lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

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Auteurs A - PRINT POÈTES 2013 EN FRANÇAIS - Corinne Albaut - Pierre Albert-Birot

PRINT POÈTES 2013 : LES VOIX DU POÈME EN FRANÇAIS

AUTEURS lettre A

- Corinne Albaut -

livre_comptines_rentr_eCorinne Albaut écrit, publie, interprète des comptines pour les petits.
Elle dirige aussi la collection "Les Romans Bleus" (Gulf Stream éditeur - 2006), pour les ados de 11 à 14 ans, dans laquelle elle a écrit Chicago Blues. D'autres romans sont parus chez Acte Sud junior.
Dans la jolie collection
"Les Petits Bonheurs", toujours chez Acte Sud junior, on trouvera plusieurs petits recueils intitulés "Comptines pour ...", à commander et à recommander aussi aux parents (6,50 € chacun en librairie).

 

Les trois classes

Dans la classe
de Monsieur Leblond,
On cultive des potirons.

Dans la classe
de Madame Levert,
On cultive des primevères.

Dans la classe
de Mademoiselle Legris,
On cultive des radis.

Dans son bureau
La directrice, elle
fait pousser des myosotis.

Corinne Albaut ("Comptines pour la rentrée des classes" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

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Une autre comptine, trouvée dans le recueil "Comptines pour compter" :
 

Sept jours sur sept 

Sept jours, dans la semaine,
    Pour porter tout ce que j'aime.
Lundi, mon tee-shirt canari,
    Mardi, mon pull gris souris,
    Mercredi, mon short kaki,
    Jeudi, mon bermuda fleuri,
    Vendredi, ma chemise bleu nuit,
    Samedi, mon polo cramoisi,
    Dimanche, ma casquette blanche.

Chic, des pieds à la tête,
    Sept jours sur sept.

Corinne Albaut ("Comptines pour compter" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

logo_cr_ation_po_tique À la manière de Corinne Albaut : " Dans la classe de ... "

On trouve dans le recueil cité deux autres variantes de cette comptine. Leur structure peut être reprise et adaptée au cours d'une séance de création poétique orale en maternelle. L'occasion de jouer avec les sons, les rimes. Voyez ICI un exemple de ce travail dans une classe de CP.

À la manière de " Sept jours sur sept ... " 

Exemple proposé par le blog lieucommun, avec des rimes  ou assonances diverses :

Une semaine de vacances

Sept jours, dans la semaine,
Pour faire tout ce que j'aime.
Lundi, gagner à la loterie
Mardi, acheter un hélicoptère
Mercredi, faire le tour de la Terre

Jeudi, acheter un paquebot
Vendredi, voyager jusqu'à Rio
Samedi, la semaine s'achève,
Dimanche, me reposer de mes rêves.

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Pour le thème de la voix, une comptine très expressive :

Cadeaux par ci, jouets par là

Qu' y a-t-il dans ce paquet-ci ?
Qu' ya-t-il dans ce paquet-là ?
Oh, le beau jouet que voici !
Oh, le beau jouet que voilà !
Moi, je préfère celui-ci.
Moi, je préfère celui-là.
Celui-ci est à moi, mais si !
Mais celui-là, je n'en veux pas.

Tu le gardes pour aujourd'hui
Et demain, on échangera.
Encore un paquet par ici !
Oh, encore un paquet par là !

Corinne Albaut

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La comptine qui suit est présente avec d'autres sur le site de l'auteure, à visiter ici :
http://www.corinne-albaut.fr

Les sauterelles


Deux sauterelles au bord de l’eau,
jouent à qui saute le plus haut.
- Hop ! c’est qui ?
- Hop ! c’est moi !
Hop, par-ci,
Hop par-là !
A force de sauter,
Elles tombent dans l’eau glacée.
- Hou ! c’est froid !
Sortez-nous de là !

 

Corinne Albaut


- Pierre Albert-Birot -

livre_albert_birot_amusements_naturelsPierre Albert-Birot (1876-1967), est un écrivain, poète, metteur en scène et dramaturge de théâtre. Sculpteur aussi avec "La veuve", oeuvre monumentale commandée par l'état.
Il a côtoyé, dans la revue SIC (Sons, Idées, Couleurs et Formes) dont il est le fondateur, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Max Jacob, Pierre Reverdy, Philippe Soupault, Tristan Tzara ...

Proche des surréalistes, sans vraiment appartenir à ce mouvement, il joue avec les mots, les sons et les graphies.

"Que vas-tu peindre, ami ?
- L'invisible.
- Que vas-tu dire, ami ?

- L'indicible, Monsieur,
car mes yeux sont dans ma tête".


N'ayez pas peur, c'est un poète.

Pierre Albert-Birot

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Le thème de la voix trouve ici une interprétation originale, avec ce Poème à crier et à danser, qui est aussi une oeuvre graphique, un poème à voir :

Poème à crier et à danser

êêêê    èèè     éé
a   ouou        a   ouou        êê
(1) Bing - - - - - - - - - bing - - - - - - - -
(1) brrrrrrr  - - - - brrrrrrrr         tzinnn
(1) ô - - - - ô - - - - ôôô
a  iii     a  iii     a  iii        i   i   i
âo     âo     âo     âo     âo     âo      tzinnn
âo     âo     âo     âo     âo     âo      tzinnn
rrrrrrrrr          rrrrrrrrr
rrrrrrrr
(2) ououououououououououou
(3) uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
i

notes de l'auteur : (1) prolonger le son - (2) mettre la main en soupape sur la bouche - (3) mettre la main en porte-voix
Pierre Albert-Birot ("Poème à crier et à danser" - chant 3 - ces poèmes sont parus en 1917 dans la revue SIC).

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D'autres poèmes à dire :

 

Cœur cœur cœur 

Cœur cœur cœur
Ton cœur bat trop fort
Toctoctoc toctoctoc
Quel printemps dans ton cœur
Il bat double
Il bat triple
Toctoctoc toctoctoc
Il bat les ans froids
Il bat les ans chauds
Il bat les ans fluides
Ton cœur bat trop fort
Le cœur de ton corps
Le cœur de ton âme
Ton cœur est en flammes
Etends-toi toujours
Cette onde courte qui t’emporte
Eh quoi déjà si loin déjà si loin
Déjà si près déjà si près
Déjà si loin déjà si loin

Pierre Albert-Birot

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Admiration

J'ai été devant les maisons de la ville
Et j'ai dit C'est admirable
J'ai été devant les roues et les machines
Et j'ai dit C'est admirable
Et j'ai été devant les monts immobiles
Et j'ai dit C'est admirable
J'ai été devant les mers bleues les mers vertes
Et j'ai dit C'est admirable
J'ai été devant les arbres des forêts
Et j'ai dit C'est admirable
Et j'ai été devant les grosses bêtes
Et j'ai dit C'est admirable
Et j'ai été devant les petites bêtes
Et j'ai dit C'est admirable
Et j'ai été devant les femmes
Et j'ai dit C'est admirable
Et j'ai été devant les hommes
Et j'ai dit C'est admirable
J'ai été devant l'ombre

Et j'ai dit C'est admirable
Et devant la lumière
Et j'ai dit C'est admirable

Parce que j'ai regardé

Pierre Albert-Birot ("Grabinoulor - réédité aux éditions jean-michel place, 2007) - absence de ponctuation respectée

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L'oreille fine (titre proposé)

L'herbe dites-vous
Ne fait aucun bruit pour pousser
L'enfant pour grandir
Le temps pour passer
Vous n'avez vraiment pas l'oreille fine.

Pierre Albert-Birot (Poème 88 à lire dans "Cent dix gouttes de poésie" - éditions Seghers, 1952)

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Le silence (titre proposé)

Ni ombre ni lumière
Pas un mot
On tend la main pour cueillir le silence
C’est le silence
Qui prend la main.

Pierre Albert-Birot

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Chatterie

Chat chat chatte
Noir et blanc
Jour couchant
Prends ma patte
Dans ta main
Trop humain
Trop humain
Trop félin
Trop félin
Ton nez rose
Me repose
Des maisons
Des raisons
Mes prisons
Tu t'en fiches
Tu te niches
Sur mon cou
Ton miaou
Me câline
Dodeline
Ton ronron
Me fait rond
Le coeur blond
Amoureuse
Et frileuse
Tu me dis
Mon ami
L'heure sonne
Mais personne
Que nous deux
Poil soyeux
Qui se joue
Sur ma joue
L'allumeur
Le bruit meurt
Chatte et homme
Font un somme
Plus un bruit
C'est la nuit

Pierre Albert-Birot ("Les amusements naturels" - éditions Rougerie, 1985)

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Ça (titre proposé)

Ça dans ma main c’est moi
ça sous mes pieds c’est moi
ça devant moi c’est moi
mais l’autre pareil
prend ce que je prends
marche sur ma marche
voit ce que je vois
et me dit que c’est lui
mais je dis tout est moi
tout et toi
lui dit je
je dis JE et je me serre la main
avec MA main.

Pierre Albert-Birot


- Alphonse Allais -

chat_noir_cabaretAlphonse Allais  (1854-1905) est un poète, nouvelliste, journaliste, humoriste français, plus connu par ses nouvelles et ses facéties de journaliste (entre autres un pseudo-courrier des lecteurs et des compte-rendus de soi-disants faits divers loufoques), que par ses poésies.
C'est au cabaret du Chat noir, avec d'autres humoristes, écrivains et poètes, qu'Alphonse Allais a pratiqué divers jeux de poésie.
Alphonse Allais était né au Havre (Calvados), et bien que disparu, La Bibliothèque de Lisieux nous donne à cette adresse de bonnes nouvelles de l'écrivain :
http://www.bmlisieux.com/litterature/allais/allais.htm

"Le caoutchouc serait un matériau très précieux, n'était son élasticité
qui le rend impropre à de nombreux usages."

Alphonse Allais

Déjà publié dans PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes voici une excellente occasion de "révisionner" votre subjonctif. On trouve ce texte souvent raccourci. Il est ici intégral et conforme à l'original.

Ce poème est à dire en insistant sur les subjonctifs tordus que l'auteur a  revisités et parfois assassinés
  :

Complainte amoureuse

Oui dès l'instant où je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis ?
De quelle cruauté vous fûtes ?
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis ;
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid, voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le dise,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez ;
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !

Alphonse Allais (texte publié dans "Le Journal")
C'est aussi une chanson, que Juliette Gréco a interprétée, sur une musique de Jean Spanos.

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autre texte à dire en détachant la moralité saugrenue :

La fille du vieux Peau Rouge

La brune Shemulpa, fille du vieux Peau Rouge,
Apprenait à danser avec que sa maman.
Or, sa maman lui dit : " Eh là, ma pauvre enfant,
Tu sautes bien fort.
C'est le ventre qui bouge,
Non tout le corps.
Danse avec moi et fais le pas très sagement."

Moralité : Le pas sage de la mère rouge


Alphonse Allais (dans "Le Journal" en novembre 1899)


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