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1 avril 2008

PP 09 - JEUX POÉTIQUES : CHARADES, DEVINETTES, ACROSTICHES, SUITE DE SYLLABES

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- Jeux poétiques proposés par le blog - 

1. Charade

La charade prendra la forme d'un petit poème, avec rimes ou assonances.
Choisir un mot à découper en deux, trois ou quatre parties. Chaque partie devra être phonétiquement un mot d'une ou deux syllabes qui fera l'objet d'une définition plus ou moins énigmatique.

Exemples et solutions :
Dans l'exemple 1A (écho-logis), le mot est coupé  en deux parties de deux syllabes chacune. On peut proposer 2 parties imbriquées, comme dans la charade 2B (école / logis), ou même 4 parties (haie / col / eau / gît)...

charade 1A

Mon premier n'est pas un perroquet
mais il répète sans raison.


Mon second est peut-être une maison.

Mon tout s'intéresse forcément
à notre environnement. 

- - - -  - - - - - - - - - - - - - -- -  - - - - - - - - - --

charade 1B

Tu vas à mon premier
en quittant mon second,
la maison,

et tu  apprends mon tout dans mon premier
pour respecter
la nature et les êtres
car l'environnement
c'est important
pour la planète.

Dans l'exemple 2 (té / ver - fin du mot "hiver"), le mot est composé de deux parties "naturelles". 

- - - -  - - - - - - - - - - - - - -- -  - - - - - - - - - --

charade 2

Mon premier se boit et se voit à la fin de l'été
chaud ou froid comme vous voulez

Mon second marque la fin de l'hiver
c'est la couleur que je préfère

Et mon tout se prépare
et se sert
à cinq heures en Angleterre.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - -

logo_cr_ation_po_tique 2. Devinette (les solutions sont écrites en petit et à l'envers)

La devinette prendra également la forme d'un petit poème.
Le mot à deviner, en général objet ou animal (mais on peut jouer par exemple avec les noms de métiers) peut se trouver caché dans le poème, en acrostiche (voir plus bas), en anagramme  (exemple 2), ou sous la forme d'une rime incomplète qui termine le dernier vers (ex 1).

Exemple 1 (rime manquante) :

Devinette-rime

J'en fais voir de toutes les couleurs
Je me déguise, me confonds
Changez d'idée cent fois dans l'heure
On vous traitera de  - ?? -

- - - - - - - - - - -- - - - - -  solution : (noélémac)

Exemple 2

Principe : deux anagrammes du mot à trouver sont cachés dans les 2 premiers vers :

Devinette-anagramme

Je ne règle pas la circulation (tnega)
et ne suis pas très très très grand,
(tnaég)
pour me voir à l'occasion
suivez des grenouilles le chant.

- - - - - - - - - - -- - - - - -  solution : (gnaté)

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - -

logo_cr_ation_po_tique 3. Acrostiche

Toujours sous la forme d'un petit poème.
Le mot ou la phrase cachés apparaissent à la lecture verticale des premières lettres, premières syllabes ou premiers mots de chaque vers. On peut compliquer la lecture (un mot ou une lettre sur deux, dernières lettres, deuxièmes mots, etc) pour transformer l'acrostiche en énigme.

On choisira un prénom, un nom d'animal, d'objet, de métier...  que le poème décrira sans le nommer.
L'acrostiche se rapproche de la devinette (voir ci-dessus) quand l'objet ou l'animal décrit peut être découvert par n'importe quel lecteur.
C'est un exercice différent si l'anagramme est dédié par exemple à une personne particulière qu'il décrit, pour en faire la critique ou l'éloge.

Exemples (initiale du premier mot de chaque vers, anagrammes de portée générale) :

Sous les pieds*
Ou sous les doigts* *
La danse a besoin de toi.

* le sol, le parquet, **sol, la note de musique

- - - - - - - - - - -

C'est
L'objet de l'
Énigme.

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logo_cr_ation_po_tique 4. Suite de syllabes (Marabout, bout d'ficelle)

Ce jeu est bien connu. Il consiste à construire une suite de mots liés comme les maillons d'une chaîne, par une (ou deux) syllabe(s) commune(s). On retombe si possible sur le mot de départ pour fermer la chaîne. La suite des mots peut constituer un poème quelque peu loufoque. 

Exemple 1 :    (avec quelques approximations et une mise en texte - on peut faire moins sinistre !)

serpent / pendu / dune / noeud coulant / lentement / mesonge / jeté / termine / minuit / idée / désert / serpent*  * lien orthographique mais pas phonétique

serpent_se_mord_la_queueSerpent

serpent ,
pendu sur la
dune déserte,
noeud coulant
lentement refermé ...
Mensonge ? songe ?
Jeté,  là où
termine,
à minuit, cette
idée tordue dans le
désert :
serpent
pendu ...


marabout_texte_image_serpentMise en image :

À partir d'une suite similaire à cet exemple, où l'on a choisi intentionnellement le serpent "enroulé", envisager une illustration graphique de la chaîne de mots  représentant un serpent qui se mord la queue.

Avec d'autres mots de départ, la mise en images sera adaptée.


Exemple 2 illustré ci-dessus à partir du même mot : 

serpent /pantin / timbale / baleine / lainage / agenda / dadais / dessert / serpent ...

Exemple 3 :  courte suite de mots composés :

cheval de bois
 bois de feu
feu de paille
paille de fer
fer à cheval
cheval de bois

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logo_cr_ation_po_tique 5. Virelangue

Il s'agit de proposer des comptines ou de "simples" phrases contenant des difficultés de diction et aussi de compréhension, car le résultat est quand même souvent très tordu, afin de mettre en difficulté celui qui les prononce. Le virelangue joue le plus souvent sur la répétition de consonnes phonétiquement proches.

Exemples, souvent connus :
"Les chaussettes de l'archiduchesse sont sèches et archi sèches."
"Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien."
"Si six scient scient cent cyprès, six cent six scies scient six cent six cyprès".
"
Ton thé t'a-t-il ôté ta toux ?"
"Le geai gélatineux geignait dans le jasmin" (cité par René de Obaldia, voir son paragraphe).

Voici une adresse intéressante avec une présentation, des exemples, une démarche et des productions de virelangues :
http://www.csdm.qc.ca/fseguin/classe/janine/virelangues/realisations/index.htm

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - -

logo_cr_ation_po_tique 6. Tautogramme 

Proche du virelangue, c'est un énoncé dont tous les mots commencent par la même lettre.
Voir le paragraphe Yak Rivais pour son texte : "Cauchemar", et des exemples de création.



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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MADELEINE LE FLOCH

- Madeleine Le Floch -

Madeleine Le Floch est une auteure contemporaine, qui a publié en 1975 "Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver". Un recueil dans lequel elle joue avec les différents sens, les à-peu-près et les homonymies du vert, pour l'écriture de (quand même !) soixante-treize petits poèmes. En voici un échantillon :

livre_Madeleine_Le_Floch_contes_vertsVers exclusif *

La mer
en s'en allant
écrivait sur le sable
un poème

que le vent
jaloux
effaçait.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

* Dans le recueil, ce texte porte le titre "Vert exclusif". Puisqu'il s'agit d'un poème que la mer écrit jalousement, est-ce une faute de frappe, ou faut-il titrer "Vers exclusifs" ?

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Oiseau vert

Il était une fois
un oiseau
que l'on avait
enfermé
dans une cage.

Du matin au soir
il criait:
que je suis malheureux!
Ah! que je suis donc
malheureux!

Comme il chante bien
disait la petite fille.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

- - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Ver de mer

Un poisson connaissait par cœur
les noms de tous les autres poissons.
Il connaissait les algues, les courants,
les sédiments, les coquillages.
C’était un érudit.
Il exigeait d’ailleurs qu’on l’appelât «maître » !
Il savait tout de la mer
Mais il ignorait tout de l’homme.
Et un jour il se laissa prendre au bout
d’un tout petit hameçon.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Vert de lune

Une idée fixe
un soir de carnaval
se déguisa en cerf-
volant
et se laissa
monter
jusqu'à la lune
où elle germa.

Quand vous irez sur
la lune
si vous rencontrez un cerf-
volant
ou une fleur
qui a l'air de venir
d'ailleurs
méfiez-vous!

C'est peut-être
une idée fixe
qui cherche
à redescendre.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Deux poèmes sous  forme de calligrammes :

Haricot vert

L
e

ha
ri
cot
vert
était
très
comp
lexé
dep
uis
que
sa
li
gn
e
n’
ét
ai
t
pl
us
à
l
a
m
o
d
e

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Vertige ("vert-tige", vous aviez deviné)

calligramme_la_fleur

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

logo_cr_ation_po_tiqueCalligrammes : voir Guillaume Apollinaire

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de PAUL ÉLUARD

- Paul Éluard -

Paul Éluard (1895-1952) est l'un des plus importants poètes du Surréalisme. Il a aussi participé au mouvement Dada.

Sur la maison du rire

Sur la maison du rire
Un oiseau rit dans ses ailes,
Le monde est si léger
Qu'il n'est plus à sa place
Et si gai
Qu'il ne lui manque rien.

Paul Éluard

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

Dans Paris

Dans Paris il y a une rue;
Dans cette rue il y a une maison;
Dans cette maison il y a un escalier;
Dans cet escalier il y a une chambre;
Dans cette chambre il y a une table;livre_Eluard_dans_paris
Sur cette table il y a un tapis;
Sur ce tapis il y a une cage;

Dans cette cage il y a un nid;
Dans ce nid il y a un œuf,
Dans cet œuf il y a un oiseau.

L'oiseau renversa l'œuf;
L'œuf renversa le nid;
Le nid renversa la cage;

La cage renversa le tapis;
Le tapis renversa la table;
La table renversa la chambre;
La chambre renversa l'escalier;
L'escalier renversa la maison;
La maison renversa la rue;
La rue renversa la ville de Paris.

Paul Éluard (livre "Dans Paris, il y a ..." Didier Jeunesse, 1998 et Rue du Monde, Collection  Petits Géants, 2001)

logo_cr_ation_po_tiqueÀ la manière de "dans Paris il y a ...", le poème-gigogne :

À la manière de Paul Éluard, on construira un poème avec un enchaînement d'éléments, d'événements, à la manière d'emboîtements de poupées gigognes. Voyez ici des exemples de création poétique sur ce modèle : http://ecperchl.edres74.ac-grenoble.fr/spip.php?article28

Mais on privilégiera, pour le thème de l'humour, les situations les plus bizarres. On pourait imaginer par exemple ce genre de comptine en boucle (voir Marabout, bout d'ficelle dans le paragraphe des Jeux):

Dans ma maison il y a ma chambre / dans ma chambre il y a une armoire / dans cette armoire  il y a un arbre / dans cet arbre il y a une maison / Dans cette maison il y a ma chambre ...

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1 avril 2008

PP 09 : L'humour d'ANNE-MARIE CHAPOUTON

- Anne-Marie Chapouton -

Anne-Marie Chapouton (1939-2000) est une auteure de poésies, de contes, d'ouvrages pédagogiques et de romans pour les enfants et la jeunesse ("Poèmes petits", "1, 2, 3, comptines à compter", "La vache Amélie", " Méthode de lecture CP-CE1", etc).

Deux poèmes dans deux recueils différents d'Anne-marie Chapouton, pour le même animal, la tortue :

Tortue  (sans titre, ce titre est proposé par le blog) 

Tortue, je t'observe.
Tu restes tapie
sous ta carapace,
puis, timidement,
tu sors ta tête.
Et tu attends
que les fruits mûrs
tombent tranquillement
sous l'arbre fruitier.
Tu es gourmande !
Le sais-tu, tortue ?

Anne-Marie Chapouton (Mon ABC en comptines - Père Castor - Flammarion, 1999)

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Quand on est tortue

Quand on est tortue,
On peut rentrer la tête
Sous sa carapace
Quand vient la pluie.

Alors on peut rêver
À l'abri,
Et repartir
À petits pas
Jusqu'à l'herbe prochaine
Qu'on atteindra
Ce soir...
Demain...
Ou même un peu plus tard...

Pas de problème
De retard !
Quand on est tortue,
On a toujours le temps
De vivre lentement !

Anne-Marie Chapouton ("Comptines pour les enfants bavards" - Père Castor, Flammarion)

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

La pluie

Gouttelette
rondelette
tombée
sur mon nez
piquelette
sur ma tête
voici mon amie
la pluie
chansonnette
doucelette
trottinant
chante la pluie
dans le vent.

Anne Marie Chapouton

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Rêve 4 (c'est sous ce titre qu'il apparaît dans le recueil, il y a 3 autres poèmes-rêves qui précèdent)

J'ai vu
trois châteaux
se promenant
lalaire
se promenant
dans les airs

puis je n'ai
plus rien vu
lalaire
plus rien vu
car ils étaient
redescendus

Anne-Marie Chapouton ("Poèmes petits" - Delagrave, 1999)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de PIERRE FERRAN

- Pierre Ferran -

Pierre Ferran (1930-1989) était enseignant, poète et écrivain.

Le cinquième jour

Du haut d'un nuage,
Les mains rouges d'argile,
Dieu contemplait les animaux :
- "Je suis mécontent du zèbre,
Dit-il à saint Rémi
Qui tenait la liste,
Il ressemble trop au cheval,
Rayez-le !"

Pierre Ferran (recueil "Les Yeux", 1971)

- - -  - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Comptine des canards sauvages

Trois pleins d'air
Deux pains durs
Un pin d'or
Sors !

Quatre à quatre
Cinq agates
Qui cahotent
Saute !

C'est la lutte
Pour la lotte
Écarlate
Tâte !

Huit tadornes
Neufs œufs durs
C'est-à-dire
Tire !

Dix milords
Dix mulards
Dix mulets
T'y es !

Pierre Ferran (anthologie de Jacques Charpentreau : "La nouvelle Guirlande de Julie" - éditions Ouvrières, 1976)

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31 décembre 2008

Poèmes du jour - 31 décembre 2008 - La fillette de Gaza / Autrefois une colombe

image_Po_sie_1_arabe_et_isra_lienne

Salman Masalha est né en 1953 à al-Maghar, en Israël. Il enseigne la littérature arabe à l'Université.

La fillette de Gaza

Avec les plumes de la mer
La fillette de Gaza confectionne des nids.
L'homme qui derrière la muraille se tient debout
Abrite sous son regard
Un collier de souvenirs.
Après avoir traversé la rue,
Les légendes, dans les nids,
Éclosent comme des oeufs
Des enfants courent se blottir
Dans la couleur du temps
Ils recueillent la voix timide
Des sables du désert
Le soir venu, les larmes se dispersent
Et mouillent la route de la mer
La nuit sourit à l'exil
Le poète rend son dernier soupir.

Salman Masalha

(texte paru dans la revue trimestrielle "Poésie 1/Vagabondages" n°27 de septembre 2001 consacrée à La Poésie arabe contemporaine - Le cherche midi éditeur) - Traduction d'Abdul Kader El Janabi revue par Charles Illouz et Mona Huerta.

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Haïm Gouri est né en 1926 à Tel-Aviv, en Israël. Il a publié plusieurs recueils de poésie et traduit des poètes français.

Autrefois une colombe

Autrefois une colombe
descendit sur mon épaule, des cieux,
très légère,
des toits de la ville compatissante.

Nous étions silencieux tous deux
une heure entière et le vent entre nous.
Je voulais lui dire :
innocente, colombe innocente,
j'ai trouvé un abri pour toi.

Autrefois une colombe
se précipita vers mon épaule.
Blanche, chaude.

Quand je la touchai de mes lèvres
son plumage devint rouge.

Haïm Gouri

Texte paru dans "SaLaM Ve CHaLoM, Anthologie de poèmes pacifistes juifs et arabes", de Jacques Eladan - Noël Blandin éditeur, 1990 et dans la revue"Poésie 1" (bimestrielle première série),  n°116 de mars-avril 1984, consacrée à La Nouvelle poésie israélienne - Le cherche midi éditeur) 



1 avril 2008

PP 09 - L'humour de LUCE GUILBAUD

- Luce Guilbaud -

Luce Guilbaud, enseignante en arts plastiques, écrivain et poète, est née en 1941.
On trouvera d'autres textes pour la classe dans les catégories rangées par cycles.

Deux ouvrages parmi d'autres : Le dé bleu, ; La petite fille aux yeux bleus.

Pas de rire aux éclats, un sourire, de la gaieté, ou du moins la joie de vivre, dans ces poèmes, dont les titres sont suggérés par le blog :

Dans ma boîte

J’aurai une grande boîte
pleine de soleil
pour les jours de pluie
pleine de sourires
pour les jours de grogne
pleine de courage
pour les jours de flemme.

Et dans ma boîte j’aurai aussi
plein de coquillages
pour écouter la mer.

Luce Guilbaud

logo_cr_ation_po_tique À la manière de "Dans ma boîte" ...

Voir ici des productions d'élèves :
en CE1 : http://ecoles18.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/rosieres/articles.php?lng=fr&pg=159si
et en CM2 ici, sous forme de petit livre à plier au format pdf :
http://petitslivres.free.fr/petitslivres/AUT/SEB0708002C.pdf

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Un déjeuner de fous

J’organise aujourd’hui
un déjeuner de fous
une chasse à l’herbe folle
un braconnage de fruits verts.
Nous boirons sous les pommiers
du cidre de la pleine lune,
nous ferons un jardin
des moissons d’amitié
de mots sans trèves
et de soleils givrés.
Et dans ce paysage
de rêveries bruissantes
nous danserons
sur l’ennui des dimanches.


Luce Guilbaud ("La petite feuille aux yeux bleus" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le nuage

Un joli nuage blanc
arrive sur la ville
il joue
entre les toits
entre les tours
entre les flèches
il passe sur les ponts
et se voit gris
dans les reflets de l'eau
il se sent fatigué
il tousse un peu
il se regarde dans les vitrines
il se fait peur
il est devenu noir

le nuage s'en va
lâchant quelques larmes
quelques gouttes de pluie
il va se refaire une santé
à la campagne.

    Luce Guilbaud

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Une petite maison

Une petite maison de branches
Avec sa porte d’herbes
Et son lit de mousse
Une petite maison dans les bois
Pour cacher ses secrets
Pour inventer le monde.
Une petite maison
Une cabane
Pour être ici
Pour être ailleurs
Dans nos histoires.


Luce Guilbaud ("Une cigale dans la tête" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le monstre de pierre

Le vent et la pluie me hantent
Le gel fait craquer mes grimaces
Le soleil me nargue et me brûle
Mais je lui tire la langue !


Je ricane et je vocifère
Je gronde et je balbutie
J’étonne et j’effraie
J’ai mille frères et mille soeurs
Avec des queues des cornes
Des griffes des écailles des hures
Des groins des serres
Des dents pointues
Des trognes ébouriffées
Des nez épatés des yeux exorbités


Armé de piques de fourches
Je harcèle, j’étrangle, j’étripe
J’ouvre les portes de l’enfer
Je suis griffon, cerbère, chimère
Je suis un monstre de pierre.


Luce Guilbaud ("Loup y es-tu ?" - éditions Enfance heureuse)

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Une image

Quel dommage,
Pensait une image
D’être attachée sur cette page !
Car la belle image
Rêvait de voyage
Et de vent du large
Elle en pleurait de rage
Mais un vieux sage
Conseilla l’image :
"Pour partir en voyage ?
Il suffit de tourner la page !"

Luce Guilbaud

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Le petit rêve

C’est un petit rêve léger
Un rêve bien plié sous mon oreiller
C’est un rêve doux et chaud
Qui va pieds nus dans l’herbe fraîche,
Un rêve transparent
Qui glisse entre les yeux
Et se blottit sous les paupières.
C’est un rêve coloré qui murmure
Encore en moi quand le soleil
Ouvre ma porte.
C’est un petit rêve léger
Qui accompagne ma journée.

Luce Guilbaud ("Les oiseaux sont pleins de nuages" - éditions Soc et Foc)

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Le vent

Je plains le vent
Le vent se plaint
le vent gémit
le vent souffre quand il souffle
le vent voudrait se reposer
déposer sa douleur
dans le creux d’un rocher
danser avec les mouettes
doucement tranquillement
les emporter sur un nuage
le vent rêve de tendresse
mais il est condamné à hurler
à déchirer les feuilles mortes
à griffer nos visages dans la pluie
ça le met en colère le vent
d’être si méchant !
Alors il s’emporte et devient fou
le vent tornade tempête
sa douleur n’a plus de bornes
il détruit tout sur son passage
puis il s’arrête essoufflé désespéré
dans un lointain désert
et là-bas il s’endort
en rêvant de caresses.
Je plains le vent.

Luce Guilbaud

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

J’étais perdue

J’étais perdue dans la ville
Entre les façades noires
Et les boutiques bariolées
J’étais perdu parmi la foule
J’avais perdu mon nom
Et le chemin de ma maison.
C’est en suivant un pigeon
Puis un couple de personnes
Qu’au détour des violettes
Et du bleu des arbres
J’ai retrouvé mon nom
Et le chemin de ma maison.


Luce Guilbaud

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JEAN L'ANSELME

- Jean L'Anselme -

Jean L'Anselme, nom d'auteur de Jean-Marc Minotte (1919- 30 décembre 2011) est un poète vivant, comme on l'écrivait ici. Maintenant qu'il a disparu physiquement de notre horizon, il reste un poète atypique, comme on le dit parfois des auteurs qui déconcertent, qui n'entrent pas dans les catégories normalisées.

Quelques titres d'ouvrages de Jean L'Anselme, tous parus aux éditions Rougerie :
Ça ne casse pas trois pattes à un canard et après (2005) ; La chasse d'eau, les poèmes cons, manifeste suivi d'exemplesLe ris de veau (1995) ; Pensées et proverbes de Maxime Dicton, banalités, bêtises, paradoxes, balivernes, lieux communs et autres propos sérieux de l'auteur (1991).
(2001) ;

Voici un passage à lire aux élèves :
"...On ne naît pas poète, on naît comme on est, c'est-à-dire comme tout le monde. N'importe qui peut être poète, je suis moi-même n'importe qui. Il n'y a d'ailleurs pas d'école où on enseigne la poésie pour en ressortir avec un CAP alors que, dans les autres domaines de l'art, il existe des conservatoires et des académies. C'est une réalité à laquelle on ne songe guère. Nous sommes donc des millions de poètes comme toi. Souvent sans le savoir ..."
et il termine presque par ceci : "À présent oublie tout ce que je viens de te dire et n'écoute pas les autres..."

Jean L'Anselme - Conseils à un jeune poète (éditorial du n° 13 de la revue Poésie Première, à lire intégralement ici : http://poesiepremiere.free.fr/Lanselme.html).

Quelques facettes de l'humour grinçant, noir ou loufoque de l'auteur :

Art poétique

Vingt fois sur le métier
dépolissez l'ouvrage,
un vers trop poli
ne peut pas être...au net.
Méfiez-vous des vers luisants !
Faites du vers dépoli
votre vers cathédrale.
un poème au pied bot
ne peut être que bancal.

Jean L'Anselme (Vers dépolis, dans le recueil "La Foire à la ferraille" - Éditeurs Français Réunis, 1974)

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Congés payés

Moi dit la cathédrale je voudrais être coureur à pied pour
pouvoir lâcher mes béquilles
Moi dit le pont je voudrais être suspendu pour pouvoir sauter
A la corde
Moi dit l’imagination je voudrais être riche pour pouvoir
emmener L’Anselme en vacances
Moi dit la Seine je voudrais être mer pour avoir des enfants
qui jouent dans le sable

Jean L'Anselme ("Il fera beau demain" - Éditions Caractères / Imprimerie de poètes, 1952)

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Le guépard

Le guépard est une magnifique bête de l'espèce des félidés. Mais, à l'encontre des animaux de cette famille, il ne possède pas des griffes mais des ongles, comme le chien.
Sa course est superbe; c'est un spectacle inoubliable mais fort rare car généralement on court devant.

Jean L'Anselme (Vers dépolis, dans le recueil "La Foire à la ferraille" - Éditeurs Français Réunis, 1974 et dans "La nouvelle guirlande de Julie", anthologie de Jacques Charpentreau, - Éditions Ouvrières, 1976)

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Impératifs

Le poulet, une fois cuit, réclame d'être mangé sur-le-champ.
Le veau ne souffre pas d'être consommé cru, le cheval en revanche le tolère.
Le lapin demande à être écorché vif ; le lièvre préfère attendre.
Le homard exige d'être plongé vivant dans l'eau bouillante.
Et nous, plus bêtes que les bêtes, comme toujours, nous nous laissons faire par tout le monde.

Jean L'Anselme (Vers dépolis, dans le recueil "La Foire à la ferraille" - Éditeurs Français Réunis, 1974)

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Un poète (titre suggéré)

- Mais qu’est-ce qu’un poète ?
- C’est quelqu’un qui ne passe jamais à la télévision parce qu’il n’est pas connu.
- Et pourquoi n’est-il pas connu ?
- Parce qu’il ne passe jamais à la télévision.

Jean L'Anselme

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Monsieur X *

C'était un vieux hibou
affreux comme un pou
avec son caillou
nu comme mon genou.

Mais comme il était chou
quand il faisait joujou
avec son chien Bijou !

Jean L'Anselme

* devinette pour les élèves : pourquoi Monsieur "X" ?

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L'éclair au chocolat

Dans l'éclair au chocolat
ce qui est sur le dessus
et ce qui est à l'intérieur
ça n'a pas la même couleur.
Le dessus ressemble à du chocolat
Mais pas le dedans.
On est aussi souvent chocolat
avec les gens qu'on ne connaît pas.

Jean L'Anselme (dans l'anthologie de Jacques Charpentreau, "La poésie comme elle s'écrit" - Éditions Ouvrières, 1979)

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La Darne de Lieu

J'ai déjà pêché l'ablette et l'épinoche, mais jamais la Darne de Lieu. On m'en apporte pourtant sur mon assiette. La Darne de Lieu est un poisson curieux, plat pour le genre mais épais, plutôt rond de forme avec de la peau sur la tranche et non sur le desus et le dessous. Il possède une arête centrale rayonnante. Plus bizarre encore, il n'a ni tête ni queue apparentes. Malgré son nom ce n'est pas, à ce qu"on dit, un poisson noble. Comment peuvent-ils donc, en pêche sous-marine, distinguer cela d'un bifteck ?

Jean L'Anselme ("Très cher Onésime Dupan de Limouse" - éditions Rougerie, 1966)

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1 avril 2008

PP 09 : l'humour d'ANDRÉ BRETON - Surréalisme et Cadavre exquis

- André Breton et le Surréalisme -

po_sie_Andr__Breton_portrait

<< portrait du poète par Victor Brauner (1934) - André Breton (1896-1966) définit ainsi le mouvement surréaliste : "Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée ". (Manifeste du surréalisme de 1924).

Même s'il n'est pas directement le créateur du cadavre exquis, Breton est l'un des inspirateurs et des pratiquants de cette forme de création surréaliste "classique", très représentative de l'esprit du mouvement et qu'il définit plus bas.

André Breton est l'inventeur d'une autre forme de création littéraire surréaliste : l'écriture automatique.
"Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. ". (A. Breton - Manifeste du Surréalisme - 1924).

Il est l'auteur de l’Anthologie de l’Humour noir (écrit en 1940, édité en 1945, 1950 et 1966, avec des modifications de contenu, et réédité au Livre de Poche). D'autres oeuvres : Nadja (1928), Les Vases communicants (1932), L'Amour fou (1937).

po_me_Andr__Breton_Ile<< Île

André Breton

Île est un poème-titre, ou un titre-poème, constitué de ce seul mot qui apparaît pleine page en vertical, comme sur l'image, dans le recueil "Clair de terre" (1923, réédition 1978 en Poésie-Gallimard).

Dans  La poésie (Armand Colin éditeur, 1988), Jean-Louis Joubert explique : "Ce n'est pas tellement le mot en lui-même que sa situation dans un poème qui possède une valeur poétique. Rien n'empêche qu'un poème soit composé d'un seul mot. C'est le cas du poème "Île" [...] Mais le choix d'un corps de caractères géants, leur recherche typographique, la disposition du mot verticale et de bas en haut, arrache "Île" à la langue commune pour en faire un mot-objet mystérieux [...] "

logo_cr_ation_po_tique Poème objet :

Pour les élèves, le sens de ce poème objet d'André Breton n'apparaît pas évident.

On peut proposer à la classe un exercice dérivé plus abordable, parent du calligramme. L'élève choisit un mot objet qui lui plaît et le représente pour en exprimer sa perception personnelle (par graphisme, typo ordinateur, collage, peinture, modelage, sculpture...) en deux ou trois dimensions en jouant sur les formes, tailles, couleurs  des caractères, et leur disposition (les lettres ne seront pas forcément alignées et de même format).

  • Variantes :
  1. Même démarche avec une courte phrase, un haïku.  Illustrer éventuellement l'environnement de l'écrit. 
  2. Proposer aux élèves d'élémentaire le dessin du mot dans une forme qui le représente.

Exemples à venir avec d'autres auteurs, voir le sommaire de la création poétique en haut de page.

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Le Cadavre exquis

À l'initiative de Jacques Prévert, Marcel Duhamel et Yves Tanguy et avec André Breton, c'est l'un des exercices de création spontanée auquel se sont livrés les surréalistes. André Breton le définit ainsi dans son "Dictionnaire abrégé du surréalisme" :
"jeu de papier plié qui consiste à faire composer une phrase ou un dessin par plusieurs personnes, sans qu’aucune d’elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes".
L’exemple qui a donné son nom au jeu, tient dans la première phrase obtenue de cette manière : "Le cadavre/exquis/boira/le vin/nouveau".
L'exercice s'appliquera au texte, au dessin, et plus tard au cinéma, et connaît actuellement une nouvelle évolution  avec Internet.

logo_cr_ation_po_tique Le "Cadavre exquis" (sous sa forme écrite)
Principe : Le matériel : une feuille A4 pliée en autant de parties que d'intervenants, de manière à empêcher la lecture directe des éléments, mais à permettre une lecture (linéaire) de la production finale une fois dépliée.

Le jeu du Cadavre exquis suppose une maîtrise par les élèves de la structure de la phrase.
On décidera du type de phrase à créer, suivant le niveau de difficulté souhaité :
Phrase déclarative minimale
Sujet + Verbe ou phrase simple S+V+ Complément(s).

1.   Le groupe nominal sujet est singulier ou pluriel et le groupe verbal s'accordera en conséquence.

  • groupe sujet minimal, avec nom seul ou déterminant + nom  ex : Anna*,  l'oiseau - mon vélo
  • enrichi d'un qualificatif, ex : l'oiseau bleu - mon vieux vélo
  • d'un complément du nom, ex : un ballon de rugby - la table à repasser
  • ou d'un ensemble, ex : un vieux ballon de rugby en bois* (encourager déjà le décalage interne du groupe)

2.   Le groupe verbal sera conjugué au singulier ou au pluriel, selon le choix précédent.

  • Le verbe sera un verbe d'action, non pronominal, conjugué à la voix active, au passé ou au futur simple de préférence, plutôt qu'au présent.
  • Les verbes les plus intéressants sont les verbes transitifs (trouver - manger - regarder) qu'on peut ou qu'on doit faire suivre d'un groupe COD et d'un ou de plusieurs groupes Compléments Circonstanciels  (temps, lieu, manière...). Les verbes intransitifs (dormir,  seront bannis

3.   Le groupe complément

  • Le COD qui suit le verbe transitif direct est un groupe nominal qui peut être enrichi, comme le groupe nominal sujet, et par conséquent interchangeable :

ex : l'oiseau bleu / construira / la pluie de novembre ou la pluie de novembre / construira / l'oiseau bleu 

  • Les groupes Compléments Circonstanciels  (temps, lieu, manière, conséquence, cause, but...). Il peut y en avoir plusieurs, à se répartir dans le groupe de travail selon le nombre d'élèves.

ex : l'oiseau bleu / construira / la pluie de novembre /  à Noël / parce qu'il* (elle) a perdu ses clés

* l'accord en genre et en nombre et les corrections se feront collectivemant dans la phrase définitive retenue.

La forme poétique de la création apparaîtra avec le choix des productions (retenir les plus amusantes, les plus originales, les plus étonnantes ...)
On pourra proposer l'association des phrases créées, pour une mise en texte.

  • Variantes :
  1. Cadavre exquis minimum : Comme l'ont pratiqué les surréalistes, on peut scinder en unités minimum sur le schéma simple GS + V + COD, en séparant le nom de l'adjectif (le cadavre/exquis/ boira/le vin/nouveau)
  2. Le dialogue surréaliste : Pratiqué par les surréalistes, il consiste à construire séparément (deux  intervenants seulement ici) un dialogue question-réponse sur le modèle "Qu'est-ce que .../c'est..." exemple surréaliste : "Qu'est-ce que la volupté de vivre / C'est une bille dans la main d'un écolier"). Au niveau collège ou lycée, un troisième intervenant pourrait ajouter une formule commençant par "puisque ... ex : "Qu'est-ce qu'un arc-en-ciel après la pluie ?/c'est un parking de supermarché désert,/puisqu'on a fermé les fenêtres." (essai Lieucommun). Il faudra certainement intervenir à postériori pour produire des phrases grammaticalement correctes.
  3. On pourra inventer d'autres constructions : "Si les oiseaux ont des ailes/c'est parce qu'il n'y a plus de sable dans le désert". D'autres modèles sont possibles avec même si..., pourtant...etc.

"Cadavre exquis" en arts plastiques  

Cadavre_exquis_dessin_3Reprenons la définition d'André Breton : "jeu de papier plié qui consiste à faire composer [une phrase ou] un dessin par plusieurs personnes, sans qu’aucune d’elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes"...

<< Cadavre exquis vertical sur le thème de la maison bizarre. On repérera les pliures (expérience du groupe MSA).

 Principe : La feuille, format A2, A3 ou A4 suivant le projet, sera pliée en 3 ou en 4 parties égales. Le thème général est proposé, par exemple, pour rester dans le domaine qui nous intéresse : monstres,  véhicules bizarres, construction étonnantes... On précisera éventuellement s'il s'agit de créer un objet "unique" (exemple ci-contre) ou pluriel, au final. Le sujet pourra être libre. (l'exemple n°1  est une création récente empruntée au site ex-bones.com )

cadavre_exquis_dessin_exemple_1Le pliage sera horizontal si le thème  s'y prête, mais il est  en général vertical. Un personnage bizarre, par exemple, peut associer trois créations différentes : une pour la tête, une pour le "tronc" et les bras (ou ce qui en tient lieu s'il y en a) et une troisième pour les membres inférieurs.

Consignes de réalisation : produire, pour le premier intervenant, un dessin en prolongeant les tracés de manière qu'ils apparaissent un peu au-delà de la pliure, sans dévoiler la réalisation. Le deuxième élève devra utiliser cette arrivée de tracé comme départ pour sa propre production graphique, sans avoir pris connaissance de la précédente. Idem pour les intervenants suivants. Le dernier tient compte simplement du fait qu'il termine l'œuvre collective.

cadavre_exquis_collage_BretonOn obtiendra une fois la feuille dépliée une réalisation qui pourra faire l'objet d'un travail de mise en couleurs, surfaces, collages... Le passage d'une partie à l'autre, toujours difficile, pourra aussi  être repris pour la cohérence de l'ensemble, si c'est le but recherché.

NB : Les élèves travaillant sur un même projet seront séparés les uns des autres, pour ne pas avoir à se cacher des regards pendant la réalisation.

  • Variantes : Le collage de papiers déchirés ou découpés se prête parfaitement à l'exercice (le modèle n°2 est un collage créé par André Breton, Jacqueline Lamba  et Yves Tanguy en 1938) . 

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JEAN ROUSSELOT

- Jean Rousselot -

Jean Rousselot (1913-2004) a publié, à partir de 1934 de très nombreux recueils de poésie et des anthologies pour la collection "Poètes d'Aujourd'hui" de Pierre Seghers. Il est également l'auteur d'un Dictionnaire de la Poésie Française contemporaine (en 1962) et d'une Histoire de la poésie française en 1976.
On trouvera dans la catégorie hiver, un joli texte sur la neige.

Chanson du possible

Un oiseau sous la mer
Qui marche à petits pas
Cela ne se peut guère
Cela ne se peut pas

Un marchand de biftèques
Qui les donne pou rien
Cela ne se peut guère
Cela ne se peut point

Un général qui crie
À bas la guerre à bas
Cela ne se peut mie
Cela ne se peut pas

Mais un rat bicycliste
Un poisson angora
Un chat premier ministre
Un pou qui met des bas

Une rose trémière
qui fait des pieds de nez
Tout ça se peut ma chère
Il suffit d'y penser.
    

Jean Rousselot (dans l'anthologie de Georges Jean, "Nouveaux trésors de la poésie pour enfants" - éditions Le cherche midi, 2003)

logo_cr_ation_po_tique A la manière de ..."chanson du possible" 
Voyez ici, à partir du  texte original des productions d'élèves (copier-coller ce lien) :

http://www.prof2000.pt/users/anaroda/pfrances/Trabalho_final_pagina_frances/doc_pdf/Poèmes_élèves.pdf

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Les pommes de lune

Entre Mars et Jupiter
Flottait une banderole
Messieurs Mesdames
Faites des affaires
Grande vente réclame
De pommes de terre

Un cosmonaute qui passait par là
Fut tellement surpris qu'il s'arrêta
Et voulut mettre pied à terre

Mais pas de terre en ce coin là
Et de pommes de terre
Pas l'ombre d'une

C'est une blague sans doute
Dit il en reprenant sa route
Et à midi il se fit
Un plat de pommes de lune.


Jean Rousselot (dans l'anthologie de Georges Jean, "Nouveaux trésors de la poésie pour enfants" - éditions Le cherche midi, 2003)

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L'ordinateur et l'éléphant

Parce qu'il perdait la mémoire
Un ordinateur alla voir
Un éléphant de ses amis
- C'est sûr, je vais perdre ma place,
Lui dit-il, viens donc avec moi.
Puisque jamais ceux de ta race
N'oublient rien, tu me souffleras.
Pour la paie, on s'arrangera.
Ainsi firent les deux compères.

Mais l'éléphant était vantard
Voilà qu'il raconte ses guerres,
Le passage du Saint-Bernard,
Hannibal et Jules César...

Les ingénieurs en font un drame
Ça n'était pas dans le programme
Et l'éléphant, l'ordinateur
Tous les deux, les voilà chômeurs.

De morale je ne vois guère
À cette histoire, je l'avoue.
Si vous en trouvez une, vous,
Portez-la chez le Commissaire;
Au bout d'un an, elle est à vous
Si personne ne la réclame.

Jean Rousselot (dans l'anthologie de Georges Jean, "Nouveaux trésors de la poésie pour enfants" - éditions Le cherche midi, 2003)

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On n'est pas n'importe qui

Quand tu rencontres un arbre dans la rue,
dis-lui bonjour sans attendre qu'il te salue.
C'est distrait, les arbres.
Si c'est un vieux, dis-lui "Monsieur".
De toutes façons, appelle-le par son nom :
Chêne, Bouleau, Sapin, Tilleul...
Il y sera sensible.
Au besoin aide-le à traverser.
Les arbres, ça n'est pas encore habitué à toutes ces autos.
Même chose avec les fleurs, les oiseaux, les poissons :
appelle-les par leur nom de famille.
On n'est pas n'importe qui !
Si tu veux être tout à fait gentil, dis "Madame la Rose" à l'églantine ;
on oublie un peu trop qu'elle y a droit.


Jean Rousselot ("Petits poèmes pour coeurs pas cuits" - éditions Editions St- Germain-des-Prés, 1979)

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Pas de vacances

Si vous croyez que ça m'amuse
Dit la mer
D'avoir toujours à me refaire
- Un point à l'endroit, un point à l'envers
- Un pas en avant, un pas en arrière

Moi qui aimerais tant aller cueillir des coings
À Tourcoing
Me bronzer dans la neige
À Megève

Hélas pas moyen de fermer boutique
J'ai trop de sprats j'ai trop de pra-
Trop de pratiques

Mais comme elle a des cailloux plein la bouche
Personne ne comprend rien
À ce que raconte la mer.

Jean Rousselot (dans l'anthologie de Jacques Charpentreau, "La nouvelle guirlande de Julie" - éditions Ouvrières, 1976)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JEAN LESCURE

- Jean Lescure -

Jean Lescure (1912-2005), poète engagé (dans la Résistance d'abord) est l'un des fondateurs de la revue poétique Messages , et plus tard de l'OULIPO.
Il est le créateur de la "méthode S + 7".(voir le paragraphe Raymond Queneau pour des modèles de création poétique avec cette technique).

Poèmes carrés

Lescure_foule

À foule qui se ferme sable sombre
Au sable ferme la foule sombre
Sombre, ferme, foule le sable
Foule ferme où sombre du sable

Jean Lescure ("Poèmes carrés", dans le recueil "Drailles" - éditions Gallimard, 1968)

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Lescure_feuille

Feuille de rose porte d'ombre
Ombre de feuille porte rose
Feuille, porte l'ombre d'une rose
Feuille rose à l'ombre d'une porte
Toute rose ombre une porte de feuille

Jean Lescure ("Poèmes carrés", dans le recueil "Drailles" - éditions Gallimard, 1968)

logo_cr_ation_po_tiquePoèmes carrés

On fera observer aux élèves que les mots choisis par Jean Lescure pour son poème carré sont pris dans différents sens et changent de nature pour certains deux  fois : nom, adjectif ou verbe.
Il faudra donc trouver des mots qui acceptent ce traitement pour jouer avec eux.
Cette règle contraignante peut être aménagée.
Exemple : avec  orange, joue, neige

L'orange  joue dans la neige
Joue, neige, dans l'orange
La neige orange sur ta joue
Sur ta joue l'orange neige

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L'encre... (calligramme)

calligramme_Jean_Lescure_encre

L'encre qu'il te faut bien jeter
Garde-toi qu'elle jette l'ancre

Si les poissons ont des arêtes
c'est pour que l'homme qui s'arrête
Sache qu'au sein des eaux premières
naît sans fin la rose trémière

Jean Lescure ("Treize poèmes" - éditions Gallimard, 1960)

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Un jeu de langage :

Poème pour bègue

À Didyme où nous nous baignâmes
les murmures de l’Ararat
cessaient de faire ce rare ah !
leçon sombre où brouiller les âmes.
Même et marine Marmara
tu tues un temps tendre à périr.
L’âme erre amère en des désirs
qui quitte enfin un art à rats.
Couvrez vraiment l’été, ténèbres !
Terre, tes ruines sont songeuses.
Pour pourrir rire est une heureuse
Ruse, uses-en ô l’ivre de tes fûts funèbres.

Jean Lescure

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de LOUISE DE VILMORIN

- Louise de Vilmorin -

Louise de Vilmorin (1902-1969) est une romancière et poétesse française.
Son oeuvre est empreinte d'humour et de fantaisie, avec des regards vers l'Oulipo (cf Raymond Queneau).
Quelques recueils :  Le Sable du Sablier, l'Alphabet des aveux.

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Récitez-moi votre leçon

Récitez-moi votre leçon
"L'oiseau se prend à l'hameçon
Le poisson s'apprivoise et chante
Le papillon est une plante
L'été ramène les grands froids."
Je vous l'ai redit mille fois.

Louise de Vilmorin ("L'alphabet des aveux")

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Vers olorimes*

Étonnamment monotone et lasse,
Est ton âme en mon automne, hélas !

Louise de Vilmorin ("L'alphabet des aveux")
* Les vers holorimes (voir Alphonse Allais) sont identiques à l'oreille. L'auteure orthographie ce mot : "olorimes".

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Palindromes*

Lune de ma dame d’été
Été de ma dame de nul.

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L’âme sûre ruse mal.

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Suce ses écus

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Eh! Ça va la vache?
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Ta bête te bat
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À l’étape épate-la

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Rue : Verte fenêtre
Verte nef
Et rêveur
   

Louise de Vilmorin ("L'alphabet des aveux")
* Un palindrome est un écrit qu'on peut lire dans les deux sens avec le même résultat.

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Ce poème phonétique n'est-il pas précurseur du SMS ?

Poème phonétique (titre suggéré)

Abbaye, abbaye                                                        ABI  ABI
J’ai assez cédé, aimé, obéi,                                      G  AC  CD  ME  OBI
Et double vécu et rêvé et fui                                     E  WQ   REV  FUI

Ogive et émaux et miel et mer                                  OJVMO   MIL  MR
Abbaye, abbaye                                                        ABI  ABI
Hélène aima et fit grec et la chair et l’été.               LN  MA  FY  LHR  LET

Louise de Vilmorin (dans "L'alphabet des aveux", 1954, illustrations de Jean Hugo - rééédition Le Promeneur, 2004)

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L’île

L’île a des lis
Et des lilas
Pour les délices il y a des lits là.
Pas de soucis,
Cent liserons
Viens tes soucis vite s’enliseront.
Un cycle amène
Cycle centaure,
Sous les lilas où j’oublie tes cent torts,
Un cyclamen
Des centaurées
Et des pensées pour le temps dépensé.
L’île à délices
A des lilas,
Avec des lis j’ai porté ton lit là.

Louise de Vilmorin ("Fiançailles pour rire" - Gallimard, 1939)

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Fado*

L’ami docile a mis là
Fade au sol ciré la sole
Ah ! si facile à dorer.

Récit d’eau
Récit las
Fado
L’âme, île amie
S’y mire effarée.

L’art est docile à l’ami.
La sole adorée dort et
L’ami l’a cirée, dorée.

Récit d’eau
Récit las
Fado
L’âme, île amie
S’y mire effarée.

Sire et fade au sol ciré,
L’adoré, do raide aussi,
L’ami dort hélas ici.

Récit d’eau
Récit las
Fado
L’âme, île amie
S’y mire effarée.

Louise de Vilmorin ("Fiançailles pour rire" - Gallimard, 1939)
* Le fado est une musique du Brésil et du Portugal.

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31 décembre 2008

Poèmes du jour : 12 novembre 2008 - No olvides - funámbulos del destierro

No olvides

Recuerda todas las fechas.
Recuerda todas las cosas.
Limita con blancas nubes
el jardin de tu memoria.
Muerete debajo de ella,
bajo su sombra.

 traduction :

Souviens-toi de toutes les dates.
Souviens-toi de toutes les choses.
Borde de nuages blancs
le jardin de ta mémoire.
Meurs sous elle,
sous son ombre.

Manuel Altolaguirre ("Poemas de las islas invitadas", 1944)

Jouffroy_femmes_au_camp_2000

image ci-dessus : d'après Jean-Pierre Jouffroy, 2000

funámbulos del destierro
funambules de l'exil

para Antonio y "los del destierro", todos / pour Antoine et "ceux de l'exil", tous

funambules sur la ligne Pyrénées
nuit d'Espagne
noche de nieve
y de estrellas ciegas (1) 

funambules sur la ligne barbelée
jours de France
días de soles fr
íos
prisioneros de arena*(2) 

funambules sur la ligne de vie
noche y día
jour et nuit
así como viven los hombres
dejando siempre al final
un oscuro arco iris
en el espejo de los sueños
(3) 

Antoine Bial

traduction :

(1) Nuit de neige
et d'étoiles aveugles
.
(2) jours de soleils froids.
prisonniers de (ou du) sable

(2) comme vivent les hommes
abandonnant toujours à la fin
un sombre arc-en-ciel
dans le miroir des songes

* référence aux camps d'internement pour les réfugiés, sur les plages du Roussillon (Rivesaltes, Saint-Cyprien, Gurs...)


1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JACQUES ROUBAUD

- Jacques Roubaud -

Jacques Roubaud (né en 1932), est un mathématicien-poète (ou poète-mathématicien ?), membre actif de l'OULIPO depuis 1966.
Sur l'OULIPO, voir la rubrique Raymond Queneau qui précède.
La poésie de Jacques Roubaud, très inventive,  obéit à certaines contraintes qui placent les productions en dehors du champ scolaire, du moins pour l'élémentaire et le collège.

Un exemple avec le poème ci-dessous. Repérez le point ...

Le microbe









.

Le poème est là, mais pour le voir il faut un microscope.

Jacques Roubaud ("Les animaux de tout le monde" - Ramsay, 1983)

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La vache : description

La
Vache
Est
Un

Animal
Qui
A
Environ

Quatre
Pattes
Qui
Descendent
Jusqu'
À terre

Jacques Roubaud ("Les animaux de tout le monde" - Ramsay, 1983)

logo_cr_ation_po_tique Décrire en première impression

La description de la vache par Jacques Roubaud est inattendue et pourtant évidente. C'est un peu comme si, venu d'une autre planète, il découvrait pour la première fois un animal, quadrupède, et en livrait en première impression, ce qui lui paraît remarquable.
Un humoriste, Georg Christoph Lichtenberg rapportait cette observation à propos du chat :
"Il s’émerveillait de voir que les chats avaient la peau percée de deux trous, précisément à la place des yeux."
Ici, c'est une observation amusante, plus précise, et permanente (emploi de l'imparfait).

  • L'exercice est apparemment réservé aux grands élèves. On se placera dans cette situation de "première impression" devant un animal ou un objet (réel ou représenté), et dans un deuxième temps, on développera cette observation brute dans une courte description amusante. Ou bien, si ça semble moins difficile, on prendra le temps de s'informer,de se documenter, pour isoler des éléments de description et en retenir un qui se prête au jeu (voir également Jules Renard et ses "Histoires Naturelles", plus haut dans cette page) .

Quelques autres formulations possibles :
Le zèbre va très vite pour qu'on ne puisse pas compter ses rayures.
Ce qui est étonnant chez ... la girafe, c'est qu'elle ait un si long cou et ne porte pas de collier.
J'ai remarqué que... l'escargot n'invite jamais personne chez lui.

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1 avril 2008

PP 09 : COMPTINES NUMÉRIQUES

- Comptines numériques -

Cette comptine présente de nombreuses variantes, suivant les époques et les régions de France.

En voici une version "classique" dans la première strophe en couleur, utilisable directement pour rythmer un jeu de balle au mur. La deuxième strophe développe l'histoire :

Je joue à la balle

Je joue à la balle
Contre la muraille,
Un peu plus haut
Je casse un carreau,
Un peu plus bas
Je tue mon chat.

La balle roule
Dans un fossé,
Un homme passe,
Me la ramasse,
La met dans sa poche
Et puis s'en va.
Je monte à ma maison :
Mon père lisait,
Ma mère cousait,
Mon petit frère dormait,
Et moi je pleurais.
Mon père me dit :
"Pour ta pénitence,
Tu feras
Trois tours de France."
Un, deux, trois.

logo_cr_ation_po_tiqueComptines pour jouer à la balle, à la corde ...

Voir pour la création poétique de ce type de comptines le paragraphe Pierre Béarn et le poème "Balle".

 

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1, 2, 3 nous irons au bois

Un deux trois
nous irons au bois
quatre cinq six
cueillir des cerises
sept huit neuf
dans un panier neuf
dix onze douze
elles seront toutes rouges.

logo_cr_ation_po_tiqueComptines numériques

  • On observera dans les comptines présentées ici, qui ne sont pas toujours amusantes, différentes formes d'organisation. On se procure des rimes et des assonances en regroupant les suites de nombres, ce qui réduit la difficulté de recherche et permet de raccourcir le texte.
  • Un, deux, trois (ci-dessus) rime avec le son oi, et on arrive à douze (on n'y est pas obligé!) en seulement quatre étapes.
  • Plus loin, on trouve des suites de deux nombres : "un, deux, vl'à les oeufs / trois quatre, faut les battre "... et il faut six étapes pour atteindre dix, etc.
  • Choisir donc d'abord le modèle à construire, repérer les rimes et assonances nécessaires, rechercher, lister les mots qui conviendront. Laisser l'imagination déborder, thème de l'humour oblige.

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Pimpanicaille

Pimpanicaille,
Le roi des papillons,
En se faisant la barbe
Se coupa le menton.
Une, deux, trois de bois;
Quatre, cinq, six de buis;
Sept, huit, neuf de boeuf;
Dix, onze, douze de bouse;
Va-t'en à Toulouse.

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Plusieurs des comptines qui suivent ont été empruntées ici : http://www.crdp-strasbourg.fr/cddp68/maternelle

Les oeufs

1, 2, v'là les oeufs
3, 4, faut les battre
5, 6, c'est Alice
7, 8 qui les cuit
9, 10, c'est Félix
11, 12 qui les couve

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La poule

1, 2, 3
4, 5, 6
7, 8, 9
Moi je compte jusqu'à neuf
Avant de pondre mon œuf.
1, 2, 3
4, 5, 6
Si je compte jusqu'à six,
Mon œuf est en pain d’épice
1, 2, 3
Si je compte jusqu'à trois,
Mon œuf est en chocolat.

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1,2,3, le lapin

1, 2, 3,
le lapin
est dans les bois,

4, 5, 6,
il va faire
de l’exercice,

7, 8, 9,
il court plus vite
que le bœuf,

10, 11, 12,
c’est la poule
qui est jalouse !

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J'ai trouvé un œuf

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9
J'ai trouvé un œuf
Sous la queue d'un bœuf

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Ma petite vache a mal aux pattes

1, 2, 3, 4
Ma petite vache a mal aux pattes
Tirons-la par la queue
Elle ira bien mieux.

Comptine du Canada

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Chaussettes

Chaud un, chaud deux, chaud trois, chaud quatre, chaud cinq, chaud six, chaussettes !

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Reines

Une reine,
deux reines,
trois reines,
quatre reines,
cinq reines,
six reines*

*sirènes

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A la une...

À la une, il perd une prune
À la deux, il perd deux œufs
À la trois, il perd trois noix
À la quatre, il perd quatre tomates
À la cinq, il perd cinq petits pains
À la six, il perd six saucisses
À la sept, il a tout semé
À la huit, a-t-il tout ramassé ?

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Autres comptines d'auteurs :

Comptine des canards sauvages (début)

Trois pleins d'air
Deux pains durs
Un pin d'or
Sors !

Quatre à quatre
Cinq agates
Qui cahotent
Saute !

...

Pierre Ferran (le texte intégral est plus loin, avec les poèmes de cet auteur)

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Le dindon et Dans mon filet à papillons

de Pierre Coran, sont rangées au paragraphe de cet auteur,un peu plus loin 

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L’ogre (début)

J’ai mangé un œuf
Deux langues de bœuf ...

Maurice Carême (le texte intégral est plus loin, avec les poèmes de cet auteur)

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Comptine additive :

Un éléphant se balançait ...

Un éléphant se balançait
sur une toile d'araignée
Il y trouva tant d'agrément
qu'il alla chercher
un deuxième éléphant ...

Deux éléphants se balançaient
sur une toile d'araignée
Ils y trouvèr'ent tant d'agrément
qu'ils allèr'ent chercher
un troisième éléphant ...

Trois éléphants se balançaient
sur une toile d'araignée
etc

Comptine traditionnelle de Provence

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logo_cr_ation_po_tiqueComptines additives et soustractives

  • Deux comptines "les lapins coquins" et "Les mésanges" sont rangées dans la catégoriePRINT POÈTES 2009 : JEAN TARDIEU pour la création poétique de comptines suivant l'ordre croissant ou décroissant.

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour d'ALPHONSE ALLAIS

- Alphonse Allais -

Alphonse Allais (1854-1905) est un poète, nouvelliste, journaliste, humoriste français, plus connu par ses nouvelles et ses facéties de journaliste (entre autres un pseudo-courrier des lecteurs et des compte-rendus de soi-disants faits divers loufoques), que par ses poésies.
chat_noir_cabaretC'est au cabaret du Chat noir, avec d'autres humoristes, écrivains et poètes, qu'Alphonse Allais a pratiqué divers jeux de poésie.
Alphonse Allais était né au Havre (Calvados), et bien que disparu, La Bibliothèque de Lisieux nous donne à cette adresse de bonnes nouvelles de l'écrivain :
http://www.bmlisieux.com/litterature/allais/allais.htm

"Le caoutchouc serait un matériau très précieux, n'était son élasticité
qui le rend impropre à de nombreux usages."

Alphonse Allais

Le texte qui suit est-il une lettre d'humour ou une  lettre d'amour ? Une excellente occasion en tous cas de "révisionner" votre subjonctif. On trouve ce texte souvent raccourci. Il est ici intégral et conforme à l'original :

Complainte amoureuse

Oui dès l'instant où je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis ?
De quelle cruauté vous fûtes ?
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis ;
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid, voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le dise,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez ;
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !

Alphonse Allais (texte publié dans "Le Journal")
C'est aussi une chanson, que Juliette Gréco a interprétée, sur une musique de Jean Spanos.

  • Un internaute nous signale que la complainte amoureuse attribuée à Allais s'intitule "Romance subjonctive".Cette chanson (paroles de Briollet et Léo Lelièvre,musique de Gaston Maquis) a été interprétée par Dranem(entre autres).On peut trouver les paroles dans le livre d'Alain Boussière "le bar du subjonctif" page 55 et 56.On peut trouver ce livre au format PDF sur le site http://fr.groups.yahoo.com/group/ebooksgratuits.

note du blog : [Cette chanson date de 1905, année de la disparition d'Alphonse Allais. Alors ?]

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- Distiques -

Voici deux distiques (poèmes composés de deux vers), petites fantaisies, ceux-ci en vers holorimes, (sonorités quasi identiques), parmi les moins obscurs de l'auteur  :

Exhortation au pauvre Dante :

Ah ! vois au pont du Loing de là, vogue en mer, Dante
Have oiseau, pondu loin de la vogue ennuyeuse.
(La rime n'est pas très riche, mais j'aime mieux ça que la trivialité*.) *note d'A.Allais

Alphonse Allais d'la mer sort et pique un plongeon.
Ah ! l'fond salé d'la mer, sort épique. On plonge, on…

Alphonse Allais (paru dans le journal "Le Sourire",1900)

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et ce dialogue, en vers holorimes aussi, qui mérite une lecture (et relecture) attentive :

Le boeuf à la vache :

D'où te vint
L'air boulot ?
L'herbe ou l'eau ?
Doute vain

Elle sort là ? bas des menthes,
La belle Ève à l'âme hantée
Et le sort l'abat démente
L'abbé laid va lamenter.

O Seigneur !
Quelle panse!
Qu'elle pense
Au saigneur!

Réponse de la vache :

J'ai mi-saoule
Gémi sous le
Faix nouveau.
Aide ! Grâce !
Et de grasse
Fais-nous veau !

Alphonse Allais

 Ces poèmes holorimes sont empruntés au site http://www.fatrazie.com/Holo_Allais.htm

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Un autre distique, mais pas holorime, c'est fait exprès :

Distique d'un genre différent des précédents
pour démontrer l'inanité de la consonne d'appui

Les gens de la maison Dubois, à Bône, scient
Dans la froide saison du bois à bon escient.
(C'est vraiment triste, pour deux vers, d'avoir les vingt-deux dernières lettres pareilles, et de ne pas arriver à rimer.)*

Alphonse Allais (dans "Le Journal" du 15 février 1896, et dans le recueil "Par les bois du Djinn Parle et bois du gin" - Poésie-Gallimard, 1997)
* Cette conclusion est encore d'Alphonse Allais, qui se désolidarise ainsi de sa propre production... pour la forme.

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Un dernier distique, avec toujours un titre de présentation et un commentaire de l'auteur :

Conseils à un voyageur timoré qui s’apprêtait
à traverser une forêt hantée
par des êtres surnaturels


Par les bois du Djinn, où s’entasse de l’effroi,
Parle et bois du djinn ou cent tasses de lait froid

(le lait absorbé froid, en grande quantité est bien connu pour donner du courage aux plus pusillanimes).

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- Fables-express - (les titres des fables sont proposés)

Alphonse Allais est un adepte des fables-express. On en trouvera quelques-unes ainsi que d'autres petits chefs-d'oeuvres à cette adresse  : http://pedroiy.free.fr/piweb/gens/allais.htm

Un général anglais...

 

Un général anglais, dans une bataille,
Eut les deux fesses emportées par la mitraille.
Il en fit faire une autre paire en bois,
mais jamais il ne les paya.
Moralité : Fesses que dois !

Alphonse Allais (dans "Le Journal" en octobre 1899)

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La fille du vieux Peau Rouge

 

La brune Shemulpa, fille du vieux Peau Rouge,
Apprenait à danser avec que sa maman.
Or, sa maman lui dit : " Eh là, ma pauvre enfant,
Tu sautes bien fort.
C'est le ventre qui bouge,
Non tout le corps.
Danse avec moi et fais le pas très sagement."
Moralité : Le pas sage de la mère rouge

Alphonse Allais (dans "Le Journal" en novembre 1899)

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Le chat

Lorsque tu vois un chat de sa patte légère,
Laver son nez rosé, lisser son poil si fin,
Bien fraternellement embrasse ce félin.
Moralité :
S'il se nettoie, c'est donc ton frère.

Alphonse Allais

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logo_cr_ation_po_tique Fables-express 

Voir aussi Gabriel Macé (fables de Jean de la Futaille), et Tristan Bernard ci-après.

Pour ces petits textes tordus, on peut imaginer qu'Alphonse Allais, spécialiste de l'exercice, a cherché une expression, un dicton ou un proverbe, qui se prête à l'écriture holorime d'une conclusion. La difficulté est de prendre en compte le double-sens (Ce n'est pas le cas dans "le passage de la Mer rouge / Le pas sage de la mère rouge"). On peut détourner une fable classique et en faire une fable-express, à la manière d'Alphonse Allais.

Un dernier exemple de fable-express, celui-ci est de l'humoriste Tristan Bernard, qui a emprunté les deux premiers vers de la fable de La Fontaine "les deux pigeons", dont voici le début ...

Les deux pigeons

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.
L’un d’eux s’ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L’autre lui dit : « Qu’allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ? .....

Jean de La Fontaine

pour en faire ceci ... 

Les deux pigeons

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.
Moralité : L’un d’eux s’ennuyait au logis.

Tristan Bernard

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1 août 2007

L'hiver de Marguerite Brunat-Provins

arbre_rouge

Ce poème de Marguerite Brunat-Provins (1872-1952), poètesse française installée dans le Valais en Suisse, est un adieu rouge sang à la saison d'automne. Il est donc rangé aussi dans la catégorie des poésies d'automne sur le blog.

L'arbre rouge

Sur l'arbre rouge as-tu-vu
Le corbeau noir ?
L'as-tu entendu ?
En claquant du bec il a dit
Que tout est fini;
Les fossés sont froids,
La terre est mouillée.
Nous n'irons plus rire et nous cacher
Dans la bonne chaleur du blé.
Le corbeau noir a dit cela,
En passant,
Dans l'arbre rouge couleur de sang.

Marguerite Brunat-Provins ("Chansons rustiques" - éditions Sauberlin et Pfeiffer)


 

1 avril 2008

PP 09 - COMPTINES avec l'ALPHABET, les NOTES de MUSIQUE, la SEMAINE, les MOIS

- Comptines avec l'alphabet -

L'étourdi

ABC
qui a vu passer
DEF
la tête à Joseph
GHI
quand elle est partie
JKL
elle avait des ailes
MNO
pour aller là-haut
PQR
voler dans les airs
STU
n'est pas revenue
VW
pour la retrouver
XYZ
il faut que tu m'aides.

Michel Beau ("Jonglerimes" - Éditions Nathan, 1980)

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On trouvera cette comptine en texte intégral au paragraphe Robert Gélis :

Alphabet

A B C D
Je ne veux pas céder !
E F G H
Il faut que je me fâche !
I J K L
Cette sacrée demoiselle

...... pour la suite voir Robert Gélis

Robert Gélis ("En faisant des galipoètes" - Anthologie de Poche - Éditions Magnard, 1983)

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Le chat (comptine adaptée)

A, B, C, D,
le chat s'est décidé
E, F, G, H,
à saisir une hache
I, J, K, L,
pour couper la ficelle
M, N, O, P,
où le jambon salé
Q, R, S, T,
est pendu tout l'été
U, V, W,
le jambon est tombé
X, Y, Z,
sur son dos raide.

Le voici étourdi
et nous avons le temps
de redire à présent
notre alphabet sans lui.

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z.

logo_cr_ation_po_tiqueComptine alphabétique

Ces comptines peuvent aider à mémoriser l'alphabet (c'est déjà ça!). On peut en construire sur ces modèles en regroupant, comme pour les comptines numériques, les lettres par ensembles de 5 ou 6 de manière à réduire le texte d'accompagnement. (voir les Comptines numériques qui suivent). Toujours sur le mode humoristique.

Exemple (proposé par le blog) :

A, B, C, D, E , la poule a pondu des oeufs
F, G, H, I, J, dans un panier elle les a mis
K, L, M, N, O, mais ils sont tombés dans l'eau
P, Q, R, S, T, ils ont appris à nager
U, V, W, X, Y, puis ils se sont mis au sec

... (un temps)
"On a oublié le Z" *.

*variante : "Z,  sans que personn' ne les aide".

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- Comptines avec les notes de musique -

Rossignol
 
Rossignol joli
Do si do ré mi
Joli rossignol
Mi fa mi fa sol
Rossignol cendré
Fa sol fa mi ré
Fais chanter l'écho
Fa sol mi ré do

Pierre Roy

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La gamme

Qui chante en do ?
L'escargot !
Qui chante en ré ?
L'araignée !
Qui chante en mi ?
La fourmi !
Qui chante en fa ?
Le lama !
Qui chante en sol ?
La boussole !
Qui chante en la ?
Le cobra !
Qui chante en do ?
Le chameau !
Mais moi je chante de bas en haut :
Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do !

Jacques Charpentreau

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Au bois de Panama 

cette autre comptine-poème du même auteur est rangée au paragraphe Jacques Charpentreau

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Comme mon papa

Do, ré, mi, fa, sol
je vais à l'école
fa, sol, la, si, do,
je saurai bientôt
do, si, la, sol, fa
comme mon papa
sol, fa, mi, ré, do,
lire les journaux.

Michel Beau ("Jonglerimes" - Éditions Nathan, 1980)

logo_cr_ation_po_tiqueComptine avec les notes de musique

Les notes de la gamme, au nombre de huit seulement, permettent la réalisation de comptines plus courtes que les comptines alphabétiques, mais le principe est le même. Voir aussi Louise de Vilmorin, pour un texte phonétique dans lequel les notes de musique ont leur place.

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- Comptines  temporelles -

avec les jours de la semaine

partition_lundi_matin

Une chanson traditionnelle pour commencer (variante : "le roi, sa femme et le p'tit prince") :

L'empereur, sa femme et le petit prince

Lundi matin, l'emp'reur, sa femme et le p'tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Comme j'étais parti
Le p'tit prince a dit :
"Puisque c'est ainsi nous reviendrons Mardi!"
Mardi matin, l'emp'reur, sa femme et le p'tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Comme j'étais parti
Le p'tit prince a dit :
"Puisque c'est ainsi nous reviendrons Mercredi!"

[on continue] :
Mercredi matin...
Jeudi matin...
Vendredi matin...
Samedi matin...
Dimanche matin, l'emp'reur, sa femme et le p'tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince
Comme j'n'étais pas là
Le p'tit prince se vexa :
"Puisque c'est comme ça nous ne reviendrons pas! "

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Une comptine express (texte adapté par le blog) :

Bonjour lundi !
Comment va mardi ?
- Très bien, mercredi.
Je viendrai jeudi
pour dire à vendredi
qu'il se prépare samedi
à danser dimanche.

logo_cr_ation_po_tiqueComptine des jours de la semaine

Cette comptine peut aider à mémoriser les jours de la semaine, dans l'ordre chronologique (oui, c'est déjà ça). Elle ne se prête pas facilement à la construction d'une histoire séquentielle, ni à une mise en rimes autre qu'en "i".
On peut cependant tourner la difficulté en situant ailleurs rimes ou asonances, et créer avec les noms des jours une comptine en forme d'emploi du temps plutôt inhabituel (cf le poème de Luc Bérimont Emploi du temps, qu'on trouvera plus haut dans cette page).

Exemple :

Le lundi je pilote un avion
Le mardi je joue d' l'accordéon
Le mercredi je reste au lit (pour structurer l'emploi du temps un  minimum !)
Le jeudi je danse le tango
Le vendredi je fais le zigoto
Le samedi je pèle des oranges
et le dimanche je les mange.

(texte proposé par le blog)

Au paragraphe "Corinne Albaut", un peu plus bas, on trouvera la comptine "Sept jours sur sept" avec d'autres idées pour la création poétique" :

Sept jours sur sept 

Sept jours, dans la semaine,
    Pour porter tout ce que j'aime.
Lundi, mon tee-shirt canari,
    Mardi, mon pull gris souris,
(...)

  • La suite plus bas au paragraphe Corinne Albaut , avec des idées pour la création poétique.

Corinne Albaut ("Comptines pour compter" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

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Une autre comptine, qui rime en "i" cette fois :

Le lundi tout petit
le mardi tout gentil
le mercredi à l'abri
le jeudi étourdi
le vendredi dégourdi
le samedi endormi
et le dimanche tout recommence


anonyme

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avec les saisons

En automne, tout m'étonne.
En hiver, j'espère.
Au printemps, j'apprends.
L'été : j'aurai tout oublié !


anonyme

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avec les mois de l'année

Cette chanson est interprétée par Anne Sylvestre et Manick (paroles d'Emmanuelle Parrenin) :

La chanson des 12 mois

C'est janvier le premier né,
sa couronne sur la tête,
il dévore une galette!

Février c'est le second,
qui s'enrhume et qui grelotte,
qui réclame une bouillotte.

Regardez le mois de mars,
il dessine sur les branches
des pétales de soie blanche.

Le suivant s'appelle avril
et c'est le mois qui réveille
les oiseaux et les abeilles.

Quand le mois de mai s'en vient,
il met tout le monde à l'aise
devant un panier de fraises.

Pour fêter le mois de juin,
il faut entrer dans la danse
du soleil et des vacances.

En juillet s'en va dormir
entre deux bottes de paille
la chevelure en bataille.

Le mois d'août n'est qu'un voyou,
il invente des orages
pour taquiner les nuages.

Et septembre tout doré
prend la route de l'école
sous les feuilles qui s'envolent.

C'est octobre le suivant
qui te fait une frimousse
parsemée de tâches rousses.

Et novembre tout en gris
se dépêche dans la brume
d'attraper son premier rhume.

C'est décembre le dernier
qui réclame à tous ses frères
des cadeaux d'anniversaire.

Emmanuelle Parrenin

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Pour construire une comptine à la manière de, il y a aussi ce beau poème d'Alain Bosquet (1919-1998). Ne pas oublier de "s'amuser" en l'imitant :

Les mois de l’année

Janvier pour dire à l’année "bonjour !"
Février pour dire à la neige "il faut fondre"
Mars pour dire à l’oiseau migrateur "reviens"
Avril pour dire à la fleur "ouvre-toi"
Mai pour dire "ouvriers nos amis"
Juin pour dire à la mer "emporte-nous très loin"
Juillet pour dire au soleil "c’est la saison"
Août pour dire "l’homme est heureux d’être homme"
Septembre pour dire au blé "change-toi en or"
Octobre pour dire "camarades la liberté"
Novembre pour dire aux arbres "déshabillez-vous"
Décembre pour dire à l’année " adieu, bonne chance"
Et douze mois de plus par an,
Mon fils,
Pour te dire que je t’aime.

Alain Bosquet

logo_cr_ation_po_tiqueComptine des mois de l'année

Exemples de structures imitées de ce poème :

Janvier pour dire, pour dire à ... / Janvier pour ... + verbe d'action / Janvier parce que... / etc.

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de BENJAMIN PÉRET

- Benjamin Péret -

Benjamin Péret (1899-1959) est un poète français surréaliste ("Le Grand jeu", 1928 édité dans la collection  Poésie/Gallimard en 1969). Membre actif du Mouvement Dada (voir Breton, Desnos, Tzara...), il est celui qui a le plus exploré et pratiqué l'écriture automatique. Dans ses poèmes, il dérange avec humour le sens du texte et des mots, en toute liberté. Révolutionnaire, contre toutes les institutions, il s'engage aux côtés des Républicains en 1936 pendant la guerre civile d'Espagne.
Sur sa tombe on peut lire cette épitaphe qui lui avait sans doute tenu lieu de règle de vie : "Je ne mange pas de ce pain-là."

S'essoufler
 à Max Morisse

Ah fromage voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame au lait
Elle est du bon lait du pays qui l'a fait
Le pays qui l'a fait était de son village

Ah village voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame fromage
Elle est du pays du bon lait qui l'a fait
Celui qui l'a fait était de sa madame

Ah fromage voilà du bon pays
Voilà du bon pays au lait
Il est du bon lait qui l'a fait du fromage
Le lait qui l'a fait était de sa madame

 

Benjamin Péret ("Le grand jeu", 1928,  Gallimard, réédité en Poésie-Gallimard, 2001)

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Les temps révolus

Le soleil de ma tête est de toutes les couleurs
C'est lui qui brûle les maisons
de paille
où vivent les seigneurs échappés des cratères
et les belles dames qui naissent chaque matin
et meurent chaque soir
comme les moustiques
Moustique de toutes les couleurs
que viens-tu faire ici
II fait un soleil de chien
et la houle secoue les montagnes
maintenant que les montagnes
nagent sur une mer de lumière
une mer sans vie sans poids sans chaleur
où je ne mettrai pas le bout de mon pied

Benjamin Péret ("Le grand jeu", 1928,  Gallimard, réédité en Poésie-Gallimard, 2001)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de BOBY LAPOINTE

Boby_Lapointe_coffret_int_gr_33T

- Boby Lapointe -

Boby Lapointe (1922-1972) est natif de Pézenas, dans l'Hérault. Poète, chanteur ? Les deux. C'est un humoriste, un joueur de mots hors pair, qu'il sait si bien mettre en musique, dont il faut réécouter plusieurs fois les interprétations  pour saisir les astuces de langage. (photo coffret Intégrale 33 tours, présenté par son ami Georges Brassens - clic pour agrandir l'image)

On verra plus bas que Boby Lapointe est proche du mouvement Dada. Pas d'allusion ici au "Saucisson de cheval", titre d'une de ses chansons, mais plus précisément aux contraintes linguistiques qu'il s'est imposées avec le système "Bibi-binaire" de son invention.

On pourra s'amuser dans le texte qui suit, à repérer les jeux de mots et les doubles-sens :

La maman des poissons (extrait)

Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand il sont polissons
leur maman ne les gronde.

Quand ils s'oublient à fair' pipi au lit,
ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis,
elle reste muette

La maman des poissons
elle est bien gentille
Elle ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartines
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné ça r'dine
[...]
La maman des poissons
Elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron
[...]
S'ils veulent être maquereaux
C'est pas elle qui les empêche
De s'faire des raies bleues sur le dos
Dans un banc à peinture fraîche
[...]
La maman des poissons
Elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron

....

La maman des poissons
elle est bien gentille

Boby Lapointe - paroles et musique (éditions musicales Francis Dreyfus, 1971)

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Dans ce texte, Boby Lapointe joue avec les sonorités, les allitérations :

Ta Katie t'a quitté (extrait)

Ce soir au bar de la gare
Igor hagard est noir
Il n'arrête guère de boire
Car sa Katia, sa jolie Katia
Vient de le quitter
Sa Katie l'a quitté

Il a fait chou-blanc
Ce grand-duc avec ses trucs
Ses astuces, ses ruses de Russe blanc
Ma tactique était toc
Dit Igor qui s'endort
Ivre mort au comptoir du bar

Un Russe blanc qui est noir
Quel bizarre hasard se marrent
Les fêtards paillards du bar
Car encore Igor y dort
Mais près d'son oreille
Merveille un réveil vermeil
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil

Tic-tac tic-tac
Ta Katie t'a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t'a quitté
Tic-tac tic-tac
T'es cocu qu'attends-tu ?
Cuite-toi t'es cocu
T'as qu'à, t'as qu'à t'cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t'a quitté
Ta tactique était toc
Ta Katie t'a quitté
Ote ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu'on t'a tant attaqué
Contre un tacot coté
Quatre écus tout comptés
Et quitte ton quartier
Ta Katie t'a quitté
[...]

Boby Lapointe - paroles et musique (éditions musicales Intersong Tutti, 1975)

logo_cr_ation_po_tique Allitérations

Voir aussi  Pierre Coran.
Démarche et exemple en préparation

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Le poisson fa (extrait)

Il était une fois
Un poisson fa.
Il aurait pu être poisson-scie,
Ou raie,
Ou sole,
Ou tout simplement poisson d'eau,

Ou même un poisson un peu là,
Non, non, il était poisson fa :
Un poisson fa,
Voilà.

Il n'avait même pas de dièse,
Et d'ailleurs s'en trouvait fort aise;
"C'est un truc, disait-il,
À laisser à l'écart,
Après, pour l'enlever,
Il vous faut un bécarre,
Et un bécarre,
C'est une chaise
Qui a un air penché et pas de pieds derrière;
Alors, très peu pour moi,
Autant m'asseoir par terre,
Non, non, non, non, non, non, non,
Pas de dièse.
[...]

Boby Lapointe - paroles et musique (éditions musicales Intersong Tutti, 1975)

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Boby Lapointe, mathématicien de talent reconnu, est l'inventeur du système numérique "Bibinaire"ou "Bibi-binaire", dont on aura un aperçu à cette adresse :
http://pagesperso-orange.fr/therese.eveilleau/pages/truc_mat/textes/bibinaire.htm.
L'ordinateur a créé des pseudo-mots (on en trouve aussi des authentiques... le hasard ?)  qui forment une suite, en fonction de ce programme et des sons que l'auteur lui a fournis. Il ne s'agissait pas de construire des phrases, il n'y a pas de liaison entre les termes obtenus :

Adéli adémo mélami adéli
Laminja olala émiléli mimé
Malila jédélo mémimo odéli
Ladémi démodé admila matimé

À l'issue de cette production, Boby Lapointe a eu l'idée d'une chanson avec des mots existants : Méli-mélodie, dont voici juste un aperçu, vu que nous avons censuré certains pas-sages (on les trouvera ailleurs) :

Méli-mélodie

Oui, mon doux minet, la mini,
Oui, la mini est la manie
Est la manie de Mélanie
Mélanie l'amie d'Amélie...
[...]

Des minous menus de Lima
Miaulant dans les dais de damas
Et dont les mines de lama
Donnaient mille idées à Léda...

Léda dont les dix dents de lait
Laminaient les mâles mollets
D'un malade mendiant malais
Dinant d'amibes amidonnées
Mais même amidonnée l'amibe
Même l'amibe malhabile
Emmiellée dans la bile humide
L'amibe, ami, mine le bide...
Et le dit malade adulé
Dont Léda limait les mollets
Indûment le mal a donné
Dame Léda l'y a aidé !
[...]

Et les minets de maux munis
Mendiant de midi à minuit
[...]
Ah la la la la ! Quel méli mélo, dis !
Ah la la la la ! Quel méli mélo, dis !

Boby Lapointe - paroles et musique, 1968 (éditions Labrador, I.N.A. 1994)

logo_cr_ation_po_tique Jouer avec les sons, inventer des mots

Choisir comme dans le quatrain original ("adéli, adémo...") des sons durs ou plus doux, suivant l'impression à produire. Lister les différentes combinaisons possibles (modèle mathématique), et essayer des arrangements pour la création d'une suite de pseudo-mots musicaux, évocateurs, drôles.

Deux options possibles :

  • Utiliser les ressemblances avec des mots existants (parfois ces mots directement) et structurer ces suites de termes comme des phrases en plaçant déterminants, pronoms, prépositions, etc  :

ex (en gardant les sons du texte original) : lamilé a matimé toute la mélami avec l'odéli démodé d'adémo

  • Ne garder de la recherche que les mots reconnus, pour créer une petite histoire, forcément absurde, à la manière de Boby Lapointe dans sa chanson Méli-mélodie. C'est un exercice similaire au jeu des allitérations (ci-dessus, "Ta Katie t'a quitté, tic tac...") avec des assonances en prime :

ex (avec les mêmes  sons) : Oh la la ! Mélanie la maline a démoli la mélodie d'Émilie à midi ! Émilie est éliminée !

Voir aussi Guillevic, Henri Michaux, Boris Vian. 

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MICHEL-FRANÇOIS LAVAUR

- Michel-François Lavaur -

Michel-François Lavaur, poète français et néanmoins occitan est né en 1935. Il a publié la plupart de ses textes dans des revues (Traces, pour celui qui est présenté ici).

L’éléphantastique

Ils jouaient dans la classe
avec les mots et les images.
Ils apprivoisaient
peu à peu le langage.
Ils faisaient des charades,
des rébus, des comptines,
des bouts-rimés des acrostiches
et des calligrammes.
Ils dessinaient tout un bestiaire
d’oiseaux quadrupèdes,
velus ou bicéphales,
des martaureaux et des cerfeuilles,
des serpaons et des escargorilles.
C’est ainsi qu’il est né,
avec sa trompe longue
de papillon et ses
huit pattes frêles,
l’éléphantastique.

Michel-François Lavaur (dans la revue "Traces", juillet 1990)

logo_cr_ation_po_tique Mots-valises

Brigoler : éclater de rire en plantant un clou.
dans "Ralentir : mots-valises !" (Alain Finkielkraut, éditions du Seuil)

Un mot-valise est créé par fusion de deux mots ayant une syllabe commune, la dernière du premier mot et la première du second.
Exemple ici : éléphant / fantastique = éléphantastique (orthographié ainsi pour mettre l'accent sur l'animal, mais ce mot pourrait s'écrire éléfantastique.
On observera que les monosyllabes (paon) se situent forcément en dernière position, et que c'est alors l'orthographe modifiée qui indique le mariage, puisqu'il n'y a pas de différence perceptible à l'oreille ( serpent + paon = serpaon).

En s'aidant du dictionnaire, on recherchera des mots commençant par une syllabe de préférence sonore. À partir de la liste établie, on effectuera une seconde recherche, comme pour les rimes, de mots terminés par la même syllabe (sans tenir compte de l'orthographe). Dans un troisième temps, on expérimentera les mariages de mots, selon le thème et l'effet recherché.

Si on travaille sur un thème particulier pour construire un texte cohérent, il peut être intéressant de réunir de la documentation (livres sur les animaux, les plantes, catalogue de jouets, etc.)

Parfois, plusieurs syllabes sont communes ex : musaraigne + araignée = musaraignée.
Par nécessité, on s'accordera le droit de bricoler une syllabe, à condition que les mots fusionnés soient encore facilement repérables. ex : kangourou + rossignol = kangourossignol.
Les mots composés seront pris en compte. ex : souris + rigolote = sourigolote, et chauve-souris + rigolote = chauve sourigolote.

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Création arts plastiques : "Animots-valise"
Encore un mariage (on dira pas de raison) entre la production d'écrit et les arts plastiques. Ici, on mesure l'étendue des possibilités, imagination et techniques pour illustrer les monstres hybrides produits à l'écrit  : découpage-collage, 3D...

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de GEORGES FOUREST

- Georges Fourest -

Georges Fourest (1867-1945) est un poète français, auteur de deux recueils, "La Négresse blonde" (1909) et "Le Géranium ovipare" (1935), publiés aux éditions Messein, réédités en 1997 par José Corti et par d'autres éditeurs ensuite. Son humour est provocateur, rabelaisien, parodique.

Un sonnet, parodique du théâtre classique de Pierre Corneille :

Le Cid

Le palais de Gormaz, comte et gobernador
est en deuil; pour jamais dort couché sous la pierre
l'hidalgo dont le sang a rougi la rapière
de Rodrigue appelé le Cid Campeador.

Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre
Chimène, en voiles noirs, s'accoude au mirador
et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
regardent, sans rien voir, mourir le soleil d'or ...

Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle :
sur la plaza Rodrigue est debout devant elle !
Impassible et hautain, drapé dans sa capa,

le héros meurtrier à pas lents se promène :
"Dieu !" soupire à part soi la plaintive Chimène,
"qu'il est joli garçon l'assassin de Papa !"

Georges Fourest ("La Négresse blonde", 1909)

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Un poème peut-être accessible en cycle 3 :

Sardines à l’huile

Sardines à l’huile fine sans têtes et sans arêtes.
(Réclames des sardiniers, passim.)

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée...
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !...

Sans voix, sans mains, sans genoux*
sardines, priez pour nous !...

*Tout ce qu’il faut pour prier. (Note de l’auteur)
Georges Fourest ("La Négresse blonde", 1909)

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Georges Fourest s'est essayé au poème-adresse. Voyez sa création, en forme d'acrostiche, au paragraphe Stéphane Mallarmé, plus loin, avec les poèmes-adresses et l'art postal.

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de BORIS VIAN

- Boris Vian -

Boris Vian (1920-1959) est un "touche-à-tout de génie".
Diplômé de l'École centrale, il entre comme ingénieur à l'Afnor (Association française de normalisation !) où il sévira quand même quatre années, avant de devenir trompettiste, car il est passionné de musique et de "culture jazz" (il signe des critiques pour des revues spécialisées).
Il écrit parallèlement(1) des poésies et des textes de chansons, qu'il interprètera plus tard, des nouvelles et des romans.

Lire la suite dans la catégorie du blog qui lui est consacrée, à gauche...

livre_Boris_Vian_poisson_d_avril

Un poisson d'avril

Un poisson d'avril
Est venu me raconter
Qu'on lui avait pris
Sa jolie corde à sauter

C'était un cheval
Qui l'emportait sur son cœur
Le long du canal
Où valsaient les remorqueurs

Et alors un serpent
S'est offert comme remplaçant
Le poisson très content
Est parti à travers champs

Il saute si haut
Qu'il s'est envolé dans l'air
Il saute si haut
Qu'il est retombé dans l'eau

Boris Vian ("Un poisson d'avril" - Rue du Monde, collection Petits Géants, 2001)

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Si les poètes étaient moins bêtes 

Si les poètes étaient moins bêtes
Et s'ils étaient moins paresseux
Ils rendraient tout le monde heureux
Pour pouvoir s'occuper en paix
De leurs souffrances littéraires
Ils construiraient des maisons jaunes
Avec des grands jardins devant
Et des arbres pleins de zoizeaux
De mirliflûtes et de lizeaux
Des mésongres et des feuvertes
Des plumuches, des picassiettes
Et des petits corbeaux tout rouges
Qui diraient la bonne aventure
Il y aurait de grands jets d'eau
Avec des lumières dedans
Il y aurait deux cents poissons
Depuis le croûsque au ramusson
De la libelle au pépamule
De l'orphie au rara curule
Et de l'avoile au canisson
Il y aurait de l'air tout neuf
Parfumé de l'odeur des feuilles
On mangerait quand on voudrait
Et l'on travaillerait sans hâte
A construire des escaliers
De formes encor jamais vues
Avec des bois veinés de mauve
Lisses comme elle sous les doigts

Mais les poètes sont très bêtes
Ils écrivent pour commencer
Au lieu de s'mettre à travailler
Et ça leur donne des remords
Qu'ils conservent jusqu'à la mort
Ravis d'avoir tellement souffert
On leur donne des grands discours
Et on les oublie en un jour
Mais s'ils étaient moins paresseux
On ne les oublierait qu'en deux.

Boris Vian ("Je voudrais pas crever", éditions Jean-Jacques Pauvert, 1962)

logo_cr_ation_po_tique Inventer des mots

Voir Guillevic, Henri Michaux et Boby Lapointe.

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Les autres textes de Boris Vian qui suivent ne sont pas moins inventifs :

Je veux une vie en forme d'arête

Je veux une vie en forme d'arête
Sur une assiette bleue
Je veux une vie en forme de chose
Au fond d'un machin tout seul
Je veux une vie en forme de sable dans des mains
En forme de pain vert ou de cruche
En forme de savate molle
En forme de faridondaine
De ramoneur ou de lilas
De terre pleine de cailloux
De coiffeur sauvage ou d'édredon fou
Je veux une vie en forme de toi
Et je l'ai, mais ça ne me suffit pas encore
Je ne suis jamais content

Boris Vian ("Je voudrais pas crever", éditions Jean-Jacques Pauvert, 1962)

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Y en a qui ont des trompinettes

Y en a qui ont des trompinettes
Et des bugles
Et des serpents
Y en a qui ont des clarinettes
Et des ophicléides géants
Y en a qu'ont des gros tambours
Bourre Bourre Bourre
Et ran plan plan
Mais moi j'ai qu'un mirliton
Et je mirlitonne
Du soir au matin
Moi je n'ai qu'un mirliton
Mais ça m'est égal si j'en joue bien.

Oui mais voilà, est-ce que j'en joue bien ?

Boris Vian ("Je voudrais pas crever", éditions Jean-Jacques Pauvert, 1962)

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Une chanson pour terminer :

La complainte du progrès

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur
Maintenant c'est plus pareil
Ça change ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille

Ah Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai...

Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière, avec un four en verre
Des tas de couverts et des pelles à gâteau!
Une tourniquette pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux...
Et nous serons heureux!

Autrefois s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En laissant la vaisselle
Maintenant que voulez-vous
La vie est si chère
On dit: "rentre chez ta mère"
Et on se garde tout

Ah Gudule, excuse-toi, ou je reprends tout ça...

Mon frigidaire, mon armoire à cuillers
Mon évier en fer, et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses, mon repasse-limaces
Mon tabouret-à-glace et mon chasse-filous !
La tourniquette, à faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures et le coupe-friture

Et si la belle se montre encore rebelle
On la ficelle dehors, pour confier son sort...

Au frigidaire, à l'efface-poussière
A la cuisinière, au lit qu'est toujours fait
Au chauffe-savates, au canon à patates
A l'éventre-tomate, à l'écorche-poulet !

...
Boris Vian ( sur une musique d'Alain Goraguer, éditions Tutti, 1955)

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1 avril 2008

PP 09 : l'humour de GUILLAUME APOLLINAIRE

- Guillaume Apollinaire -

Guillaume Apollinaire (1880-1918), poète français ami de Picasso et de Max Jacob écrit ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans.

Le paon

En faisant la roue, cet oiseau,
Dont le pennage traîne à terre,
Apparaît encore plus beau,
Mais se découvre le derrière.

Guillaume Apollinaire ("Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée" - éditions de la Sirène, 1919)

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Deux calligrammes, pas vraiment dans le thème de l'humour pour le second, mais qui peuvent servir d'exemple pour la création poétique :

La cravate

calligramme_Apollinaire_cravate

Il pleut

calligramme_apollinaire_il_pleut

transcription horizontale :

Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir.
c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes !
et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires
écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique
écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas

Guillaume Apollinaire ("Calligrammes", 1918 et éditions Gallimard, 1970, pour ces deux images)

logo_cr_ation_po_tiqueCalligramme

Un calligramme est le tracé par l'écriture seule ou accompagnée d'éléments dessinés, de l'objet décrit dans le poème.
On fera varier la forme des lettres, leur taille et leur couleur. L'humour est souvent contenu dans le texte seul. On peut le renforcer par un effet de contraste entre le contenu textuel et sa forme graphique (par exemple un poème décrivant une jolie fée et dont le tracé dessine le visage d'une sorcière).

Une adresse (lien à copier-coller) où vous trouverez de nombreuses productions d'élèves, tous thèmes confondus :
http://www.csdm.qc.ca/SJdelaLande/lesclasses/5web/Projets%202003-2004/Calligramme/calligrammes.htm
et d'autres calligrammes dans les paragraphes Jeux poétiques, Madeleine le Floch et Max Jacob.

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MAX JACOB

- Max Jacob -

Max Jacob (1876-1944) était un écrivain, un poète et un peintre, ami de peintres cubistes comme Pablo Picasso, Georges Braque et Juan Gris, et de poètes, comme Guillaume Apollinaire, puis plus tard, de Jean Cocteau, Modigliani, et encore Marcel Béalu, Michel Manoll, René-Guy Cadou et Jean Rousselot.
Il est auteur de contes pour enfants, et de nombreux recueils de poésie, certains en prose ("Le Cornet à dés" est d'abord édité en 1917 à compte d'auteur).
Voir la suite de cette présentation
ici sur le blog, avec le poème "Amour du prochain".

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Souvent présentés comme deux textes différents, en réalité, il s'agit de deux strophes du même poème. La première strophe est représentée en calligramme (dans l'ouvrage "Il était une fois...les mots" - textes réunis par Yves Pinguilly et typoscénie d'André Belleguie, aux éditions La Farandole/Messidor, 1981) :

calligramme_Max_Jacob_cheval

Pour les enfants et pour les raffinés (extraits)

 

À Paris sur un cheval gris
À Nevers sur un cheval vert
À Issoire sur un cheval noir
Ah ! Qu'il est beau
qu'il est beau
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau!
Tiou !

[...]

Je te donne pour ta fête
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main
Un parasol en soie blanche
Avec des glands
sur le manche
Un habit doré sur tranche
Des souliers couleur orange.
Ne les mets que le dimanche.
Un collier, des bijoux !
Tiou !

Max Jacob ("Les œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel"- Henry Kahnweiler, 1912)

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Avenue du Maine

Les manèges déménagent.
Manège, ménageries, où ?… et pour quels voyages
Moi qui suis en ménage
Depuis… ah ! il y a bel âge !
De vous goûter, manèges,
Je n'ai plus … que n'ai–je ?…
L’âge.
Les manèges déménagent.
Ménager manager
De l’avenue du Maine
Qui ton manège mène
Pour mener ton ménage !
Ménage ton ménage
Manège ton manège.
Ménage ton manège.
Manège ton ménage.
Mets des ménagements
Au déménagement.
Les manèges déménagent,
Ah ! vers quels mirages ?
Dites pour quels voyages
Les manèges déménagent.

Max Jacob ("Les œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel"- Henry Kahnweiler, 1912)

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Souric et Mouric

Souric et Mouric,
Rat blanc, souris noire,
Venus dans l’armoire
Pour apprendre à l’araignée
À tisser sur le métier
Un beau drap de toile.

Expédiez-le à Paris,
à Quimper, à Nantes,
C’est de bonne vente !
Mettez les sous de côté,
Vous achèterez un pré,
Des pommiers pour la saison
Et trois belles vaches,
Un bœuf pour faire étalon.

Chantez, les rainettes,
Car voici la nuit qui vient,
La nuit on les entend bien,
Crapauds et grenouilles,
Écoutez, mon merle
Et ma pie qui parle,
Écoutez, toute la journée,
Vous apprendrez à chanter.

Max Jacob ("Poèmes de Morven le Gaélique" édité en 1953, posthume et en Poésie-Gallimard, 1991). Francis Poulenc a composé une musique sur les paroles de ce poème.

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livre_Max_Jacob_po_mes_MorvenChanson bretonne

J'ai perdu ma poulette
Et j'ai perdu mon chat.
Je cours à la poudrette
Si Dieu me les rendra.
Je vais chez Jean le Coz
Et chez Marie Maria.
Va-t'en voir chez Hérode
Peut-être il le saura.
Passant devant la salle
Toute la ville était là
À voir danser ma poule
Avec mon petit chat.
Tous les oiseaux champêtres
Sur les murs et sur les toits
Jouaient de la trompette
Pour le banquet du roi.

Max Jacob ("Poèmes de Morven le Gaélique" édité en 1953, posthume et en Poésie-Gallimard, 1991)

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