lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

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PP 2013 VOIX - traductions - auteurs en espagnol - Antonio Machado

PRINT POÈTES 2013 : LES VOIX DU POÈME TRADUCTIONS

AUTEURS de langue espagnole

- Antonio Machado -

Antonio Machado (1875-1939) est un poète espagnol de la Génération de 98, mouvement "Moderniste" initié par le poète espagnol Rubén Darío. C'est d'ailleurs après sa rencontre avec Rubén Darío et d'autres poètes comme Verlaine et Paul Fort, que Machado publie son premier livre de poésies en 1903 : Soledades (Solitudes).
Il soutient par ses écrits la jeune République Espagnole de 1936, mais La Guerre civile d'Espagne se termine en 1939 par la victoire des Nationalistes et la dictature du Général Franco.
Contraint de s'exiler en France, comme des milliers d'Espagnols, c'est à Collioure (Pyrénées-Orientales), qu'il meurt, à "trois pas" de la frontière. Là se trouve sa tombe.

Machado dort à Collioure

Trois pas suffirent hors d'Espagne

Et le ciel pour lui se fît lourd

Il s'assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours ...


Louis Aragon (extrait de "Les poètes") - Texte mis en musique et chanté par Jean Ferrat
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Petits poèmes d'Antonio Machado  qu'on retrouvera dans les comptines et chansons en espagnol (page 1) :

La plaza

La plaza tiene una torre,
la torre tiene un balcón,
el balcón tiene una dama
la dama tiene una flor.

Antonio Machado

La place (adaptation en français : lieucommun)

La place a une tour,
la tour a un balcon,
le balcon a une dame,
la dame a une fleur.

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La primavera

La primavera ha venido
nadie sabe cómo ha sido.
Ha despertado la rama
el almendro ha florecido.
En el campo se escuchaba
el gri del grillo.
La primavera ha venido
nadie sabe cómo ha sido.

Antonio Machado

Le printemps (adaptation en français : lieucommun)

Le printemps est arrivé
personne ne sait comment.
Il a réveillé les branches
l'amandier a fleuri.
Dans les champs on écoutait
le gri-gri du grillon.
Le printemps est arrivé
personne ne sait comment.

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Autres poèmes d'Antonio Machado :

Tout passe et tout demeure

Tout passe et tout demeure
mais nous, nous devons passer
passer en traçant des chemins
des chemins sur la mer.

Voyageur, c'est la trace de tes pas
qui est le chemin, et rien d'autre ;
voyageur, il n'y a pas de chemin,
tu fais le chemin en marchant.

...

C'est en marchant que tu fais le chemin
et si tu regardes en arrière
tu vois le sentier
que jamais tu ne fouleras à nouveau.

Voyageur ! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

Antonio Machado ("Proverbes et Chansons" - XIV)

Traduction et adaptation Lieucommun  du texte original ci-dessous

Todo pasa y todo queda (court extrait)

Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.
...
Caminante son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino
se hace camino al andar.

Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.

Caminante no hay camino
sino estelas en la mar...

Antonio Machado ("Proverbios y Cantares" - XIV)

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Un autre passage du même long poème :

J'aime les mondes fragiles* (titre proposé : subtils, délicats, fragiles ... )

Je n'ai jamais recherché la gloire
Ni voulu laisser ma chanson
dans la mémoire des hommes ;
Mais j'aime les mondes fragiles,
légers et gracieux
Comme bulles de savon.

J'aime les regarder se colorer
de soleil et d'écarlate, voler
sous le ciel bleu, trembler
soudainement et se disloquer.*

* traduction modifiée en février 2013

Antonio Machado ("Proverbes et Chansons" - XIV)

* sutiles : subtils, délicats, fragiles ...
Traduction et adaptation Lieucommun  du texte original ci-dessous :

Yo amo los mundos sutiles

Nunca perseguí la gloria
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles
como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse

Antonio Machado ("Proverbios y Cantares" - XIV)

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Le soleil est une boule de feu

Le soleil est une boule de feu,
La lune est un disque violet.

Une blanche palombe se pose
Au sommet du cyprès centenaire.

Les parterres de myrtes semblent
fanés et couverts de poussière

Le jardin et le calme de l'après-midi ! ...
L'eau chante à la fontaine de marbre.

Antonio Machado

Traduction et adaptation Lieucommun  du texte original ci-dessous

El sol es un globo de fuego

El sol es un globo de fuego,
la luna es un disco morado.

Una blanca paloma se posa
en el alto ciprés centenario.

Los cuadros de mirtos parecen
de marchito velludo empolvado.

¡El jardín y la tarde tranquila!...
Suena el agua en la fuente de mármol.

Antonio Machado


La primavera besaba

La primavera besaba
suavemente la arboleda,
y el verde nuevo brotaba
como una verde humareda.
Las nubes iban pasando
sobre el campo juvenil ...
Yo vi en las hojas temblando
las frescas lluvias de abril.

Sous l'amandier du printemps,
tout chargé de fleurs,
– je me suis souvenu –, j'ai maudit
ma jeunesse sans amour.

Aujourd'hui, au milieu de ma vie,
j'ai fait une pause pour méditer ...
Jeunesse jamais vécue,
je voudrais tant te rêver encore !

Antonio Machado

Traduction et adaptation Lieucommun  du texte original ci-dessous :

Le printemps embrassait

Le printemps embrassait
suavement la forêt,
et le vert nouveau émergeait
comme une verte fumée.

Les nuages allaient passant
sur la campagne nouvelle ...
Je vis trembler sur les feuilles
les pluies fraîches d'avril.

J'aime les regarder se colorer
de soleil et d'écarlate, voler
sous le ciel bleu, trembler
soudainement et se disloquer.

Antonio Machado (Páginas escogidas, "Soledades, Galerías y otros poemas" 1907, 1919 et dans "Obras completas")


 

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