lieu commun

On appellera lieu commun l'espace où se rencontrent nos rêves perdus et nos petits bonheurs présents

100308

Le vertige d'Edgar - Rouge

Rouge_image_titre

(Image empruntée au site).

Rouge est en concert demain mardi 11 novembre à Paris. Infos ici :
http://www.abracadabar.fr/Agenda/detail/2008-11-11/Soiree-You-re-On.html

"Il fait à son insu
Le deuil de l'infini
Le deuil de l'absolu"

Vous ne connaissez pas Rouge le groupe de rock ? comment dire ? Vous voyez, Noir Désir ... non, évitons les raccourcis et les comparaisons approximatives, écoutez-les. C'est ici (avec les textes de l'album) : http://rougerock78.canalblog.com/archives/audio/index.html

Un extrait du vertige d'Edgar, celui que je préfère...  j'insiste, la musique ... 

Le vertige d'Edgar (début)

Par delà la fenêtre, un automne s'enfuit,
Les paysages défilent, juste le temps d’un brouillon
Sous le reflet figé de son air ahuri,
Une ligne de fuite s’évade à l’horizon
         
Les instants s'égrènent et l'urgence la ramène,
Il voudrait bien crier, comment dire l’indicible,
Dans la foule anonyme mêlant les joies, les peines,
Edgar se démène dans le flou des possibles .

Refrain
      
Dans le vertige des gares
Le tourbillon des êtres
La tête sur l'accoudoir
Les pieds sur la banquette
Quand part le train de nuit
Il fait à son insu
Le deuil de l'infini
Le deuil de l'absolu ...

textes des chansons : Antoine Leroy


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220907

The partisan - de Leonard Cohen à 16 Horsepower et Bertrand Cantat

Découvert ICI ( http://7and7is.over-blog.com), sur la play-list de ce blog, très intéressant, cette interprétation, après Leonard Cohen, de The partisan, par 16 Horsepower et Bertrand Cantat.

The partisan évoque La complainte du partisan, qu' Emmanuel d'Astier de la Vigerie pour les paroles et Anna Marly pour la musique ont écrite et composée en 1943, et qui est la chanson référence de la Résistance.

Hy Zaret en avait fait une traduction, The partisan, que Leonard Cohen a reprise en y ajoutant des couplets en français. Voici le texte de cette version :

The partisan

When they poured across the border
I was cautioned to surrender,
This I could not do;
I took my gun and vanished.

I have changed my name so often,
I've lost my wife and children
But I have many friends,
And some of them are with me.

An old woman gave us shelter,
Kept us hidden in the garret,
Then the soldiers came;
She died without a whisper.

There were three of us this morning
I'm the only one this evening
But I must go on;
The frontiers are my prison.

Oh, the wind, the wind is blowing,
Through the graves the wind is blowing,
Freedom soon will come;
Then we'll come from the shadows.

Les allemands étaient chez moi,
Ils me dirent, "résigne toi,"
Mais je n'ai pas pu;
J'ai repris mon arme.

J'ai changé cent fois de nom,
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis;
J'ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés,
Les Allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.

The germans were at my home
They said, "sign yourself,"
But I am not afraid
I have retaken my weapon.

I have changed names a hundred times
I have lost wife and children
But I have so many friends
I have all of France.

An old man, in an attic
Hid us for the night
The germans captured him
He died without surprise.

Oh, the wind, the wind is blowing,
Through the graves the wind is blowing,
Freedom soon will come;
Then we'll come from the shadows.


Traduction des couplets en italique :

Quand ils eurent franchi la rivière
Ils m'ordonnèrent de me rendre,
Mais je ne pouvais pas faire ça
J'ai pris mon arme et je me suis enfui.

J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et certains sont avec moi.

...
Nous étions trois ce matin
Il n'y a plus que moi ce soir
Mais je continue
Les frontières sont ma prison

Oh, le vent, le vent souffle
A travers les tombes, le vent souffle
La liberté viendra bientôt
Et nous sortirons de l'ombre ...


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270607

L'été de Boby Lapointe

chat_noir_GP_porte_verte_image_longBoby Lapointe (1922-1972) est né à Pézenas, dans l'Hérault. Matheux et mateur de mots (Ta Katie t'a quitté), auteur compositeur interprète, acteur de cinéma (Les choses de la vie). Sa nature ne le pousse pas sous les sunlights, et il reste un cas à part dans la chanson.

Photo Lieucommun mai 2007 - chat de Provence attend l'été

L'été, où est-il ?

{Boby:}
Tiens v'là, la pluie
Ah ! quel sal' temps
Où est-il l'été ? l'été où est-il ?
Oh ! là mais que vois-je apparaître
En regardant à ma fenêtre
La cette dame qui vole
en voiles de nylon

Et qui tient un bâton
tout plein rempli d'étoiles

Si cette dame est flic,
l'est au moins générale

- Non

mon enfant je suis la fée
Ah bonjour, Madame la Fée
Mon dieu qu'il est

bien élévé cet enfant
Je veux le récompenser
Que voudrais-tu, formule un souhait
J'ai le pouvoir de l'exaucer
Vrai !
Vrai ? Du bon temps ?
Bon j'voudrais qu'on se paie du bon temps
Qu'entends-tu par là mon enfant ?
Du bon temps !
Ben ben ben...

Je voudrais avancer l'été
Eh ! té ch té ! ch té !

Qu'il fasse avant la Saint-Jean bon
Jambon jambon

jambon
Qu'il fasse beau dès le dix juin
Dis-joint dis-joint

disjoint
Ça s'rait bien s'il faisait beau dès mai
C'est beau

dès mai beau d'aimer
Et que cesse enfin cette pluie
Où est-il l'été ?
L'été où est-il ou est-il l'été ?
L'été ou est-il ?

Qu'il fasse chaud dès mai chaud,
oui Méchoui

méchoui méchoui
Qu'il fasse beau dès Pâques
beau Paquebot
paquebot
Que le soleil tape en mars tôt
Marteau marteau

marteau
Ça s'rait bien qu'il fass dès l'hiver beau
Délire
verbaux !!
Et que cesse enfin cette pluie
Où est-il l'été ?
L'été où est-il où est-il l'été ?
L'été où est-il ?

Si de plus un climat chaud cett'...
Ma chausset' ma
chaussett'
...
Cette année dès l'automne liait
Tonnelier

tonnelier
Tous les étés les uns aux autr'
Sozet Sozet Sozet

Ça s'rait le genr' de ternps qu'on bénit
Qu'on bénit

Hm hm hm
Surtout qui aurait plus cette pluie
Où est-il l'été ?
L'été où est-il ou est-il l'été ?
L'été où est-il ? Ah ! ff ! ah ! eh ! ff !

{Boby avec la Fée:}
Mon enfant ne soit plus' haletant
Sal' temps sal'

temps sal' temps
Ton joli souhait m'a beaucoup plus
Beaucoup plu

beaucoup plu
Et je vais pouvoir l'exaucer
Saucé saucé sau-cé

Oui, je peux oui, ce pouvoir, je l'ai
Gelégelé Gla

gla gla
Abracadabra
Cesse pluie soleil d'été resplendit Oh !

{Boby:}
Miracle un astre éclatant
Irradie rose au finnament
Ah dis donc quelle affair' papa
C'est madame la fée qu'a fait ça Alors heureux
Oh oui madame la fée Charmant enfant
Merci madame la fée Et si poli ! Adieu mon enfant
Au revoir madame la fée Charmant
Eh ! le bonjour à Monsieur la fée Crétin ! tiens !

(L'orage éclate à nouveau)
Tiens v'là la pluie !

Boby Lapointe (1975)
© Intersong Tutti - réarrangé d'après la source : http://www.paroles.net/


 

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260407

Chantons sous les élections - Les chanteurs livreurs

chanteurs_livr_menuiserie_origLes Chanteurs Livreurs, une belle occasion d'entendre autre chose que des discours ... 
Ils sont présents dans la catégorie PAROLES et MUSIQUE

Le texte et la scène sont pour eux une façon de s’exprimer : chansons engagées, chansons de luttes, et la poésie toujours présente.

Photo ci-dessous : soirée au forum Léo Ferré

chanteurs_livreurs_2007

Les Chanteurs Livreurs
se re-produisent prochainement (si, si, et en public, en plus !)

Toutes les infos sur leur site ICI 


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270307

La différence en chansons

CD_bebelDeux CD des Chanteurs Livreurs : "Mr Gillou" et "Le monde est rond". Il  y en a d'autres.

La différence en chansons.
Pas des paroles en l'air, pas l'air du temps, mais l'air de rien, ils ne manquent pas d'airs, sans parler des instruments à corde et des percussions.
ICI le site des Chanteurs Livreurs. En reconstruction, car ces gens-là sont perfectionnistes, soyez patients, il faut y revenir souvent.
Et, dites donc quelle chance vous avez, ils offrent une tournée (dates sur le site) avec Michel Bühler contre la poignée d'euros qui vous reste de la brocante pluvieuse de dimanche dernier. Merci la météo.
La chanson des Chanteurs Livreurs que je préfère, c'est ce texte de Jean Aubel, chanteur du groupe : Bualénoc.
Et puis cette chanson de Michel Bühler (site officiel ICI) : Étranger, pour qu'on continue à en parler (voir messages ci-dessous).


Bualénoc

Une plage de l’ouest, à l’autre bout du monde
Un ciel plein de nuages où les orages grondent
Le vent portait la pluie tel un fardeau sournois
Glissait au long des rues comme glisse la soie

Perdue dans l’Océan et dans la houle noire,
L’île oubliait le monde et s’effaçait au soir
Quand au sombre horizon le soleil se mourait
Une petite fille doucement y pleurait.

« Bualénoc la grise » ancienne citadelle,
Légendaire bourreau régit de lois cruelles
Ne faisait que peu cas des rêves de jeunesse
Où l’enfance plaidait : « coupable de tendresse »

Le silence y régnait du haut de son pouvoir
Lâche sentence fière de faire son devoir
Rapace répugnant aux juvéniles proies
Que la petite fille…ne comprenait pas.

Des remparts élancés narguaient l’humilité
Piédestaux supportant sur leur front des gibets
Où les pendus semblaient mieux que de leur vivant
Clamer la liberté, balancés par le vent

La chaux vieillie brûlait les enceintes guerrières,
Les maisons s’y cachaient comme autant de tanières
L’homme plus que le loup était pour l’homme à craindre
Et la petite fille…le regardait s’éteindre.

Mais un jour le décor se chargea de couleurs
La roche s’embrasa fondant à la chaleur
Des tombereaux de feu roulèrent dans des failles
Jaillissant aussitôt de nouvelles entailles.

L’île fuma enfin sous la furie des flots
Rendant son dernier souffle en un ultime rot
Vomissant toute vie Bualénoc périt
Et la petite fille…avec fut engloutie.

Plus tard lorsqu’un marin viendra sur son bateau
Il y verra peut-être allant au fil de l’eau
Le souvenir lointain d’une fillette blonde
Et si en la voyant son esprit vagabonde

Il pensera sans doute, et vous feriez ainsi,
Bualénoc devait être le paradis,
Imaginant une île quel marin songerait
Qu’une petite fille… chaque soir y pleurait.

Jean Aubel


Étranger

Si la pluie en torrents
Tombe sur les genêts,
Si le brouillard descend
A l'orée des forêts,
Si ta route se perd,
Si tu es fatigué,
Si le vent de l'hiver
Souffle dans la vallée,

Étranger, étranger,
Viens frapper à notre porte,
Nous ne demanderons pas
Qui tu es, ni où tu vas,
Nous ne demanderons rien,
Viens.

Si tu n'as pas trouvé
De ruisseau en chemin,
Si l'eau n'a pas coulé
Dans le creux de tes mains,
Si la faim te poursuit
Comme une louve avide,
Dans le froid et la nuit,
Si ta besace est vide,

Étranger, étranger,
Viens t'asseoir à notre table,
Nous ne demanderons pas
Qui tu es, ni où tu vas,
Nous ne demanderons rien,
Viens.

Si tu veux raconter
La douceur de chez toi,
Si ton coeur veut chanter
Des refrains de là-bas,
Ou si, plus simplement,
Tu ne veux que te taire,
Et regarder longtemps
Le feu et sa lumière,

Étranger, étranger,
Reste encore pour la veillée,
Nous ne demanderons pas
Qui tu es, ni où tu vas,
Nous ne demanderons rien,
Mais viens.

Nous ne demanderons pas
Qui tu es, ni où tu vas,
Nous ne demanderons rien,
Viens.

Michel Bühler (Paroles et musique) 1971

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230307

Jacques Higelin chante l' "amor doloroso"

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(Photo Lieucommun)


Amor doloroso, est le titre du dernier album, magnifiquement amoroso et doloroso, de Jacques Higelin


En voici la chanson-titre, et d'autres, moins récentes, mais ...
"l'amour encore et toujours" ("Tombé du ciel").
Les textes de chansons sont rangés dans la catégorie PAROLES et musique


Amor DolorosoCD_Higelin_amor

La mort s'en vient
L'amour s'en va
Seul sur les quais
Je broie du noir
Le train repart sans moi
La route est longue
Le temps est lourd
La nuit est blanche encore
Et noir le jour
Je te revois fière et sauvage
Ensorcelée pieds nus dans la poussière
T'embraser comme une flamme affolée par le vent
Et te jeter dans mes bras

L'amour, l'amour, l'amour, l'amour est mort
Amor doloroso
Je sens encore
Entre mes bras
Chavirer ton corps

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor doloroso
Si loin de toi, j'ai mal, j'ai froid, j'ai peur
Je n'aime que toi.

Combien de jour
De nuit encore
À délirer sans toi ?
La fièvre au corps
La mort dans l'âme
Bien plus de mille et une fois
Je me suis senti mourir dans tes bras
Jusqu'au jour où lassée
Peut-être
Tu m'as quitté sans dire
Un mot,
Sans un regard
Me laissant seul désemparé
Et le cœur lourd à
Attendre ton retour.

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor doloroso
J'entends encore tout contre moi
Battre ton cœur.

La vie, l'amour, l'oubli, la douleur et la mort
Amor doloroso
Si loin de toi, j'ai mal, j'ai froid, j'ai peur
Je n'aime que toi.


Tombé du ciel

Tombé du ciel à travers les nuages
Quel heureux présage pour un aiguilleur du ciel
Tombé du lit fauché en plein rêve
Frappé par le glaive de la sonnerie du réveil
Tombé dans l'oreille d'un sourd
Qui venait de tomber en amour la veille
D'une hôtesse de l'air fidèle
Tombée du haut d'la passerelle
Dans les bras d'un bagagiste un peu volage
Ancien tueur à gages
Comment peut-on tomber plus mal

Tombé du ciel rebelle aux louanges
Chassé par les anges du paradis originel
Tombé d'sommeil perdu connaissance
Retombé en enfance au pied du grand sapin de
Noël Voilé de mystère sous mes yeux éblouis
Par la naissance d'une étoile dans le désert

Tombée comme un météore dans les poches de Balthazar
Gaspard Melchior les trois fameux rois mages
trafiquants d'import export

Tombés en haut comme les petites gouttes d'eau
Que j'entends tomber dehors par la f'nêtre
Quand je m'endors le cœur en fête
Poseur de girouettes
du haut du clocher donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson

Tombé sur un jour de chance
Tombé à la fleur de l'âge dans l'oubli

C'est fou c'qu'on peut voir tomber
Quand on traine sur le pavé
Les yeux en l'air
La semelle battant la poussière

On voit tomber des balcons
Des ports d'fleurs des mégots
Des chanteurs de charme
Des jeunes filles en larmes
et des alpinistes amateurs

Tombés d'en haut comme les petites gouttes d'eau
Que j'entends tomber dehors par la f'nêtre
Quand je m'endors le cour en fête
Poseur de girouettes
du haut du clocher donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson

Tombé sur un jour de chance
Tombé par inadvertance amoureux

Tombé à terre pour la fille qu'on aime
Se relever indemne et retomber amoureux
Tombé sur toi tombé en pamoison
Avalé la cigue goûté le poison qui tue

L'amour encore et toujours


Tête en l'air

Sur la terre des damnés, tête en l'air,
Étranger aux vérités premières énoncées par des cons,
Jamais touché le fond de la misère
Et je pleure, et je crie et je ris au pied d'une fleur des champs,
Égaré, insouciant dans l'âme du printemps, coeur battant,
Coeur serré par la colère, par l'éphémère beauté de la vie.

Sur la terre, face aux dieux, tête en l'air,
Amoureux d'une émotion légère comme un soleil radieux
Dans le ciel de ma fenêtre ouverte
Et je chante, et je lance un appel aux archanges de l'Amour.
Quelle chance un vautour, d'un coup d'aile d'un coup de bec
Me rend aveugle et sourd à la colère à la détresse de la vie.

Sur la terre, tête en l'air, amoureux,
Y'a des allumettes au fond de tes yeux,
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres,
Des pots de yaourt dans la vinaigrette
Et des oubliettes au fond de la cour...

Comme un vol d'hirondelles échappé de la poubelle du ciel...


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090307

Jacques Brel - chanson "amorosa"

lichen_Seine_Mantes  
Lichen en bord de Seine - mars 2007 ( Photo Lieucommun)

Jacques Brel (1929, Bruxelles - 1978), a écrit et interprété environ 200 chansons. Il était également acteur de cinéma : Les Risques du métier, Mon oncle Benjamin, L'Aventure c'est l'aventure, l'Emmerdeur ... (et réalisateur de deux autres films).

Ci-dessous, trois textes de Jacques Brel, sur le même thème

"Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs
De n'être pas aimée et ressemble à ton cœur" ...


La Quête  (extrait de "l'Homme de la Mancha", comédie musicale créée aux Etats-Unis en 1965).
Jacques Brel écrit le livret et les chansons en langue française, avec des textes originaux, en 1968.
Voici une des tirades de Don Quichotte, dont le personnage est créé par l'auteur.

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler, d'une possible fièvre
Partir, où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile

Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu

Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile

Jacques Brel 1968 (paroles et musique)


Je t'aime

Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs
De n'être pas aimée et ressemble à ton cœur
Je t'aime
Pour le noir de la pluie au clavecin de l'étang
Jouant page de lune et ressemble à ton chant
Je t'aime
Pour l'aube qui balance sur le fil d'horizon
Lumineuse et fragile et ressemble à ton front
Je t'aime

À l'aurore légère qu'un oiseau fait frémir
En la battant de l'aile et ressembles à ton rire
Je t'aime
Pour le jour qui se lève et dentelles de bois
Au point de la lumière et ressemble à ta joie
Je t'aime
Pour le jour qui revient d'une nuit sans amour
Et ressemble déjà, ressemble à ton retour
Je t'aime
Pour la porte qui s'ouvre pour le cri qui jaillit
Ensemble de deux cœurs et ressemble à ce cri
Je t'aime... Je t'aime...  Je t'aime...

Jacques Brel - 1959 (musique de François Rauber)


Ne me quitte pas               

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D'un ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

Jacques Brel  1959 (paroles et musique)


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210207

Lettera amorosa chantée - Les feuilles mortes

pont_Seine_train_blog

Aquarelle : pont ferroviaire sur la Seine à Limay -Yvelines (Photo et labo : Lieucommun)

Voici, non pas une poésie, mais une chanson, un classique.

Jacques Prévert a écrit les paroles des Feuilles mortes en 1945, sur une musique que Joseph Kosma avait composée pour un ballet.  La chanson a été interprétée par une multitude d'artistes, français (et étrangers) : Yves Montand, Cora Vaucaire, Juliette Gréco, Édith Piaf, Dalida…

Les feuilles mortes

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...

Jacques Prévert, sur une musique de Joseph Kosma (pas Vladimir)


Ci-dessous, la chanson que Serge Gainsbourg a écrite et composée en hommage aux "Feuilles Mortes". Je l'ai entendue hier matin (20 février 2007) dans l'émission "Le Fou du Roi" sur France Inter, interprétée en direct par Valérie Leulliot (elle était la chanteuse du groupe "Autour de Lucie").

La Chanson de Prévert

Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée, je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma

Et chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Avec d'autres bien sûr je m'abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m'indiffère
A cela il n'est rien à faire

Car chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne l'hiver
Et que la chanson de Prévert

Cette chanson, Les Feuilles Mortes
S'efface de mon souvenir
Et ce jour là, mes amours mortes
En auront fini de mourir

Serge Gainsbourg (paroles et musique)


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200107

Chansons (paroles et musique) de William Sheller

Le carnet à spirale

J'ai encore perdu ton amour tu sais
J'peux pas m'souvenir de ce que j'en ai fait
Je l'ai pourtant rangé comme il fallait
C'est pas croyable comme tout disparaît

Mais j'ai trouvé dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique

J'ai un à un fouillé tous nos secrets
J'n'ai rien trouvé dans le peu qu'il restait
Sous quelques brouilles au fond sans intérêt
Des boules de gomme et des matins pas frais

Mais j'ai gardé dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique

J'ai encore perdu ton amour c'est vrai
Mais après tout personne n'est parfait
Si tu n'en as plus d'autres, c'est bien fait
Tant pis pour moi, j'étais un peu distrait

Je garderai dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l'encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique


Fier et fou de vous

On pourrait croire, qu'on lui fait des misères
A sa façon de pleurer sur mes genoux
Mais j'veux plus être son papa ni son grand frère
C'sont pas des rôles qui j'peux jouer jusqu'au bout
Pas du tout

J'lui dis y a des gens sur terre
Qui chantent autour de nous
Moi, je n'vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

Pourtant est-ce que j'peux être plus sincère
J'ai parfois du mal à joindre les deux bouts
Mais depuis l'année où je suis revenu d'la guerre
J'ai jamais manqué à ses rendez-vous
Pas du tout

J'lui dis y a des gens sur terre
Qui pleurent autour de nous
Moi je n'vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

Déjà quand elle voulait être écuyère
Elle m'écrivait qu'elle n'était pas bien chez vous
Mais qu'elle n'voulait pas risquer sa vie entière
Sur mon histoire qui n'tenait pas debout
Voyez-vous

J'lui dit y a des gens sur terre
Qui dansent autour de nous
Moi, je ne vois rien, je suis fier
Et je suis fou de vous
Elle s'en fout

William Sheller


 

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