lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

070407

Lise Mathieu - Le bonheur ne dort que d'un oeil

Le bonheur ne dort que d'un oeil, c'est le titre du recueil de poésies de Lise Mathieu (née en 1943), prix Max-Pol Fouchet 2006 (Éditions Le Castor Astral - L'Atelier Imaginaire).

Elle se présente ainsi dans sa lettre à Guy Rouquet, fondateur du Prix MP Fouchet :
" Je peux rester plusieurs jours sans écrire, et je me sens alors un peu moins moi-même, enfermée dehors, avec les pigeons du balcon. [...] Ecrire, c'est rattraper ces petits riens qui se carapatent comme des billets de mercure et s'en vont faire les malins sitôt hors de portée.[...] Je n'écris pas comme je respire .[...] La poésie rouvre comme une blessure l'énigme d'être au monde et le mystère d'être soi, et me permet cependant de vivre un peu plus, un peu mieux, un peu plus libre.[...] "livre_lise_mathieu

Jean Métellus écrit en préface : "Ce n'est pas sans un frémissement ni un certain éblouissement qu'on entre dans l'univers de Lise Mathieu ..."

et sur la quatrième de couverture :
Le bonheur ne dort que d'un œil est un livre vif et chaleureux, aux phrases dépouillées comme des constats :
La substance des rêves
Scintille au ras de l'herbe.

Il nous révèle une poésie préoccupée d'intériorité, mais aussi habitée par les saisons, les éclosions, le passage des comètes et les feux éteints des anciens hommes. Écrits à l'encre du ciel et des collines, ces poèmes nouent un dialogue avec l'eau, les éléments, les odeurs de terre et d'eau, le parfum des feuilles mortes. Les mots de Lise Mathieu tissent l'espérance et la mélancolie, une joie profonde et le sentiment de la mort, le déchirement du temps qui passe et la bouleversante légèreté d'être. Ce livre est aussi tonique qu'une marche en forêt et reposant comme une fin de promenade ...


Matin de printemps

Les yeux fermés
Couchée sur le dos
Devant la fenêtre
Je coule dans la rivière du temps

Flocons de soleil

Douleurs d'enfance
Douceur d'abeilles

Tout est né d'aujourd'hui
Un cœur immense s'appuie
Contre le mur de ma chambre

Lise Mathieu ("Le bonheur ne dort que d'un oeil" - partie 2 : "J'ai traversé les saisons")


L'idée du bonheur

Sur la colline d'en face
À peine lisibles
Trois vaches bougent
Leurs dos blancs
Dans la simplicité du champ

La nuit va tomber

Un ciel rouge
Un ciel
Difficile à comprendre
Semble dire

Maintenant

Lise Mathieu ("Le bonheur ne dort que d'un oeil" - partie 3 : "L'idée du bonheur")

Posté par de passage à 18:30 - Des POÈTES et de la POÉSIE - Permalien [#]