lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

310317

pour ma muse même quand elle me fait défaut

Le dernier mot 

Autoniver et printété
C'est le bicycle des saisons
Oubliant toute gravité
La Terre ne tourne plus rond.

Les mots se percutent, s'encastrent
Au sens propre défigurés
Incommunicable désastre
Du langage dénaturé.

On économme l'écriture
On réductionne le dico
On taille, on jette aux dépodures
Les lettres usagées des vieux mots

Et nous passagers sages sages
Passifs dans nos canapéros
Irrésistants à l'élangage
Fini de se payer de mots

Ouvrons les yeux fermons la porte
Aux colporteurs du baragouin 
Qu’il reste à jamais lettre morte
Donnons pas notre langue aux chiens

S'il faut l’écrire en toutes lettres 
et appeler un mot un mot 
Prenons les au pied de la lettre
Ils n'auront pas le dernier mot.

Antoine Bial - mars 2017


 

Le dernier poème *
à ma muse

Ma muse ne s’amuse pas des jeux de mots,
Pour prendre un vers ell’ tourne pas autour du pot,
Les calembours alambiqués la déconcertent,
Et je trafique le lexique en pure perte.


Elle se méfie des vers à pied, beaucoup trop fins
Qu’on croit saisir mais qui toujours tombent des mains
Elle n’aime pas compter pour rien, et ça l’agace
De vérifier que chaque pied est à sa place.

Pour la garder il faut renoncer à la rime,
Quand la métrique est aussi nulle, on la supprime,
Cachez vos paires d’hémistiches, alexandrins,
Ce coup classique ne prend plus dans mes quatrains.

J’ai entrepris de lui servir quelques vers libres
Mal inspirés, tous en parfait déséquilibre
Aucun effet d’ivresse ni de griserie
Je crois bien qu’elle ne goûte plus la poésie.

C'était écrit voici le tout dernier poème
Il faut savoir se séparer de ce qu’on aime

Déjà ma plume entame une métamorphose
Je vais tenter de lui fair’ voir la vie en prose.

Antoine Bial

rien à voir avec Robert Desnos,
ce texte est un jeu de langage à ne pas prendre au sérieux

Posté par de passage à 10:31 - Permalien [#]