lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

170210

C'est la neige

Panorama_carri_res_neige

C'est la neige
qui libère le paysage
de sa longue peine de couleurs

C'est la neige
qui le détache de l'horizon
efface les traces de ses erreurs

lui délivre le secret des espaces vierges

et dans la parenthèse des nuits blanches
le prépare
en silence
à l'épreuve du printemps

A Bial

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fl_che_verte_basles liens poésies pour la classe sont plus basfl_che_verte_bas

 

 


BROCANTE, VIDE-GRENIER, FOIRE À TOUT

dans le Val d'Oise et les Yvelines, et dans l'Eure et l'Oise autour du Vexin et du Mantois

Broc_Beynes_190909_panorama_ch_teau_2
Panoramique de la brocante de Beynes (78) samedi 12 sept 2009 (ph lieucommun)

DIMANCHE 28 FÉVRIER 2009 :cliquez ici > Champagne sur Oise, Douville sur Andelle



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230209

être et avoir été

"On ne peut pas être et avoir été" - proverbe créé par Chamfort (1740-1794) - "Maximes et anecdotes".

Auxiliaire de vie

Je voudrais conjuguer encore le verbe être
à la première des personnes du présent,
lui murmurer du bout des lèvres qu'on peut être,
et avoir été, exceptionnellement.

Je voudrais conjuguer encore au temps qui passe
le même rêve dérisoire et important,
si les formes du verbe avoir un jour s'effacent,
le verbe être est invariable à tous les temps.

Je voudrais conjuguer encore le verbe être
à mes personnes familières du présent,
je suis, tu es, nous sommes, c'est ma raison d'être,
et d'avoir été, exceptionnellement.

Bial


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100608

PRINTEMPS DES POÈTES 2008 : Contribution à "l'Éloge de l'autre"

                                                                                                       À quelques heures du solstice d'été, Antoine Bial faitportail_rouill_2 ses adieux au Printemps 2008.

Photo Lieucommun : "Entre-nous" - 2008









Entre nous

Nous entre nous reconnus familiers
eux tous pareils étranges étrangers

Nous entre nous à demi-mot compris
eux tous pareils charabia gribouillis

Nous entre nous ici et maintenant
eux tous pareils là-bas la nuit des temps

Nous entre nous dans notre monde à part
Nous entre nous prisonniers des miroirs.

Antoine Bial

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200108

Une bal(l)ade pas si classique :

colonne


village_et_ibis








Au fil du temps

Sur le Nil bleu glisse la voilevillage_Nour_el_Baald
Glisse l'ibis en voile blanc,
Le Nil dessine, voie royale,
Au fil de l'eau, le cours du temps.

D'ocre et de pourpre, les villages
Découpés sur le désert blanc,

Ouvrent d'anciens livres d'images,

Au fil de l'eau, glisse le temps.

Le Nil protège la lumière
Du dieu Amon dans son miroir,

Entre deux ciels, entre deux terres,

Au fil de l'eau, glisse l'Histoire.


Architecte au pays de sablebarque_Nil_bleu
Dans la vallée des pharaons,
Le Nil invente, inépuisable,
Des paysages de limon.

Il marie les parfums d’orange,
De mimosa et de jasmin,
Que la brise légère échange
Aux deux rives de son jardin.

Quand la nuit referme, complice,hibiscus
Les fleurs carmin de l'hibiscus,
Il enroule ses hiéroglyphes
Dans le secret des papyrus.

Sur le Nil bleu glisse la voile
La nuit, dans ses voiles d'argent,

Berce le Nil sous les étoiles,

Au fil de l'eau, glisse le temps.

Antoine Bial / Photos Lieucommun - clic > agrandirnuit_sur_le_Nil


  • Un ancien livre d'images : le temple de Kom-Ombo, dédié à Sobek, le dieu crocodile.
  • Une voile et un ibis en voile blanc, entre Kom-Ombo et Edfou.
  • Village sur le désert, près de Médinet-Habou, Vallée des Reines.
  • Le Dieu Amon dans son miroir, entre Kom-Ombo et Edfou.
  • Des hibiscus, entre Assouan et Kom-Ombo. Il s'agit de l'hibiscus sabdariffa, à ne pas confondre avec l’hibiscus plante d'intérieur aux fleurs blanches ou de couleurs vives. Il en existe de différentes couleurs, et on fait en Égypte une infusion avec les fleurs : le karkadé.
  • Le Nil la nuit, sous les étoiles.

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171007

Liquidation

_cran_plat_soleil_couchant

Liquidation

Soleil couchant dénaturé
coupé-collé d'un seul déclic
mis dans la boîte numérique

Soleil couchant prêt-à-poser
sur fond d'écran cristaux liquides
Window
fenêtre ouverte sur le vide

...

Laissée pour compte à l'horizon
la nuit se fait une raison
on vend
le soleil au plus offrant

Désolé pour la planète
il faut faire place nette
profitez de l'occasion
on liquide
les derniers rayons.

Antoine Bials.

A. Bial (photomontage Lieucommun)


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210807

Mauvaise herbe

Villers__tang_fleur_jaune_c_j_aq

(Photo Lieucommun : mauvaise herbe, 1er juillet 2007 - 11h 20 - Vexin)

Je me souviens
de vos racines arrachées
de vos branches cassées
de vos feuilles brûlées
au soleil rouge de l'Histoire
Je me souviens
de la mauvaise graine
emportée en terre inconnue
par le vent noir de l'exil
Mauvaise graine
mauvaise herbe
condamnée à se perdre
dans le Mystère de l'Identité Nationale.

Antoine Bial ("C'est comme ça")           


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200807

Cheval de retour, mis en pièce

  tasse_de_pur_sang_blogP'tit jus de cheval pressé (Photo : lieucommun)
On a un faible pour ce texte, dérangé certes, mais pas plus que le reste du monde. Alors on vous le ressert, bien serré, avec mise en scène d'une pièce, en un seul acte cruel.

Le titre : Cheval pressé

Le décor : Un café PMU de quartier en fin de matinée. Garçon classique. Quelques parieurs au comptoir, brouhaha de conversation hippique. Dans la petite salle, deux ou trois tables, et la même ambiance.
Un cheval nu pénètre au grand galop dans le café, il s'accoude sans façons sur le zinc, entre deux clients. Les conversations s'arrêtent un instant, les parieurs de comptoir s'écartent, impressionnés, et puis le bruit de fond reprend, atténué.

Le cheval, ton précipité, haché, heurté :

S’il vous plaît,
vite fait,
au galop,
un p’tit jus,
bien serré,
vite bu,
au comptoir,
pas le temps
de m’asseoir,
j’ai rencard
à Longchamp.

Le serveur, calme, professionnel :

- Oui monsieur le Cheval,
je vous sers sans retard …

Le cheval avale le "p'tit jus" et, ton précipité, haché, heurté :

Bu d’un trait ...
goût de sang
votre jus …
Robusta
tropical,
je parie ?

Le serveur, ton haché, précipité, comme s'il se moquait du cheval :

- Non monsieur
le Cheval,
pas du tout,
du pur sang
d’étalon,
car ici,
voyez-vous
c’est un Bar-
PMU – Boucherie.

puis lugubre :

Le matin, on prend les paris,
et le soir on liquide les chevaux perdus ...

et puis amical, en chantonnant :

Vous avez des courses à faire ?
repassez dans la soirée,
je vous offrirai un verre ...

temps d'arrêt, clin d'oeil :

... si vous n’êtes pas pressé.

Rideau.

Cette courte pièce dure 1 min 10" pour 24 m2 de plateau. On cherche un garçon de café au chômage qui n'aurait plus rien à perdre ni à gagner, et un acteur sur le retour aussi, of course, pour le rôle du cheval. Qualité requise : beau débit.
Si ça intéresse un producteur, il est possible de doubler la durée du spectacle en laissant retomber le rideau plus lentement.
L'auteur ne répond pas des accidents.

A.Bial ("Reprises")


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210607

Été - AB

graffiti_je_t_aime_mai_2007_blog
Photo Lieucommun mai 2007  : 1e personne du Présent des poètes

Été

Perdu la saison
ce matin
il paraît
pour trois lettres.

Lettres mortes
hors sujet
participe passé
du verbe être.

Gardons le thème
et la raison
conjuguons
les "je t'aime"
hors saison
au Présent des poètes.

A Bial

Posté par de passage à 14:49 - Antoine Bial - choses vues ou presque - Permalien [#]

050507

choses vues ou presque

pont_Seine_train_blog

On peut changer l'horizon (Photo Lieucommun : (clic>agrandir)

Chanson pour changer l'horizon*

         aux choses qu'on ne voit pas, ou presque

Sur le pont de l' A20
on voit passer le train
entre ciel et bidons

Ils ont tiré un trait
de béton et d’acier
la ligne d’horizon

Sous le pont de l' A20
le printemps a repeint
en couleur nos bidons

Le soleil est monté
sur les tôles rouillées
avec tous ses rayons

Il nous fait miroiter
un éternel été
une belle saison

Un jour il faudra bien
sous le pont de l 'A20
se faire une raison
 
Nous tirerons un trait                                      
sur nos vies enfermées
entre ciel et bidons

Et nous prendrons le train
sur le pont de l' A20
pour changer l'horizon.

Antoine Bial ("choses vues ou presque")

*On a essayé de lui faire comprendre qu'il faut dire  "changer d'horizon", mais AB tient à "changer l'horizon" ... Têtu, hein !


 

Posté par de passage à 16:06 - Antoine Bial - choses vues ou presque - Permalien [#]

100307

Contribution au printemps

arbre_bord_Seine

Écriture essentielle

Il écrit
sur toutes ses feuilles
des mots
que seuls comprennent
les oiseaux.

Il sait la vanité des saisons,
alors de temps en temps
il efface tout
et recommence.

Jamais les mêmes oiseaux,
jamais le même printemps.

Un jour peut-être
nous saurons lire
dans les arbres.

A. Bial  ("choses vues ou presque")

 

 

Photo Lieucommun

Posté par de passage à 08:00 - Antoine Bial - choses vues ou presque - Permalien [#]