pur ;
I’ s’ra ensarré d’l’estime d’tout l’bourg
Et touch’ra les rent’s du gouvernement...

Le vieux maît’ d’écol’ ne sera pourtant
Qu’un grand malfaiseux devant la Nature !..

Gaston Couté

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Le Gâs qu’a mal tourné - Gaston Couté

Le Gâs qu’a mal tourné

Dans les temps qu’j’allais à l’école,
— Oùsqu’on m’vouéyait jamés bieaucoup, —
Je n’voulais pâs en fout’e un coup ;
J’m’en sauvais fér’ des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m’barbouillin tout’la figure,
Au yeu d’aller apprend’ mes l’çons ;
C’qui fait qu’un jour qu’j’étais en classe,
(Tombait d’ l’ieau, j’pouvions pâs m’prom’ner !)
L’ mét’e i’ m’dit, en s’levant d’ sa place :
« Toué !... t’en vienras à mal tourner ! »

Il avait ben raison nout’ mét’e,
C’t’houmm’-là, i’d’vait m’counnét’ par cœur !
J’ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m’a point porté bounheur ;
J’ai trop aimé voulouèr ét’ lib’e
Coumm’ du temps qu’ j’étais écoyier ;
J’ai pâs pu t’ni’ en équilib’e
Dans eun’ plac’, dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu’on n’y foute
Pâs grand chous’ de tout’ la journée...
J’ai enfilé la mauvais’ route !
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !

À c’tt’ heur’, tous mes copains d’école,
Les ceuss’ qu’appernin l’A B C
Et qu’écoutin les bounn’s paroles,
I’s sont casés, et ben casés !
Gn’en a qui sont clercs de notaire,
D’aut’s qui sont commis épiciers,
D’aut’s qu’a les protections du maire
Pour avouèr un post’ d’empléyé...
Ça s’léss’ viv’ coumm’ moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner !
J’pense queuqu’foués... et ça m’fait d’la peine :
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !

Et pus tard, quand qu’i’s s’ront en âge,
Leu’ barbe v’nu, leu’ temps fini,
I’s vouéront à s’mett’e en ménage ;
I’s s’appont’ront un bon p’tit nid
Oùsque vienra nicher l’ ben-êt’e
Avec eun’ femm’... devant la Loué !
Ça douét êt’ bon d’la femme hounnête :
Gn’a qu’les putains qui veul’nt ben d’moué.
Et ça s’comprend, moué, j’ai pas d’rentes,
Parsounn’ n’a eun’ dot à m’dounner,
J’ai pas un méquier dont qu’on s’vante...
Moué ! j’sés un gâs qu’a mal tourné !

I’s s’ront ben vus par tout l’village,
Pasqu’i’s gangn’ront pas mal d’argent
À fér des p’tits tripatrouillages
Au préjudic’ des pauv’ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss’es légum’s, des hauts placés.
Et quand, qu’à la fin d’leu carrière,
I’s vouérront qu’i’s ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n’fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu’i’s ont fait leu’s affères...
Moué ! j’s’rai un gâs qu’a mal tourné !

C’est égal ! Si jamés je r’tourne
Un joure r’prend’ l’air du pat’lin
Ousqu’à mon sujet les langu’s tournent
Qu’ça en est comm’ des rou’s d’moulin,
Eh ben ! i’ faura que j’leu dise
Aux gâs r’tirés ou établis
Qu’a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm’ des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu’ j’leu’ dis’ qu’ j’ai pas mis l’nez
Dans la pâté’ sal’ de leu-z-auge...
Et qu’c’est pour ça qu’j’ai mal tourné !...

Gaston Couté 1880-1911 ("La Chanson d’un gâs qu’a mal tourné")

Posté par de passage à 15:00 - JEHAN RICTUS et GASTON COUTÉ z'ont mal tourné - Permalien [#]

Sardines à l’huile - Georges Fourest

Sardines à l’huile

Sardines à l’huile fine
sans tête et sans arêtes.
(Réclames des sardiniers, passim.)

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée...
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !...

Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !...

Georges Fourest 1867-1945 ("La Négresse blonde")

Posté par de passage à 14:56 - POÉSIE d'humour, dérision, parodie - Permalien [#]

Le hareng saur - Charles Cros

Le hareng saur

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Charles Cros 1842-1888 ("Le coffret de santal")

Posté par de passage à 14:50 - POÉSIE d'humour, dérision, parodie - Permalien [#]