lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

250107

POÉSIES pour la CLASSE - CYCLES 2 et 3

 

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

Voici un choix de poésies pour la GS, le CP et le CE1
Beaucoup peuvent être proposées au cycle 3.

Voir aussi les catégories "poésies pour Cycle 3 et collège" et "Lettera amorosa pour la classe".

Contrainte du blog, il faut dérouler la liste et la page.

Si cette page ne s'affiche pas correctement,
c'est qu'une réorganisation par ordre alphabétique d'auteur est en cours.

 

 


Liste cycles 2 et 3

  • La pendule (Pierre Gamarra)
  • Le chat blanc (Claude Roy) 
  • L'escargot (Robert Desnos)
  • Il y a des mots (Georges Jean) 
  • Mon stylo (Robert Gélis)
  • Deux pigeons (Michel Besnier)  
  • Mon ours (François David)
  • Je jouais (Luce Guilbaud)
  • Dans ma boîte (Luce Guilbaud)  
  • Trois petits oiseaux dans les blés (Jean Richepin) 
  • Rentrée des classes (René-Guy Cadou)  
  • L'enfant précoce (René-Guy Cadou)  
  • L'oiseau du Colorado (Robert Desnos)
  • Chevaux : trois ; oiseau : un (Claude Roy)
  • Petite souris (Lucie Delarue-Mardrus)
  • Dans  Paris (Paul Eluard)
  • Le secret (René de Obaldia)
  • La grenouille aux  souliers percés (Robert Desnos)
  • La fourmi (Robert Desnos)
  • Les  crayons (Corinne Albaut)
  • L'école (Jacques Charpentreau)
  • Mon arbre à  moi (Christian Poslaniec)
  • La girafe (Madeleine Ley)
  • Dimanche (René de Obaldia)
  • J'ai trouvé dans mes cheveux (Claude Roy)
  • Le rêve de la Lune (Marie Botturi)
  • L'arc-en-ciel (Robert Besse)
  • Bain de Soleil (Jacques Prévert)
  • Cheval bleu (Madeleine Riffaud)
  • La puce (Robert Clausard)
  • C'est demain dimanche (Philippe Soupault)
  • S'essoufler (Benjamin Péret)
  • La mer (Paul Fort)
  • Petite pomme (Géo Norge)
  • Conversation (Jean Tardieu)
  • Les hiboux (Robert Desnos)
  • Araignée (Madeleine Ley)
  • Chanson du chat(Tristan Klingsor)
  • Monsieur chat (Paul Claudel)
  • Soir (Louis Guillaume)
  • La mer s'est retirée (Jacques Charpentreau)
  • Le cheval chante (Alain Bosquet)
  • Un enfant a dit (Raymond Queneau)
  • Chanson pour les enfants l'hiver (Jacques Prévert)
  • L'escargot (Martine Gehin)
  • Les nuages blancs (Gilbert Cesbron)
  • L'avion (Lucie Delarue-Mardrus)
  • Le raisin (Anne-Marie Chapouton)
  • Le pélican (Robert Desnos)
  • Bien au chaud (Ann Rocard)
  • L'arbre (Jacques Charpentreau)
  • Le zèbre (Robert Desnos)
  • Le petit lapin (Jeanne Marvig)
  • Paris blanc (Pierre Coran)
  • Quand automne en saison revient (Samivel)
  • Pomme et poire (Luc Bérimont)
  • Pour la liberté (Philippe Soupault)
  • Locataires (Jean-Luc Moreau)
  • Caresses (Chantal Couliou)
  • Crayons de couleur (Chantal Couliou)
  • L'averse (Francis Carco)
  • N'écoute pas (Alain Serres)
  • Toi-même (Alain Serres)
  • En sortant de l'école (Jacques Prévert)
  • Le papillon (Marc Alyn)
  • Le soleil dit bonjour (Claude Roy)
  • Moi j'irai dans la lune (René de Obaldia)
  • Petite pomme - raccourcie (Norge)
  • Sept couleurs magiques (Mimy Doinet)
  • J'aime ma maison (Louis Guillaume)
  • Plein ciel (Paul Vincensini)
  • Petite nuit (Paul Vincensini)
  • Moi j'ai toujours peur du  vent (Paul Vincensini)
  • Le petit grillon (Paul Vincensini)
  • Toujours et Jamais (Paul Vincensini)
  • Moi dans l'arbre (Paul Vincensini)
  • Les beaux métiers (Jacques Charpentreau)
  • L'île des rêves (Jacques Charpentreau)
  • Les perles de rosée (Gilles Saint-Pré)
  • Cavalcade (Louis Guillaume)
  • Les noisettes (Tristan Klingsor)
  • Dame la Lune (Marcelle Vérité)
  • Impression fausse (Paul Verlaine)
  • L'oiseau bleu (Blaise Cendrars)
  • Le pélican (Robert Desnos)
  • Une graine voyageait (Alain Bosquet)
  • Les corridors où dort Anne qu'on adore (Claude Roy)
  • Conseils donnés par une sorcière (Jean Tardieu)
  • L'automne (Lucie Delarue-Mardrus
  • Le chameau (Pierre Coran)
  • La pluie (Jean-Louis Jacob)
  • L’ogre (Maurice Carême)
  • J’ai trempé mon doigt dans la confiture (René de Obaldia)
  • La gelée (Anne-Marie Chapouton)
  • Automne (Anne-Marie Chapouton)
  • L’été (Anne-Marie Chapouton)
  • Pluie (Solange Innocent)
  • L’échelle (Mohammed Dib)
  • La pomme et l'escargot (Charles Vildrac)

TEXTES pour les Cycles 2 et 3

La pendule

Je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
On dirait que je mastique
du mastic et des moustiques
quand je sonne et quand je craque,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
J'avance ou bien je recule,
tic-tac, je suis la pendule,
je brille quand on m'astique,
je ne suis pas fantastique
mais je sais l'arithmétique,
j'ai plus d'un tour dans mon sac,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !

Pierre Gamarra


Le chat blanc

Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d'avoir mal aux dents
disait en miaulant :
« Souris mon amie
j'ai bien du souci.
Le docteur m'a dit :
- Tu seras guéri
si entre tes dents
tu mets un moment,
délicatement,
la queue d'une souris ».
Très obligeamment
souris bonne enfant
s'approcha du chat
qui se la mangea.

Moralité :
Les bons sentiments
ont l'inconvénient
d'amener souvent
de graves ennuis
aux petits enfants
comme-z-aux souris.

Claude Roy  


L'escargot

Est-ce que le temps est beau ?
Se demandait l'escargot
Car, pour moi, s'il faisait beau,
C'est qu'il ferait vilain temps.
J'aime qu'il tombe de l'eau.
Voilà mon tempérament.
Combien de gens, et sans coquille,
N'aiment pas que le soleil brille.
Il est caché ? Il reviendra !
L'escargot ? On le mangera.

Robert Desnos


Il y a des mots

Il  y a des mots, c’est pour les dire,
c’est pour les faire frire,
c’est pour rire.

Il y a des mots, c’est pour les chanter,
c’est pour rêver,
c’est pour les manger.

Il y a des mots, que l’on ramasse;
des mots qui passent,
des mots qui se cassent.

Il y a des mots pour le matin,
des mots métropolitains,
ou lointains.

Il y a des mots épais et noirs,
des mots légers pour les histoires,
des mots à boire.

Il y a des mots pour toutes les choses,
pour les lèvres, pour les roses,
des mots pour les métamorphoses,
Si l’on ose...

Georges Jean


Mon stylo

Si mon stylo était magique,
Avec des mots en herbe,
J’écrirais des poèmes superbes,
Avec des mots en cage,
J’écrirais des poèmes sauvages.

Si mon stylo était artiste,
Avec les mots les plus bêtes,
J’écrirais des poèmes en fête,
Avec des mots de tous les jours,
J’écrirais des poèmes d’amour.

Mais mon stylo est un farceur
Qui n’en fait qu’à sa tête,
Et mes poèmes, sur mon cœur,
Font des pirouettes.

Robert Gélis


Deux pigeons

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
Deux corbeaux s’aimaient d’amour noir
Deux mésanges s’aimaient d’amour bleu
Deux pies s’aimaient d’amour bavard
Deux autruches s’aimaient d’amour loud
Deux pinsons s’aimaient d’amour gai
Deux vautours s’aimaient eux aussi

Michel Besnier - né en 1945 ("Le verlan des oiseaux et autres jeux de plumes")


Mon ours

Il n’a plus de bouton
À son pantalon.

Il a perdu la ficelle
Qui lui servait de bretelle.

On voit dépasser la paille
Au niveau de sa taille.

Et on aperçoit de la mousse
Sur sa jolie frimousse.

Mais moi je l’aime pourtant
Au moins autant qu’avant.

Je l’aimerai toujours
Mon ours.

François David ("Premiers poèmes pour tous les jours" - édit Milan)


Je jouais

Je jouais à grimper à l'arc-en-ciel
comme à l'échelle
Sur le jaune
j'ai cueilli des boutons d'or
Sur l'orange
j'ai des clémentines
Sur le rouge
des framboises et des cerises
Plus haut, j'ai respiré les violettes
Dans le bleu
j'ai coupé une fenêtre de ciel
pour voir l'indigo
Et je suis tombé par la fenêtre
sur l'herbe verte.

Luce Guilbaud 


Dans ma boîte

J’aurai une grande boîte
pleine de soleil
pour les jours de pluie
pleine de sourires
pour les jours de grogne
pleine de courage
pour les jours de flemme.

Et dans ma boîte j’aurai aussi
plein de coquillages
pour écouter la mer.

Luce Guilbaud


Trois petits oiseaux dans les blés

Au matin se sont rassemblés
Trois petits oiseaux dans les blés.

Ils avaient tant à se dire
Qu'ils parlaient tous à la fois,
Et chacun forçait sa voix.
Ça faisait un tire lire,
Tire lire la ou la.
Un vieux pommier planté là
A trouvé si gai cela
Qu'il s'en est tordu de rire,
Tire lire tire lire,
Qu'il s'en est tordu de rire,
Tire lire la ou la.

Jean Richepin


Rentrée des classes

Odeur des pluies de mon enfance,
Derniers soleils de la saison !
À sept ans, comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison !La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été !
Ô temps charmants des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau !

René-Guy Cadou


L'enfant précoce

Une lampe naquit sous la mer
Un oiseau chanta
Alors dans un village reculé
Une petite fille se mit à écrire
Pour elle seule
Le plus beau poème
Elle n'avait pas appris l'orthographe
Elle dessinait dans le sable
Des locomotives
Et des wagons pleins de soleil
Elle affrontait les arbres gauchement
Avec des majuscules enlacées et des cœurs
Elle ne disait rien de l'amour
Pour ne pas mentir
Et quand le soir descendait en elle
Par ses joues
Elle appelait son chien doucement
Et disait
« Et maintenant cherche ta vie ».

René-Guy Cadou


L'oiseau du Colorado

L'oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat et des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.
L'oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d'autruche
Jus d'ananas glacé en cruche
Sang de pêche et navet
Whisky menthe et café.
L'oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait dodo
Puis il s'envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.

Robert Desnos


Chevaux : trois ; oiseau : un

J'ai trois grands chevaux courant dans mon ciel.
J'ai un seul petit oiseau, petit, dans mon champ.
Trois chevaux de feu broutant les étoiles.
Un oiseau petit qui vit d'air du temps.
Trois chevaux perdus dans la galaxie.
Un petit oiseau qui habite ici.
Les chevaux du ciel, c'est un phénomène.
Mais l'oiseau d'ici, c'est celui que j'aime.
Les chevaux du ciel sont de vrais génies.
L'oiseau dans mon champ, c'est lui mon ami.
Mais l'oiseau du champ s'envole en plein ciel,
rejoint mes chevaux, et je reste seul.
J'aimerais bien avoir des ailes.
Ça passerait le temps.
Ça passerait le ciel.

Claude Roy


Petite souris

C’est la petite souris grise,
Dans sa cachette elle est assise.
Quand elle n’est pas dans son trou,
C’est qu’elle galope partout.

C’est la petite souris blanche
Qui ronge le pain sur la planche.
Aussitôt qu’elle entend du bruit,
Dans sa maison elle s’enfuit.

C’est la petite souris brune
Qui se promène au clair de lune,
Si le chat miaule en dormant,
Elle se sauve prestement.

C’est la petite souris rouge,
Elle a peur aussitôt qu’on bouge !
Mais, lorsque personne n’est là,
Elle mange tout ce qu’on a.

Lucie Delarue-Mardrus


Dans Paris

Dans Paris il y a une rue;
Dans cette rue il y a une maison;
Dans cette maison il y a un escalier;
Dans cet escalier il y a une chambre;
Dans cette chambre il y a une table;
Sur cette table il y a un tapis;
Sur ce tapis il y a une cage;

Dans cette cage il y a un nid;
Dans ce nid il y a un œuf,
Dans cet œuf il y a un oiseau.

L'oiseau renversa l'œuf;
L'œuf renversa le nid;
Le nid renversa la cage;

La cage renversa le tapis;
Le tapis renversa la table;
La table renversa la chambre;
La chambre renversa l'escalier;
L'escalier renversa la maison;
La maison renversa la rue;
La rue renversa la ville de Paris.

Paul Éluard


Le secret

Sur le chemin près du bois
J'ai trouvé tout un trésor :
Une coquille de noix
Une sauterelle en or
Un arc-en-ciel qu'était mort.
A personne je n'ai rien dit
Dans ma main je les ai pris
Et je l'ai tenue fermée
Fermée jusqu'à l'étrangler
Du lundi au samedi.
Le dimanche l'ai rouverte
Mais il n'y avait plus rien !
Et j'ai raconté au chien
Couché dans sa niche verte
Comme j'avais du chagrin.
Il m'a dit sans aboyer:
« Cette nuit, tu vas rêver. »
La nuit, il faisait si noir
Que j'ai cru à une histoire
Et que tout était perdu.
Mais d'un seul coup j'ai bien vu
Un navire dans le ciel
Traîné par une sauterelle
Sur des vagues d'arc-en-ciel !

René de Obaldia


La grenouille aux souliers percés

La grenouille aux souliers percés
A demandé la charité
Les arbres lui ont donné
Des feuilles mortes et tombées
Les champignons lui ont donné
Le duvet de leur grand chapeau
L'écureuil lui a donné
Quatre poils de son manteau
L'herbe lui a donné
Trois petites graines.
Le ciel lui a donné
Sa plus douce haleine
Mais la grenouille demande toujours,
Demande encore la charité
Car ses souliers sont toujours,
Sont toujours percés.

Robert Desnos


La fourmi

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête
Ça n'existe pas ça n'existe pas

Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards
Ça n'existe pas ça n'existe pas

Une fourmi  parlant français
Parlant latin et javanais
Ça n'existe pas ça n'existe pas
Et pourquoi pas ?

Robert Desnos


Les crayons

Mais à quoi jouent les crayons
Pendant les récréations ?
Le rouge dessine une souris,
Le vert un soleil,
Le bleu dessine un radis,
Le gris une groseille.
Le noir qui n'a pas d'idée,
Fait de gros pâtés.

Voilà les jeux des crayons
Pendant les récréations.

Corinne Albaut


L'école

Dans notre ville il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue il y a
Des autos, des gens qui s'affolent,
Un grand magasin, une école,

Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux qui chantent tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon coeur, mon coeur, mon coeur qui bat
Est là.

Jacques Charpentreau


Mon arbre à moi

Lorsque je le caresse,
Mon arbre apprivoisé
Se dresse
Sur la pointe des feuilles
Dans le vent.

Alors moi je lui cueille
Un bouquet d'oiseaux blancs
Et il remue la tête
Heureux
En souriant
D'un grand rire d'écorce
Pour me faire la fête.

Christian Poslaniec


La girafe

Je voudrais une girafe
Aussi haute que la maison
Avec deux petites cornes
et des sabots bien cirés
Je voudrais une girafe
pour entrer sans escalier
par la lucarne du grenier

Madeleine Ley


Dimanche

Charlotte
fait de la compote

Bertrand
suce des harengs

Cunégonde
se teint en blonde
Epaminondas
cire ses godasses

Thérèse
souffle sur la braise

Léon
peint des potirons

Brigitte
s'agite, s'agite

Adhémar
dit qu'il en a marre

La pendule
fabrique des virgules

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?
Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z'ai un chat

René de Obaldia


J'ai trouvé dans mes cheveux

J'ai trouvé dans mes cheveux
Une souris bleue.
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu'il n'y en ait pas deux.
J'ai trouvé dans ma manche
Une souris blanche.
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu'il n'y en ait pas deux.
J'ai trouvé dans mon pantalon
Une souris marron.
Dans mon pantalon, une souris marron ?
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu'il n'y en ait pas deux.
J'ai trouvé dans mon oreille
Une souris groseille.
Dans mon oreille, une souris groseille ?
Dans mon pantalon, une souris marron ?
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu'il n'y en ait pas deux.

Claude Roy


Le rêve de la lune

Si la Lune brille
Quand tu dors,
C'est pour planter
Des milliers de soleils pour demain.
Si tout devient silence
Quand tu dors,
C'est pour préparer
Le chant des milliers d'oiseaux
Et dorer les ailes des libellules.
Si la Lune tombe dans tes bras
Quand tu dors,
C'est pour rêver avec toi
Des milliers d'étoiles.

Marie Botturi


L'arc-en-ciel

De sa cage de nuages et de pluie
Un bel oiseau s'est évadé
pour se poser sur les doigts du soleil
Bleu indigo violet
Vert jaune orangé rouge
Plus un enfant ne bouge
Le bel oiseau a déployé
Ses plumes sur le ciel

Robert Besse

 


Bain de soleil

La salle de bains est fermée à clef
Le soleil entre par la fenêtre
et il se baigne dans la baignoire
et il se frotte avec le savon
et le savon pleure
il a du soleil dans l'oeil.

Jacques Prévert


Cheval bleu

J’avais un petit cheval bleu
Qui se promenait dans ma chambre
En liberté, crinière longue
Et des rayons sur ses sabots.

Il galopait sur le bureau
Sur les bouquins de l’étagère.
Il galopait, tête levée
Sur la steppe blanche des draps.

Il vivait d’un reflet
S’endormait chaque nuit
Dans le creux de mes mais
Comme font les oiseaux

Madeleine Riffaud


La puce

Une puce prit le chien
Pour aller de la ville
Au hameau voisin
A la station du marronnier
Elle descendit
Vos papiers dit l’âne
Coiffé d’un képi
Je n’en ai pas
Alors que faites-vous ici  ?
Je suis infirmière
Et fais des piqûres
A domicile.

Robert Clausard


C’est demain dimanche

Il faut apprendre à sourire
Même quand le temps est gris
Pourquoi pleurer aujourd'hui
Quand le soleil brille
C'est demain la fête des amis
Des grenouilles et des oiseaux
Des champignons des escargots
N'oublions pas les insectes
les mouches et les coccinelles
Et tout à l'heure à midi
J'attendrai l'arc-en-ciel
Violet indigo bleu vert
jaune orange et rouge
Et nous jouerons à la marelle

Philippe Soupault


S’essoufler

Ah fromage voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame au lait
Elle est du bon lait du pays qui l’a fait
Le pays qui l’a fait était de son village

Ah village voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame fromage
Elle est du pays du bon lait qui l’a fait
Celui qui l’a fait était de sa madame

Ah fromage voilà du bon pays
Voilà du bon pays au lait
Il est du bon lait qui l’a fait du fromage
Le lait qui l’a fait était de sa madame

Benjamin Péret


La mer

La mer brille comme une coquille
on a envie de la pécher
la mer est verte,
elle est d'azur,
elle est d'argent
et de dentelle

Paul Fort


Petite pomme

La petite pomme s'ennuie
De n'être pas encore cueillie.
Les autres pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne !
Les jours sont courts ! Il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu'on est pomme.

Je n'en puis plus viens me cueillir,
Tu viens me cueillir Isabelle ?
Comme c'est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu'on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.

Géo Norge


Conversation
(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)

Comment ça va sur la terre ?
- Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages ?
- Ça flotte.
Et les volcans ?
- Ça mijote.
Et les fleuves ?
- Ça s'écoule.
Et le temps ?
- Ça se déroule.
Et votre âme ?
- Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.

Jean Tardieu


Les hiboux (On trouve souvent ce texte, et c'est dommage, sans les deux dernières strophes)

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d'or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
A Moscou ? Ou à Tombouctou ?

En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous.

Robert Desnos


Araignée

Araignée grise,
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d'araignée
Émerveillement
Lourde de rosée
Dans le matin blanc!

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie
Ô maison de fil.
Escalier de soie.

Araignée grise,
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Madeleine Ley


Chanson du chat

Chat, chat, chat,
Chat noir, chat blanc, chat gris
Charmant chat couché
Chat, chat, chat,
N'entends-tu pas les souris
Danser à trois des entrechats
Sur le plancher?
Le bourgeois ronfle dans son lit,
De son bonnet de coton coiffé,
Et la lune regarde à la vitre.
Dansez souris, dansez jolies,
Dansez vite
En remuant vos fines queues de fées.
Dansez sans musique tout à votre aise,
A pas menus et drus,
Au clair de lune qui vient de se lever,
Courez; les sergents de la ville dans la rue
Font les cent pas sur le pavé;
Et tous les chats du vieux Paris
Dorment sur leurs chaises
Chats blancs, chats noirs ou chats gris.

Tristan Klingsor


Monsieur chat

Accroupi
Près
Du
Bocal
Monsieur Chat
Les yeux à demi fermés
Dit :
Je n’aime pas
Le poisson

Paul Claudel


Soir

Les étoiles dorment.
Le soir a cueilli
Par tous les étages
Un bouquet de lampes.

Au ras du trottoir
Un petit enfant
Ecarte les doigts
vers tant de lumière.

La ville s’éteint
La main se referme.
A tous les étages
Grimpe le sommeil.

Louis Guillaume


La mer s'est retirée

La mer s'est retirée,
Qui la ramènera ?
La mer est démontée,
Qui la remontera ?
La mer est déchaînée,
Qui la rattachera ?
Un enfant qui joue sur la plage
Avec un collier de coquillages.

Jacques Charpentreau


Le cheval chante

Le cheval chante.
Le hibou miaule.
L'âne gazouille.
Le ruisseau hennit.

- C'est bien, mon enfant : joue avec les mots.

- Le triangle est rond.
La neige est chaude.
Le soleil est bleu.
La maison voyage.

- Tu as de la chance :

les mots sont amicaux
et généreux.

- Le poisson plane.
La baleine court.
La fourchette a des oreilles.
Le train se gratte.

- Je t'avais prévenu :
maintenant les mots te mordent.

Alain Bosquet


Un enfant a dit

Un enfant a dit
Je sais des poèmes
Un enfant a dit
Ch'sais des poasies*

Un enfant a dit
Mon cœur est plein d'elles
Un enfant a dit
Par cœur, ça suffit.

Un enfant a dit
Ils en savent des choses
Un enfant a dit
Et tout par écrit.

Si l'poète pouvait
S'enfuir à tire-d'ailes
Les enfants voudraient
Partir avec lui.

Raymond Queneau

* Mot créé par Queneau. On trouve aussi poésies et poaisies.


Chanson pour les enfants l'hiver

Dans la nuit de l'hiver
Galope un grand homme blanc
Dans la nuit de l'hiver
Galope un grand homme blanc
C'est un bonhomme de neige
Avec une pipe en bois
un grand bonhomme de neige
Poursuivi par le froid.
Il arrive au village.
Voyant de la lumière
Le voilà rassuré.

Dans une petite maison
il entre sans frapper ;
Dans une petite maison
il entre sans frapper ;
Et pour se réchauffer,
Et pour se réchauffer,
S'asseoit sur le poêle rouge,
Et d'un coup disparaît.
Ne laissant que sa pipe
Au milieu d'une flaque d'eau,
Ne laissant que sa pipe,
Et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert


L’escargot

l'escargot perdu dans la nuit
cherche sa maison sans bruit
il ne trouve plus son chemin
mais dans les champs la lune luit
et il voit dans les sapins
qu'il a pris sa maison sur lui.

Martine Gehin


Les nuages blancs

Les nuages blancs
se laissent porter
comme des enfants
et rêvent qu'ils font
et font en rêvant
le tour de la terre

Gilbert Cesbron


L’avion

L'avion au fond du ciel clair
Se promène dans les étoiles
Tout comme les barques à voiles
Vont sur la mer.
Les oiseaux ont peur de ses ailes,
Mais les enfants le trouvent beau,
Ce grand cerf-volant sans ficelles
Qui va si haut.

Lucie Delarue-Mardrus


Le raisin

Grappe
de raisin
raisin blanc
raisin noir
ou vert
un pépin
craque
sous la dent
grappe
de raisins
grains
de soleil

Anne-Marie Chapouton


Le pélican

Le capitaine Jonathan,

Étant âgé de dix-huit ans,
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-Orient.
Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.
Cela peut durer pendant
très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos


Bien au chaud

Dans ma maison, bien au chaud,
je vois le jour qui s'enfuit
et les étoiles là-haut
qui s'allument dans la nuit.
J'entends le vent qui s'élance
entre les tuiles du toit
et les grands arbres qui dansent
à la lisière du bois.
Chez moi, je suis à l'abri.
Je bois un bon lait bouillant.
Je n'ai pas peur de la pluie,
de l'hiver et du grand vent.

Ann Rocard


L'arbre

Perdu au milieu de la ville
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?
Les parkings, c'est pour stationner,
Les camions pour embouteiller,
Les motos pour pétarader,
Les vélos pour se faufiler.
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?
Les télés, c'est pour regarder,
Les transistors pour écouter,
les murs pour la publicité,
les magasins pour acheter.
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?
Les maisons, c'est pour habiter
Les bétons pour embétonner
Les néons pour illuminer,
Les feux rouges pour traverser.
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?
Les ascenseurs, c'est pour grimper
Les présidents pour présider,
Les montres pour se dépêcher,
Les mercredi pour s'amuser.
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?
Il suffit de le demander
A l'oiseau qui chante à la cime.

Jacques Charpentreau


Le zèbre

Le zèbre,
cheval des ténèbres
Lève le pied, ferme les yeux,
Et fait résonner ses vertèbres
En hennissant d'un air joyeux.
Au clair soleil de Barbarie,
Il sort alors de l'écurie
Et va brouter dans la prairie
Les herbes de sorcellerie.
Mais la prison sur son pelage,
A laissé l'ombre du grillage.

Robert Desnos


Le petit lapin

Dans le pré qui vers l'eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
Il fuit vers la forêt prochaine
Une touche de marjolaine
L'arrête un peu, faisant le guet.
Il entrouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge !
Un bond brusque dans le foin rouge,
Et, n'entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.

Jeanne Marvig


Paris blanc

La neige et la nuit
Tombent sur Paris,
À pas de fourmi.

Et la ville au vent
Peint l’hiver en blanc,
À pas de géant.

La Seine sans bruit
Prend couleur d’encens
Et de tabac gris.

À l’hiver en blanc,
Le temps se suspend,
À pas de fourmi.

A pas de géant
Tombent sur Paris
La neige et la nuit.

Pierre Coran


Quand automne en saison revient

Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.

Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! que la vie est douce, douce
Quand l'automne en saison revient.

Samivel


Pomme et poire

Pomme et poire
Dans l'armoire

Fraise et noix
Dans le bois

Sucre et pain
Dans ma main

Plume et colle
Dans l'école

Et le faiseur de bêtises
Bien au chaud dans ma chemise.

Luc Bérimont


Pour la liberté

Laissez chanter
L’eau qui chante
Laissez courir
L’eau qui court
Laissez vivre
L’eau qui vit
L’eau qui bondit
L’eau qui jaillit
Laissez dormir
L’eau qui dort
Laissez mourir
L’eau qui meurt.

Philippe Soupault


Locataires

J'ai dans mon cartable
(C'est épouvantable !)
Un alligator
Qui s'appelle Hector.

J'ai dans ma valise
(Ça me terrorise !)
Un éléphant blanc
Du nom de Roland.

J'ai dans mon armoire
(Mon Dieu, quelle histoire !)
Un diplodocus
Nommé Spartacus.

Mais pour moi le pire,
C'est sous mon chapeau
D'avoir un vampire
Logé dans ma peau.

Jean-Luc Moreau


Caresses

Le vieux marronnier
N'aime
Ni les vacances
Ni les jours fériés
Il préfère
Les caresses
Des petites mains d'écoliers.

Chantal Couliou


Crayons de couleur

Le vert pour les pommes et les prairies,
Le jaune pour le soleil et les canaris,
Le rouge pour les fraises et le feu,
Le noir pour la nuit et les corbeaux
Le gris pour les ânes et les nuages,
Le bleu pour la mer et le ciel
Et toutes les couleurs pour colorier
Le monde.

Chantal Couliou


L'averse

Un arbre tremble sous le vent.
Les volets claquent.
Comme il a plu, l'eau fait des flaques.
Des feuilles volent sous le vent
Qui les disperse, et brusquement, il pleut à verse.

Francis Carco


N'écoute pas

N'écoute pas
celui qui répète ,
à part peut-être le ruisseau
qui murmure la vie.

ne redis pas
ce que le vent t'a soufflé,
à part peut-être la liberté
puisqu'il court après .

ne crains pas
les montagnes qui ne t'ont pas cru,
à part peut-être ton cœur
qui bat pour l'heure.

Alain Serres


Toi-même

C'est fou ce qu'il y a de merveilles
Dans le creux de ton oreille.
C'est fou ce qu'il y a de chemins
Dans le creux de ton poing.
C'est fou ce qu'il y a de poèmes
Dans le creux de toi-même.

Alain Serres


En sortant de l'école

En sortant de l'école
Nous avons rencontré
Un grand chemin de fer
Qui nous a emmenés
Tout autour de la terre
Dans un wagon doré
Tout autour de la terre
Nous avons rencontré
La mer qui se promenait
Avec tous ses coquillages
Ses îles parfumées
Et puis ses beaux naufrages
Et ses saumons fumés

Au-dessus de la mer
Nous avons rencontré
La lune et les étoiles
Sur un bateau à voiles
Partant pour le Japon
Et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
Tournant la manivelle d'un petit sous-marin
Plongeant au fond des mers
Pour chercher des oursins

Revenant sur la terre
Nous avons rencontré
Sur la voie de chemin de fer
Une maison qui fuyait
Fuyait tout autour de la terre
Fuyait tout autour de la mer
Fuyait devant l'hiver
Qui voulait l'attraper

Mais nous sur notre chemin de fer
On s'est mis à rouler
Rouler derrière l'hiver
Et on l'a écrasé
Et la maison s'est arrêtée
Et le printemps nous a salués

C'était lui le garde-barrière
Et il nous a bien remerciés
Et toutes les fleurs de toute la terre
Soudain se sont mises à pousser

Pousser à tort et à travers
Sur la voie du chemin de fer
Qui ne voulait plus avancer
De peur de les abîmer

Alors on est revenus à pied
A pied tout autour de la terre
A pied tout autour de la mer
Tout autour du soleil
De la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles

Jacques Prévert


Le papillon

Né au pays de la soie fine
Dans un cocon venu de Chine,
L'Orient est peint sur ses ailes.

Jaune ou bleu, vert ou vermeil,
Il vole, il va, il vit sa vie
A petits battements ravis.
Dans l'air doux, comme un éventail.

On le voit, on ne le voit plus,
Il est ici, il est là,
Ou bien c'est un nouveau venu
Son jumeau qui passe là-bas.

Ah ! Mettez au clou vos filets,
Jetez épingles et bouchons,
Laissez-le libre car il est
La poésie, le papillon !

Marc Alyn


Le soleil dit bonjour

Bonjour, bonjour, dit le soleil
Au bon foin qui sent le pain chaud,
À la faux qui étincelle,
À l'herbe et aux coquelicots.

Bonjour, bonjour, dit le soleil,
Il fait chaud et il fait beau.
Le monde est plein de merveilles.
Il fait bon se lever tôt.

Claude Roy


Moi j'irai dans la lune

Moi, j'irai dans la lune
Avec des petits pois,
Quelques mots de fortune
Et Blanquette, mon oie.

Nous dormirons là-haut
Un p'tit peu de guingois
Au grand pays du froid
Où l'on voit des bateaux
Retenus par le dos.

Bateaux de brise-bise
Dont les ailes sont prises
Dans de vastes banquises
Et des messieurs sans os
Remontent des phonos.

Blanquette sur mon coeur
M'avertira de l'heure :
Elle mange des pois
Tous les premiers du mois.

Elle claque du bec
Tous les minuits moins sept.
...
Pas besoin de fusée
Ni de toute une armée,
Je monte sur Blanquette
Hop ! on est arrivé .

René de Obaldia


Petite pomme (On trouve parfois ce texte avec uniquement les deux premières strophes, pour les petits)

La petite pomme s’ennuie
De n’être pas encore cueillie.
Les autres pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne !
Les jours sont courts ! Il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu’on est pomme.

Je n’en puis plus viens me cueillir,
Tu viens me cueillir Isabelle ?
Comme c’est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu’on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.

Norge


Sept couleurs magiques

Rouge comme un fruit du Mexique
Orangé comme le sable d'Afrique
Jaune comme les girafes chics
Vert comme un sorbet de Jamaïque
Bleu comme les vagues du Pacifique
Indigo comme un papillon des Tropiques
Violet comme les volcans de Martinique
Qui donc est aussi fantastique ?
Est-ce un rêve ou est-ce véridique ?

C'est dans le ciel magnifique
L'arc aux sept couleurs magiques.

Mymi Doinet


J'aime ma maison

J'aime ma maison chaude
L'hiver quand le vent rôde.

Le printemps y pénètre
Par toutes les fenêtres

Sous le soleil qui sèche,
L'été, comme elle est fraîche !

Elle est douce en automne
Dans le parfum des pommes

Je t'aime bien, maison
Souriant aux saisons.

Louis Guillaume


Plein ciel

L'oiseau seul
A tout le ciel
Pour s'étirer dans tous les sens

Paul Vincensini


Petite nuit

Quand il fait nuit
La nuit se prend dans ses bras
Et dort sur son épaule
Comme un lilas

Paul Vincensini


Moi j'ai toujours peur du vent

Me voici
Mes poches
Bourrées de cailloux
Pour rester avec vous
Ne pas m'envoler dans les arbres

Paul Vincensini


Le petit grillon

Le petit grillon qui garde la montagne
A bien du mérite croyez-moi
Quand de partout
Coucous et hiboux font ou
Coucou coucou
ou ouh ouh ouh ouh
A d'autres coucous
ou d'autres hiboux
qui font à tout coup
ou coucou coucou
ou ouh ouh ouh ouh
Toute toute toute la nuit
Le petit grillon vaillant
a bien du mérite
Et qu'est-ce qui le retient
Dites-le moi
Messieurs
De se croiser les bras
et de dormir longtemps
Sa tête
Entre ses deux yeux.

Paul Vincensini


Toujours et Jamais

Toujours et Jamais étaient toujours ensemble
ne se quittaient jamais. On les rencontrait
dans toutes les foires.
On les voyait le soir traverser le village
sur un tandem.
Toujours guidait
Jamais pédalait
C'est du moins ce qu'on supposait...
Ils avaient tous les deux une jolie casquette
L'une était noire à carreaux blancs
L'autre blanche à carreaux noirs
A cela on' aurait pu les reconnaître
Mais ils passaient toujours le soir
et avec la vitesse...
Certains d'ailleurs les soupçonnaient
Non sans raison peut-être
D'échanger certains soirs leur casquette
Une autre particularité
Aurait dû les distinguer
L'un disait toujours bonjour
L'autre toujours bonsoir
Mais on ne sut jamais
Si c'était Toujours qui disait bonjour
Ou Jamais qui disait bonsoir
Car entre eux ils s'appelaient toujours
Monsieur Albert Monsieur Octave.

Paul Vincensini


Moi dans l'arbre

T'es fou !
Tire pas !

C'est pas des corbeaux,
C'est mes souliers !

Je dors parfois dans les arbres.

Paul Vincensini


Les beaux métiers

Certains veulent être marins,
D'autres ramasseurs de bruyère,
Explorateurs de souterrains,
Perceurs de trous dans le gruyère,

Cosmonautes, ou, pourquoi pas,
Goûteurs de tartes à la crème,
De chocolat et de babas :
Les beaux métiers sont ceux qu'on aime.

L'un veut nourrir un petit faon,
Apprendre aux singes l'orthographe,
Un autre bercer l'éléphant...
Moi, je veux peigner la girafe !

Jacques Charpentreau


L'île des rêves   

Il a mis le veston du père,
Les chaussures de la maman
Et le pantalon du grand frère
Il nage dans ses vêtements.

Il nage, il nage à perdre haleine.
Il croise des poissons volants,
Des thons, des dauphins, des baleines...
Que de monde, dans l'océan!

Écume blanche et coquillages,
Il nage depuis si longtemps
Qu'il aborde enfin au rivage
Du pays des rêves d'enfants.

Jacques Charpentreau


Les perles de rosée

Si tu veux inventer un collier,
Tiens, voici comment procéder.
De bon matin, te réveiller,
Dans les rosiers, te promener.

Tu verras des perles de rosée,
Sur les roses elles sont accrochées.
Une bonne poignée tu cueilleras,
Dans une boîte tu les rangeras.

Un cheveu d'or pour les assembler,
Un tout petit nœud pas trop serré,
Ainsi tu auras un joli collier,
Aussi souple que celui d'une fée.

Gilbert Saint-Pré


Cavalcade

Un cheval de lune
Courait sur le sable
Un poulain d'écume
Trottait sur la grève,
Au trot, au trot, au galop.

Un cheval d'ivoire
Courait dans le soir,
Un cavalier rouge
Traversait l'automne,
Au trot, au trot, au galop.

Un cheval de pluie
Courait dans la nuit
Un coursier de verre
Labourait la mer,
Au trot, au trot, au galop.

Et tous les enfants
Poursuivaient en rêve
Toutes ces crinières
Libres dans le vent,
Au trot, au trot, au galop.

Louis Guillaume


Les noisettes

Trois noisettes dans le bois
Tout au bout d'une brindille
Dansaient la capucine vivement au vent
En virant ainsi que filles De roi.
Un escargot vint à passer :
"Mon beau monsieur, emmenez-moi
Dans votre carrosse,
Je serai votre fiancée"
Disaient-elles toutes trois.

Mais le vieux sire sourd et fatigué,
Le sire aux quatre cornes sous les feuilles
Ne s'est point arrêté,
Et, c'est l'ogre de la forêt, je crois,
C'est le jeune ogre rouge, gourmand et fûté,
Monseigneur l'écureuil,
Qui les a croquées

Tristan Klingsor


Dame la Lune

Dame la Lune
Mange des prunes
Avec la peau
Et les noyaux.
Et C'est pourquoi
Quand on la voit,
Elle est si ronde,
La Lune blonde
Mais une nuit
Elle maigrit
Car la salade
La rend malade.
Et c'est pourquoi
Elle décroît
Et n'est plus ronde,
La Lune blonde
La demi Lune
Fait encore jeune
Et de moitié
Devient quartier.
Et c'est pourquoi
Elle décroît,
Et n'est plus ronde,
La Lune blonde !
Le quart de Lune
Mange des prunes
Avec la peau
Et les noyaux.
Et c'est pourquoi
La Lune croît
Et sera ronde
La dame blonde

Marcelle Vérité


Impression fausse

Dame souris trotte
Noire dans le gris du soir,
Dame souris trotte,
Grise dans le noir.
On sonne la cloche :
Dormez les bons prisonniers,
On sonne la cloche :
Faut que vous dormiez
Pas de mauvais rêve :
Ne pensez qu'à vos amours
Pas de mauvais rêve :
Les belles toujours !
Le grand clair de lune !
On ronfle ferme à côté
Le grand clair de lune
En réalité !
Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four,
Un nuage passe,
Tiens le petit jour !
Dame souris trotte,
Rose dans les rayons bleus,
Dame souris trotte,
Debout, paresseux !

Paul Verlaine


L'oiseau bleu

Mon oiseau bleu a le ventre tout bleu
Sa tête est d'un vert mordoré
Il a une tache noire sous la gorge
Ses ailes sont bleues
avec des touffes de petites plumes jaune doré
Au bout de la queue il y a
des traces de vermillon
Son dos est zébré de noir et de vert
Il a le bec noir les pattes incarnat
et deux petits yeux de jais

Il adore faire trempette,
se nourrit de bananes et pousse
Un cri qui ressemble au sifflement
d'un tout petit jet de vapeur.

On le nomme le septicolore.

Blaise Cendrars


Le pélican

Le capitaine Jonathan,

Etant âgé de dix-huit ans,
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-Orient.

Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'ou sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.
Cela peut durer très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos


Une graine voyageait     

Une graine voyageait
toute seule pour voir le pays.
Elle jugeait les hommes et les choses.
Un jour elle trouva joli le vallon  et agréables quelques cabanes.
Elle s'est endormie.
Pendant qu'elle rêvait
elle est devenue brindille
et la brindille a grandi,
puis elle s'est couverte de bourgeons.
Les bourgeons ont donné des branches.
Tu vois ce chêne puissant
c'est lui, si beau, si majestueux,
cette graine,
Oui mais le chêne ne peut pas voyager.

Alain Bosquet


Les corridors où dort Anne qu'on adore        

La petite Anne, quand elle dort,
Où s'en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?

Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.

Les pieds nus et à tire-d'aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s'affaire.

La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.

L'autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.

Claude Roy


Conseils donnés par une sorcière

(A voix basse, avec un air épouvanté, à l'oreille du lecteur.)

Retenez vous de rire
dans le petit matin !

N'écoutez pas les arbres
qui gardent les chemins

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu'après minuit sonné

A la neige, à la pluie
ne tendez pas la main

N'ouvrez votre fenêtre
qu'aux petites planètes
que vous connaissez bien

Confidence pour confidence
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

Jean Tardieu


L’automne       

On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.

C'est un petit arbre tout rouge,
Un , d'une autre couleur encor ,
Et puis partout ,ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette maison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.

Lucie Delarue-Mardrus


Le chameau   

Un chameau entra dans un sauna
Il eut chaud
Très chaud
Trop chaud

Il sua
Sua
Sua
Une bosse s’usa,
S’usa,
S’usa.

L’autre bosse ne s’usa pas.

Que crois-tu qu’il arriva?

Le chameau dans la désert
Se retrouva dromadaire.

Pierre Coran


La pluie

Une petite pluie fine
Fertilise le sol
Do – Mi – Sol

Une petite pluie fine
Rafraîchit le pré
Do – Mi – Ré

Une petite pluie fine
Arrose les lilas
Do – Mi – La

Une petite pluie fine
Fait éclater les soucis
Do – Mi – Si

Une petite pluie fine
Abreuve les résédas
Do – Mi – Fa

Jean- Louis Jacob


L’ogre   

J’ai mangé un oeuf,
Deux langues de boeuf,
Trois rôts de mouton,
Quatre gros jambons,
Cinq rognons de veau
Six couples d’oiseaux,
Sept immenses tartes,
Huit filets de carpe,
Neuf kilos de pain,
Et j’ai encore faim.
Peut-être, ce soir,
Vais-je encore devoir
Manger mes deux mains
Pour avoir enfin
Le ventre bien plein.

Maurice Carême


J’ai trempé mon doigt dans la confiture   

J’ai trempé mon doigt dans la confiture
turelure
Ça sentait les abeilles
Ça sentait les groseilles
Ça sentait le soleil
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
Puis je l’ai sucé
Comme on suce les joues de bonne grand-maman
Qui n’a plus mal aux dents
Et qui parle de fées...
Puis je l’ai sucé
Sucé
Mais tellement sucé
Que je l’ai avalé

René de Obaldia


La gelée             

Ce matin,
Il y avait
Des milliers
De diamants
Dans les champs.

Les gens ont dit :
“C’est la gelée.”

Mais moi
Je sais bien
Que c’est la lune
Qui a fait craquer
Tous ses colliers.

Anne-Marie Chapouton


Automne   

Il pleut
Des feuilles jaunes
Il pleut
Des feuilles rouges.
L’été va s’endormir
Et l’hiver va venir
Sur la pointe
De ses souliers
Gelés.

Anne-Marie Chapouton


L’été    

Silence
silence
l’été
se balance
où l’oiseau
se tait

l’herbe
séchée
tremble
dans l’air
brûlé

silence
silence
l’été
chante
dans
les blés

Anne-Marie Chapouton


Pluie          

Pluie me mouille,
Feuille rouille,
Vent me fouette,
Vent tempête,
Feuilles folles
Je m’envole!

Solange Innocent


L’échelle

Il mit le premier pied
Sur le premier barreau.

Il mit le second pied
Sur le second barreau.
J’y suis arrivé,
Dit-il. Il monta encore.

Le soleil se fit proche.
Il continua de monter.

Ses jambes tremblaient.
Lentement il montait.

Il n’avait pas peur.
Aller plus haut, dit-il.

Mohammed Dib


La pomme et l'escargot


Il y avait une pomme
A la cime d'un pommier ;
Un grand coup de vent d'automne
La fit tomber sur le pré !

Pomme, pomme,
T'es-tu fait mal ?
J'ai le menton en marmelade
Le nez fendu
Et l'oeil poché !

Elle tomba, quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s'en allait au village
Sa demeure sur le dos

Ah ! stupide créature
Gémit l'animal cornu
T'as défoncé ma toiture
Et me voici faible et nu.

Dans la pomme à demi blette
L'escargot, comme un gros ver
Rongea, creusa sa chambrette
Afin d'y passer l'hiver.

Ah ! mange-moi, dit la pomme,
puisque c'est là mon destin ;
par testament je te nomme
héritier de mes pépins.

Tu les mettras dans la terre
Vers le mois de février,
Il en sortira, j'espère,
De jolis petits pommiers.

Charles Vildrac


Posté par de passage à 21:52 - POÉSIES pour la CLASSE - CYCLES 2 et 3 - Permalien [#]