lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

290407

Afrique du Nord - Algérie

Mohammed Dib (1920-2003) est un grand romancier et poète algérien de langue française. C'est aussi un journaliste engagé.
Mohammed Dib a reçu entre-autres, le prix de l'Académie de poésie en 1971, le prix de l'Association des Écrivains de langue française en 1978, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française en 1994, attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin. Il a obtenu en 1998 le Prix Mallarmé pour son recueil de poèmes L'enfant-jazz.
Il quitte l'Algérie (expulsion) dans les années 60, et s'installe en France  (source : Wikipedia)

"Je marche sur la montagne
Où le printemps qui arrive
Met des herbes odorantes,
Vous toutes qui m'écoutez,
Quand l'aube s'attendrira
Je viendrai laver vos seuils
Et je couvrirai de chants
Les ululements du temps. "

Mohammed Dib


L’échelle

Il mit le premier pied
Sur le premier barreau.

Il mit le second pied
Sur le second barreau.
J’y suis arrivé,
Dit-il. Il monta encore.

Le soleil se fit proche.
Il continua de monter.

Ses jambes tremblaient.
Lentement il montait.

Il n’avait pas peur.
Aller plus haut, dit-il.

Mohammed Dib


  • Voir source pour la présentation et le poème de Mohamed Dib qui suivent *

En 1961, "Ombre Gardienne", son premier recueil de poèmes est publié, avec une préface de Louis Aragon :
« J’imagine Mohammed Dib d’après moi. Comment autrement m’y prendre ? Puis-je de mes yeux français saisir la naissance de la poésie algérienne ? Le roman, toujours, le conte, la nouvelle, c’est comme une invitation au voyage : j’entre avec l’auteur dans son Algérie inconnue. Mais le poème ? Nécessairement allusif, chargé d’un potentiel étranger, de tout ce que l’économie des mots suppose d’une réalité que le poète partage avec d’autres que moi. Je surprends leur conversation, les gestes pour eux familiers qui résument, et je suis étranger au-dedans de ce grand secret collectif. »

Moi qui parle, Algérie (titre proposé)

« Moi qui parle, Algérie,
Peut-être ne suis-je
Que la plus banale de tes femmes
Mais ma voix ne s’arrêtera pas
De héler plaines et montagnes ;
Je descends de l’Aurès,
Ouvrez vos portes
Epouses fraternelles,
Donnez-moi de l’eau fraîche,
Du miel et du pain d’orge ;
Je suis venue vous voir,
Vous apporter le bonheur,
A vous et vos enfants ;
Que vos petits nouveaux-nés
Grandissent,
Que votre blé pousse,
Que votre pain lève aussi
Et que rien ne vous fasse défaut,
Le bonheur soit avec vous. »

Mohammed Dib (Extrait du poème "Sur la terre, errante")
* présentation et texte du poème empruntés au site : christianeachour.net)


Printemps

Il flotte sur les quais une haleine d'abîmes,
L'air sent la violette entre de lourds poisons,
Des odeurs de goudron, de varech, de poisson ;
Le printemps envahit les chantiers maritimes.

Ce jour de pluie oblique a doucement poncé
Les gréements noirs et gris qui festonnent le port;
Eaux, docks et ciel unis par un subtil accord
Inscrivent dans l'espace une sourde pensée.

En cale sèche on voit des épaves ouvertes;
En elles l'âme vit peut-être... Oiseau têtu,
Oiseau perdu, de l'aube au soir reviendras-tu
Rêver rie haute mer, d'embruns et d'îles vertes ?

Je rôde aussi, le coeur vide et comme aux abois,
Un navire qui part hurle au loin sous la brume ;
Je tourne dans la ville où les usines fument,
Je cherche obstinément à me rappeler, quoi ?

Mohammed Dib


Messaour Boulanouar, poète algérien de langue française est né en 1933, compagnon d'écriture de ses amis Kateb Yacine et Jean Sénac. Dans la littérature algérienne, il appartient à la génération qui a vécu sous le colonialisme et accompagné la guerre de libération menant à l'indépendance de l'Algérie.(source biographique : Wikipedia) - Erreur rectifiée: Messaour Boulanouar n'a pas, comme nous l'avions présenté ici, écrit en arabe et en français, mais uniquement en français. Voir le message qui apporte des précisions, en commentaire ci-après. 

Préface (extrait)

J'écris pour que la vie soit respectée par tous
je donne ma lumière à ceux que l'ombre étouffe
ceux qui vaincront la honte et la vermine
j'écris pour l'homme en peine l'homme aveugle
l'homme fermé par la tristesse
l'homme fermé à la splendeur du jour
J'écris pour vous ouvrir à la douceur de vivre
J'écris pour tous ceux qui ont pu sauver
De l'ombre et du commun naufrage
un coin secret pour leur étoile ...
J'écris pour apaiser mon sang
mon sang violent et dur et lourd de siècles tristes
J'écris pour partager ma joie
avec ceux qui m'écoutent
J'écris pour être heureux pour être libre ...
J'écris pour qu'on respecte
l'arbre qui monte
le blé qui pousse
l'herbe au désert
l'espoir des hommes ...

Messaour Boulanouar ("La Meilleure force" - éditions du Scorpion, 1963)


Assia Djebar, romancière et poètesse algérienne de langue arabe et française, est née en 1936.
Son recueil Poèmes pour l'Algérie heureuse a été écrit à Rabat en 1960 et publié en Algérie en 1969, après l'indépendance.
Elle a été élue à l'Académie Française en 2005. Elle vit actuellement entre la France et les États-Unis, pays où elle enseigne la littérature française.
    
Poème pour l'Algérie heureuse

Neiges dans le Djurdjura
Pièges d'alouette à Tikjda
Des olivettes aux Ouadhias

On me fouette à Azazga
Un chevreau court sur la Hodna
Des chevaux fuient de Mechria
Un chameau rêve à Ghardaia

Et mes sanglots à Djémila
Le grillon chante à Mansourah
Un faucon vole sur Mascara
Tisons ardents à Bou-Hanifia

Pas de pardon aux Kelaa
Des sycomores à Tipaza
Une hyène sort à Mazouna
Le bourreau dort à Miliana

Bientôt ma mort à Zémoura
Une brebis à Nédroma
Et un ami tout près d'Oudja
Des cris de nuit à Maghnia

Mon agonie à Saida
La corde au cou à Frenda
Sur les genoux à Oued-Fodda
Dans les cailloux de Djelfa

La proie des loups à M'sila
Beauté des jasmins à Koléa
Roses de jardins de Blida
Sur le chemin de Mouzaia

Je meurs de faim à Médea
Un ruisseau sec à Chellala
Sombre fléau à Medjana
Une gorgée d'eau à Bou-Saada

Et mon tombeau au Sahara
Puis c'est l'alarme à Tébessa
Les yeux sans larmes à Mila
Quel vacarme à Ain-Sefra

On prend les armes à Guelma
L'éclat du jour à Khenchla
Un attentat à Biskra
Des soldats aux Nementcha

Dernier combat à Batna
Neiges dans le Djurdjura
Piéges d'alouette à Tikjda
Des olivettes aux Ouadhias

Un air de fête au coeur d'El Djazaïr.

Assia Djebar ("Poèmes pour l'Algérie heureuse" - SNED, Alger, 1969)


Ahmed Azeggagh est né en 1942 en Algérie, et a vécu en France, entre son pays et le notre. Il est mort en 2003.
Parmi ses recueils poétiques : Chacun son métier, 1966 ; Les Récifs du silence, 1974 ; Duel à l'ombre du Grand A, 1979).
    
Liberté

Il a tout ce qu'il lui faut
Dans sa cage.
Il ne voit que les barreaux
Qui font de lui un otage
Il a tout ce qu'il lui faut
De la nourriture, de l'eau
Il n'en veut pas
L'ingrat
Il a tout ce qu'il lui faut
Dans sa cage cet oiseau
Tout...

Ahmed Azeggagh


Anna Greki est née en 1931 à Batna, dans les Aurès. Elle est morte en 1966.
    
Alger (titre proposé)

J'habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtis sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne.

Anna Greki ("Algérie, Capitale Alger" - éditions S.N.E.D. Tunis, 1963)


Bachir Hadj Ali est né en 1920.
    
Rêves en désordre

Je rêve d'îlots rieurs et de criques ombragées
Je rêve de cités verdoyantes silencieuses la nuit
Je rêve de villages blancs bleus sans trachome
Je rêve de fleuves profonds sagement paresseux
Je rêve de protection pour les forêts convalescentes
Je rêve de sources annonciatrices de cerisaies
Je rêve de vagues blondes éclaboussant les pylônes
Je rêve de derricks couleur de premier mai
Je rêve de dentelles langoureuses sur les pistes brûlées
Je rêve d'usines fuselées et de mains adroites
Je rêve de bibliothèques cosmiques au clair de lune
Je rêve de réfectoires fresques méditerranéennes
Je rêve de tuiles rouge au sommet du Chélia
Je rêve de rideaux froncés aux vitres de mes tribus
Je rêve d'un commutateur ivoire par pièce
Je rêve d'une pièce claire par enfant
Je rêve d'une table transparente par famille
Je rêve d'une nappe fleurie par table
Je rêve de pouvoirs d'achat élégants
Je rêve de fiancées délivrées des transactions secrètes
Je rêve de couples harmonieusement accordés
Je rêve d'hommes équilibrés en présence de la femme
Je rêve de femmes à l'aise en présence de l'homme
Je rêve de danses rythmiques sur les stades
Et de paysannes chaussées de cuir spectatrices
Je rêve de tournois géométriques inter-lycées
Je rêve de joutes oratoires entre les crêtes et les vallées
Je rêve de concerts l'été dans des jardins suspendus
Je rêve de marchés persans modernisés
Pour chacun selon ses besoins
Je rêve de mon peuple valeureux cultivé bon
Je rêve de mon pays sans tortures sans prisons
Je scrute de mes yeux myopes mes rêves dans ma prison.

Bachir Hadj Ali ("Que ma joie demeure !" - éditions Oswald, 1970 et l'Harmattan, 1981)


Que la joie demeure (passage - titre du recueil)

Mon Algérie de l'errance
Mon pays de parfums blancs
Les femmes se taisent
La terre fuit clandestine
Le ciel est désespérance
Sur l'exil des hommes
Grande grande ouverte est la mer
...

Dans ce pays intrépide d'hommes bons
Vivent des hommes féroces
De férocité ancienne
Dans ce pays de bonheur inconnu
La femme n'est femme que la nuit
Je jure
Par la nuit mourante
Et par le jour naissant
Que règnera le couple sûr

Bachir Hadj Ali ("Que ma joie demeure !" - éditions Oswald, 1970 et l'Harmattan, 1981)


Terre je t'écoute

Je t'écoute tisser des clairs-obscurs sur mes nuits.
Je t'écoute veiller le soleil agoniser à l'Est
Je t'écoute sécher le sel sur le front des mers
Je t'écoute réveiller des pommes innocentes
Je t'écoute greffer la jeunesse du citronnier

Je t'écoute respirer entre les doigts et l'orange
Je t'écoute battements de cils rouge-gorge des bois
Je t'écoute verser la rosée sur la plante médicinale
Je t'écoute pluie sur la mer collier de la baie
Je t'écoute nuage rire ailes colorées
Je t'écoute marche secrète des hommes droits
Je t'écoute clairière de la recherche libre
Je t'écoute vivre au rythme de mes aspirations
Je t'écoute chanter le chant de l'an deux mille

Bachir Hadj Ali ("Que ma joie demeure !" - éditions Oswald, 1970 et l'Harmattan, 1981)


Kateb Yacine, écrivain et poète algérien, est né à Constantine en 1929 et mort en France, où il s'était installé, en 1989. 

Vous, les pauvres (titre proposé)

Vous, les pauvres,
Dites-moi
Si la vie
N'est pas une garce !

Ah ! Dire que
Vous êtes les indispensables ! ...

Ouvriers, gens modestes
Pourquoi les gros
Vous étouffent-ils en leur graisse
Malsaine de profiteurs ?

Ouvriers,
Les premiers à la tâche,
Les premiers au combat,
Les premiers au sacrifice,
Et les premiers dans la détresse ...

Ouvriers,
Mes frères au front songeur,
Je voudrais tant
Mettre un juste laurier,

A vos gloires posthumes
De sacrifiés.
- La grosse machine humaine
A beuglé sur leurs têtes,
Et vente à leurs oreilles
Le soupir gémissant des perclus ! ...

Au foyer ingrat
D’une infernale société,
Vous rentrez exténués,
Sans un réconfort

Pour vos cœurs de "bétail pensif" …
Et vos bras,
Vos bras sains et lourds de sueur,
Vos bras portent le calvaire
De vos existences de renoncement !

Kateb Yacine ("Soliloques", 1946 cité dans "Kateb Yacine, l'oeuvre en fragments", de Jacqueline Arnaud - éditions Sindbad, Paris, 1986)


  • Le choix des textes des auteurs ci-dessous a essentiellement pour source l'article documenté de Claude Raynaud : Panorama de la poésie maghrébine de langue française - 2. Poésie algérienne (http://www.culture-arabe.irisnet.be/)

Rachid Boudjedra est né en 1941 à Aïn Beïda (région de Constantine). Engagé pour l'indépendance, Il prend le maquis contre l'occupation française en 1959 et aura un rôle important au sein du FLN. Il s'exile en 1960, puis rentre au pays en 1962. Sa vie est faite de départs et de retours entre ces deux pays et le Maroc, où il est contraint de s'exiler. Actuellement, il est enseignant à Alger.

Vocation

Poète disais-tu
NON ! mon frère
Plutôt
un marteau-pilon
O cette vocation de bulldozer
O cette vocation de brise mers
Je voudrais mettre mon peuple
Dans l'avenir
Du temps.


Rachid Boudjedra ("Pour ne plus rêver" - S.N.E.D., Alger 1980)

Le café

J'ai acheté
Un paquet de cigarettes
Un journal
Et un rayon de soleil
Et j'ai été m'attabler
A la terrasse
D'un immense café
J'ai commandé
Un lait
Et j'ai disposé
Mon paquet de cigarettes
Mon journal
Mon rayon de soleil
Et mon verre de lait
En ordre
Je me suis bien calé
Dans mon fauteuil
Et j'ai commencé à lire
Tranquillement
Un instant après
J'ai regardé
Mon paquet de cigarettes
Mon journal
Mon rayon de soleil
Et mon verre de lait
Bien alignés
Et je me suis demandé
Si j'étais un révolutionnaire .

Rachid Boudjedra (cité dans l'Anthologie de la nouvelle poésie algérienne - Jean Sénac - Librairie Saint-Germain-des-Prés, 1971)


Tahar Djaout est un poète algérien d'origine kabyle, né en 1954 à Oulkhou, près d'Azeffoun en Kabylie. Il meurt en 1993, victime d'un attentat islamiste organisé par le FIS (Front islamique du salut).

Si tu dis, tu meurs,
Si tu te tais, tu meurs
Alors dis et meurs !

(attribué à Tahar Djaout)


Résurrection

Lorsque mon Rêve
disloqué
renaîtra à l'ultime manigance
de votre Défaite
le monde n'aura plus
son absurde face d'aveugle
et tous les spectres
mutilés par vos flammes
et tous les rêves
écrasés sous vos doigts profanateurs
se lèveront
livides
pour torturer vos insomnies
et limer vos faces infâmes
Livides
D'un éternel
J'ACCUSE.

Tahar Djaout (" L'arche à vau-l'eau " - éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)


Soumya Benkelma (pseudonyme de Soumya Bemmalek), est une poétesse algérienne dont les premiers poèmes ont été publiés en juillet-août 1976 dans la revue "Europe",(n° 567-568, spécial Littérature algérienne). Elle était, précise la revue, étudiante à cette époque ...

Partir

Partir et rien que partir
Partir et pour toujours
Ne plus revenir
Ne plus attendre
Voir du bleu et du blanc
Du rouge et du merveilleux
Aller à la rencontre du néant
Sans le savoir sans le vouloir
M'y enfoncer tout entière
Les yeux fermés
Me voir me sentir
Mourir mourir
Sentir d'instant en instant
Se détacher de tout moi
Tout ce que j'ai mal aimé
Tout ce que j'ai haï
Me voir morte sous une tombe blanche
Sous la terre ma terre rouge sang
Là-haut sur une montagne
Entourée d'ombre et de silence
De lumière folle et de chants
Là-haut sur une montagne
Une montagne près du soleil.

Soumya Benkelma, 1974


Lounès Matoub (kabyle : Lwennas Meɛṭub), plus communément appelé Matoub Lounès, est un chanteur et poète kabyle , notamment connu pour son engagement dans la revendication identitaire berbère. Il est né à Taourirt Moussa, le 24 janvier 1956 et fut assassiné* le 25 juin 1998 sur la route de Ath Douala. Officiellement, cet assassinat est atribué au GIA (qui l'a revendiqué) mais sa famille et toute la kabylie accuse le pouvoir algérien de l'avoir assassiné. (source : Wikipedia)

(*voir plus haut Tahar Djaout, un autre poète kabyle victime lui aussi du terrorisme)

Matoub Lounès se lit et surtout s'écoute, ici par exemple, avec Avrid ireglen (La route entravée) en concert au Zénith de Paris en 1995, chanson sous-titrée en français : http://fr.youtube.com

Un autre texte de chanson :

D idurar ay d lâamriw s / Les montagnes sont ma vie (extrait)

Xellsegh adrar s yidammen-iw : a d-yeqqim later-iw
Xas gullen ard a t-sefden

Wid yetganin di lmut-iw, yessamsen isem-iw
Kul tizi a yi-d-mlilen

Atas i ggigh si lheqq-iw armi i qqwlegh seg yilexxaxen
Wwtegh, dligh ghef nnif-iw ufigh wigad i t-yesxewden
Xas yegga lgehd ighallen-iw
Mazal ssut-iw ad yebbaâzeq... as-d-slen !

(...)
A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw !

traduction :

Les montagnes sont ma vie

Du tribut de mon sang j'ai irrigué les monts
mon empreinte s'imprime à jamais,
quand ils ont en juré l'anéantissement ;

Qui s'impatiente de me voir mort,
et qui calomnie mon nom,
A chaque col devra m'affrontent,

J'ai laissé mon bien à l'abandon,
Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice,
J'ai porté le regard sur mon honneur,
J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres,
Ma voix demeure, qui retentira,
Ils l'entendront !
(...)

Ma vie ! ma vie !
Les montagnes sont ma vie !

Matoub Lounès (1989)


Posté par de passage à 23:20 - PRINT POÈTES 2008 : L'AUTRE (Monde) - Permalien [#]