lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

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féminin des autres - Europe méditerranéenne

EUROPE MÉDITERRANÉENNE

GRÈCE 

Constantin Cavafy (1863-1933), ou Konstandínos Kaváfis, est considéré comme l'un des plus importants poètes grecs modernes, avec le poète contemporain Yannis Ritsos. Il est pourtant né et a passé la plupart de sa vie en Égypte, à Alexandrie, où il est né et où il repose.

Il n'a rien publié de son vivant, se contentant de distribuer des feuillets imprimés de ses poèmes.

J'ai regardé si fixement la beauté ...

J'ai regardé si fixement la beauté que mes yeux sont tout pleins d'elle.
Lignes du corps, lèvres empourprés, membres voluptueux,
chevelures évoquant celles des statues grecques, toujours belles,
même quand elles sont en désordre et tombent un peu sur les fronts blancs.
Visages de l'amour, tels que les désirait mon art…
Visages rencontrés furtivement dans mes nuits,
dans les nuits de ma jeunesse…

Constantin Cavafy

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Yannis Ritsos (1909-1990)

Jour vert

Jour vert ardent, bonne pente parsemée
Clochettes et bêlements, myrtes et coquelicots...
La jeune fille tricote les objets de sa dot
Le jeune homme tresse des paniers
Et les boucs, le long du rivage
Lèchent le sel blanc.

Yannis Ritsos

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Des filles grêles

Des filles grêles
Sur le rivage
Récoltent le sel
Courbées, elles ne voient pas la mer
Une voile
Une voile blanche leur fait signe du large
Elles ne l'ont pas aperçue et la voile noircit de tristesse 

Yannis Ritsos

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Costas Kalatzis est un poète grec contaemporain.

La mère du proscrit (passages)

(...)

Tu es mon dernier fils et ton absence pèse
Et va peser encore pendant des siècles
Plus noire que la nuit je m'en vais devenir
Et me mettre à errer telle un spectre
J'entends au dehors comme une plainte
La plainte déchirante de notre chien
Je m'en vais errer et les montagnes les vallons
Les plaines les torrents m'interrogeront.
A mon passage les sources feront silence
Des incendies s'allumeront à ma poitrine
Les étoiles la lune le soleil m'interrogeront
Et je n'aurai le coeur de leur répondre

(...)

J'ai reçu ta lettre si amère
Comme tes nouvelles sont navrantes
O reviens mon enfant je t'attends
Reviens et moi l'infortunée j'ouvrirai mes ailes
Pour t'en recouvrir tendrement
Mon coeur ressentira une douceur infinie
Quand il t'aura près de lui, mon fils
Que de fois j'aurai nourri la mort
L'aurai nourri jusqu'à satiété
Dans ma vieillesse pour me contenter
Je n'attends plus qu'un signe de toi.

Costas Kalatzis


ITALIE 

Giacomo Leopardi (1798-1837), est un grand poète et philosophe italien.

À Silvia (extraits)

Silvia, te souvient-il encore
Du temps de cette vie mortelle,
Quand la beauté brillait
Dans tes yeux fugitifs et riants,
Et que, pensive et gaie, tu gravissais
Le seuil de la jeunesse ?

Sonnaient les calmes
Voûtes, et les rues alentour,
À ta chanson sans fin,
Alors qu’assise à ton œuvre de femme
Tu t’appliquais, heureuse
De ce vague avenir que tu rêvais en toi.
C’était mai plein d’odeurs, et tu aimais
Passer ainsi le jour.

(...)

Je tendais mon oreille au son de ta voix
Et de ta main rapide
Qui parcourait l’âpre toile.
Je contemplais le ciel serein,
Les rues dorées et les vergers,
Là-bas la mer, au loin, et là les monts,

(...)
Avant que l’hiver même eût desséché les feuilles,
Toi, frappée, vaincue d’un mal obscur,
Tu périssais, fillette. Et tu n’as point connu
La fleur de tes années,
Ton cœur ne s’est ému
Sous la tendre louange de tes cheveux de jais,
De tes yeux amoureux et craintifs,
Et près de toi tes amies, aux jours de fête,
D’amour n’ont pas parlé.

... Ah ! comme,
Comme tu t’es enfuie,
Chère compagne de mon jeune âge,
Mon espérance pleine de larmes !
C’est donc cela, le monde ? Cela, l’amour,
Et les plaisirs, les aventures, les travaux
Dont nous avions tant devisé ensemble ?
(...)

Giacomo Leopardi ("Chants", traduction de Michel Orcel)

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Patrizia Cavalli est née en 1947.

Même quand la journée ... (extrait)

Même quand il semble que la journée
a passé comme une aile d’hirondelle,
comme une poignée de poussière
jetée et qu’il n’est pas possible
de ramasser et que la description
le récit ne trouvent nécessité
ni écoute, il y a toujours un mot
un petit mot pour dire
qu’il n’y a rien à dire.

Patrizia Cavalli ("Mes poèmes ne changeront pas le monde"- traduction de Danièle Faugeras et Pascale Janot - Éditions des Femmes, 2007)

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Sandro Penna (1906-1977). 

Femme dans le tram

Tu veux embrasser ton enfant qui ne veut pas :
il aime regarder la vie, dehors.
Alors tu es déçue, mais tu souris :
ce n'est pas l'angoisse de la jalousie
même si déjà il ressemble à l'autre homme
qui pour "regarder la vie, dehors"
t'a laissée ainsi ...

Sandro Penna ("Une ardente solitude" - traduit par Bernard Simeone, éditions La Différence, 1989) 



Posté par de passage à 15:40 - PRINT POÈTES 2010 : LE FÉMININ DES AUTRES - Permalien [#]

féminin des autres - Europe Ouest - Îles Britanniques... - France des régions et d'Outremer

EUROPE DE L'OUEST

ALLEMAGNE

Sarah Kirsch, née en 1935, est considérée comme la plus grande poétesse actuelle de langue allemande.

source de la présentation et du poème : site officiel du Printemps des Poètes ; "Couleur femme"

Sur les lieux

La neige pénètre les contours des forêts
Forêts nordiques de hêtres en ce temps
Courbée la neige qui tombe
Se coule au corps noir de la forêt.
Rouges les feuilles sur les racines
Au-dessus des cimes le ciel couleur de soupe au lait
Les flocons ont des allures de suie.
Tandis que les cristaux se modifient
Que des semaines durant ils tombent à terre
Dressent des remparts à mi-hauteur du coeur.

texte original :

Ort und Stelle

Es schneit in die Konturen der Wälder
Nördliche Buchenwälder zu der Zeit
Gebogen paBt der Schneefall
Schwarzgrauem Waldleib sich an.
Rot das Laub auf den Wurzeln
Über den Kronen im Milchsuppenhimmel
Erscheinen die Flocken wie RuB
Indem die Kristalle sich wandeln
Wochenlang niederstürzen
Türmen sie Wälle halb vor das Herz.

Sarah Kirsch ("Chaleur de la neige" / "Schneewärme" - bilingue - éditions Le dé bleu, traduit de l'allemand par Jean-Paul Barbe) 


Les textes des poètes femmes de BELGIQUE - SUISSE et LUXEMBOURG, dont les titres seuls sont indiqués, sont à lire dans l'autre catégorie "couleur femme", ici : PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES

BELGIQUE

Marie Gevers 

Chanson pour apprendre aux cinq sens à aimer la pluie

Repas du matin

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Renée Brock 

Îles de Lérins

Jamais ...

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Anne-Marie Kegels 

Automne

La Fenêtre

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Madeleine Ley 

La girafe

En rêve j'ai trouvé

L’araignée

Grand-père

Le petit lapin

Le ruisseau

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Jeanine Moulin 

Dialogue

La poésie comme elle s'écrit

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 Marie-Claire d'Orbaix 

Sirène

Touffe de mots

Les aînées

Le printemps

Les loups

Je suis ton grain pesé

La fenêtre est un livre d'images

Je suis du temps ...

Don Juan

Femmes des longs matins

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Lucie Spède 

Définition

Le mille-pattes

Oh dodo

Météo

Le monde à l'envers

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Liliane Wouters

À l'enfant que je n'ai pas eu ...

Ma tête dans le vent ...

Le bois sec

Que m'importent lieu, durée ...


SUISSE

Marguerite Burnat-Provins

Le livre pour toi

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Pernette Chaponnière 

La neige

 Le sapin de noël (ou le petit sapin sous la neige)

Les feuilles mortes

L'hirondelle


LUXEMBOURG

Anise Koltz

J’avance sans filet

Le mot change

Dans ce monde

Couchée dans le désert

J'écris les yeux grand ouverts

Le mur du son

L'ailleurs  des mots

À ma mère


ÎLES BRITANNIQUES

Percy Bysshe Shelley (1792-1822) est un poète romantique anglais. 

La philosophie de l'amour

Les fontaines se mêlent aux rivières,
Les rivières à l'océan,
Les vents du Ciel s'unissent à jamais
Avec une douce émotion;
Rien dans le monde n'est solitaire
Toutes choses par loi divine
En un esprit se rencontrent, se mêlent.
Pourquoi pas le mien et le tien ?

Vois, les montagnes baisent le haut Ciel,
Les vagues l'une l'autre étreignent;
Nulle sœur-fleur ne serait pardonnée
Si elle dédaignait son frère;
Du soleil la lumière étreint la terre,
Les rais de lune baisent la mer :
Mais que vaut donc tout cet ouvrage tendre
Si toi tu ne m’embrasses pas ?

Percy Bisshe Shelley


ESPAGNE

Federico García Lorca (1898- 1936) est un poète et auteur de pièces de théâtre espagnol. Il a été l'ami de Luis Buñuel (cinéaste) et de Salvador Dalí. Il est mort fusillé au début de la Guerre civile par les troupes du Général Franco.

"Toutes les choses ont leur mystère, la poésie c'est le mystère de toutes les choses".

Chanson bête

Maman,
Je voudrais être en argent.

Mon fils,
Tu auras bien froid.

Maman,
Je voudrais être de l'eau.

Mon fils,
Tu auras bien froid.

Maman,
Brode-moi sur ton oreiller.

Ah, ça oui  !
tout de suite !

Federico García Lorca (Traduction proposée par Lieucommun )

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Canción tonta

Mamá.
Yo quiero ser de plata.

Hijo,
tendrás mucho frío.

Mamá.
Yo quiero ser de agua.

Hijo,
tendrás mucho frío.

Mamá.
Bórdame en tu almohada.

¡Eso sí!
¡Ahora mismo!

Federico García Lorca ("Canciones" - 1928)

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Federico García Lorca ("Romancero Gitano" - 1928) (Traduction proposée par Lieucommun )

 Romance de la lune lune
 
La lune vient à la forge
avec ses volants de nards.
l'enfant, les yeux grand ouverts,
la regarde, la regarde.

Dans la brise qui s'émeut
la lune bouge les bras,
dévoilant, lascive et pure,
ses seins blancs de dur métal.

Va-t-en lune, lune, lune.
Si les gitans arrivaient,
ils feraient avec ton cœur
bagues et colliers blancs.

Petit, laisse-moi danser.
Quand viendront les cavaliers,
ils te verront sur l'enclume
tu auras les yeux fermés.

Va-t'en lune, lune, lune.
j'entends déjà leurs chevaux.

Laisse-moi, petit, tu froisses
ma blancheur amidonnée.

Battant le tambour des plaines
approchait le cavalier.
Dans la forge silencieuse
gît l'enfant, les yeux fermés.

Par l'olivette venaient,
bronze et rêve, les gitans,
chevauchant la tête haute
et le regard somnolent.

Comme chante la zumaya*,
Ay, comme elle chante dans son arbre !
Dans le ciel marche la lune
tenant l'enfant par la main.

Autour de l'enclume pleurent
les gitans désespérés.
la brise veille, veille,
la brise fait la veillée.

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Romance de la luna luna

La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira, mira.
El niño la está mirando.

En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

Niño, déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.

Niño, déjame, no pises
mi blancor almidonado.

El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.

Cómo canta la zumaya,
¡ay, cómo canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con un niño de la mano.

Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
El aire la está velando.

Federico García Lorca ("Romancero Gitano" - 1928)


FRANCE

BRETAGNE

Anjela Duval (1905-1981) n'a pas un nom à consonance celte, certes, mais ...
"Anjela Duval est cette femme qui pendant le jour cultive la terre de sa petite ferme, Traoñ an Dour, et qui le soir sort ses cahiers et écrit des poèmes, devenus parmi les plus aimés de la langue bretonne. Le breton est sa langue de tous les jours, et elle a appris la langue littéraire, qu'elle enrichit de ses mots, de sa sensibilité. Ses poèmes révèlent son amour lucide de la nature, sa rage contre le déclin organisé du breton, ses angoisses, son humour..."
source : http://www.breizh.net/anjela/barzhonegou.php ou on trouvera ses poèmes en breton et certains traduits en français.

Voici deux poèmes dans les deux langues, traduits par Paol Keineg (adresse ci-dessus) :

Lagad an Heol

— Heol ! Perak out ken diwezhat o tiblouz ?
Ha perak eo ken ruz da lagad ?
Ha bet ac’h eus en noz-mañ ur gwall-hunvre, en deus graet dit leñvañ dre da hun ?
— Na hun na hunvre na fall na mat.
Beilhet am eus an noz-pad…
Tra ma kouske ar c’hornôg dibled war ludu louet e lore me ’m eus graet tro an Douar.
Ha gwelet am eus tud o vervel gant an naon.
Gwelet ’m eus tud o vervel gant ar riv.
Gwelet tud o vervel gant an dic’hoanag.
Gwelet am eus tud o lazhañ tud, breudeur o ’n em dagañ.
Gwelet ’m eus pobloù mac’het.
Gwelet ur penntiern meur o kouezhañ dindan boled ur foll.
Gwelet forzh tud o leñvañ :
Ha chomet on bepred digas…
Gwelet ’m eus, avat, tud o c’hoarzhin goap ouzh ar re zo er boan, ouzh ar re zo en dienez
Ouzh ar re zo dindan ar yev.
Ha neuze am eus ranket leñvañ,
Ma ’z eo ruz c’hoazh va lagad.
— Heol ! Sec’h bremañ da zaeroù !
Mor-Breizh, emberr, a vo dous
D’az lagad ruz hag entanet…

Anjela Duval (Ur beure goañv 1964)

traduction : L’œil du Soleil

— Soleil ! Pourquoi te lèves-tu si tard ?
Et pourquoi as-tu l’œil si rouge ?
As-tu fait cette nuit un cauchemar, qui t’a fait pleurer dans ton
sommeil ?
— Ni sommeil ni rêve ni bon ni mauvais.
J’ai veillé toute la nuit…
Tandis que l’occident frivole dormait sur les cendres grises de ses lauriers j’ai fait le tour de la Terre.
Et j’ai vu des gens mourir de faim.
J’ai vu des gens mourir de froid.
J’ai vu des gens mourir de désespoir.
J’ai vu des gens s’entre-tuer, des frères s’étrangler.
J’ai vu des peuples opprimés.
J’ai vu un grand dirigeant tomber sous la balle d’un dément.
J’en ai vu beaucoup qui pleuraient :

Et j’ai continué, indifférent…

J’en ai vu cependant qui se moquaient des gens dans la peine, des gens dans la misère
Des gens sous le joug.

C’est alors que j’ai pleuré,
C’est pourquoi mon œil est rouge.

— Soleil ! sèche tout de suite tes larmes !
La mer de Bretagne adoucira bientôt
Ton œil rouge et enflammé …

Anjela Duval (Un matin d’hiver 1964)

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Balafenn ha Gwenanenn

— Ma vez hinon
Eme ar valafenn hedro
Ma vez hinon
Emberr me ’z ay da vale bro
— Ha me, eme ar wenanenn
D’ar valafenn skañvbenn
Me ’gaso va labour en-dro
            Ma vez hinon

Anjela Duval (Miz Mezheven 1967)

traduction : Papillon et Abeille

— S’il fait beau
Dit le papillon volage
S’il fait beau
Je battrai bientôt la campagne.
— Et moi, dit l’abeille
Au papillon écervelé
Je me mettrai au travail
         S’il fait beau.

Anjela Duval (Juin 1967)

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Jean-Pierre Calloc'h, Yann-Ber Kalloc'h en breton, est un barde. Il publie ses poèmes sous le pseudonyme de Pen men (Tête de pierre) puis de Bleimor (loup de mer). source : http://calloch.jp.free.fr/Pages/fspoete.htm

Le poème qui suit, Me zo ganet e-kreiz ar mor a été mis en musique  par Jef Le Penven et est devenu une chanson traditionnelle bretonne :

Me zo ganet é kreiz er mor (trois premières strophes)

Me zo ganet é kreiz er mor
Tèr lèu ér méz;
Un tiig gwenn duhont em-es,
Er benal 'gresk etal en nor
Hag el lann e hol en anvez.
Me zo ganet é kreiz er mor,
E bro Arvor

Me zad e oé, èl é dadeu,
Ur matelod;
Béùet en-des kuh ha diglod
- Er peur ne gan dén é glodeu -
Bamdé-bamnoz ar er mor blod.
Me zad e oé, el e dadeu,
Stleijour-rouédeu.

Me mamm eùé e laboura
- Ha gwenn hé blèu -;
Geti, en hwéz ar on taleu,
Disket em-es bihannig tra,
Médein ha tennein avaleu.
Me mamm eùè e laboura
D'hounid bara...

...

Jean Pierre Calloc'h (extrait de "Prière dans les ténèbres", dans le recueil "A genoux", Paris 1914)

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traduction :

Je suis né au milieu de la mer

Je suis né au milieu de la mer
Trois lieues au large;
J'ai une petite maison blanche là-bas,
Le genêt croît près de la porte,
Et la lande couvre les alentours.
Je suis né au milieu de la mer,
Au pays d'Armor.

Mon père était comme ses pères
Un matelot.
Il a vécu obscur et sans gloire,
- Le pauvre, personne ne chante ses gloires -
Tous les jours, toutes les nuits sur la mer souple
Mon père était comme ses pères,
Traîneur de filets.

Ma mère aussi travaille,
- Malgré ses cheveux blancs -;
Avec elle, la sueur à nos fronts,
J'ai appris, tout petit,
A moissonner et à arracher les pommes de terre;
Ma mère aussi travaille
Pour gagner du pain ...

...

Jean Pierre Calloc'h ("Ar en deulin", Paris 1914)

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Xavier Grall (1930-1981) est un journaliste et poète breton d'expression française, mais avec quelle force il revendique son identité ! Sa poésie est toute entière de roc, de lande et d'océan, et d'humanité. Voici quelques éloges de sa Bretagne.   

"Latins, vous m’avez crevé les yeux !
Je suis Celte. Je suis Breton.
Je suis le barde condamné.
Ma démence fait ma force.
Parfois, au fond de l’ivresse, flamboie la voyance."

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Les vieux de chez moi

Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux
Leurs mains crevassées par les chasses marines
Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues
Portent les songes des frêles brigantines

Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d'Irlande
Retraités, usant les bancs au levant des chaumières
Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie Galante
Ils lorgnent l'horizon blanc des provendes hauturières

Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs
leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs
des voiliers brisés dans les goémons rageurs
et luisent leurs regards comme des louis !

Les vieux de chez moi n'attendent rien de la vie
ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse
mangé la cotriade et siroté l'eau-de-vie
La mort peut les prendre, noire comme pinasse

Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué
Observant le port, le jardin, l'hortensia
Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria
"Adieu les belles, c'est le branle-bas"

Et les femmes des marins fermeront leurs volets

Xavier Grall ("La Sône des pluies et des tombes", 1976)

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Viens avec moi

Viens avec moi
je te dirai le cri des sternes
et le psaume des pierres levées
(...)
Viens avec moi
je te dirai les dieux fraternels
dans les chapelles bleues
Viens
nous inventerons un pays mystique
violentes seront les femmes comme des solstices
il y aura des nids chantants dans les poutres
les nefs seront pleines d'hirondelles.

Xavier Grall ("Les vents m'ont dit" - éditions Calligrammes, Quimper)

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Angèle Vannier (1917-1980) est une romancière et poétesse française de Bretagne (elle écrit ses poèmes en français).

Pierre

Pierre je compatis à ta vie lente et dure
Même le saule en pleurs ne me déchire pas
Comme le verbe d’or caché sous ton armure.

J’entrerai dans ta nuit dans la nuit de Noël
Et quand tu te mettras à tourner sur toi-même
Tu sauras qu’une seule enfant des hommes t’aime
Et se souvient d’avoir été semblable à toi.

Bruyères de mon sang pardonnez-moi l’adieu
Que je vous ai donné sans détourner la tête
Je suis de ce granit qui pense et qui ne peut
Traduire pour Jésus sa prière muette.

Règne du minéral ouvre-moi ton église
Et travaillons ensemble à refuser l’hiver
Pierre levée nous prévaudrons contre l’enfer
Le diable et ses petits ricanent dans la brise
Et qu’ils fassent leurs dents leurs ongles sur nos chairs
Qui durent lentement debout face à la mer.

Angèle Vannier ("Poèmes choisis, 1947-1978" - éditions Rougerie, 1990)

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Forêt sans muguet (début du poème)

Au mois de mai
quand les forêts
sont frustrées de fleurs de muguet
elles ressemblent trait pour trait
aux églises désaffectées ...

Angèle Vannier ("Poèmes choisis, 1947-1978" - éditions Rougerie, 1990)

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La lavandière (première et dernière strophes du poème)

La lavandière est mon amie
Ses cheveux roux sont des ruisseaux
Ses cheveux mènent à l'amour.
La lavandière est jeune fille
Elle a volé ma chanson d'eau
Pour laver le suil de l'auberge.



Lavandière lavant la vie
Nous suivons le même chemin
Celui de l'eau celui des mains.
La lavandière est mon amie.

Angèle Vannier ("Songes de la lumière et de la brume" - éditions Savel, 1947)


FRANCE

PROVENCE - OCCITANIE

La langue d'Oc, observeront les lecteurs attentifs, est différente à l'oral et à l'écrit selon les régions (et même à l'intérieur d'une même région). Témoin ces textes, de Provence et de Languedoc.

Frédéric Mistral (1830-1914) est un écrivain et poète provençal, prix Nobel de littérature en 1904.Il fonde en 1854 avec d'autres poètes provençaux, le Félibrige, pour défendre les cultures régionales traditionnelles et la langue occitane.

"Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut"
Frédéric Mistral

TEXTES EN ATTENTE

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Sextius Michel 1827-1906) est né à Sénas (Provence). Il "monté à Paris", avec ses premiers poèmes. Il sera président des félibres (voir ci-dessus Frédéric Mistral) de Paris et maire du XVe arrondissement, de 1871 à sa mort.

Il est le fondateur d'une des premières Caisses des écoles de Paris, pour financer les cantines scolaires, d'une colonie de vacances, ainsi que d'une mutualité scolaire (en 1900).

Les hirondelles (légende)texte_hirondelles_orig

Les hirondelles ont fait leur nid
dans la toiture ensoleillée
d'un petit château. L'aube rit
aux piaulements de la nichée.

Vivait dans ce paradis
une charmante dame adorée
d'un galant jouvenceau du pays.
Oh ! Quels tendres embrassements !

Un jour, crime ou folie,
on la trouva morte dans son lit,
la jeune dame, hélas ! toute seule.

L'amant avait disparu.
Revient l'été avec le ciel bleu,
mais ne reviennent pas les hirondelles.

Sextius Michel ("Le long du Rhône et de la mer") ("Long dóu Rose e de la mar" - Flammarion et Roumanillo 1892)

... (lire la traduction du poème  "Li dindouleto" en cliquant sur l'image ci-contre >)

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Louisa Paulin (1888-1944) a vécu dans le Tarn (naissance à Réalmont), où elle a été institutrice. Elle écrit ses poèmes d'abord uniquement en français, puis en français et en occitan.

On retrouve les textes de Louisa paulin dans la catégorie PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES

“Je me suis mise à la langue d'Oc par repentir d'avoir si longtemps ignoré mon pays et peut-être de l'avoir un peu méprisé”

On ne connaît généralement de Louisa Paulin que ses poèmes en français. Voici deux textes qu'elle a écrits dans les deux langues :

La cançon del silenci.

Vèni, ausirem, anuèit, la Cançon del silenci,
la cançon que comença,
quand s'escantís, la nuèit, lo cant del rossinhòl ;
la cançon que s'ausís al doç cresc de l'erbeta,
la cançon de l'aigueta
que se pausa, un moment, al rebat d'un ramèl ;
la cançon de la branca
que fernís e que dança
desliurada del pes amorós d'un ausèl ;
la secreta conçon breçant l'ombra blavenca
del lir còrfondut de promessa maienca,
qu'espèra, per florir, un signe del azur.

en français :

La chanson du silence

Viens, nous entendrons, ce soir, la chanson du silence,
la chanson qui commence,
quand s'achève, la nuit, le chant du rossignol ;
la chanson qu'on entend à la douce croissance de l'herbe,
la chanson de l'eau vive
qui se repose, un moment, au reflet d'un rameau ;
la chanson de la branche
qui frissonne et qui danse
délivrée du poids amoureux d'un oiseau ;
la secrète chanson berçant l'ombre bleuâtre
du lis défaillant de promesse printanière,
qui attend, pour fleurir, un signe de l'azur.

Louisa Paulin

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Fum 

Non, non, anuèit vòli fugir l'ostal !
Vòli lo fial de lum que s'estira suls camps
Quand lo lauraire aluca un fuòc d'erbassas.
O fial de fum, vèni ligar un raive,
Un rave que m'escapa
– coma tu, lial de fum –
Per fugir cap a las estelas.

Louisa Paulin ("Sorgas")

en français :

Fumée

Non, non, ce soir je veux fuir la maison !
Je veux le fil de fumée qui s'étire sur les champs
Quand le laboureur allume un feu de mauvaises herbes.
Ô fil de fumée, viens lier un rêve,
Un rêve qui m'échappe
– comme toi, fil de fumée –
Pour fuir vers les étoiles.

Louisa Paulin ("Sources")
 

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Béatrice de Die (XIIe siècle). C'est en Provence et en langue d'oc que les poèmes de la comtesse Béatrice de Die sont chantés par les troubadours.

Voici un poème, en occitan, suivi de sa traduction en français moderne (source : www.horslesmurs.ning.com )
 

Estat ai en greu cossirier (extrait)

Estat ai en greu cossirier
per un cavallier qu'ai agut,
e vuoil sia totz temps saubut
cum ieu l'ai amat a sobrier;
ara vei qu'ieu sui trahida
car ieu non li donei m'amor
don ai estat en gran error
en lieig e quand sui vestida.

Ben volria mon cavallier
tener un ser en mos bratz nut,
qu'el s'en tengra per ereubut
sol qu'a lui fezes cosseillier;
car plus m'en sui abellida
no fetz Floris de Blanchaflor:
ieu l'autrei mon cor e m'amor
mon sen, mos huoillis e ma vida.
...

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Grande peine m'est advenue
(extrait)

Grande peine m'est advenue
par un chevalier que j'ai eu.
je veux qu'on sache toujours
que j'ai pour lui tant d'amour.
à présent me voilà trahie,
pour ne lui point donner d'amour
quand je fus en grande folie,
au lit comme toute vêtue.

Je voudrais mon chevalier
tenir un soir dans mes bras nus ;
il en serait comblé de joie
si je lui servais de doux coussin;
je suis plus amoureuse de lui
qu'un jour Flore de Blanchefleur,
je lui donne mom amour et ma vie,
mon âme, mes yeux et mon coeur.
...

Béatrice de Die (la traduction en français est de Pierre Seghers)


FRANCE d'OUTREMER

MARTINIQUE

Marie-Magdeleine Carbet, née en 1902 en Martinique, était romancière, auteur de contes pour enfants, et poète ("Mini-poèmes sur trois méridiens" - 1977).

Le ruisseau

Le ruisseau qui glisse

Son filet d'eau claire
Parmi l'herbe lisse
En sait long
La lon laire
En sait long
Laire lon


Marie-Magdeleine Carbet

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L’acacia

Le vent
Passait, pleurant.
L’acacia dit :
Vent d’automne
Au front gris,
Tu t’ennuies :
Je te donne
Mes feuilles.
Prends, cueille
Et va jouer au volant
Avec ton amie
La pluie.
Le printemps,
En son temps,
M’en fera de plus jolies !

Marie-Magdeleine Carbet


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féminin des autres - Océanie

OCÉANIE

NOUVELLE CALÉDONIE

La Nouvelle-Calédonie, cet archipel d'Océanie, ancienne colonie française, a acquis un statut d'autonomie, et selon les accords de Nouméa négociés en 1998, un référendum doit décider, à partir de 2014, de son indépendance ou de son maintien dans la République française.
Les kanak (en français canaques) sont les Mélanésiens autochtones. Le mot "kanak", invariable, signifie "homme".
La langue officielle est le français, mais ils parlent de nombreuses langues locales indigènes (dont le drehu, dans les Îles Loyauté), la plupart étant des langues orales.
Le drehu possède aujourd'hui une écriture et une grammaire et est enseigné à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales. On peut écouter ici un récit en drehu, une des langues kanak parlées en Nouvelle-Calédonie (à Ouvéa).
Erratum: un lecteur nous signale que "la langue drehu est parlée à Lifou et non Ouvéa (où on parle le Iaai)". Vous voudrez bien accepter nos excuses. Un lien ici, qui précise que le drehu est la langue kanak qui a le plus de locuteurs : http://fr.wikipedia.org/wiki/Drehu

Déwé Gorodey, née en 1949 est une écrivaine kanak. Elle occupe des fonctions importantes dans le gouvernement Calédonien.

Araucaria

Araucaria
pin colonnaire*
qui troue le ciel de mon pays
de son tronc s'étirant
vers les souvenirs inavoués
de mon peuple humilié
réfugié dans le ciel des prières

pour oublier

Araucaria
arbre à palabres
de clans et tribus trahis
sur cette terre qui est leur
leurs paroles figées
dans ta dure résine solide
je les dirai en face car je ne veux

PAS OUBLIER

Je les écrirai
là où je le pourrai
du mieux que je le pourrai
ici et maintenant car

j'ai beau chercher
la nuit le jour
je ne vois rien d'autre dans le ciel que
pour éclairer ma mémoire

Le pin colonnaire, comme son nom l'indique, est un arbre qui pousse tout en hauteur et qui peut s'élever jusqu'à 50 m.
Dewe Gorodey ("Sous les Cendres des Conques", 1974)

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Le passage ci-dessous est emprunté ici : http://www.ac-noumea.nc/histoire-geo/progexam/doc/placeteroledelafemme.pdf

Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier

Peut-être est-ce depuis ce temps là que, parfois, seule aux champs, j’entends les voix de la Terre. Ces voix de la Terre, enseignait donc ma grand-mère Utê Mûrûnû, n’étaient autres que celles de la mère, celle de la femme. Et elles s’adressaient en premier lieu à nous les femmes qui, mieux que personne, pouvions les comprendre. Porteuses de semences, nous étions lardées d’interdits, marquées de tabous comme autant de pierres pour obstruer la vie. [..] Ädi, perles noires du mariage coutumier, nous étions échangées comme autant de poteries scellant une alliance entre deux guerres. Voies et pistes inter claniques, nous survivions tant bien que mal à nos enfances et à nos pubertés trop souvent violées par des vieillards… »

Peu après le retour à la terre de notre grand-mère Utê Mûrûnû, qui s’éteignit au tout début de ce siècle, nos pères et nos grands-pères m’accompagnèrent chez nos utérins de l’autre coté, pour m’offrir à l’un de nos vieux cousins, polygame dont je devins alors la plus jeune des femmes. [….] J’étais à peine pubère et aucun garçon ne m’avait approchée. Les grands-mères, tantes et soeurs aînées qui étaient là, les premières épouses, se chargèrent de parfaire mon éducation. […] Les unes et les autres me nourrissaient, m’épouillaient, me soignaient. Les unes et les autres m’ordonnaient les tâches quotidiennes, m’emmenaient aux champs, m’initiaient au tissage et à la vannerie, m’apprenaient les récits du clan, les chants et les danses de femmes. Ce fut la plus vieille d’entre elles […] qui m’accompagna au fil des nuits dans la case de notre grand cousin.

 

Déwé Gorodey ("Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier" -  Grain de sable, EDIPOP, 1994)

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AUSTRALIE

Dorothea Mackellar (1885-1968).

J'aime un pays ...

J'aime un pays brûlé par le soleil,
Terre des vastes plaines,
Des chaines de montagne déchiquetées,
De la sécheresse et des inondations.
J'aime ses horizons lointains,
J'aime le bijou qu'est sa mer,
Sa beauté et sa terreur
La grande terre brune pour moi !

Dorothea Mackellar ("My Country", 1908)



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140408

Poème du jour : 14 avril 2008 - Aimé Césaire / Soleil serpent

Aimé Césaire est vivant, pour preuve ce poème :

soleil_jaune_dessin__seulSoleil serpent

Soleil serpent œil fascinant mon œil
et la mer pouilleuse d'îles craquant aux doigts des roses
lance-flamme et mon corps intact de foudroyé
l'eau exhausse les carcasses de lumière perdues dans le couloir sans pompe
des tourbillons de glaçons auréolent le cœur fumant des corbeaux
nos cœurs
c'est la voix des foudres apprivoisées tournant sur leurs gonds de lézarde
transmission d'anolis au paysage de verres cassés
c'est les fleurs vampires à la relève des orchidées
élixir du feu central
feu juste feu manguier de nuit couvert d'abeilles
mon désir un hasard de tigres surpris aux soufres
mais l'éveil stanneux se dore des gisements enfantins
et mon corps de galet mangeant poisson mangeant
colombes et sommeils
le sucre du mot Brésil au fond du marécage.

Aimé Césaire ("Les Armes miraculeuses" - éditions Gallimard, 1946 et 1970).
Lieucommun a emprunté ce poème à l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, de Léopold Sédar Senghor (éditions Quadrige/PUF, 1948). Cet ouvrage est épuisé mais on le trouve d'occasion.
Voici un autre texte d'actualité, ajouté ce 21 avril, preuve supplémentaire s'il en fallait : "J'habite une blessure sacrée"...

Lib__C_saire


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020408

L'HUMOUR des POÈTES - AUTRES LANGUES (sauf anglais-espagnol)

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

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- Textes d'humour traduits d'autres langues -
Des poèmes traduits de l'anglais et de l'espagnol sont ici :
L'HUMOUR des POÈTES - ANGLAIS et ESPAGNOL
et des comptines traduites de l'anglais et de l'espagnol ici :
L'HUMOUR des COMPTINES - ANGLAIS et ESPAGNOL

Ces textes sont choisis parmi ceux déjà placés sur ce blog l'année dernière. On peut en retrouver l'intégralité, tous thèmes confondus, dans la catégorie PRINT POÈTES 2008 : L'AUTRE (Monde)

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Maroc

Tahar Ben Jelloun est né à Fès, au Maroc, en 1944. Écrivain et poète, il est l'auteur de deux recueils de poésie, dont Les Amandiers sont morts de leurs blessures, et de romans : La Nuit sacrée a obtenu le Prix Goncourt 1987.

Les textes qui suivent sont tous extraits du recueil "Les Amandiers sont morts de leurs blessures" édité en 1976 par la Librairie François Maspero, dans PCM (Petite Collection Maspero).

Ils ne portent pas de titre, ne sont pas consécutifs dans le recueil, mais l'ordre de présentation est respecté.

Tous les matins
le soleil entre chez Si Lmokhtar
pille la mémoire du miroir
monte sur l'échelle
et s'en va en riant

Tahar Ben Jelloun (dans "Asilah, saison d'écume")

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Indiens d'Amérique contemporains

Steve Crow est né en 1949 en Alabama. Il est Cherokee/Irlandais. Docteur en anglais, il donne des cours de littérature amérindienne contemporaine à l'Université du Nouveau Mexique.

Renaissance

La neige est une pensée
qui tombe, un souffle continuel
d'ascensions, de boucles,de spirales
de plongeons dans la terre
comme de blanches lucioles
désirant se poser, prises
dans la bourrasque
entre les maisons
plongées comme des mites
dans leur propre lumière
comme un qui s'étonne
que la neige soit une longue mémoire
d'aile qui traverse l'hiver.

Steve Crow (Indien Cherokee)

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Jo Bruchac est né en 1942. Il est Abenaki. Poète, conteur, éditeur, romancier, diffuseur de la littérature amérindienne, il a publié 24 recueils de poésie, contes, récits. Il est également militant écologiste et profondément engagé dans la lutte pour les Droits des Amérindiens.

Lynx

Le dos arqué comme un point d'interrogation,
il me dévisage fixement,
le lynx sort à reculons des broussailles
à pas lents et silencieux sur les épines.

Mon grand-père Indien disait
ne te faufile pas
trop vite vers un lynx
mais si on le fait
c'est une cible facile.
C'est beaucoup
plus glorieux
que de se retourner et de courir.

Je me souviens de cela
quand les yeux du lynx
se détournèrent
regardant ceux dont les noms
surent comment se cacher
se fondant à nouveau
dans l'ombre, les cèdres et les pins.

Jo Bruchac - 1953

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Près des montagnes

Près des montagnes
les pas sur le sol
sonnent creux

comme pour nous rappeler
que cette terre est un tambour

Nous devons bien surveiller nos pas
pour jouer dans le bon ton.

Jo Bruchac

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Lance Henson est né en 1944 en Oklahoma. Il est Cheyenne, ancien Marines, membre de la Cheyenne Dog Soldier Warrior Society  et de la Native American Church. Ses poèmes (plus de dix recueils) ont été publiés dans toutes les plus importantes anthologies amérindiennes.

Lance Henson n'utilise ni les majuscules ni la ponctuation, qui n'existent pas en cheyenne écrit. Il écrit ses textes dans les deux langues (cheyenne et anglais)
Les passages ci-dessous sont extraits de son recueil
Strong earth song (textes en cheyenne et en anglais, avec traduction en français pour la plupart).

Chant du pic

je fais ce bruit au-dessus de la terre

la feuille enroulée emplie d'eau
recèle un miroir du ciel

dans un lieu paisible

je fais ce petit bruit

en langue cheyenne :

go go noh/ni meod

hi do nah/na ma nist/sti doh /hist tah nov
mo mi gun/vip eht/eho eh dowing/mahp
eh doin/im bohmp dists/voheh
digh ho eh/eh hi/goht

na ma nist/dist/diski/iiiss

Lance Henson

Lance Henson "cheyenne '92" Traduction de l'américain au français par Manuel Van Thienen.
Strong earth song ("poèmes expatriés" bilingue, avec certains textes en français - éditions Poésie-rencontres 1994)

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Navarre Scott Momaday, né en 1934 est un romancier, poète et universitaire états-unien d'origine amérindienne (Indien Algonquin).

Le chant de jubilation de Tsoai-Talee

Je suis une plume dans le ciel lumineux
Je suis le cheval bleu qui galope dans la plaine
Je suis le poisson qui virevolte et miroite dans l'eau
Je suis l'ombre qui suit l'enfant
Je suis la luminosité de l'après-midi, l'éclat des prairies
Je suis l'aigle qui joue avec le vent
Je suis un bouquet de perles étincelantes
Je suis la plus lointaine étoile
Je suis le grondement de la pluie
Je suis le scintillement sur la neige croûtée
Je suis la large traînée de la lune sur le lac
Je suis une flamme de quatre couleurs
Je suis un cerf qui s'éloigne au crépuscule
Je suis un champ de sumac et la pomme blanche
Je suis un vol d'oies dans le ciel d'hiver
Je suis la faim d'un jeune loup
Je suis totalement le rêve de ces choses.

Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant

Je suis en bons termes avec la terre
Je suis en bons termes avec les dieux
Je suis en bons termes avec tout ce qui est beau
Je suis en bons termes avec la fille de Tsen-Tainte

Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant.

Navarre Scott Momaday

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Maurice Kenny est né en 1929 de père Mohawk et de mère d'origine Seneca.

Vieux coyotte dans les Adirondacks

Il se tenait
sur le bas-côté
de la vieille route campagnarde
il attendait
que nous passions
pour pouvoir
pénétrer
la nuit
et chanter
sur les rondeurs de sa colline.

Crowfoot (1830-1890) est le principal chef de tribu Pieds-Noirs (Blackfeet). C'est à ce titre qu'il a négocié et signé le Traité qui assure la survie des Indiens au prix de la confiscation de la presque totalité de leur territoire.

Qu'est-ce que la vie ?

C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.
C'est le souffle d'un bison en hiver.
C'est la petite ombre qui court dans l'herbe
et se perd au coucher du soleil.

Crowfoot, chef Blackfeet, en 1880

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Arctique - Inuits

Les Inuits vivent dans les régions arctiques de la Sibérie, de l'Amérique du Nord (l'Alaska, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le Québec, le Labrador) ainsi que du Groenland ('île la plus étendue de la planète après l'Australie, c'est un territoire autonome rattaché au Danemark).

livre_po_mes_eskimo_PEVLes Eskimo (ou "esquimaux") préfèrent qu'on les nomme "Inuit" (pluriel du mot "Inuk", qui signifie "l'homme par excellence").

Le corbeau

Je suis montée sur le rocher
Sur le rocher de Krartoudouk*.
Comme un corbeau est ce rocher
Comme un corbeau posé sur le terre.
Derrière ce rocher j'ai vu les glaces
J'ai vu les glaces jusqu'au loin
Et je me suis assise sur ce rocher
Qui a l'air d'un corbeau.

poème anonyme (Krartoudouk* = corbeau)

Chant d'Anudadak

Je marchais au bord d'un lac
il y avait un renard qui grapillait des baies
il est venu vers moi, je lui ai pris la queue
et il m'a tiré jusqu'au sommet d'une montagne
ça soufflait un peu de l'intérieur
il y avait un petit vent.

Paroles d'un chant de la chamane Kaga  (collectées par Paul-Émile Victor - expédition à Ammassalik, 1935)

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La noisette

Elle a parfois
Avec l’écureuil
Des tête-à-tête
Qui ne portent pas leurs fruits.

poème anonyme

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Comment l’eau a commencé à jouer

L’eau voulait vivre,
elle alla voir le soleil
et revint en pleurant.

L’eau voulait vivre
Elle alla voir les arbres,
ils brûlèrent, ils pourrirent,
elle revint en pleurant.

L’eau voulait vivre
Elle alla vers les fleurs elles fanèrent,
elle revint en pleurant.

Jusqu’à n’avoir plus de larmes,
gisant au profond de toutes les choses
entièrement épuisée entièrement claire.

poème anonyme

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Festins

L'oiseau a mangé le ver
Le renard a mangé l'oiseau
Le loup a mangé le renard
L'ours a mangé le loup
L'homme a mangé l'ours

Et le ver mangera l'homme
et tout va recommencer

Le jour mangera la nuit
La nuit mangera le jour.

anonyme

(réf "Anthologie de poèmes sur la nature, l'homme et son environnement" - Jean-Marie Henry - éditions Rue du monde)

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Inde

Toukârâm (1598-1650) est un poète indien.

Psaume

La coque du coco est dure :
la chair, un délice.

Pourquoi scruter le dehors
quand le pur est au-dedans ?

La peau du jaque* est rugueuse :
Quelle saveur au-dedans !

L'écorce de la canne est noire :
Quel suc exquis au-dedans !

Le goût d'un mets, c'est le sel au-dedans :
Il n'y a pas à chercher ailleurs.

La saveur fait le prix.
Qu'importe l'apparence ?

Toukârâm (Traduit par G. A. Deleury)  * Le jaque est le fruit comestible du jaquier.

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Belgique

Julos Beaucarne, né en 1936 en Belgique, est un chanteur-poète, humaniste, écologiste ... créateur du FLAF, le Front de Libération des Arbres Fruitiers et ensuite du FLO, le Front de Libération de l’Oreille, une revue, en 1989, toujours actuelle.
Quant à Marina Missier, on voyage ICI dans son site.

Ton voisin est étranger

Ton Christ est juif
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine
Ta pizza est italienne
Ta démocratie est grecque
Ta voiture est japonaise
L'anis de ton pastis est égyptien
Ton essence est moyen-orientale
Ta télé est coréenne
Tes fringues sont chinoises
Ton hamburger est allemand
Ton whisky est écossais
Ton thé est indien
Ton café est brésilien
Ta choucroute est chinoise
Ton shit est marocain
Tes capotes sont anglaises
Ton chocolat est suisse
Ton coca est américain
Tes frites sont belges
Tes vacances sont espagnoles
Ton sucre est martiniquais

Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger !

Julos Beaucarne et Marina Missier

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Bretagne

Anjela Duval (1905-1981) n'a pas un nom à consonance celte, certes, mais ...
"Anjela Duval est cette femme qui pendant le jour cultive la terre de sa petite ferme, Traoñ an Dour, et qui le soir sort ses cahiers et écrit des poèmes, devenus parmi les plus aimés de la langue bretonne. Le breton est sa langue de tous les jours, et elle a appris la langue littéraire, qu'elle enrichit de ses mots, de sa sensibilité. Ses poèmes révèlent son amour lucide de la nature, sa rage contre le déclin organisé du breton, ses angoisses, son humour..."
source : http://www.breizh.net/anjela/barzhonegou.php ou on trouvera ses poèmes en breton et certains traduits en français.

Voici un poème dans les deux langues, traduit par Paol Keineg (lien ci-dessus) :

Balafenn ha Gwenanenn

— Ma vez hinon
Eme ar valafenn hedro
Ma vez hinon
Emberr me ’z ay da vale bro

— Ha me, eme ar wenanenn
D’ar valafenn skañvbenn
Me ’gaso va labour en-dro
Ma vez hinon

Anjela Duval (Miz Mezheven 1967)

traduction :

Papillon et Abeille

— S’il fait beau
Dit le papillon volage
S’il fait beau
Je battrai bientôt la campagne.

— Et moi, dit l’abeille
Au papillon écervelé
Je me mettrai au travail
S’il fait beau.

Anjela Duval (Juin 1967)

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Provence et Languedoc

Frédéric Mistral (1830-1914) est un écrivain et poète provençal, prix Nobel de littérature en 1904.Il fonde en 1854 avec d'autres poètes provençaux, le Félibrige, pour défendre les cultures régionales traditionnelles et la langue occitane.

Voici une petite fable :

Lou gripo-roussignòutexte_Mistral_le_rossignol_orig

Au mes de mai, sus uno busco.
Lou roussignòu, plegant lis iue,
S'èro endourmi dedins la niue ;
Mai lou rejit d'uno lambrusco
Dins sa vediho l'arrapè
E lou vaqui pres pèr li ped.
... (suite du texte en cliquant sur l'image ci-contre >)

Frédéric Mistral ("Lis òulivado")

Le grippe-rossignoltexte_Mistral_le_rossignol

Au mois de mai, sur une branche,
Le rossignol, clignant des yeux,
S'était endormi dans la nuit ;
Mais le jet d'une vigne folle
Le saisit dans sa vrille,
Et le voilà pris par les pieds.
...
(suite de la traduction en cliquant sur l'image ci-contre >)

Frédéric Mistral ("Les Olivades") en français par l'auteur.

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Max Rouquette (1908-2005) a vécu dans la région de Montpellier.

Lo sabaud

Perque sus uolhs s'enclausisson de luna
clara dins lo ceu escur
un sabaud de l'estiu, doçament nada
dins l'aiga plana, miralh pur.

Mai naut que la mai nauta branca
ela, que landa eternament
davala e dins l'aiga, un moment
dansa per el en rauba blanca.

Max Rouquette ("Los saumes de la nuoch" - éd Obsidiane -bilingue, 1984)

Le crapaud *

Parce que ses yeux s'enchantent de la lune
claire dans le ciel obscur
un crapaud de l'été doucement nage
dans l'eau plane, pur miroir.

Plus haut que la plus haute branche
elle, qui glisse éternellement,
descend, et dans l'eau un moment
danse pour lui en robe blanche.

Max Rouquette ("Les psaumes de la nuit" - éd Obsidiane -bilingue, 1984) - * traduction de l'auteur

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Kurdistan

Le Kurdistan n'est pas (encore ?) une nation. C'est une région à cheval sur plusieurs pays : la Turquie, l'Irak, l'Iran, la Syrie. Lieu de conflits, revendiquée et revendiquant son indépendance, d'où de nombreux kurdes se sont exilés.

Kamuran Aali Bedir Khan (émir) est un poète kurde contemporain, défenseur de l'identité politique, économique et culturelle du Kurdistan.

Ris

Ris !
Douceur du printemps, parfum des vergers,
Ris !
Que les fleurs s'épanouissent,
Que les astres brillent
Ris !
Que ta belle voix sonore
Chante
Dans l'infinie de ce monde,
Que les souffrances s'éloignent
Que les tristesses s'évanouissent
Et que ce monde devienne
Un bouquet de roses
Ris ! ... Ris !  ... Ris ...!
Le jour et la nuit,
Dans la passion des minuits.
Que ta belle voix sonore
Chante
Dans l'infini de ce monde

Kamuran Aali Bedir Khan ("La Lyre kurde" - Librairie Saint-Germain-des-Prés, 1973)

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Portugal

Fernando Pessoa (1888-1935) est le poète et écrivain portugais le plus connu et le plus traduit.

Como nuvens pelo céu

Como nuvens pelo céu
Passam os sonhos por mim.
Nenhum dos sonhos é meu
Embora eu os sonhe assim.

Comme des nuages dans le ciel

Comme des nuages dans le ciel
je  sens mes rêves passer.
Aucun d'eux ne m'appartient
Et je les ai pourtant rêvés.

Fernando Pessoa 1932

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Roumanie : poètes roumains et Tsiganes

Jenuz Duka, est un poète tsigane d'aujourd'hui. Ce poème est chanté en rromani (deux "r"), la langue des Rroms (Roms). Les Roms sont autrement appelés les Tsiganes, qu'il ne faut pas confondre avec les Roumains, même si  c'est sur le territoire de la Roumanie qu'ils sont les plus nombreux : Roumains et Roms ont des origines, des langues et des cultures différentes.

Le toit de notre maison (chanson)

Le toit de notre maison,
C’est le grand ciel tout nu.
Notre maison est solide.
Personne ne peut la renverser.

Les fondations de notre maison
C’est un coin de terre sans rien.
Notre maison est solide
Personne ne peut la ruiner.

Les murs de notre maison
C’est le froid et ce sont les vents.
Notre maison est solide
Personne ne peut l’atteindre.

A notre maison, il y a une fenêtre
A la fenêtre, tes yeux.
Notre maison est solide
C’est le cœur tsigane.

Jenuz Duka (sur une musique d' Astrit Qerimi)

Texte original :

Amare kheresqo ćhatlo / Le toit de notre maison (chanson)

Amare kheresqo ćhatlo
si o baro devel o nango.
Amaro kher si zoralo
khonik naśti peravel les.

Amare kheresqo temèli
si o nango than e phuvǎqo.
Amaro kher si zoralo
khonik naśti thabarel les.

Amare kheresqe barranga
si o śil ta e balvala.
Amaro kher si zoralo
khonik naśti xarravel les.

Amare kheresθe jekh penʒèra
k-i penʒèra tire jakha.
Amaro kher si zoralo
Ov si o rromano ilo.

Jenuz Duka

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Russie

Mikhaïl Lermontov (1814-1841) est un poète russe, de la Russie des tsars, bien avant la Révolution et l'URSS.
Il a publié un seul recueil de poèmes, en 1840.

ПАРУС (Le voilier)

Белеет парус одинокий
В тумане моря голубом!..
Что ищет он в стране далекой?
Что кинул он в краю родном?..

Играют волны - ветер свищет,
И мачта гнется и скрипит...
Увы, - он счастия не ищет
И не от счастия бежит!

Под ним струя светлей лазури,
Над ним луч солнца золотой...
А он, мятежный, просит бури,
Как будто в бурях есть покой!

Le voilier

Ce voilier tout blanc, solitaire,
Qui dans le brouillard bleu s'enfuit
Qu' a-t-il besoin d'une autre terre?
Qu'abandonna-t-il après lui?

Son mât sur l'onde vagabonde
S'incline et grince dans le vent
Hélas! point de bonheur au monde
Ni derrière lui ni devant

Pour le porter la mer est belle
Le soleil brille au firmament...
Mais lui réclame, le rebelle,
L'orage, cet apaisement.


Mikhaïl Yourievitch Lermontov, 1832

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Sacha Tchiorny ou Alexandre Noir (pseudonymes du poète Alexandre Glikberg) est né en Russie en 1880. Emigré en France en 1917 après la Révolution russe, il y est mort en 1932. Il a écrit de nombreux poèmes pour les enfants.

La fête de la forêt

Que plantons-nous
En plantant
Des forêts ?
Le mât, l'espar (1),
Pour tenir les agrès ;
Le pont, la coque
Et l' abri du sextant
Pour naviguer
Par mer calme ou gros temps.

Que plantons-nous
En plantant
Des forêts ?
L'aile qui nous soulève au ciel d'un trait ;
Le banc, la table
Où nous nous asseyons,
La feuille blanche
Et même le crayon.

Que plantons-nous
En plantant
Des forêts ?
Une maison
Pour renards et furets,
Pour l'écureuil,
Sa femme
Et ses petits,
Pour le pivert
Et ses pizzicati (2).

Que plantons-nous
En plantant
Des forêts ?
De l'eau
De l'ombre
Et des feuillages frais ;
Le houx l' hiver,
Au printemps les chatons ...
C' est tout cela
Qu' aujourd' hui
Nous plantons.

(1) l'espar est une longue pièce de bois utilisée pour "tenir les agrès" du bateau.
(2)
pizzicati (pluriel de pizzicato) : musique produite par les pincements des cordes du violon, à quoi on compare ici le bruit que font les coups de bec du pivert sur l'écorce de l'arbre. (Notes du blog Lieucommun)

Sacha Tchiorny (dans "Poèmes de Russie", choisis, traduits et présentés par Jean-Luc Moreau - Éditions ouvrières, 1985)

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Daniil Kharms ou Daniil Harms, (1905-1942), a écrit des poèmes, des saynettes et des textes satiriques qui lui ont valu la prison, des années d'exil, et pour finir, la mort en détention psychiatrique, en URSS. Son nom s'écrit en russe : Даниил Хармс (mais son vrai nom est Daniil Ivanovitch Iouvatchev : Даниил Иванович Ювачев), et en plus il a usé de nombreux autres pseudonymes.

Il est  considéré comme un des précurseurs de l'art absurde en poésie, mais son apport n'a été reconnu dans son propre pays que bien après sa disparition. "Jeu", recueil de textes pour enfants est publié en 1962.

Un tigre dans la rue

Dans ma rue il y a un tigre.
Bigre !
D'où peut-il bien sortir ?
D'où peut-il bien venir ?
Longuement j'ai réfléchi,
J'ai réfléchi et pensé,
J'ai pensé et réfléchi :
D'où ce tigre est-il venu ?
D'où ce tigre est-il sorti ?
Mais le vent a soufflé,
Emportant mes pensées,
Et plus jamais je ne saurai
D'où il peut bien sortir,
D'où il peut bien venir
Dans ma rue ce gros tigre …
Bigre !

Le poème original en russe (si votre ordinateur possède la police de caractères adéquate) :

ТИГР НА УЛИЦЕ

Я долго  думал,  откуда
на улице  взялся тигр.
Думал, думал,
Думал, думал,

Oткуда на улице
Bзялся этот  тигр ?
Думал, думал,
Думал, думал.
В это  время ветер дунул,
И я забыл, о чем  я  думал.
Так я и не узнаю,
Откуда
На улице взялся тигр.

Daniil Harms ou Kharms ("Oeuvres en prose et en vers", traduit du russe par Yvan Mignot, Verdier, 2005 ; et ce poème est cité dans "Anthologie de la poésie russe pour enfants" - traduction, présentation et choix de Henri Abril - Circé / poésie, 2000)

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Un dernier texte, en russe et en français, que Daniil Harms a écrit en 1937 :

ИЗ ДОМА ВЫШЕЛ ЧЕЛОВЕК        (Un homme s'en alla)

Из дома вышел человек
 Un jour un homme s'en alla
С дубинкой и мешком
 Avec son baluchon
И в дальний путь
 Et il marcha,
И в дальний путь
 Et il marcha
Отправился пешком.
 Toujours vers l'horizon.

Он шел все прямо и вперед
 Et il avançait ce bonhomme
И все вперед глядел
 Sans jamais s'arrêter.
Не спал, не пил,
 Sans faire un somme,
Не пил, не спал,
 Sans faire un somme (les termes sont inversés)
Не спал, не пил, не ел.
 Sans boire ni manger.

И вот однажды на заре
 Dans une forêt à l'aurore
Вошел он в темный лес
.       Un jour il est entré,
И с той поры,
 Et depuis lors,
И с той поры,
 Et depuis lors
И с той поры исчез. Nul ne l'a rencontré.

Но если как-нибудь его
 S'il vous arrivait par la suite
Случится встретить вам,
 De le voir quelque part,
Тогда скорей,
 Venez bien vite,
Тогда скорей,
 Venez bien vite,
Скорей скажите нам.
 Nous le faire savoir.

Даниил Хармс  Daniil Harms - (cité dans "Anthologie de la poésie russe pour enfants" - traduction, présentation et choix de Henri Abril - Circé / poésie, 2000)

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Samuel Marchak (1887-1964) est lui, un poète russe contemporain, qui a connu la Russie impériale et la Russie République de l'URSS. Il est auteur pour enfants de poésies et de pièces de théâtre.

Voici un drôle de voyage :

Les bagages

Une dame avait pour bagages :
Un coffre, une cage, trois paniers, cinq malles, un faitout,
Plus un gentil petit toutou.

Au guichet d’enregistrement,
L’enregistreur évidemment
Enregistra tous ses bagages :
Un coffre, une cage, trois paniers, cinq malles, un faitout,
Un tout petit toutou.

Puis, dans le tout dernier wagon,
Le wagon dénommé fourgon,
On empila tous ses bagages :
On y mit tout, jusqu’au toutou.

Or, avant même qu’on roulât,
Le cher toutou se défila ...

Ce ne fut qu’à l’arrêt suivant
À l’arrêt suivant, pas avant !
Qu’on recompta les bagages :
Nom d’un bonhomme ! et le toutou ?

Au même instant qu’est-ce qu’on voit ?
Un dogue, à côté du convoi ...
On l’attrape, et hop ! aux bagages ! ...
Le mâtin rejoint coffre, cage, paniers, valises, malles et faitout :
Le dit dogue devient toutou.

Bref, on arrive à Jitomir.
Un porteur nommé Vladimir, ou Kantémir ou Clodomir ...
Un porteur porte les bagages :
Sur ses talons trotte un toutou ...

Le toutou pousse un aboiement ! ...
La dame alors : - Hein ? Quoi ? Comment ? Bandits ! Voyous ! Vauriens !
Ce chien ... ce chien n’est pas le mien !
Que m’importent tous ces bagages !
Gardez valises et coffre et cages, malles et faitout ...
Rendez- moi mon petit toutou !

Madame ! à quoi bon tout casser ?
Si j’en crois le récépissé, vous ne déposâtes aux bagages
Alors, qu’un tout petit toutou ...
À voyager, votre toutou
A pu changer du tout au tout !

Ci-dessous, un autre long et drôle de voyage qu'on peut raccourcir. Par exemple, le passage avec les jeux de mots amuse beaucoup les enfants.

L'hurluberlu

Connaissez-vous l'hurluberlu
De la rue Lanturlu ?

Il se lève un dimanche,
Enfile ses deux manches

De chemise… Allons bon,
C'est son vieux pantalon !

Ah ! quel hurluberlu
De la rue Lanturlu !

Il met des caoutchoucs :
C'est pas les siens du tout!

Et puis un pardessus :
C'est pas le sien non plus !

Ah! quel hurluberlu
De la rue Lanturlu !

Au lieu de son chapeau
Il s'est coiffé d'un pot,

Et il met ses pantoufles
À la place des moufles.

Ah! quel hurluberlu
De la rue Lanturlu !

Il a pris l'autobus
Pour aller à la gare;

S'embrouillant tant et plus,
Le voici qui déclare
Au chauffeur-conducteur :

"Très cher et honoré
Chaubus de l'autoffeur,
Cher auto chauforé,
Honobus du cherfeur !
Laissez-moi démonter,
Je vais être en retard;
Pouvez-vous arrêter
Votre gus à la bare  ?"

Le chauffeur stupéfait
Freine vite à l'arrêt.
Et notre hurluberlu
De la rue Lanturlu
Court alors au buffet
Acheter un billet,
Puis il file chercher
Un sandwich au guichet.

Ah! quel hurluberlu
De la rue Lanturlu!

Sans trop faire  attention,
Il va vers un wagon
Qui était en garage,
Y monte ses bagages,
S'installe et tôt s'endort

Après tous ces efforts,
De bon matin, il dit :

" Quel est donc cet arrêt ? "

" Mais c'est Paris, pardi ! "
Lui répond-on du quai.

Après un petit somme
Il se penche au-dehors,
Voit une gare énorme
Et une fois encore
Demande, un peu surpris :
" Mais quel est cet arrêt ?
Trifouillis ou Tremblay ? "
" Non, pardi, c'est Paris ! "
Lui répond-on du quai.

Il refait un bon somme,
Puis se penche au-dehors,
Voit une gare énorme
Et demande bien fort,
De plus en plus surpris:
" Mais quel est cet arrêt ?
Bécon ou Bilboquet ? "
" Non, pardi, c'est Paris ! "
Lui répond-on du quai.

" Quelle blague ! " il s'écrie,
"J 'ai bien roulé deux jours,
Et voilà qu'à Paris
Je serais de retour ! "

Ah! quel hurluberlu
De la rue Lanturlu... 

Samuel Marchak (cité dans "Anthologie de la poésie russe pour enfants" - traduction, présentation et choix de Henri Abril - Circé / poésie, 2000)

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Autre poète russe du XXe siècle : Guenrikh Sapguir

Le capricorne

Dans la rue des Mirages
ce matin
j'ai croisé un bonhomme
qui avait d'aussi longues moustaches
que celles d'un
capricorne.
Mais peut-être était-ce bien
un insecte dit capricorne
qui voulait, gros malin,
se faire passer pour un homme ?

Guenrikh Sapguir (cité dans "Anthologie de la poésie russe pour enfants" - traduction, présentation et choix de Henri Abril - Circé / poésie, 2000).

Les mots de couleur

L’herbe a des mots tout verts
qui chuchotent dans l’air.

Le vent a des mots bleus
qui sont parfois houleux.

Le soleil à l’aurore
a des mots rouge et or.

Et les mots se répondent
en repeignant le monde.

Guenrikh Sapguir (cité dans "Anthologie de la poésie russe pour enfants" - traduction, présentation et choix de Henri Abril - Circé / poésie, 2000).

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Turquie

Nazim Hikmet (1901-1963) est le poète turc le plus traduit. Emprisonné  17 ans pour ses prises de position politiques, il s'est exilé de Turquie. Le prix international de la paix lui a été décerné en 1955.

Le globe

Offrons le globe aux enfants, au moins pour une journée.
Donnons-leur afin qu’ils en jouent comme d’un ballon multicolore
Pour qu’ils jouent en chantant parmi les étoiles.
Offrons le globe aux enfants,
Donnons-leur comme une pomme énorme
Comme une boule de pain toute chaude,
Qu’une journée au moins ils puissent manger à leur faim.
Offrons le globe aux enfants,
Qu’une journée au moins le globe apprenne la camaraderie,
Les enfants prendront de nos mains le globe
Ils y planteront des arbres immortels.

Nazim Hikmet (traduction de Charles Dobzynski)

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J'ai un arbre en moi (titre proposé)

J'ai un arbre en moi
Dont j'ai rapporté le plan du soleil
Poissons de feu ses feuilles se balancent
Ses fruits tels des oiseaux gazouillent
Les voyageurs depuis longtemps sont
Descendus de leur fusée
Sur l'étoile qui est en moi
Ils parlent ce langage entendu dans mes rêves
Ni ordres, ni vantardises, ni prières.
J'ai une route blanche en moi
Y passent les fourmis avec les grains de blé
Les camions pleins de cris de fête
Mais cette route est interdite aux corbillards.

Nazim Hikmet

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Nouvelle-Calédonie

L'île de Tiga (Toka Nod) est réputée en Nouvelle-Calédonie pour la qualité de ses chants et de ses danses traditionnels :

Berceuse de la chenille (comptine chantée)

Chenille, chenille,
Si tu vas à la mer,
Si tu reviens encore,
Ferme, ferme de tes doigts
Les deux yeux de bébé.

Le sommeil te mange les yeux.
Dors, petit.

Anonyme - Toka Nod (île de Tiga, Nouvelle-Calédonie)

Texte original :

Wa’eni wa’eni
Thahue ricele
Thahue lo yawe
Cani cani lu ore rue
Vaegogo ni wamoro

Mere Kweremeu
Nikwêrê miaro.


Posté par de passage à 23:27 - L'HUMOUR des POÈTES - AUTRES LANGUES (sauf anglais-espagnol) - Permalien [#]

L'HUMOUR des COMPTINES - ANGLAIS et ESPAGNOL comptines

- Comptines d'humour traduites de l'anglais ou de l'espagnol -


Des poèmes traduits de l'anglais et de l'espagnol sont ici :
L'HUMOUR des POÈTES - ANGLAIS et ESPAGNOL

et des textes traduits d'autres langues étrangères sont  ici :
L'HUMOUR des POÈTES - AUTRES LANGUES (sauf anglais-espagnol)

choisis parmi ceux déjà placés sur ce blog l'année dernière, et dont on peut retrouver l'intégralité, tous thèmes confondus, dans la catégorie PRINT POÈTES 2008 : L'AUTRE (Monde)

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- Comptines et chansons en anglais -

chansons

Do you like cats ? (Aimes-tu les chats ?)
Yes, I do. (Oui, je les aime)
Do you like dogs ? (les chiens ?)
Yes, I do.
Do you like spiders ? (les araignées ?)
No, I don't. (Non, je ne les aime pas)
I don't like spiders !  (Je n'aime pas les araignées !)
Do you like birds ? (les oiseaux ?)
Yes, I do.
Do you like rabbits ? (les lapins?)
Yes, I do.
Do you like frogs ? (les grenouilles ?)
No, I don't.
I don't like frogs !

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Little Bo-Peep

Little Bo-Peep has lost her sheep
And can't tell where to find them.
Leave them alone,
And they'll come home,
Wagging their tails behind them

libre adaptation (proposée par Lieucommun) :

Little Bo-Peep a perdu ses moutons
Elle ne sait plus où ils sont.
Laissons faire les moutons,
Ils rentreront tout seuls à la maison
En remuant la queue derrière eux.

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Polly, put the kettle on

Polly, put the kettle on,
We'll all have tea.

Blow the fire and make the toast,
Put the muffins on to roast,
Blow the fire and make the toast,
We'll all have tea.

Sukey, take it off again,
They've all gone away.

libre adaptation (proposée par Lieucommun) :

Polly, mets la bouilloire à chauffer,
Nous allons tous prendre le thé.

Allume le feu, grille le pain,
et réchauffe les muffins,
Attise le feu, grille le pain,
Nous allons tous prendre le thé.

Polly, arrête ça,
Tout le monde est parti.

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Comptines et comptines rythmées et chantées

Pussy cat, pussy cat

Pussy cat, pussy cat, where have you been ?
I've been to London to visit the queen.
Pussy cat, pussy cat, what did you there ?
I frightened a little mouse  under the chair.

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The little mouse

I have seen you, little mouse,
Running all about the house,
Through the hole your little eye,
In the wainscot peeping sly,

Hoping soon some crumbs to steal,
To make quite a hearty meal.

Look before you venture out,

See if pussy  is about.
If she's  gone, you'll quickly run,
To the larder for some fun;
Round about the dishes  creep,
Taking into each a peep,
To choose the daintiest that's there,
Spoiling things you do not care.

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The cat and the fiddle

Hey diddle diddle, the cat  and the fiddle,
The cow  jumped over the moon,
The little dog  laughed  to see  such sport,
And the dish  ran away with the spoon.

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Cock crow

Cocks crow in the morn,
To tell us to rise.
And he who lies late,
Will never be wise.

For early to bed,
And early to rise,
Is the way to be healthy,
And wealthy  and wise.

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How doth the little crocodile

How doth the little crocodile
Improve his shining tail,
And pour the waters of the Nile
On every golden scale!

How cheerfully he seems to grin,
How neatly spreads his claws,
And welcomes little fishes in,
With gently smiling jaws!

(Texte de Lewis Carroll)

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This little piggy

This little piggy  went to market;
This little piggy  stayed home;
This little piggy  had roast beef;
This little piggy  had none;
This little piggy  said,
"Wee, wee, wee," all the way home.

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- Comptines, jeux et devinettes en espagnol -

Comptines

Chocolate

Uno, dos, tres, cho-
Uno dos tres, co-
Uno, dos, tres, la-
Uno, dos tres, te-
bate, bate, bate, bate
bate, bate chocolate.

(Comptine)

Chocolat (Libre adaptation en français : lieucommun)

Un deux trois, cho
Quatre cinq six, co
Sept huit neuf, la
bats, bats, bats, bats
bats, bats, le chocolat.

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Caracol

Caracol, caracol
Saca los cuernos al sol.
Que tu padre y tu madre
También los sacó.

(Comptine)

Escargot (adaptation en français : lieucommun)

Escargot, escargot
Sors tes cornes au soleil
Ta mère et ton père
Les ont sorti aussi.

(Comptine)

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Cinco pollitos (Comptine gestuelle)

Cinco pollitos
tiene mi tía,
uno le salta,
otro le pía
y otro le canta
la sinfonía.

Girar las manos a un lado y a otro con los dedos extendidos y separados.

Cinq poussins (très) libre adaptation en français : lieucommun)

Des cinq poussins
de ma tante,
le premier danse
un autre crie
un autre chante
la symphonie.

Faire tourner ses mains dans un sens et puis dans l'autre, les doigts tendus et écartés.

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Éste encontró un huevo (Comptine - jeu de doigts)

Éste fue a por leña,
éste le ayudó,
éste encontró un huevo,
éste lo frió,
y este gordito,
se lo comió.

Con los dedos índice y pulgar de una mano, se van tomando y apretando cada dedo de la otra mano,
comenzando por el meñique y terminando por el pulgar, a la vez que se va recitando cada verso de la
retahíla.

Celui-ci a trouvé un oeuf (très) libre adaptation en français : lieucommun)

Celui-ci est parti au bois*,
celui-ci l'a accompagné*,
celui-ci a trouvé un œuf,
celui-ci l'a fait frire,
et c'est ce petit gros qui l''a mangé.

Littéralement :

Celui-ci est allé chercher du bois
Celui-ci l'a aidé ...

Entre l'index et le pouce d'une main, on prend et on plie successivement chaque doigt de l'autre main,
en commençant par le petit doigt et en terminant par le pouce, à mesure qu"on récite chaque vers de la comptine.

En espagnol, les doigts de la main sont :

El pulgar, (le pouce) appelé aussi "dedo gordo" (gros doigt) ; el índice (l'index) ; el corazón (le coeur, c'est pour nous le majeur), appelé aussi "dedo medio" (doigt median), "mayor" (majeur) ou "cordial" ; el anular (l'annulaire); et el meñique (l'auriculaire), appelé aussi "dedo pequeño" (petit doigt).

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Mi abuelita tenía un gato (Comptine - dialogue)

Mi abuelita tenía un gato,
con las orejas de trapo,
y el hocico de papel.
¿Quieres que te lo cuente otra vez?
(El niño le contesta sí o no)

Que me digas que sí,
que me digas que no,
que mi abuelita tenía un gato,
con las orejas de trapo,
y el hocico de papel.
¿Quieres que te lo cuente otra vez?
(El niño le contesta sí o no)

Se repite la retahíla, indefinidamente.

Traduction :

Ma mémé* avait un chat (Comptine - dialogue) * "abuelita" est le diminutif de "grand-mère"

Ma mémé avait un chat,
aux oreilles de chiffon,
au petit nez en papier.
¿Tu veux que je te le raconte encore ?
(L'enfant répond oui ou non)

Que tu me dises oui,
Que tu me dises non,
Ma mémé avait un chat,
aux oreilles de chiffon,
au petit nez en papier.
¿Tu veux que je te le raconte encore ?
(L'enfant répond oui ou non)

La comptine se répète indéfiniment

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Chanson et poésie populaires :

Tengo una muñeca

Tengo una muñeca vestida de azul
Con su camisita y su canesú
La saqué a paseo, se me constipó
La tengo en la cama con mucho dolor
Y esta mañanita me dijo el doctor
Que le dé el jarabe con un tenedor
Dos y dos son cuatro
Cuatro y dos son seis
Seis y dos son ocho
Y ocho diez y seis
Y ocho veinte y cuatro
Y ocho treinta y dos

(Chanson populaire)
 
J'ai une poupée (Adaptation en français : lieucommun) 

J'ai une poupée vêtue de bleu
Avec une chemisette et un canezou*
Je l'ai emmenée en promenade, elle s'est enrhumée
Je la garde au lit car elle a très mal.
Et ce matin, le docteur m'a dit
De lui donner du sirop avec une fourchette.
Deux et deux font quatre
Quatre et deux font six
Six et deux font huit
Et huit, seize
Et huit, vingt-quatre
Et huit, trente-deux      * un canezou est un corsage sans manches

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Los pollitos (Poésie populaire)

Cuando los pollitos
dicen pío, pío
cuando tienen hambre,
cuando tienen frío,
la gallina busca
el maíz y el trigo
para dar sustento
a su pobres hijos.
Y bajo las alas,
acurrucaditos,
cuando tienen frío
duermen calentitos.

Les poussins (adaptation en français : lieucommun) 

Quand les poussins
font piou piou,
quand ils ont faim,
quand ils ont froid,
la poule cherche
le maïs et le blé
pour nourrir
ses pauvres enfants.
Et sous les ailes,
blottis
quand ils ont froid,
ils dorment au chaud.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Devinettes poétiques 

Entre bellas personas
ando siempre en verano,
unas veces abierto,
otras veces cerrado.
Solución : el abanico

en français : (Libre adaptation de lieucommun)

Je vais en été
toujours accompagné
de belles personnes
parfois ouvert
parfois fermé.
Solution : l'éventail

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Blanca por dentro
verde por fuera,
si quieres que te lo diga
espera.
Solución : La pera (jeu de mots entre "es pera" = c'est une poire et "espera" = attends)

en français : (Libre adaptation de lieucommun pour préserver le jeu de mots, mais on peut choisir une traduction plus directe !)

Blanche dedans
verte dehors,
tu veux que je te le dise ?
garde toujours l'espoir.
Solution : la poire



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010408

PRINTEMPS DES POÈTES 2009 - EN RIRES - DIVERS AUTEURS

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

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  •  Des pistes pour la création poétique* renvoient au sommaire des textes. Quelques-uns sont accompagnés d'exemples ou d'adresses où vous pourrez trouver des idées, des productions d'élèves, des conseils.

et  :

L'HUMOUR des COMPTINES - ANGLAIS et ESPAGNOL

L'HUMOUR des POÈTES - ANGLAIS et ESPAGNOL

L'HUMOUR des POÈTES - AUTRES LANGUES (sauf anglais-espagnol)

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Posté par de passage à 23:59 - PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes - Permalien [#]

EN RIRES - Pour la création poétique

- - - - - - - - - - -   (RÉ)CRÉATION POÉTIQUE   - - - - - - - - -

logo_cr_ation_po_tique

signalée par [+ CRÉATION] dans le sommaire

Poésies, comptines, jeux de langage,  permettent de produire différentes formes d'écrits amusants avec les élèves, dans un projet de création poétique.

  • Allitérations, assonances, virelangues (voir Comptines)Pierre Coran , Boby Lapointe / Géo Norge
  • AnagrammePierre Coran
  • Art postal et poème-adresse - Stéphane Mallarmé
  • Cadavre exquis - André Breton et le Surréalisme
  • Calligrammes - Pierre Albert-Birot / Apollinaire / Madeleine le Floch / Jean Lescure
  • Comptines : voir le SOMMAIRE, Michel Beau, Pierre Béarn, ainsi que la catégorie consacrée à Jean Tardieu ICI  
  • Chansonnettes répétitives (ou comptines chantées) - Louisa Paulin 
  • Conjugaison inventive - Alphonse Allais / Luc Bérimont
  • Découpage-collage de mots - Tristan Tzara et le Mouvement Dada
  • Description réduite - Jacques Roubaud  
  • Dialogues - Jean Tardieu [voir la catégorie consacrée à Jean Tardieu ICI ] 
  • Fables - Gabriel Macé (Jean de la Futaille) / Guillevic / Jean-Luc Moreau 
  • Fables express -  Alphonse Allais /  Guillevic 
  • Géométrie poétique - Guillevic - Jacques Roubaud
  • Haïkus et poèmes courts - voir le sommaire et Paul Claudel / Jules Renard
  • Jeux : acrostiches, charades, devinettes, suite de syllabes - voir sommaire, Jacques Charpentreau et Carl Norac 
  • Jeux avec les sons, échanges de voyelles et de consonnes, verlan - Luc Bérimont / Boby Lapointe, Jean-Hugues Malineau, etc.
  • Langage (ré)inventé - Robert Desnos / Maurice Fombeure /  Géo Norge / Jean Tardieu [voir sa catégorie ICI ]
  • Lettres de l'alphabet, chiffres, signes : évocation - Paul Vaillant-Couturier
  • Mono-rimes voyelles  - Pierre Menanteau / Andrée Chedid / Robert Desnos / Gilbert Saint-Pré
  • Mots-valises Michel-François Lavaur, Henri Michaux
  • Mots inventés - Luc Bérimont / Robert Desnos / Guillevic / Boby Lapointe / Henri Michaux / Boris Vian  
  • OnomatopéesPierre Albert-Birot / Luc Bérimont
  • OrthographeJacques Prévert
  • OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle) + palindromes, holorimes...   - Alphonse Allais / Raymond Queneau / Louise de Vilmorin
  • Pastiches, imitation de textes connusCharles Cros / Raymond Queneau / Andrée Chedid
  • Poème-adresse - Stéphane Mallarmé
  • Poème carréJean Lescure
  • Poème-objet - André Breton
  • Poème multiple - Raymond Queneau  
  • Poème-pancarte, slogan - Pierre Albert-Birot 
  • "Portraits" d'objets, d'animaux -  Pierre Gamarra - Jules Renard - Jacques Roubaud
  • Proverbes, dictons illustrés ou détournés -  Jacques Charpentreau, Luc Decaunes
  • Publicité -  Henri Heurtebise
  • Recettes - Guillevic / Jacques Prévert 
  • Répétition de mots et de syllabes - Boby Lapointe 
  • Structures répétées, poèmes "à la manière de ..." Paul Éluard, Luc Bérimont,  Alain Bosquet,  Maurice Carême, COMPTINES, Jacques Charpentreau, Pierre Coran, Robert Desnos, André Frédérique, Robert Gélis, Luce Guilbaud, Jean-Luc Moreau, Claude Roy,   Jacques Prévert,   etc / et Jean Tardieu [voir la catégorie Jean Tardieu ICI ]
  • Tautogramme - Yak Rivais dans JEUX DIVERS (ci-dessous)

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Posté par de passage à 23:56 - PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes - Permalien [#]

pages 1 à 5

- - - -   Sommaire des TEXTES  - - - 

(La disposition, la ponctuation et les majuscules des textes sont celles des originaux, sauf erreur ou indication contraire)

- - - page 1 (vous y êtes, déroulez la page) - - -

  • - comptines, haïkus, poésies d'ailleurs, jeux -

    • COMPTINES et POÈMES traduits D'AUTRES LANGUES  : Liens directs juste après le SOMMAIRE
    • COMPTINES et PETITS POÈMES avec l'ALPHABET  : L'étourdi / L'alphabet (voir Robert Gélis) / Le chat  [+ CRÉATION] // les NOTES de MUSIQUE : Rossignol / La gamme / Au bois de Panama (voir Jacques Charpentreau)   [+ CRÉATION] / Comme mon papa // les JOURS, les MOIS : L'empereur, sa femme et le petit prince / Bonjour lundi  [+ CRÉATION] / Sept jours sur sept   (voir Corinne Albaut) / Le lundi tout petit / Comptine saisons / La chanson des 12 mois / Les mois de l'année (Alain Bosquet)  [+ CRÉATION]  
    • COMPTINES et PETITS POÈMES NUMÉRIQUES :  Je joue à la balle  [+ CRÉATION]  / 1,2,3 nous irons au bois...  [+ CRÉATION] / Pimpanicaille / Les œufs / 1, 2, 3 le lapin / La poule / J'ai trouvé un œuf / Ma petite vache a mal aux pattes / Chaussettes / Reines / À la une ... / Le Dindon - Dans mon filet à papillons (voir Pierre Coran) / L'ogre (voir Maurice Carême) / Un éléphant se balançait ... / Comptine des canards sauvages (voir Pierre Ferran)
    • COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS : Le cheval de bois / Une souris verte / C'est qui ? [+ CRÉATION]  / Amstramgram / Timélou lamélou / Un petit bonhomme /  Les mensonges (Ah ! j'ai vu, j'ai vu vu...)  [+ CRÉATION] / Jamais on n'a vu...  [+ CRÉATION]  / Sept jours sur sept   (voir Corinne Albaut) / Comptine du trappeur (voir Bernard Lorraine) / Les petits lapins / Le clown Coquelicot / Cache-cache / La linotte - Le dromadaire - Le kangourou   (voir Paul Savatier) / Dans le panier / Le petit pou (voir Robert Clausard) / Comptine du pacha / Quelle heure est-il ?  [+ CRÉATION]
    • HAÏKUS : haïkus traditionnels et modernes  [+ CRÉATION]  textes anciens, modernes, et contemporains
    • JEUX DIVERS et autres activités : charade, devinette, acrostiche, suite de syllabes, virelangue, tautogramme  [+ CRÉATION] etc / voir aussi Jacques Charpentreau et Yak Rivais

  • TEXTES D'AUTEURS p 2 à 10 - 

  • - - - cliquer ici pour aller à la page 2 - - -

    • Corinne Albaut : Les trois classes / Sept jours sur sept [+ CRÉATION] / Un dragon chez soi
    • Pierre Albert-Birot : Le jardin suspendu (calligramme) / Poème à crier et à danser / L'oreille fine / Chatterie / Poème-pancarte 1 / Poème-pancarte 2
    • Alphonse Allais : Complainte amoureuse [+ CRÉATION] / distiques et vers holorimes / Fables-express  [+ CRÉATION]
    • Marc Alyn : On dit...  [+ CRÉATION]
    • Guillaume Apollinaire : Le paon / La cravate / il pleut  [+ CRÉATION]
    • Jean Arp : Bestiaire sans prénom / Firi
    • Roland Bacri : Le petit somnambule / Histoire salée [+ CRÉATION]  / L'Odyssée / Science-fiction / Intermède zoo / Mon petit bonhomme de chemin
    • Pierre Béarn : Un rectangle / Balle arithmétique [+ CRÉATION] / Une mouette et le printemps / La lionne et la mouche / Les araignées et les dictons
    • Michel Beau : voir COMPTINES et PETITS POÈMES ALPHABÉTIQUES,avec les JOURS, les MOIS, et avec les NOTES de MUSIQUE  (page 1)
    • Luc Bérimont : Quel mic-mac ! / Les points sur les i / Bientôt je n'aurai plus de voix  [+ CRÉATION]  / Les pâtés / Que faire ? / Conjugaison de l'oiseau [+ CRÉATION] / Fête aux fous / Haut les mains [+ CRÉATION] / Je donne pour Paris / Il va pleuvoir / Pomme et poire [+ CRÉATION]  / J'ai geigné la pirafe [+ CRÉATION] / Emploi du temps  [+ CRÉATION) / La clé des temps
    • Michel Besnier : Mon KDI n'est pas un KDO / Le rap des rats (deux textes) / Un oiseau / Mes résidences / Deux pigeons

    - - - cliquer ici pour aller à la page 3 - - -

    • Gérard Bialestowski : L'oiseau rare / Les rennes / Le mille-pattes / La pomme de terre / Au chien !
    • Alain Bosquet : Les mois de l'année (voir COMPTINES et PETITS POÈMES avec les MOIS de l'année  / Le cheval chante / La trompe de l'éléphant [+ CRÉATION] 
    • André Breton et le Surréalisme  [+ CRÉATION textes et arts plastiques ]: le poème-objet : Îles / Cadavre exquis [+ CRÉATION poétique et ARTS PLASTIQUES]
    • Maurice Carême :  Avez-vous vu ? / Fantaisie / Mon petit chat / L'ogre / Trois escargots / Le hibou / Ce qui est comique [+ CRÉATION]  / Deux petits éléphants / L'heure du crime
    • Blaise Cendrars : Nous ne voulons pas être tristes / Rire / L'oiseau bleu
    • Anne-Marie Chapouton : Tortue / Quand on est tortue / La pluie / Rêve 4
    • Jacques Charpentreau : Les beaux métiers /  La chevauchée / La clé des champs / La lessive / L'île des rêves [+ CRÉATION] / la réunion de famille [+ CRÉATION]  Le laveur de carreaux [+ CRÉATION] / Le batteur-mixeur / La soupe de la sorcière / Au bois de Panama / Panne d'imagination / Le mille-pattes  / La mer s'est retirée [+ CRÉATION] / Suppositions [+ CRÉATION]  / JEUX : devinettes / acrostiche / rébus / jeux de mots : le blé - l'épouvantail
    • Malcolm de Chazal : La vitre / L'eau / L'auto / Les animaux
    • Andrée Chedid : Le rire / L'anniversaire / Le caillou / La cervelle de papa / Histoire de cou / La fringale / La fourmi et la cigale / L'éponge / La chèvre magique / L'onomatopée
    • Paul Claudel : La maison du marchand de sable / Cent phrases pour éventails / Courts poèmes japonais

    - - - cliquer ici pour aller à la page 4 - - -

    • Robert Clausard : La puce / Le petit pou (comptine) / Les petits lapins
    • Bernard Clavel : Comptine du pacha (comptine) : voir COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS (page 1)
    • Jean Cocteau : Odile / L'hôtel
    • Pierre Coran : Si [+ CRÉATION] / Anagrammes [+ CRÉATION] / La grenouille / Les souris et le chat luthier / Un / Le o et la dactylo / Mon filet à papillons / Le dindon / Six escargots gris / Six-cents couteaux-scies / Le poisson rouge / Le chameau / Tic tac / K.K.O. [+ CRÉATION]  / Le poisson doré / Orage / Les moustiques / Le chien de l'informaticien / Fakir bègue
    • Charles Cros : Le hareng saur / Moi je vis la vie à côté / Gagne-petit / Songe d'été / Morale
    • Guy-Charles Cros : Les petits lapins (comptine) : voir COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS (page 1)
    • Yvan Dautin : La méduse / Les mains dans les poches
    • Luc Decaunes : Le porc-épic / Le tamanoir n'est pas bien vu / Proverbes [+ CRÉATION]
    • Lise Deharme : L'horloger / La poule noire / La plume
    • Lucie Delarue-Mardrus : Mauvaise rencontre / Petites souris / Problème / Le chat noir / Les poissons rouges / Les vaches / Le cochon
    • Marc Delouze : Le tambourin / La grosse caisse
    • Henri Dès : Avec les copains / La marche des chapeaux

      - - - cliquer ici pour aller à la page 5 - - -

    • Robert Desnos : Le canapé de Paméla / Chant du ciel / Le souci / C'était un bon copain / L'hippocampe / Les hiboux / Le pélican / Le blaireau / La fourmi   [+ CRÉATION] / La dame pavot nouvelle épousée / Par un point situé sur un plan... / L'oiseau du Colorado / Le poisson sans-souci / Demi-rêve [+ CRÉATION]
    • Jean-Pierre Develle : Qu'est-ce qui ne va pas sur la terre ?
    • Michel Deville : Sabotage / Tristan et Yseut / Mots croisés / Lorsque et si .../ Le vieux cheval / Le chat chinois
    • Maurice Donnay : Le serpent et le cor de chasse
    • Paul Éluard : Sur la maison du rire / Dans Paris [+ CRÉATION]
    • Pierre Ferran : Le cinquième jour / Comptine des canards sauvages
    • Maurice Fombeure : Chanson de la pluie / Air de ronde
    • Xavier Forneret : Un pauvre honteux
    • Georges Fourest : Le Cid / Sardines à l'huile
    • André Frédérique : Exercices de logique [+ CRÉATION] / Seconde classe / La face

    Posté par de passage à 23:55 - PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes - Permalien [#]

    pages 6 à 10

    - - - cliquer ici pour aller à la page 6 - - -

    • Pierre Gamarra : La pendule [+ CRÉATION] / Le cosmonaute et son hôte / Le moqueur moqué
    • Robert Gélis : Mon stylo [+ CRÉATION]  / Matin d'automne / Rencontre / L'Important /Eh! Oui / Alphabet
    • Luce Guilbaud : Dans ma boîte  [+ CRÉATION] / Un déjeuner de fous / Le nuage / Une petite maison / Le monstre de pierre / Une image / Le petit rêve / Le vent / J'étais perdue
    • Guillevic : Recette / Image  [+ CRÉATION] / Le glyptodon / Ma girafe et moi / Fabliette du mauvais boeuf / Euclidiennes [+ CRÉATION]
    • Jacqueline et Claude Held : Acrobatie / Ballade pour un métro / Grillon de lune / Monsieur Pissenlit / Transformations
    • Henri Heurtebise : Tarzan / Prévention [+ CRÉATION]
    • Max Jacob : Pour les enfants et pour les raffinés (À Paris sur un cheval gris... - Je te donne pour ta fête...) / Avenue du Maine / Souris et Mouric / Chanson bretonne
    • Georges Jan : Dans le panier (comptine), voir COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS (page 1) 
    • Jean L'Anselme : Art poétique / Congés payés / Le guépard / Impératifs / Un poète / Monsieur X / L'éclair au chocolat / La Darne de Lieu
    • Boby Lapointe : La maman des poissons / Ta Katie t'a quitté [+ CRÉATION] / Le poisson fa / Méli-mélodie [+ CRÉATION
    • Michel-François Lavaur : L'éléphantastique [+ CRÉATION]

    - - - cliquer ici pour aller à la page 7 - - -

    • Madeleine le Floch : Vers exclusif / Ver de mer / Vert de Lune / Haricot vert / Vertige [+ CRÉATION]
    • Madeleine Ley : La girafe / En rêve j'ai trouvé  [+ CRÉATION] / L'araignée
    • Jean Lescure : Poèmes carrés  [+ CRÉATION] / L'encre (calligramme) / Poème pour bègue
    • Bernard Lorraine : Le tapissier et le pâtissier / Le rhinocéros / Le dromadaire / Comptine du trappeur (comptine)
    • Gabriel Macé (Jean de la Futaille) : L'automobiliste qui avait fait une simple erreur / Sur la vanité des choses de ce monde / À chacun ses raisons / Le Tiercé
    • Jean-Hugues Malineau : Le ragondin / Le perroquet
    • Stéphane Mallarmé : Poèmes-adresses [+ CRÉATION poétique et ARTS PLASTIQUES]
    • Pierre Menanteau : Ah ! que la Terre est belle / Au gui l'an neuf / Grillon
    • Henri Michaux : Le grand combat / Mes occupations
    • Michel Monnereau : Un soir ... 

    - - - cliquer ici pour aller à la page 8 - - -

    • Jean-Luc Moreau : Locataires [+ CRÉATION] / La cour de mon école / Le cerf-volant / La télévision / Chanson de l'heure qu'il est / Trois petits pantins / Si... [+ CRÉATION POÉTIQUE] / L'oncle Octave / Quand le chat [+ CRÉATION] / L'éléphant rose et la souris blanche / L'hippopotame / Le renard et le corbeau
    • Guy de la Mothe : proverbes travestis (voir LUC DECAUNES)
    • Carl Norac : Étoile ou étincelle (acrostiche) / Poème du cartable rêveur
    • Géo Norge : Zoziaux / Monsieur / Oubli / Totaux / La Faune / On peut se tromper / Chant du merle / Si...si
    • René de Obaldia : Dimanche [+ CRÉATION] / Moi j'irai dans la lune / J'ai trempé mon doigt dans la confiture / Chez moi / Le plus beau vers de la langue française / Manège
    • Emmanuelle Parrenin : voir COMPTINES et PETITS POÈMES ALPHABÉTIQUES,avec les JOURS, les MOIS, et avec les NOTES de MUSIQUE  (page 1)
    • Louisa Paulin : Chanson de mariage / Chanson pour rire [+ CRÉATION]
    • Georges Perec :  Déménager [+ CRÉATION] / Vocalisations
    • Benjamin Péret :  S'essoufler / Les temps révolus
    • Francis Ponge :  Notes prises pour un oiseau [+ CRÉATION] / L'allumette / Le savon
    • Christian Poslaniec :  Mon arbre à moi / Cheval d'avril / Douze ans / Pêchette surprise / La tanche
    • Jacques Prévert : Cortège [+ CRÉATION] / Soyez polis / Bain de soleil / L'amiral / Frontières / Et la fête continue / Le coquillage / Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied / Les animaux ont des ennuis / Être ange / Quartier libre / Les belles familles / J'ai vu passer un homme / La pêche à la baleine / Mea culpa et Sans faute [+ CRÉATION] 
  • - - - cliquer ici pour aller à la page 9 - - - 

    • Raymond Queneau et l'OULIPO : Pour un art poétique / Cent mille milliards de poèmes [+ CRÉATION] / La Cimaise et la Fraction  [+ CRÉATION]  / Cris de Paris / La fourmi et la cigale / Maigrir / Pauvre type / Encore l'art po / L'arbre qui pense / Égocentrisme
    • Jean-Claude Renard : Cache-cache (comptine) : voir COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS (page 1)
    • Jules Renard : Histoires Naturelles [+ CRÉATION]
    • Yak Rivais : Cauchemar (tautogramme)
    • Ghislaine Roman : Si / Peut-être [+ CRÉATION]
    • Jacques Roubaud : Le microbe / La vache : description [+ CRÉATION]
    • Jean Rousselot : Chanson du possible / Les pommes de lune / L'ordinateur et l'éléphant / On n'est pas n'importe qui / Pas de vacances 
    • Claude Roy : L'excès des petits noms d'amitié / L'affable La Fontaine / Avec des si.. [+ CRÉATION] / L 'enfant qui battait la campagne / La clef des champs / L'oiseau voyou / Le chat blanc / Limerick des gens excessivement polis / Étourdis étourneaux / L'escargot matelot
    • Joël Sadeler : Fable / La fourmi et la cigale / Puce / Boulevard Auguste Blanqui / Pigeons / Allergie / Au feu
    • Gilbert Saint-Pré : Les perles de rose / Du temps de nos rois / Le hibou
    • Paul Savatier : La linotte / le dromadaire / le kangourou (comptines) 

    - - - cliquer ici pour aller à la page 10 (dernière) - - - 

    • Philippe Soupault : Grammaire / En cadence  /Ah bien c'est du joli / C'est vrai / Du jour au lendemain / Pleine Lune / C'est demain dimanche / Pour Alice / Mélancolie / Chassé-croisé / Chanson du rémouleur [+ CRÉATION]
    • Lucie Spède : Définition / Le mille-pattes / Oh dodo / Météo / Le monde à l'envers
    • Roland Topor : Le clown Coquelicot (comptine) : voir COMPTINES, CHANSONS et PETITS POÈMES DIVERS (page 1)
    • Tristan Tzara et Le Mouvement Dada : Chanson Dada / Pour faire un poème dadaïste [+ CRÉATION]
    • Paul Vaillant-Couturier : L'alphabet [+ CRÉATION]
    • Charles Van Lerberghe : Mon rire
    • Paul Verlaine : Impression fausse
    • Boris Vian : Un poisson d'avril / Si les poètes étaient moins bêtes [+ CRÉATION] / Je veux une vie en forme d'arête / Y en a qui ont des trompinettes / La complainte du progrès
    • Louise de Vilmorin : Récitez-moi votre leçon / Vers holorimes / Palindromes / Poème phonétique / L'île / Fado
    • Paul Vincensini : Moi j'ai toujours peur du vent / Le petit grillon / Le parapluie / Toujours et Jamais [+ CRÉATION]  / Moi dans l'arbre / Les papillons / Moi l'hiver je pense  / Qu'est-ce qu'ils bouffent

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