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1 novembre 2009

Delouze, Dès, Desbiens, Desnos - PP12 - ENFANCES - TEXTES EN FRANÇAIS

- Marc Delouze -

Marc Delouze est né en 1945.
Extraits de sa biographie sur le site du Printemps des Poètes :
Son premier recueil paraît en 1971. Quelques années plus tard, se refusant à "faire le poète", il s'installe dans un silence éditorial d'une vingtaine d'années, pendant lesquelles il travaille à la recherche de nouveaux supports d'expression poétique liés à la Cité : spectacles de rue, poésie musicale, interventions diverses...et, en 1982, il crée l'association "Les Parvis Poétiques", qui organise des événements, des festivals, des expositions sonores, des lectures-spectacles, etc.

Dernière publication en date : "C'est le monde qui parle" (récit - éditions Verdier, 2007).

Marc Delouze a mis en poèmes animaux les instruments de musique, en voici deux :

Le tambourin

Chitiki le kangourou
a volé plein de grelots
se karapatte à grands sauts
mais son ventre fait un bruit
à réveiller les nuages
Chitiki Chitiki
Chitiki le kangourou
n'est pas surpris

IL EST SOURD

Marc Delouze

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La grosse caisse

Tontakès
le dinosaure
patatauge
dans la gadoue
puis il s'essore
comme un torchon

À PATTES

Marc Delouze



- Henri Dès -

Henri Dès, auteur-compositeur-interprète suisse, est né en 1940. Auteur de plus de 20 albums, il est très connu des enfants, pour ses spectacles publics et scolaires.

Le site officiel du chanteur, où on peut écouter des extraits de tous les titres, rangés par album, et imprimer est ici :
http://www.henrides.net/

On trouve une sélection de textes (31) avec partition, ici :
http://perso.orange.fr/partitions/primaire/des/des.htm

Voici le début d'une chanson extraite du CD Les bêtises (photo):

Avec les copains

On aime bien avec les copainsHenri_D_s_b_tises
Aller faire un tour dans le bois tout près.
On y passe l'après-midi
On fait les malins
On est comme des fous.

On aime bien avec les copains
Aller faire un tour en forêt
On y passe l'après-midi
La forêt elle est rien qu'à nous.

On prend des fusils de chasse
Bout de bois sur un bout d'tuyau
On se frotte la figure
Les deux mains trempées dans de la boue.

On dit qu"on part à la chasse
Dans le pays des zozos
Ça nous fait une drôle d'allure
Y a des loups garous partout ...

Henri Dès (CD "Les bêtises" - Disques Mary Josée, 1999)

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Un deuxième texte, extrait d'un autre disque :

La marche des chapeaux

Quand je mets mon chapeau gris
C'est pour aller sous la pluie

Quand je mets mon chapeau vert
C'est que je suis en colère
Et je mets mon chapeau mou
Quand ça ne va plus du tout

Quand je mets mon galurin
C'est pour aller au jardin

Quand je mets mon chapeau bleu
C'est que ça va déjà mieux
Et je mets mon chapeau blanc
Quand je suis très content

Quand je mets mon p'tit béret
C'est pour aller au muguet

Et je mets mon chapeau rond
Pour aller aux champignons
Avec une plume au bout
C'est pour aller partout

Quand je mets mon grand chapeau
C'est pour jouer du piano

Quand je mets ma p'tite casquette
C'est pour jouer d'la trompette
Et je mets mon capuchon
Pour jouer du violon

Henri Dès (dans le disque "Flagada" - Disques Mary Josée, 2005)



- Patrice Desbiens -

Patrice Desbiens , musicien et poète "Franco-Ontarien" comme il se définit lui-même (il écrit en anglais et en français), est né au Canada dans l'Ontario en 1948. Il s'installe à Québec en 1988.

  • Des recueils aux titres étonnants : "Un Pépin de pomme sur un poêle à bois" en 1995 (Prix Champlain), "La Fissure de la fiction" en 1997 (Prix de poésie Estuaire en 1999), "L’effet de la pluie poussée par le vent sur les bâtiments" en 1999, "Bleu comme un feu" en 2001, et "Hennissements" en 2002, tous aux éditions Prise de parole.
  • Les éditions Prise de parole ont réédité en 2010 trois œuvres de Patrice Desbiens en un seul volume : "Poèmes anglais, Le pays de personne et La fissure de la fiction" (collection Bibliothèque canadienne française) à se procurer pour découvrir cet auteur.

Les poèmes choisis qui suivent situent les souvenirs en Ontario, évidemment, à Timmins, sa ville natale, ou à Sudbury.

À ma naissance
à l’hôpital Notre-Dame à Timmins
tout le monde
veut savoir
c’est-tu
un gars
c’est-tu
une fille ?
Le docteur Boutin regarde le petit
corps césuré qui
flotte comme un cerf-volant au bout
de son cordon ombilical et répond
non ... c’est un poète ...

Patrice Desbiens (passage extrait de "Décalage", Prise de parole, 2008)v

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Je me souviens ...

Je me souviens d'une station wagon qui coupe la nuit
qui ouvre la nuit du nord comme un couteau de chasse
ouvre sa proie
Nous sommes tous là
ma mère ma sœur son mari et ses enfants tous
dans cette voiture c'est
Johnny B. Good Leblanc qui conduit son visage vaguement
éclairé par la lueur du tableau de bord
Je suis le seul des passagers qui ne dort pas tandis
qu'on continue avec un océan de vert meurtri de
chaque côté
Ma soeur dort sur le banc d'en avant
la noirceur qui rentre et sort de sa bouche ouverte
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans Soudainement
quelque chose déchire le tissu quelque chose bouge
là et
le pare-brise devient un écran cinémascope les phares
de Twentieth Century Fox et Gulf Western éclairant
l'animal l'animal l'orignal en plein milieu du chemin
qui fige et
fixe son destin qui roule vers lui à 60 milles à
l'heure
Ses yeux ses yeux ses yeux ô dieu son regard jusqu'à
la dernière minute et le choc sourd-muet de fer contre
chair
Et ma soeur qui se réveille en criant un grand cri
fou et
final comme si l'âme de l'orignal avait passé dans
elle en
mourant et enfin
le silence
le silence de notre silence dans
le silence entre
Timmins et Toronto.

Patrice Desbiens (Sudbury, poèmes 1979-1985, Prise de parole, 2000)

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Je suis tout petit ...

[...]

Je suis tout petit.
Je suis dans la maison de ma
mère comme si j’étais dans
son ventre.
J’ai chaud.
Je suis bien.
Je ne me rappelle de rien.
Je joue avec mes Dinky Toys sur
un lit à couverte rouge.
Les plis dans la couverte forment
des montagnes et des vallées où je
les fais promener.

Où je leur fais vivre des vies et des morts
sans corps et sans pays.
Je suis présent dans le passé.
Ma mère me regarde jouer avec mes
Dinky Toys en préparant le déjeuner.
J’écris ceci :
ce mot :
soupane.
Je ne vois rien.
J’ai faim.
J’ai les mains sales d’avoir tellement
joué à la guerre.
Je stationne mes Dinky Toys
dans le hangar sous le lit et je m’assois
à la table.
Je mange comme un ange
les ailes en bavettes sur les
genoux.
Ma mère me regarde
[...]

* titre proposé, ce passage se situe au début du recueil, long poème sans autre titre que celui de l'ouvrage.

Patrice Desbiens (extrait de "Un Pépin de pomme sur un poêle à bois", Prise de parole, 1995)


- Robert Desnos -

Robert Desnos (1900-1945) a fait partie avec Benjamin Péret et André Breton du mouvement Dada et du surréalisme. Il rompra plus tard avec eux. Auteur de nombreux textes poétiques, ses poèmes pour les enfants sont très connus ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, 1952).

"Je suis un acrobate de fortune
qui termine son numéro
dans l'exacte nuance de dérisoire."
Robert Desnos, poème "Identité"

D'autres textes de Desnos sont présents sur le blog dans différentes catégories pour la classe (La fourmi - Le pélican - L'escargot - La grenouille aux souliers percés - Les hiboux - Le zèbre - L'oiseau du Colorado - Il était une feuille). Une autre série de textes, souvent plus graves*, sont rangés dans la catégorie du "Printemps des Poètes 2008 : l'Autre" - *voir le complément à la biographie de Desnos dans cette catégorie.

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Ce poème joue sur les échanges de lettres ou de syllabes, à la manière, de contrepèteries, et d'invention de mots, sans l'intention grivoise des contrepèteries classiques :

Le canapé de Paméla

Le canapé de Paméla
Le Panapé de Caméla
Le Panala de Camépé

Est un beau canaquois
Est un nabeau est un naquois
Charmante Panapé
Charmante Paméla

Le charme de Paméla
Le charme du canapé
Il est passé par ici
Il repassera par là
C’est un nabeau c’est un naquois
Charmante Paméla
Délicieux canapé

Robert Desnos ("Youki 1930 Poésie" - publication posthume dans "Destinée arbitraire" - Gallimard, 1975)

logo_cr_ation_po_tique Jouer avec les syllabes

Les élèves peuvent rechercher des mots connus dans le dictionnaire en suivant, comme dans le poème de Robert Desnos, certains critères : le même nombre de syllabes et des voyelles communes, ou pas. Ils s'exercent à la permutation simple de syllabes entre deux mots, et en vérifient le possible effet amusant. On construit ensuite autour des mots appariés un texte structuré, en enrichissant le thème développé, sur le mode humoristique.

L'exemple proposé par le blog ci-dessous, avec des prénoms, est déjà placé au paragraphe Jacques Charpentreau :

Mes trouvailles

J'ai cueilli des radis pour Annie
des rideaux, des radeaux pour Anna...
(texte complet au paragraphe Charpentreau)

On retrouvera avec d'autres auteurs [Boby Lapointe par exemple] d'autres procédés basés sur les jeux de mots.
Voir également "La Belle Lisse Poire du prince de Motordu" de Pef, ainsi que les autres livres de la série, et le "Dictionnaire des mots tordus ", du même auteur.

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Dans le texte qui suit, on observera l'emboîtement des vers. Seule la partie en couleur de ce texte est proposée en élémentaire.

Chant du ciel

La fleur des Alpes disait au coquillage : « tu luis »
Le coquillage disait à la mer : « tu résonnes »
La mer disait au bateau : « tu trembles »
Le bateau disait au feu : « tu brilles »
Le feu me disait : « je brille moins que ses yeux »
Le bateau me disait : « je tremble moins que ton coeur quand elle paraît »

La mer me disait : « je résonne moins que son nom en ton amour »
Le coquillage me disait : « je luis moins que le phosphore du désir dans ton rêve creux »
La fleur des Alpes me disait :« elle est belle »
Je disais : « elle est belle, elle est belle, elle est émouvante ».

Robert Desnos ("Corps et biens", les ténèbres - Gallimard,1930 et Poésie/Gallimard, 1968)

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Dans celui-ci, l'humour est sujet du poème :

Le souci

Et pour qui sont ces six soucis ?
Ces six soucis sont pour mémoire.
Ne froncez donc pas les sourcils,
Ne faites donc pas une histoire,
Mais souriez, car vous aussi,
Vous aussi, aurez des soucis.

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

[La première édition réunit les recueils Chantefables (1944*) et Chantefleurs (1952) ainsi que des jeux de langages, des "poèmes à dire, à chanter, à danser", que Robert Desnos avait écrits pour les enfants de ses amis pendant l'occupation. La préface est de sa compagne, Youki, et les textes sont illustrés par Gabrielle Sauvain.]source : www.marelibri.com *Robert Desnos a été arrêté en 1944 et déporté, avant d'avoir vu la parution de "Chantefables".

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C'était un bon copain

Il avait le cœur sur la main
Et la cervelle dans la lune
C'était un bon copain
Il avait l'estomac dans les talons
Et les yeux dans nos yeux
C'était un triste copain
Il avait la tête à l'envers
Et le feu là où vous pensez
Mais non quoi il avait le feu au derrière
C'était un drôle de copain
Quand il prenait les jambes à son cou
Il mettait son nez partout
C'était un charmant copain
Il avait une dent contre Étienne
A la tienne Étienne à la tienne mon vieux
C'était un amour de copain
Il n'avait pas la langue dans sa poche
Ni la main dans la poche du voisin
Il ne pleurait jamais dans mon gilet
C'était un copain
C'était un bon copain.

Robert Desnos ("Corps et biens" - Gallimard,1930 et Poésie/Gallimard, 1968)

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L’hippocampe

Gloire, gloire au bel hippocampe,
Cheval marin, cheval de trempe,
Qu’aucun jockey n’a chevauché,
Hip ! Hip ! Hip ! pour l’hippocampe.

Gloire ! Gloire au bel hippocampe,
Dans une poche, sur son ventre,
Il porte et il couve ses œufs.
Là, ses petits sont bien chez eux.
Hip ! Hip ! Hip ! pour l’hippocampe.

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

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Les hiboux

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d'or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
A Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?

Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous.

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

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Le pélican

Le capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient,

Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

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Le blaireau

Pour faire ma barbe
Je veux un blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau.

Par mes poils de barbe !
S'écrie le blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau,

Tu feras ta barbe
Avec un poireau,
Graine de rhubarbe,
T'auras pas ma peau.

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

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Illustr_Desnos_fourmi

Fourmi_au_feutre_ind_l_bile_JSE2<< ci-contre, fourmi au feutre indélébile sur fond gouache et huile, réalisation en élémentaire en atelier d'arts plastiques. Techniques d'illustration visibles sur le blog
http://jourssemisentre2.canalblog.com/

La fourmi

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi parlant français;
Parlant latin et javanais,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?

Robert Desnos ("Chantefables et Chantefleurs" - Gründ éditeur, publication posthume en 1952)

logo_cr_ation_po_tiqueÀ la manière de "une fourmi de dix-huit mètres ..."

voici une adresse où vous trouverez des textes imités de "La fourmi" : http://clicnet.swarthmore.edu/rire/textes/desnos.html

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La dame pavot nouvelle épousée

La dame pavot nouvelle épousée
a demandé à son mari
Quelle est l'année ?
Quel est le mois ?
Quelle est la semaine ?
Quel est le jour ?
Quelle est l'heure ?
Et son mari a répondu
- Nous sommes en l'an quarante
nous sommes au mois de Juillobre
semaine des quatre jeudis
jour de gloire
midi sonné.
Belle année, agréable mois,
charmante semaine,
jour merveilleux
Heure délicieuse.

Robert Desnos ("Le parterre d'Hyacinthe" publication posthume dans "Destinée arbitraire" - Gallimard, 1975).

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Par un point situé sur un plan...

Par un point situé sur un plan
On ne peut faire passer qu'une perpendiculaire
à ce plan.
On dit ça...
Mais par tous les points de mon plan à moi
On peut faire passer tous les hommes, tous les animaux de la terre
Alors votre perpendiculaire me fait rire.
Et pas seulement les hommes et les bêtes
Mais encore beaucoup de choses
Des cailloux
Des fleurs
Des nuages
Mon père et ma mère
Un bateau à voiles
Un tuyau de poêle
Et si cela me plaît
Quatre cents millions de perpendiculaires.

Robert Desnos ("La géométrie de Daniel" 1939 - publié aux éditions Gallimard dans "Destinée arbitraire", en 1975)

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L'oiseau du Colorado

L’oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat et des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.

L’oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d’autruche
Jus d’ananas glacé en cruche
Sang de pêche et navet
Whisky menthe et café.

L’oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait un petit dodo
Puis il s’envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.

Robert Desnos ("La ménagerie de Tristan" publié dans "Destinée arbitraire" - Poésie Gallimard, 1975)

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Le poisson sans-souci (extrait)

Le poisson sans-souci
Vous dit bonjour vous dit bonsoir
Ah ! qu’il est doux qu’il est poli
Le poisson sans-souci.

Il ne craint pas le mois d’avril
Et tant pis pour le pêcheur
Adieu l’appât adieu le fil
Et le poisson cuit dans le beurre.

[...]

Le poisson sans-souci
Qui dit bonjour qui dit bonsoir
Ah ! qu’il est doux et poli
Le poisson sans-souci
Le souci sans souci
Le Poissy sans Soissons
Le saucisson sans poids
Le poisson sans-souci.

Robert Desnos ("La ménagerie de Tristan" publié dans "Destinée arbitraire" - Poésie Gallimard, 1975)

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Les passages du poème qui suit sont comparables à des bribes d'images au sortir d'un rêve qu'on ne parvient pas à reconstituer. Des collages de mots, un bout de phrase ...

Demi-rêve (extrait)

abougazelle élaromire
Elaroseille a la mijelle
a la mirate a la taraise

[...]

Il est bonjour au coeur de lune
Le ciel alors lagélami
Lagélasou lagésommeil
Lagébonneil Légésonjour.

Robert Desnos ("Destinée arbitraire" - Poésie Gallimard, 1975)

logo_cr_ation_po_tiqueInventer des mots : Les mots inventés ici par Robert Desnos sont choisis pour leur sonorité, leur pouvoir d'évocation, et pour le rythme du poème.

On peut obtenir un effet approchant en partant d'un poème court , existant ou original, en remplaçant la plupart des mots par des associations de syllabes aux sonorités plaisantes.

Voir Guillevic, Boby Lapointe, Boris Vian.



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1 novembre 2009

Guilbaud - PP12 - ENFANCES - TEXTES EN FRANÇAIS

- Luce Guilbaud -

Luce Guilbaud, enseignante en arts plastiques, écrivain et poète, est née en 1941.

On trouvera d'autres textes pour la classe dans les catégories rangées par cycles et ici : http://lieucommun.canalblog.com/archives/_print_poetes_2010___des_femmes_poetes/p10-0.html
Deux ouvrages parmi d'autres : Le dé bleu, ; La petite fille aux yeux bleus.

Pas de rire aux éclats, un sourire, de la gaieté, ou du moins la joie de vivre, dans ces poèmes, dont les titres sont suggérés par le blog.

Grand-mère

Grand-mère sur le seuil
avec son sourire
et autour un visage
bien ridé, déjà
(elle a quel âge ? on ne compte pas!)

Elle est là avec la maison
les chambres les fenêtres
les escaliers la cheminée
tout ça pêle-mêle
avec les valises les raquettes
les épuisettes

et la mer tout à côté
qui commence à chanter.

La maison du matin
habillée de rires
et d'odeurs de pain grillé
de confitures de coing
maison de carrelage frais lavé

c'est une maison qui va et vient
de la cave au jardin
en berçant ses grands pins
une maison avec des bras
si doux si près du rêve

c'est la maison de grand-mère
maison d'été maison d'hier
qui ferme ses volets l'hiver.

Luce Guilbaud

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Dans ma boîte

J’aurai une grande boîte
pleine de soleil
pour les jours de pluie
pleine de sourires
pour les jours de grogne
pleine de courage
pour les jours de flemme.

Et dans ma boîte j’aurai aussi
plein de coquillages
pour écouter la mer.

Luce Guilbaud

fille_verte_cr_ation__PP10À la manière de "Dans ma boîte" ...

Voir ici des productions d'élèves :
en CE1 : http://ecoles18.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/rosieres/articles.php?lng=fr&pg=159si
et en CM2 ici, sous forme de petit livre à plier au format pdf :
http://petitslivres.free.fr/petitslivres/AUT/SEB0708002C.pdf

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Un déjeuner de fous

J’organise aujourd’hui
un déjeuner de fous
une chasse à l’herbe folle
un braconnage de fruits verts.
Nous boirons sous les pommiers
du cidre de la pleine lune,
nous ferons un jardin
des moissons d’amitié
de mots sans trèves
et de soleils givrés.
Et dans ce paysage
de rêveries bruissantes
nous danserons
sur l’ennui des dimanches.


Luce Guilbaud ("La petite feuille aux yeux bleus" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le nuage

Un joli nuage blanc
arrive sur la ville
il joue
entre les toits
entre les tours
entre les flèches
il passe sur les ponts
et se voit gris
dans les reflets de l'eau
il se sent fatigué
il tousse un peu
il se regarde dans les vitrines
il se fait peur
il est devenu noir

le nuage s'en va
lâchant quelques larmes
quelques gouttes de pluie
il va se refaire une santé
à la campagne.

    Luce Guilbaud

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Une petite maison

Une petite maison de branches
Avec sa porte d’herbes
Et son lit de mousse
Une petite maison dans les bois
Pour cacher ses secrets
Pour inventer le monde.
Une petite maison
Une cabane
Pour être ici
Pour être ailleurs
Dans nos histoires.


Luce Guilbaud ("Une cigale dans la tête" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le monstre de pierre

Le vent et la pluie me hantent
Le gel fait craquer mes grimaces
Le soleil me nargue et me brûle
Mais je lui tire la langue !


Je ricane et je vocifère
Je gronde et je balbutie
J’étonne et j’effraie
J’ai mille frères et mille soeurs
Avec des queues des cornes
Des griffes des écailles des hures
Des groins des serres
Des dents pointues
Des trognes ébouriffées
Des nez épatés des yeux exorbités


Armé de piques de fourches
Je harcèle, j’étrangle, j’étripe
J’ouvre les portes de l’enfer
Je suis griffon, cerbère, chimère
Je suis un monstre de pierre.

Luce Guilbaud ("Loup y es-tu ?" - éditions Enfance heureuse)

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Le petit rêve

C’est un petit rêve léger
Un rêve bien plié sous mon oreiller
C’est un rêve doux et chaud
Qui va pieds nus dans l’herbe fraîche,
Un rêve transparent
Qui glisse entre les yeux
Et se blottit sous les paupières.
C’est un rêve coloré qui murmure
Encore en moi quand le soleil
Ouvre ma porte.
C’est un petit rêve léger
Qui accompagne ma journée.

Luce Guilbaud ("Les oiseaux sont pleins de nuages" - éditions Soc et Foc)

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J’étais perdue

J’étais perdue dans la ville
Entre les façades noires
Et les boutiques bariolées
J’étais perdu parmi la foule
J’avais perdu mon nom
Et le chemin de ma maison.
C’est en suivant un pigeon
Puis un couple de pinsons*
Qu’au détour des violettes
Et du bleu des arbres
J’ai retrouvé mon nom
Et le chemin de ma maison.


Luce Guilbaud - * et pas "un couple de personnes", erreur signalée par une lectrice, merci !

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Je jouais

Je jouais à grimper à l'arc-en-ciel
comme à l'échelle
Sur le jaune
j'ai cueilli des boutons d'or
Sur l'orange
j'ai des clémentines
Sur le rouge
des framboises et des cerises
Plus haut, j'ai respiré les violettes
Dans le bleu
j'ai coupé une fenêtre de ciel
pour voir l'indigo
Et je suis tombé par la fenêtre
sur l'herbe verte.

Luce Guilbaud



1 novembre 2009

Hyvernaud, Jacob - PP12 - ENFANCES - TEXTES EN FRANÇAIS

- Andrée Hyvernaud -

Andrée Hyvernaud  (1910-2005), poète et écrivaine du nord de la France, est l'auteure de recueils de poésies pour la jeunesse, mais pas seulement ("Au bord des mortes eaux : poèmes. précédé de Qui mène au soir" - 1999). Elle était l'épouse du romancier Georges Hyvernaud, avec qui elle a signé plusieurs ouvrages.

Un poème cette année au rendez-vous du calendrier...  Ne tardez pas à l'utiliser !

Galette des Rois

Qui a la fève et la couronne ?
Papier d'or ou papier d'argent ?
La galette était bonne
Et la fève dedans.

Petit roi d'amour aux yeux de velours
Choisis la reine de ta cour !
Gentil Roi, bois ! Mais n'oublie pas
Que le bonheur même des Rois
Ne dure souvent qu'un seul jour ...

Andrée Hyvernaud



- Max Jacob -

Max Jacob (1876-1944) était un écrivain, un poète et un peintre, ami de peintres cubistes comme Pablo Picasso, Georges Braque et Juan Gris, et de poètes, comme Guillaume Apollinaire, puis plus tard, de Jean Cocteau, Modigliani, et encore Marcel Béalu, Michel Manoll, René-Guy Cadou et Jean Rousselot.
Il est auteur de contes pour enfants, et de nombreux recueils de poésie, certains en prose ("Le Cornet à dés" est d'abord édité en 1917 à compte d'auteur).
Voir la suite de cette présentation
ici sur le blog, avec le poème "Amour du prochain".

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Souvent présentés comme deux textes différents, en réalité, il s'agit de deux strophes du même poème. La première strophe est représentée en calligramme (dans l'ouvrage "Il était une fois...les mots" - textes réunis par Yves Pinguilly et typoscénie d'André Belleguie, aux éditions La Farandole/Messidor, 1981) :

calligramme_Max_Jacob_cheval

Pour les enfants et pour les raffinés (extraits)

À Paris sur un cheval gris
À Nevers sur un cheval vert
À Issoire sur un cheval noir
Ah ! Qu'il est beau
qu'il est beau
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau!
Tiou !

[...]

Je te donne pour ta fête
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main
Un parasol en soie blanche
Avec des glands
sur le manche
Un habit doré sur tranche
Des souliers couleur orange.
Ne les mets que le dimanche.
Un collier, des bijoux !
Tiou !

Max Jacob ("Les œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel"- Henry Kahnweiler, 1912)

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Avenue du Maine

Les manèges déménagent.
Manège, ménageries, où ?… et pour quels voyages
Moi qui suis en ménage
Depuis… ah ! il y a bel âge !
De vous goûter, manèges,
Je n'ai plus … que n'ai–je ?…
L’âge.
Les manèges déménagent.
Ménager manager
De l’avenue du Maine
Qui ton manège mène
Pour mener ton ménage !
Ménage ton ménage
Manège ton manège.
Ménage ton manège.
Manège ton ménage.
Mets des ménagements
Au déménagement.
Les manèges déménagent,
Ah ! vers quels mirages ?
Dites pour quels voyages
Les manèges déménagent.

Max Jacob ("Les œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel"- Henry Kahnweiler, 1912)

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Souric et Mouric

Souric et Mouric,
Rat blanc, souris noire,
Venus dans l’armoire
Pour apprendre à l’araignée
À tisser sur le métier
Un beau drap de toile.

Expédiez-le à Paris,
à Quimper, à Nantes,
C’est de bonne vente !
Mettez les sous de côté,
Vous achèterez un pré,
Des pommiers pour la saison
Et trois belles vaches,
Un bœuf pour faire étalon.

Chantez, les rainettes,
Car voici la nuit qui vient,
La nuit on les entend bien,
Crapauds et grenouilles,
Écoutez, mon merle
Et ma pie qui parle,
Écoutez, toute la journée,
Vous apprendrez à chanter.

Max Jacob ("Poèmes de Morven le Gaélique" édité en 1953, posthume et en Poésie-Gallimard, 1991). Francis Poulenc a composé une musique sur les paroles de ce poème.

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livre_Max_Jacob_po_mes_MorvenChanson bretonne

J'ai perdu ma poulette
Et j'ai perdu mon chat.
Je cours à la poudrette
Si Dieu me les rendra.


Je vais chez Jean le Coz
Et chez Marie Maria.
Va-t'en voir chez Hérode
Peut-être il le saura.


Passant devant la salle
Toute la ville était là
À voir danser ma poule
Avec mon petit chat.


Tous les oiseaux champêtres
Sur les murs et sur les toits
Jouaient de la trompette
Pour le banquet du roi.

Max Jacob ("Poèmes de Morven le Gaélique" édité en 1953, posthume et en Poésie-Gallimard, 1991)



1 novembre 2009

Rocard, Roman - PP12 - ENFANCES - TEXTES EN FRANÇAIS

- Ann Rocard -

Ann Rocard est née en 1954. On découvrira ses poèmes et ses nombreuses activités sur son site, ici : http://www.annrocard.com/ 

Bien au chaud

Dans ma maison, bien au chaud,
je vois le jour qui s'enfuit
et les étoiles là-haut
qui s'allument dans la nuit.
J'entends le vent qui s'élance
entre les tuiles du toit
et les grands arbres qui dansent
à la lisière du bois.
Chez moi, je suis à l'abri.
Je bois un bon lait bouillant.
Je n'ai pas peur de la pluie,
de l'hiver et du grand vent.

Ann Rocard



- André Rochedy -

André Rochedy (1942-2006), professeur de lettres et poète, est l'auteur de nombreux recueils de poèmes.

Quelques titres : Fils du Soleil, L’arbre à paroles, 1991 ; L’homme descend du songe, L’arbre à paroles, 1992 ; Dans la mémoire du jour, L’arbre à paroles, 1995 ; Dans la main du vent, suivi de L’ange la nuit, Voix d’encre, 1999 ; Ma maison, c’est la nuit, Cheyne, 2002, illustration de Martine Mellinette.

Dans la gorge des oiseaux ...

Dans la gorge des oiseaux
il y a des mots
qui roulent
rouges et doux
comme des soleils
d'extrême-enfance.

André Rochedy ("Descendre au jardin", Cheyne éditeur, 1987)

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Pour grandir ...

Pour grandir
il faut faire un vœu
disait le nain
en décrochant l’étoile.
 
Pour grandir
il ne faut pas se faire vieux.

André Rochedy ("Descendre au jardin", Cheyne éditeur, 1987)

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Pour entrer dans l'arche de Noé

Pour entrer dans l'arche de Noé
toutes les bêtes
ont montré patte blanche
la brebis galeuse
le canard boiteux
l'oie blanche et la poule mouillée
deux chiens de faïence
un tigre de papier
l'anguille sous roche
le coq de clocher
le dindon de la farce
la vache à lait
le rat de bibliothèque
le chat échaudé
la fine mouche, l'âne bâté
le bouc émissaire
et l'ours mal léché
le veau d'eau et la vache espagnole
le vieux loup de mer
et l'agneau de lait
l'oiseau de malheur
- un drôle d'oiseau -
ma bête noire
la bête à manger du foin
la bête comme ses pieds
et un paysan du Danube
monté sur ses grands chevaux
suivant
un mouton de Panurge.

André Rochedy ("Bêtes à rire et à pleurer", Magnard, 1984 et Anthologie de André Rochedy et Lionel Andeler - 2001)



- Ghislaine Roman -

Ghislaine Roman, enseignante en élémentaire et auteure contemporaine pour les enfants a publié des albums ("Le parapluie volant", "Tukaï, l'enfant sorcier "...) et des recueils poétiques ("Le livre des peut-être", "Le livre des si"), tous aux éditions Milan.

Les Editions Milan nous ayant signalé que nous avions présenté "Le Livre des Peut-être" dans son intégralité, nous rectifions cette erreur avec uniquement la mise en ligne de courts extraits des deux ouvrages :
 

Si (il s'agit d'un extrait du poème)

Si les girafes savaient tricoter,
il leur faudrait dix ans pour faire un cache-nez.
Si la mer était sucrée,
les icebergs seraient des sorbets.
Si les mille-pattes portaient des souliers,
ils passeraient leur nuit à les cirer.
Si on mettait des pierres dans les sabliers,
est-ce que ça empêcherait le temps de passer ?

...

Ghislaine Roman ("Le livre des si", illustrations de Tom Schamp - éditions Milan, 2004)

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Peut-être (passages)

Peut-être que les clowns ont de grandes chaussures
parce qu’ils ont de grands pieds
.
[...]
Peut-être que les abeilles font du miel
parce qu’elles ne savent pas faire du chocolat.
Peut-être que les moutons portent de la laine
parce qu’ils sont allergiques au coton.
[...]
Peut-être que les zèbres sont rayés
parce qu’ils n’aiment pas les carreaux

[...]
Peut-être que les sorcières chevauchent des balais
parce qu’elles n’ont jamais entendu parler des aspirateurs.

[...]
Peut-être que les lions sont mal coiffés
parce qu’ils font peur aux coiffeurs..


Ghislaine Roman ("Le livre des peut-être", illustrations de Tom Schamp - éditions Milan, 2003)

fille_verte_cr_ation__PP10À la manière de Ghislaine Roman : "Si ..." et "Peut-être ..."

Plusieurs poèmes d'autres auteurs sont présentés sur le blog ou ailleurs, pour la production de textes conditionnels avec "Si" (voir Jean-Luc Moreau dans la catégorie l'humour des poètes). Quelques pistes :

De la GS au CM2 dans cette circonscription, on s'est amusé avec "peut-être" (lien non cliquable) :
http://www.ac-amiens.fr/inspections/80/montdidier/ecoles/ecoles.htm
Encore une expérience illustrée ici
(lien non cliquable) :
http://sites86.ac-poitiers.fr/buxerolles-planty/spip.php?article159
L'IEN de Gennevilliers propose, une fiche détaillée pour l'exploitation en classe de ce texte, en vue de la production d'écrit poétique. Le pdf en lien direct cliquable est ici :
http://www.ien-gennevilliers.ac-versailles.fr/IMG/pdf/le_livre_des_peut-etre.pdf



1 novembre 2009

Le Floch, Ley - PP12 - ENFANCES - TEXTES EN FRANÇAIS

Madeleine Le Floch est une auteure contemporaine, qui a publié en 1975 "Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver". Un recueil dans lequel elle joue avec les différents sens, les à-peu-près et les homonymies du vert, pour l'écriture de (quand même !) soixante-treize petits poèmes.

Oiseau vert

Il était une fois
un oiseau
que l'on avait
enfermé
dans une cage.

Du matin au soir
il criait :
que je suis malheureux !
Ah! que je suis donc
malheureux !

Comme il chante bien
disait la petite fille.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)



Madeleine Ley (1901-1981) est une romancière et poète belge.

La girafe

Je voudrais une girafe
Aussi haute que la maison
Avec deux petites cornes
Et des sabots bien cirés
Je voudrais une girafe
Pour entrer sans escalier
Par la lucarne du grenier.

Madeleine Ley ("60 poésies 60 comptines" - éditions Le Centurion)

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En rêve j'ai trouvé

En rêve j'ai trouvé
(Le joli, joli rêve !)
en rêve j'ai trouvé
la clochette enchantée
qui dit la vérité.

En rêve j'ai trouvé
(Était-ce bien un rêve ?)
en rêve j'ai trouvé
les miettes semées par le Petit Poucet !

En rêve j'ai trouvé
(L'étrange, étrange rêve !)
en rêve j'ai trouvé
la citrouille si grosse
qui se change en carosse !

Dans mon plus joli rêve,
au pied d'un blanc perron,
j'ai trouvé, Cendrillon,
ta pantoufle de verre ...

(Madeleine Ley ("Petites voix" - Éditions Stock, 1930)

fille_verte_cr_ation__PP10Des exemples de création poétique en CE1 à la manière de Madeleine Ley :
http://www.ac-nancy-metz.fr/petitspoetes/HTML/SALLESDEJEUX/JEURIME.html

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Grand-père

Dans la chambre du grand-père
il y avait un coquillage
qui soupirait et chantait
comme le vent et la mer.

Dans la chambre du grand-père
il y avait un petit coffre
en bois luisant jaune clair,
qu’il rapporta de ses voyages
Et que lui seul savait ouvrir.

Il y avait deux Japonais
en ivoire, sous un globe ;
et tout au fond d’un tiroir,
dans son écrin de velours vert,
bijou poli par les vagues,
la pipe en écume de mer !

Madeleine Ley



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4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - Les Seychelles

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Les Seychelles 

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carte_Seychelles

Les Seychelles, encore une destination touristique "les pieds dans l'eau", que les touristes en mal de sable fin et de soleil (et suffisamment fortunés), ne choisissent pas pour sa culture, ses traditions ni à fortiori sa littérature. L'archipel des Seychelles, à un millier de kilomètres au nord-est de Madagascar, dans l'Océan Indien occidental, compte une centaine d'îles (Mahé étant la plus importante), représentant un seul état : La République des Seychelles (en créole Repiblik Sesel) , depuis 1976.

Trois langues officielles aux Seychelles : le créole (seychellois), l'anglais, et le français, langue privilégiée des auteurs.

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Paul-Jean Toulet (1867-1920) n'est pas un poète seychellois, mais de passage à Mahé, en 1886, il a écrit ce poème, image convenue de l'île à cette époque - On retrouvera un autre texte de Toulet, cette fois sur l'Île Maurice dans cette même catégorie, et des poèmes de l'auteur sur le thème du paysage ici, toujours sur le blog : PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français :

Mahé (titre proposé)

Mahé des Seychelles, le soir :
Zette est sur son dimanche,
Et sous la mousseline blanche
Brille son mollet noir.

Les cases aux fraîches varangues
Bâillent le long des quais ;
Dans les branches d'un noir bosquet
Etincellent les mangues.

Tandis qu'en ses jardins fleuris
Mystérieuse et belle,
Rêve une pâle demoiselle
Aux chapeaux de Paris.

Paul-Jean Toulet, 1886 (publié dans "Contrerimes", 1921, et "Nouvelles contrerimes", 1936) 

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Antoine Abel (1834-2004) est le poète le plus célèbre de l'île. Il était natif de Mahé, l'île principale de l’archipel. Il publie en 1969 son premier recueil de poésie : "Paille en queue", puis des recueils de contes, dont "Contes et poèmes des Seychelles", en 2004. Il a également écrit des pièces de théâtre.   

Danses d'hier

J'entends encore les staccatos
Le prolongement des sons des tam-tams
Des tam-tams du temps jadis

Alors les collines s'enflamment
Dans la nuit sèche
Les pieds des danseurs
Se baignent dans la fine poussière
De latérite
Et leurs pas scandent sauvagement
Un rythme endiablé

J'entends encore les notes rapides
La voix étouffée du « commandeur »
Se modulant dans l'air tiède du soir.

Alors les échines s'arc-boutent
Les unes aux autres
Et les hanches roulent comme des houles
Les ventres des danseuses voluptueuses
Ondulent lascivement...
Et des voix confuses s'interpellent
Impudemment.

Je perçois toujours les staccatos
Les grondements des "grosses caisses"
Par delà les années de mon enfance ...
Je les porte en moi
Comme des stigmates.

Antoine Abel

 

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Magie Fauré-Vidot, devenue Maggie Vijay-Kumar, poète contemporaine, est née aux Seychelles. Elle écrit ses textes en français. On citera parmi ses écrits, deux recueils de poésie : “Un Grand Coeur Triste”(1983), et “L’Âme Errante” (2003).

Seul (début du poème)

Vent du large qui souffle sur les terres
Soulage les coeurs endoloris
Et ployant sous la souffrance et le pilori
Aide-les à sortir du sanctuaire !

Ouvre-leur toutes grandes tes voiles
Et abrite-les sous ton nuage
Apprends-leur docilement à être sages
Et sous leurs corps en feu tisse tes toiles.

[...]

Marie Fauré-Vidot 



4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - Terres Australes et Antarctiques françaises

Poètes d'Outre-mer

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Terres Australes et Antarctiques françaises 

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taaf

Les Terres Australes et Antarctiques françaises, comprennent des îles situées au sud de l'océan Indien : les îles Kerguelen (volcaniques), les îles Crozet (classées réserve naturelle,dont la faune est protégée), ces deux régions étant essentiellement occupées par des stations scientifiques d'observation. deux autres îles dans la même région : les îles Saint-Paul (quelques îlots pour la plupart dans le canal du Mozambique) et l'île d'Amsterdam, en Terre-Adélie, toutes deux volcaniques, sans habitants résidents, mais où se sont également implantées des bases scientifiques.

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On trouvera des poèmes sur les paysages régions froides désertiques d'auteurs français en fouillant dans la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français ou en traduction dans la catégorie  PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES - traductions (Canada, Inuits en particulier).
Voir aussi le poème "La vallée blanche", de Kenneth White, en bas de page de la catégorie PRINT POÈTES 11 : Butor Depestre Velter White



4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - La Réunion

Poètes d'Outre-mer

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La Réunion 

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carte_R_union

L'île de La Réunion s'est d'abord appelée île Mascareigne, puis île Bourbon, quand elle devient en 1710 une colonie appartenant à la Compagnie française des Indes orientales. C'est en 1848, avec l'abolition de l'esclavage, qu"elle devient île de la Réunion, avant d'accéder en 1946 au statut de département d'Outre-Mer, portant le muméro 974. Elle appartient toujours géographiquement, à l'archipel des Mascareignes.

Leconte de Lisle, (1912-1978) a vécu quelques années à La Réunion, et écrit de nombreux poèmes sur les paysages de l'île : voir la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français .

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Auguste Lacaussade (1815-1897) est né sur l'île de La Réunion (l'île Bourbon), d’un père blanc et d’une mère métisse (cf une biographie : "Auguste Lacaussade (1815-1897), le fils d’une affranchie et d’un noble de Guyenne", Prosper Ève, 2005). Pour cette seule raison (nous sommes en période coloniale), les études au collège lui sont interdites. Il quitte l'île pour la France et n'y revient, ses années de collège terminées, que pour deux années, en 1834. Nouveau départ pour Paris, en 1836, avec dans les bagages, ses premiers poèmes. Son livre "Poèmes et paysages" (1852) obtient un prix de poésie, décerné par l'Académie Française. Ce recueil est consacré à la nature de l'île de la Réunion (à l'époque appelée île Bourbon), son pays natal.

En préface à ce recueil, l'auteur écrit : "La nature, sous les tropiques, a été sentie et rendue supérieurement par Bernardin de Saint-Pierre, mais elle n’a pas été chantée encore. Ce que l’auteur de Paul et Virginie a fait dans la langue de la prose, il nous a semblé qu’on pouvait le tenter dans la langue des vers. De là ce volume de Poèmes et Paysages, où l’on a cherché à rendre, dans toute sa vérité, la riche nature de l’île Bourbon, l’une des plus belles îles des mers de l’Inde."

À l'île natale
      
      O terre des palmiers, pays d’Eléonore,
Qu’emplissent de leurs chants la mer et les oiseaux !
Île des bengalis, des brises, de l’aurore !
Lotus immaculé sortant du bleu des eaux !
Svelte et suave enfant de la forte nature,
Toi qui sur les contours de ta nudité pure,
Libre, laisses rouler au vent ta chevelure,
Vierge et belle aujourd’hui comme Ève à son réveil ;
Muse natale, muse au radieux sourire,
Toi qui dans tes beautés, jeune, m’appris à lire,
À toi mes chants ! à toi mes hymnes et ma lyre,
O terre où je naquis ! ô terre du soleil !

Auguste Lacaussade ("Poèmes et paysages" - éditions Ibis Rouge, 1997)

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Rosemay Nivard est née en mai 1961 au Tampon, une des plus importantes communes de l'île de La Réunion. Elle quitte l'île pour la métropole à l'adolescence, et exerce ensuite la profession de soignante en psychiatrie (On songe à son alter ego guadeloupéenne Gisèle Pineau, romancière de la même génération, et qui exerce la même profession depuis 1970 en Guadeloupe). Ses recueils parlent de son métier, de la vie en métropole, mais l'île de la Réunion, ses paysages et ses êtres n'ont jamais cessé de peupler sa poésie.
Ses derniers recueils témoignent de la double appartenance : "Voyages intérieurs, poèmes sous les feuilles" (Les Xérographes, 2008) est un "voyage introspectif entre la banlieue et l’île", et "Pommes d'hôpital, rêveries sur le pont" (Les Xérographes, 2008), un recueil tout aussi intérieur, analyse, observation lucide de son environnement professionnel.

(passage du recueil)   

Végétale sphère
A planter des fougères
dans l’ombre de la maison
Des fuschias et des cimetaires
J’ai couché l’amour blessé
au nord pour que le soleil l’épargne
Le soleil et la vérité
Le fuschia a d’étranges cloches
Qui semblent à leurs façons
Des chants d’étranges origines
Des bruits d’eau de vagues de larmes
Musique des vents agités
En soupirs
En portées
Clé de sol ma terre
Clé de fa mon coeur
Clés du bonheur enterré

Rosemay Nivard ("Pommes d'hôpital, rêveries sur le port" - Les Xérographes, 2010)

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Un quart de pomme
      
De ses doigts
Malhabiles
Entre l’index
Les yeux mi-clos
Faisant le tour du cercle
Et le pouce
Au contact rugueux
Plus habitué à lever la
casquette à carreaux
Vissée entre les oreilles
L’homme à la mémoire perdue
Coupait un quart de pomme

Rosemay Nivard ("Pommes d'hôpital, rêveries sur le port" - Les Xérographes, 2010)

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Sur le site de l'éditeur Le Vert-Galant (http://vertgalant.free.fr/nivard.html), ce court extrait ne donne-t-il pas envie d'en lire davantage ?

Prisons (extrait)
      
À deux pas de la mer mer du banc de corail mer la prison
Ont-ils du sel sur les lèvres les jours gris de pluie
au brouillard des barreaux derrières ces murs blancs et gros
 

Rosemay Nivard ("Poésie couleur insulaire" - Le Vert-Galant, 2004)

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Même éditeur, avec le recueil "Douleurs et poésie créole", un extrait :

Et l'eau coulait encore (extrait)
      
Ce long fracas ininterrompu de la rivière
Grosses pierres de son chemin posées sur sable noir
Pas d'arbre et très peu d'oiseaux comme dans le désert
Écume en chorégraphie fantasmagorique
Des restes de bois semés par le dernier cyclone
Échoues dans l'eau fraîche où nagent tous les enfants
Arrivés en camionnette en cris ensoleillés
gamelles de riz, marmites de rougail ou carry
Le vent va donner le départ s'invite au soir
soulevant le sable comme secouant un mouchoir

Rosemay Nivard ("Douleurs et poésie créole", Le Vert-Galant, 2004)

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Sur le site des éditions "Les Xérographes" (dont Rosemay Nivard est présidente), autre extrait d'un poème d'un autre recueil.
* On notera l'absence de majuscule sur "marne". Il s'agit bien pourtant de l'affluent de la Seine.

Sur le bord de la marne* (extrait)
      
Sur le bord de la marne j'ai posé mes valises
Pas trop loin des îles oui le cœur est fidèle
De cette eau qui n'est plus la mer créole
Où les poules d'eau remplacent les pailles-en-queue
Où les vagues se forment aux remous des péniches
Et les barrières non de corail mais de troncs échus

Vie de jours nouveaux promenades au fil de l'eau
Adieu Cilaos montagnes broderies et jours
Sur les bords de la marne autoroute du quotidien
Les guinguettes se reposent au soleil du lundi
Ni le rhum ni le vin blanc ne sont nos amis permis
Le vol des mouettes n'est pas alangui sur les voiles
Qui claquent au vent froid du petit port bien rangé

Sur les bords de la marne je pose mes soucis gris
Alors les promenades sont bras dessus bras dessous
Tout les enfants qui courent si gaiement sont à nous
Et les éclats de rire aussi forts que la vie

Rosemay Nivard ("À fleur de peau : poèmes bat'carré des bambous à la Marne", Les Xérographes, 2007)



4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - Saint-Pierre ; Miquelon

Poètes d'Outre-mer

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Atlantique Nord - Saint-Pierre-et-Miquelon 

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carte_Saint_Pierre_et_Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon, seul territoire d'Outre-Mer français en Amérique du Nord, est un archipel de l'Océan Atlantique, au large du Canada, proche de l’île de Terre-Neuve.

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Henri Lafitte, né sur l'île en 1951, est un poète, auteur de deux recueils : Chansons de bruine et Confidences insulaires. Il est également auteur compositeur interprète. On peut retrouver ses chansons sur CD.

Fleurs de suroît

Fleurs de suroît
Chant de noroît
Et nos îles
S’éveillent
Sous la neige

Sous les sapins
Tous les lapins
S’endimanchent
Et les branches
Folâtrent

Tout Saint-Pierre
est en fête
Il était une fois
Un écrin de chaleur
Par grand froid

Les toboggans
Sur le versant
Des collines
S’envolent
Frivoles

Les labradors
Sur des ressorts
Noirs et blancs
De malice
Bondissent

Tout Saint-Pierre
est en fête
Il était une fois
Un écrin de bonheur
Par grand froid

Et sous l’azur
Chantent les murs
Les maisons
Cabriolent
Lucioles

Finis les pleurs
Finies les peurs
Toute l’île
S’illumine
Mutine

Tout Saint-Pierre
est en fête
Il était une fois
Un écrin de lueur
Par grand froid

Qui le premier
Osa l’été
Et les cœurs
Qui surnagent
Sur les plages

Henri Lafitte ("Chansons de bruine" - éditions Jean-Jacques Oliviéro, 1989)



4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - Polynésie française

Poètes d'Outre-mer

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Polynésie française

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polynesie

La Polynésie française comprend environ 120 îles, d’origine volcanique ou corallienne, dispersées sur une étendue comparable à celle du continent européen.
Cinq archipels comprennent ces territoires :

  • L’archipel des Îles de la Société, où se trouvent les Iles du Vent (Tahiti, la plus peuplée, avec Papeete pour capitale, Moorea et Tetiaroa) et les Iles Sous le Vent (Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora Bora et Maupiti).
  • L’archipel des Marquises, qui comprend une douzaine d’îles.
  • L’archipel des Australes, L’archipel des Tuamotu, et L’archipel des Gambier.

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C'est aux Marquises, l'île définitive de Paul Gauguin, que Jacques Brel a décidé de finir ses jours (voir le texte 'Les Marquises" dans la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français).

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Leconte de Lisle, qui a aussi "chanté" l'île de La Réunion, et Victor Segalen, célèbres poètes français, ont écrit sur la Polynésie, en particulier sur Tahiti, l'île-phare, le joyau revendiqué de l'archipel. On trouvera à leur paragraphe quelques textes sur le thème du paysage dans la catégorie  PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français

Henri Hiro  (1944-1990) est né à Huahine, l'une des îles Sous-le-Vent, qui font partie de l'archipel des îles de la Société. C'est un écrivain, poète, dramaturge et cinéaste, en révolte contre le colonialisme et l'exploitation des ressources locales, revendiquant une identité polynésienne.
"Figure emblématique de la Polynésie, Henri Hiro a essayé de lutter toute sa vie pour la sauvegarde ainsi que la réhabilitation de  la culture ma’ohi, et en a revalorisé les fondements identitaires dissipés." (site http://www.hiroa.pf)

Un poème en forme de fable :

Le pêcheur de la nuit

Le paresseux se remarque entre tous
Les nuits poissonneuses, il ne s’en soucie guère,
La nuit sans poisson, c’est tout ce qu’il désire.
Chasser les mouches, c’est là ce qui l’occupe,
Pêcheur de la pêche des autres,
c’est son métier,
profiter de la  moisson d’autrui.

Le courageux se démarque de tous,
Les nuits poissonneuses sont
son spectacle favori,
et les nuits sans poisson, il les met en attente.
Réparer son filet, c’est son travail,
conserver son poisson dans un vivier
c’est son métier,
profiter de sa propre moisson.

Le soir de la première nuit de Taaroa,
nos deux  hommes se distinguent.
Il y a l’homme des ténèbres
et l’homme civilisé.

Henri Hiro ("Message Poétique", Éditions Haere Po, 1990)

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Sur le site des éditions Haere Po cet extrait d'un des poèmes du recueil cité, bilingue.
"Pour assurer la continuité [culturelle], il faut que le Polynésien se mette à écrire… il doit écrire et ainsi s’exprimer, peu importe que ce soit en reo ma’ohi, en français ou en anglais, l’important est qu’il s’exprime."  (Henri Hiro)

Qu’en sera-t-il ? […]

Ceci est une prière !
Oh, l’amour de mon pays,
dont le flot sans relâche a baigné ma jeunesse
en son âge le plus tendre !
Qu’il oigne encore mon corps tout mortel,
Et vive cet amour !
Vive ! Vive ! Vive encore et toujours !
Qu’il vive et abreuve ma terre natale,
Pour que fleurissent en leur essaim
Les enfants de ce sol,
enfants de mon pays.

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traduction

E aha atu ra ?
[…]
Eiaha na pai !
Te here o to u aia i tavai ia u mai te hii mai i apiti
mai i to u nei tino tahuti.
E, ia vai a, e ia vai a !
E, ia vai a, e ia vai noa atu a !
Ei para haamaitai i to u aia tumu,
ia ruperupe, e ia hotu te huaai,
no to u nei aia.

Henri Hiro ("Message Poétique", Éditions Haere Po, 1990)

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Bobby Holcomb  (1944-1991) était natif d'Hawaï (Hawaï est un État des États-Unis situé dans l'océan Pacifique, à environ 3 900 kilomètres au sud-ouest de San Francisco). Il s'est installé en 1976 à Huahine, cette île qui a vu naître Henri Hiro (ci-dessus). Il adopte la langue et la culture tahitiennes, et est considéré comme un des artistes majeurs de la Polynésie. C'est un auteur-compositeur-interprète, de style reggae, et un peintre.

Trois chansons, dont la première en anglais et en tahitien, sans traduction. Les textes et leurs traductions (la traduction de la dernière chanson a été adaptée par lieucommun) sont empruntés au site http://www.polynesiepassion.net/   :

My island home

Six Years I've lived in the desert


And every night I dream of the sea

They say home is where you find it

But this place ever satisfy me.

E ono matahiti i te faeara'a

I roto i te mete para

 Teie ta'u vahi horo'a hia

E vahi ra, aura'a ore.

Chorus :

 To'u fenua

To'u fenua ti'ai mai ia'u

My island home

My island home is awaiting for me.

For I come from the saltwater people

We always lived by the sea

Now I'm out here west of Alice Springs

With a wife and a family.

E tama ho'i au no te miti

Ua ora ho'i te reira vahi

Faaea nei au i nia moua

E ta'u vahine, e ta'u tamarii.
(Chorus)

In the evening the dry winds blow

From the hills and across the plains

I close my eyes and I'm standing
In a boat on the sea again.

Tape'a atu vau ta'u omore

Mana'o atu ra vau

 Ua ora ho'i au

 To'u fenua ti'ai mai ia'u.
(Chorus)

Bobby Holcomb

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Ancêtre

La mer est là.
Chacun peut y pêcher
La terre est là
Chacun peut la cultiver
Ma'ohi tu ne
Mourras jamais de faim.
Ancêtre, ancêtre, ê
Dans les îles
Tes enfants préservent
Ton mode de vie.
Mais hélas
Nous vivons une époque nouvelle
L'époque de la facilité
Où la parole peut tout réaliser
Mais cela n'est qu'apparence
Ma'ohi
Tu es pris au piège.
Ancêtre, ancêtre, ê
Ne t'inquiète pas
Tes enfants respecteront
Ton oeuvre.
Mais...
Où est le temps
De l'abondance
Et des bienfaits que
Nous donnait la nature
Tout périt peu à peu.
Ancêtre, ancêtre, ê
Il semble que, lentement
La nature veuille reprendre
Tous ses dons.

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Tupuna Tupuna e

Val noa ra te tai
Taata tana tautai
Val roa ra te fenua
Taata tana faapu
Maohi e aore hoi oe
E pohe ! te poia.
Tupuna Tupuna e
Na te mau motu
Aupuru noa ra to hua'ai
To oe oraraa (Tahito).
E inaha...
Tau api teie o
Te tau o te ohie
Tao'a parau noa
Te faahiahia ra'a
Maohi e ua roohia oe
E te maramarama.
Tupuna Tupuna e
A tia noa atura
Faatura noa ra to hua'ai
Ta oe ! ha'a mai.
Are'a ra...
Tei hea atura ra
Te mau tau auhune
Te mau faufa'a rahi.
Ta te Natura
E horo'a nei, aue ho'i e
Te mau rii rii noa atura
Tupuna Tupuna e
Mai te mea atura
Te rave rii maru noa atura
Ta natura i tona mau maitai. 
 

Bobby Holcomb (traduction présentée sur le site

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Orio te atua

Vahine no te moana
Tautai rava’i
Tape’a ta’oe ofe
Hi’o 'oe na te a’au
Orio atua vahine
Orio, Orio e
A ho’i mai uta nei
Afai mai te faufa’a
No te moana nui e
No te moana nui e
Orio te atua
Tane no te moana
Ohopu e te a’ahi
Tape’a ta’oe ofe
Hi’o 'oe i tua
Orio atua tana
No te moana nui e
No Maeva nui e
Orio te atua
Vahine no te moana
Tautai rava’i
Orio te atua
Tane no te moana
Ohopu e te a’ahi
Orio, Orio e
A ho’i mai uta nei
Afai mai te faufa’a
No Maeva nui e

Bobby Holcomb

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Orio est le dieu polynésien, ici parfois appelé déesse, de la mer et de ses ressources. Maeva, qui signifie "bienvenue" en tahitien, vient du canaque, langue Néo-Calédonienne. Il semble que le poète appelle la mer de ce nom, Maeva   :

Orio

Orio, dieu de la mer
Orio, déesse de la mer
pêcheur
maintiens ta canne de bambou
tu pêches sur le récif

Orio, dieu de la mer
Orio, déesse de la mer
reviens au rivage
apporte des richesses
de la mer profonde

de la mer profonde

Orio, dieu
de la mer
de la bonite et du thon
maintiens ta canne de bambou
tu pêches au large

Orio, dieu
de la mer profonde
de la grande Maeva
Orio, dieu de la mer
Orio, déesse de la mer
pêcheur

Orio, dieu
de la mer
de la bonite et du thon
reviens au rivage
apporte des richesses
de la grande Maeva

Bobby Holcomb - L'adaptation en français de cette chanson est proposée par lieucommun



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4 janvier 2009

Poètes d'OUTRE-MER - Wallis et Futuna

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Océanie - Wallis et Futuna 

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carte_Wallis_et_Futuna

Wallis et Futuna, comprend trois îles principales parmi d'autres moins étendues : Wallis, Futuna et Alofi, au nord-est de la Nouvelle-Calédonie.

Virginie Tafilagi, poète et enseignante contemporaine, est l'auteure de deux recueils de poésie : "Au centre de tout" et "Palabres".

Dans un article de la revue locale Te Fenua Fo'ou de novembre 2001, elle (s')interroge sur : "Les devoirs et les défis de l'homme d'Uvea et de Futuna du XXIème siècle", [...] "la suppression des privilèges consentis par l'état français, la mise en place d'un impôt, la traduction des manuels d'éducation civique en wallisien et futunien", et sur "l'humiliation subie par les femmes artisanes car le système de solidarité est à sens unique"...

Texte en attente



15 mai 2009

Henri MICHAUX - PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français

Henri Michaux (1899-1984), né en Belgique, a acquis en 1955 la nationalité française.
Il découvre Lautréamont (Les chants de Maldoror), dont on retrouve l'empreinte dans son œuvre écrite poétique, à la marge du Surréalisme. Il écrit des carnets de voyages qu'il a réellement effectués ("Écuador", "Un Barbare en Asie"), mais où l'imaginaire transfigure le réel ; d'autres encore en contrées totalement imaginaires (la "Grande-Garabagne"), réunis dans le recueil "Ailleurs".

"De l'Équateur à la Grande Garabagne, de l'expérience de la mescaline au dessein d'une écriture universelle, de la rêverie éveillée du «sportif au lit» aux songes, tout est voyage, exploration de nouveaux territoires, d'autres paysages mentaux dans l'œuvre de Henri Michaux. Ailleurs (1948), qui réunit Voyage en Grande Garabagne ; Au pays de la Magie  et Ici, Poddema ; ne forme qu'une étape sur son itinéraire: il n'est pas le livre de celui qui manque de pérégrinations et tente de s'évader, mais bien le rejeton engendré par la perplexité d'un voyageur trop souvent déçu par le réel, qui découvre, à l'instar de Claude Lévi-Strauss, que tout voyage est avant tout exploration de soi." (Henri Michaux et les "états-tampons", aspects du voyage imaginaire dans "Ailleurs" - étude de Nicolas Ragonneau paru dans la revue "Textyles" 12: «Voyages, Ailleurs», Pierre Halen éditeur, 1995)

On trouve dans l'œuvre de Michaux une grande inventivité de langage (Nicolas Ragonneau note 82 mots inventés dans "Ailleurs").

Quelques titres : Écuador (1929) ; Un Barbare en Asie (1933) ;  La nuit remue (1935) ; Voyage en Grande Garabagne (1936) ; Plume, précédé de Lointain intérieur (1938) ; Au pays de la magie (1941) ; Je vous écris d'un pays lointain (1942) ;  Arbres des tropiques (1942) ; L'Espace du dedans (1944) ; Ici, Poddema (1946) ; Ailleurs (1948) ; La vie dans les plis (1949) ; Passages (1950) ; Connaissance par les gouffres (1961).

Voir sur ce blog la catégorie qui lui est consacrée  : HENRI MICHAUX et ses "Propriétés"

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Arbres des tropiques (passages)

Arbre blasphémateur. Arbre après la transe. Épouvante-arbre.
Arbre hurleur, tripes dehors, tripes de la lamentation.
Arbre à lance, arbre pieuvre, arbre exorbitant.
Arbre obèse, arbre bouteille.
[...]
Arbre à feuilles nageoires, arbre à palmes.
Arbre portant haltères, portant battoirs, portant fourches.
[...]

Henri Michaux ("Arbres des tropiques", éditions Gallimard, 1942)

PP_11_image_blogUne piste pour la création poétique avec ce texte :
On jouera sur les transformations, les métamorphoses possibles des arbres, pour la création poétique et la création graphique.
D'autres éléments du paysage, naturels ou artificiels, peuvent se prêter à l'exercice : nuage, fleuve, maison, ville, océan...

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Les deux passages qui suivent sont tirés, le premier, de la préface du recueil "Ailleurs", et le second de "Passages". Henri Michaux y présente ses pays imaginaires comme des contrées qu'il a parcourues, et en explique les raisons :

"L’auteur a vécu très souvent ailleurs : deux ans en Garabagne, à peu près autant au pays de la magie, un peu moins à Poddema. Ou beaucoup plus.
Les dates précises manquent. Ces pays ne lui ont pas toujours excessivement plu. Par endroits, il a failli s’y apprivoiser. Pas vraiment. Les pays, on ne saurait assez s’en méfier".

Henri Michaux (préface de l'auteur pour son recueil Ailleurs, 1948)

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"Mes pays imaginaires: pour moi une sorte d'États-tampons, afin de ne pas souffrir de la réalité.
En voyage où presque tout me heurte, ce sont eux qui prennent les heurts, dont j'arrive alors, moi, à voir le comique, à m'amuser...
"

Henri Michaux ("Passages", 1950).

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Contre !

Je vous construirai une ville avec des loques, moi !
Je vous construirai sans plan et sans ciment
Un édifice que vous ne détruirez pas,
Et qu’une espèce d’évidence écumante
Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire au nez,
Et au nez gelé de tous vos Parthénons, vos arts arabes, et de vos Mings

Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard
Et du son de peau de tambour,
Je vous assoierai des forteresses écrasantes et superbes,
Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
Contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussière de sable sans raison
[...]


Henri Michaux ("La nuit remue" - Gallimard, 1935) 

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Dans ce pays, il n'y a pas de feuilles... (titre suggéré)

Dans ce pays, il n'y a pas de feuilles. J'ai parcouru plusieurs forêts. Les arbres paraissent morts. Erreur. Ils vivent. Mais ils n'ont pas de feuilles.
La plupart, avec un tronc très dur, vous ont partout des appendices minces comme des peaux. Les Barimes semblables à des spectres, tout entiers couverts de ces voiles végétaux; on les soulève, on veut voir la personne cachée. Non, dessous, ce n'est qu'un tronc
.
[...]

D'autres avec de grandes branches dansantes, souples comme tout, serpentines.
D'autres avec de courts rameaux fermes et tout en fourchettes.
D'autres, chaque année, forment un dôme ligneux. On en rencontre d'énormes, des vieux, carapace sur carapace, et s'il vient un incendie de forêt (on ne sait ce qu'ils ont), ils cuisent là à petit feu, tout seuls, pendant des six, sept semaines, alors que tout autour d'eux, sur des lieues de parcours, ce n'est que cendre grise et froid de la nature minérale.
D'autres qui se tendent sous la pluie comme des courroies et grincent; on se croirait dans une forêt en cuir.
Les arbres à chapelet et les arbres à relais.
Les arbres à boules terminales creuses, munies de deux rubans. Par grand vent étaient emportées ces boules, et volaient, ou plutôt flottaient lentement, semblables à des poissons, des poissons qui vont enfin regagner la rivière après un voyage pénible, mais le vent les chassait et elles allaient s'empaler sur les arbres à fourchettes, ou roulaient à terre par centaines, formant un immense plancher de billes, se bousculant et comme rieuses.
Les Badèges ont des racines grimpantes. Une racine sort tout à coup, vient s'appuyer contre une branche d'un air décidé, l'air d'une monstrueuse carotte.
Il y en a d'autres, l'écorce de leur tronc s'ouvre le jour, comme des capots d'automobiles avec leurs fentes d'aération; puis la nuit se ferment strictement et jamais on ne croirait qu'ils se sont jamais ouverts. Les indigènes se nourrissent d'une amande dont l'enveloppe est extrêmement dure. Ils la mettent l'après-midi dans les fentes de l'arbre et la retirent le matin, broyée, prête à être mangée.
L'arbre le plus agréable c'est le Vibon. L'arbre à laine. On voudrait vivre dans sa couronne. Quantité innombrable de rameaux ont ses branches, et chacune sécrète une antenne de laine, si bien qu'il y a là une grosse tête laineuse. C'est le Bouddha de la forêt. Mais il arrive que les Balicolica (ce sont des oiseaux) y viennent habiter. Ils crottent partout. Alors c'est une odeur infecte qui se forme là, et il faut brûler l'arbre.

Henri Michaux ("Mes propriétés" - chapitre Notes de Botanique, Gallimard, 1938) 

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Avec la traversée de l'Équateur, l'ouvrage "Ecuador" (1929) inaugure les recueils de voyage d'Henri Michaux, dans lesquels la fine observation, l'imagination et le subjectivisme exacerbé s'interpénètrent.   

Équateur

Équateur, Équateur, j'ai pensé bien du mal de toi.
Toutefois, quand on est près de s'en aller... et revenant à cheval à l'hacienda par un clair de lune comme je fais ce soir (ici les nuits sont toujours claires, sans chaleur, bonnes pour le voyage) avec le Cotopaxi dans le dos, qui est rose à six heures et demie et seulement une masse sombre à cette heure... mais il y a des mois que je ne le regarde plus...
Équateur, tu es tout de même un sacré pays. [...]

Henri Michaux ("Ecuador", éditions Gallimard, 1929)
 

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La forêt

Et l'on rentre dans la forêt. Cette forêt est chauffée. Immense appartement. On se méfie. On est mal à l'aise. C'est la forêt tropicale.
[...]

Quand les poètes chantaient les arbres du Nord, je croyais qu'ils le faisaient exprès. Ces arbres nus, sans famille, lisses, abandonnés, troncs hauts, et branches qui n'offrent aucun ouverture, (je songe surtout à vous, ô hêtres, que j'ai tant maudits, qu'on me voulait faire admirer, qui portez vers le haut le subit rire malin de toutes vos petites feuilles, qui ne veut rien dire), on ne vous réclame pas, vous tous que j'ai haïs.
[...]

Arbres des tropiques, à l'air un peu naïf, un peu bête, à grandes feuilles, mes arbres ! La forêt tropicale est immense et mouvementée, très humaine, haute, tragique, pleine de retours vers la terre. Les parasites veulent bien s'élever. Ils choisissent un arbre, mais après avoir pris quelque hauteur, les voici tous qui bêlent et reserpentent vers la terre.
Très habitée, la forêt, riche en morts et en vivants !

La forêt n'enterre pas ses cadavres ; quand un arbre meurt et tombe, ils sont tous tout autour, serrés et durs pour le soutenir, et le soutiennent jour et nuit. Les morts s'appuient ainsi jusqu'à ce qu'ils soient pourris. Alors suffit d'un perroquet qui se pose, et ils tombent avec un immense fracas, comme s'ils tenaient encore follement à la vie, avec un arrachement indescriptible.
[...]

L'arbre ici ne craint pas d'adopter une grande famille, et mène grand train. Il porte sur lui des orchidées et plus de cinquante lianes l'embrassent à la vie et à la mort. Ses branches largement occupées et à pendentifs, habitées comme au moyen âge les ponts, ont de loin la douceur, le velours des chenilles, et l'apparence sage et réfléchie que donnent les barbes.

Henri Michaux ("Ecuador", éditions Gallimard, 1929)

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La Cordillera de Los Andes

La première impression est terrible et proche du désespoir.
L'horizon d'abord disparaît.
Les nuages ne sont pas tous plus hauts que nous.
Infiniment et sans accidents, ce sont, où nous sommes,
Les hauts plateaux des Andes qui s'étendent, qui s'étendent.

Ne soyons pas tellement anxieux.
C'est le mal de montagne que nous sentons,
L'affaire de quelques jours.
Le sol est noir et sans accueil.
Un sol venu du dedans.
Il ne s'intéresse pas aux plantes.
C'est une terre volcanique.
Nu ! Et les maisons noires par-dessus,
Lui laissent tout son nu ;
Le nu noir du mauvais.

Qui n'aime pas les nuages,
Qu'il ne vienne pas à l'Équateur.
Ce sont les chiens fidèles de la montagne,
Grands chiens fidèles ;
Couronnent hautement l'horizon.
L'altitude du lieu est de 3000 mètres, qu'ils disent,
Est dangereux qu'ils disent, pour le cœur, pour la respiration, pour l'estomac
Et pour le corps tout entier de l'étranger.

Henri Michaux ("Ecuador", éditions Gallimard, 1929)

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Arbres (titre suggéré)

L'arbre ici ne s'occupe pas de la terre,
Il faut en sortir et vite,
Il s'agit de s'élever car on étouffe,
Et il part.
Ni branches, ni fleurs, ni pousses, rien qu'un tronc direct
Et s'il vient une branche elle se colle au tronc
Et fait flèche avec lui.
Il s'élève donc.
[...]
Et quand ils n'en peuvent plus,
les arbres*,
Une fois arrivés à l'extrême bout de leur taille,
Lorsqu'ils s'abandonnent enfin et se répandent en feuilles,
Les voici tous, tous à peu près à la même hauteur,
Et la forêt paraît unie.

Henri Michaux ("Ecuador", éditions Gallimard, 1929) - *les arbres a été ajouté pour assurer le passage du singulier au pluriel, en raison de la suppression d'une partie du texte.


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17 mai 2008

Kenneth WHITE - PRINT POÈTES 11 : Butor Depestre Velter White

Kenneth White, nomade des territoires de lumière

"Ce n’est pas seulement un question de géographie, c’est une question de paysage mental... Il faut sortir, approfondir les lieux, ouvrir l’espace. Écrire la lumière qui passe."
("Le Rôdeur des confins" - éditions Albin Michel, 2006)

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Kenneth White - "Terre de diamant "(Les Cahiers Rouges, Grasset, 1983)

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"Pourquoi écrire ? Pour ne pas devenir fou de cette ivresse blanche qui est le sang de l'écriture"
Kenneth White

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Dans son essai "Une stratégie paradoxale" *, Kenneth White écrit : "J'aime la définition que donne Élie Faure du poète :
Le poète ne s'attache à aucun port, mais poursuit une forme qui vole à travers la tempête et se perd sans cesse dans un perpétuel devenir".
Kenneth White poursuit : ..."étant donné l'ambiance nationaliste post-totalitaire que nous connaissons, le complexe, voire l'idéologie identitaires qui sévissent, créent une première série de difficultés. J'ai personnellement renoncé à toute identité de ce genre, et les réputations locales (ces "représentants culturels" de telle ou telle nation, sans parler de telle ou telle région) me font sourire"...
*"Une stratégie paradoxale, essais de résistance culturelle" (Presses Universitaires de Bordeaux, 1998)

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Kenneth White est né en 1936. Il vit en France depuis une trentaine d'années, actuellement à Trébeurden, village breton du Trégor, sur la côte de Granit rose. Lieu qui le rapproche sans doute de son Écosse natale, la région de Glasgow.
Kenneth White étudie la littérature et la philosophie en Allemagne, vit un temps à Paris, puis en Ardèche, avant un premier retour à Glasgow, où il enseigne la poésie et la littérature à l'Université, là-même où il a été étudiant. En 1967, il s'installe au Pays basque français, base de multiples voyages, essentiellement en Extrème-Orient...
Poète, écrivain, essayiste, philosophe (mais en recherche permanente), actif et voyageur, il est l'inventeur de la "géopoétique", et fonde en 1989, l’Institut international de géopoétique :
"Tout a commencé pour moi dans un territoire de vingt kilomètres carrés sur la côte ouest de l’Écosse, et dans un rapport direct avec les choses de la nature. [...] Afin de renouveler et d’étendre mon expérience initiale radicale, j’ai traversé divers territoires, toujours dans le but d’amplifier mon sens et ma connaissance des choses. Et je continue à le faire, car il ne faut jamais perdre le contact entre l’idée et la sensation, la pensée et l’émotion".
On lira sur son site la présentation de cette "théorie-pratique transdisciplinaire applicable à tous les domaines de la vie et de la recherche, qui a pour but de rétablir et d’enrichir le rapport Homme-Terre depuis longtemps rompu"...

Bien que maîtrisant parfaitement notre langue, c'est en anglais que Kenneth White rédige son oeuvre poétique et ses récits. Avec Marie-Claude White, son épouse, avec Philippe Jaworski et d'autres traducteurs, il participe lui aussi à l'adaptation en français (voir la bibliographie succinte et subjective ci-dessous). La plupart de ses ouvrages publiés en France le sont en édition bilingue.

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éléments de bibliographie

  • Poésie (texte original en anglais sauf *) :
    En toute candeur (édition bilingue - traduction de Pierre Leyris - Mercure de France, 1964)  
    Le Grand rivage (édition bilingue - traduction de Patrick Guyon, Marie-Claude White et Kenneth White - Les Éditions du Nouveau Commerce, 1980)
    Scènes d'un monde flottant (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - éditions Grasset, 1983)
    Terre de diamant (édition bilingue - traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)
    Atlantica (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Grasset, 1986)
    *L'Anorak du goéland, haïkus (L’Instant Perpétuel, 1986)
    Les Rives du silence (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 1997)
    Limites et marges (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2000)
    Le Passage extérieur  (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2005)
    Un monde ouvert - Anthologie personnelle, édition en français, dans laquelle on retrouve des textes de la plupart des recueils précédents (traducteurs cités - Poésie/Gallimard, 2007).
  • Récits :
    Lettres de Gourgoumel (édition bilingue - traduction de Gil et Marie Jouanard - Presses d'Aujourd'hui, 1980 et Grasset et Fasquelle, 1979)
    Le Visage du vent d’est, voyage en Chine (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Presses d'Aujourd'hui, 1980)
    La Route bleue, voyage au Canada, Québec, Labrador (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Grasset et Fasquelle, 1983 - prix Médicis)
    Les Cygnes sauvages, voyage au Japon (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Grasset, 1990)
    La Maison des Marées (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Albin Michel, 2005)
    Le Rôdeur des confins (édition bilingue - traduction de Marie-Claude White - Albin Michel, 2006) . 
  • Essais (écrits en français par l'auteur) :
    La Figure du dehors (Grasset, 1982)
    L'Esprit nomade (Grasset, 1987)
    Le Plateau de l'albatros - Introduction à la géopoétique (Grasset, 1994)
    Une stratégie paradoxale, essais de résistance culturelle (Presses Universitaires de Bordeaux, 1998).

-------------------------------- 

Sciure de neige

Neige
Sciure
D'anciennes forêts jetées bas
Les branches qui naguère
Portaient l'espoir de mon vagabondage
Ne désignent plus
Le lointain rivage
Où le soleil
Attendait que j'advienne

Tous les sentiers sont recouverts
Et ce qui était par delà est mort

Plus rien
Hors moi
Qui tombe
Sciure
Neige

Kenneth White ("En toute candeur", chapitre "Poèmes du Monde blanc", traduction de Pierre Leyris - Mercure de France, collection "Domaine anglais", 1964)

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Pierre Leyris, dans ce recueil bilingue, en donne la version française, dans une adaptation non littérale, avec une modification de disposition. Voici le poème original de Kenneth White, en anglais :

Snowdust

Snow
sawdust of ancient forests
branches that held
the hopes of my wandering
now no more
point to the distant shore
where the sun
awaited my advent

now all the paths are hid
and what was beyond is dead

there is only the presence
of me
falling
sawdust
snow


Kenneth White

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Autre texte du même recueil, suivi de la traduction de Pierre Leyris :

Vers l'hiver

Vienne à présent l'hiver

Ciel chargé comme un bœuf
Froide écume aux rivières
Nudité de la lande
Brume dans la forêt
Vienne à présent l'hiver

La bleue foulée des bêtes
Dans la neige qui fond
Le soleil fourbi (1) dur
Des oiseaux et des baies
L'ombre couleur de bronze
L'eau mince et glaciale
La croûte noire de la terre
L'éclat blême de la roche
Vienne à présent l'hiver

des algues sur la lune
Le vent herse le golfe
Les îles luisent dans la brume
Je pêche dans les eaux froides
Ma barque est noir-goudron
Et les tolets
 (2) fourchus
Grincent sous l'aviron

Vienne à présent l'hiver

Kenneth White ("En toute candeur", chapitre "Poèmes du Monde blanc", traduction de Pierre Leyris - Mercure de France, 1964) - (1) sic  -  (2) Pierre Leyris a traduit "the sun polished hard" par "fourbi dur", donc rendu brillant, mais d'un aspect froid et dur  -  (3) supports de l'aviron à l'arrière de la barque

--------

Texte original du poème de Kenneth White, en anglais :
      
Near winter
         
Let winter now come

ox-laden sky
cold spume of rivers
nakedness of moors
mist in the forest
let winter now come

the spoor of animals
blue melting in the snow
th sun polished hard
birds and berries
bronzen shadow
water icy and thin
black crust of the earth
hoar glint of stone
let winter now come

seaweed covers the moon
wind harrows the firth
the islands glint in fog
I fish in cold waters
my boat black as tar
the horned rowlocks
creak to the oar

let winter now come

      

Kenneth White

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Extrait de la présentation de son récit de voyage au Japon "Les Cygnes sauvages", par Kenneth White sur son site (adresse ci-dessus) :

1

Brume chaude et blanche sur la baie
une vieille jonque s'éloigne
pesamment -
quelque chose aimerait voir durer cette paix ...
mais le jour s'est levé : grues qui tournent,
gens qui se pressent, moteurs qui toussent,
sirènes qui hurlent, téléphones qui sonnent -
Hong Kong quitte ses rêves pour faire de l'argent
 
2

Coup d'oeil sur le marché aux poissons :
le soleil rouge fait chatoyer
les gros-yeux, les brèmes, les raies
les requins, les barracudas et les serpents de mer
alors qu'une fumée bleue monte des bâtons d'encens
allumés par des pêcheurs las
pour remercier la Reine du Ciel de sa bonté et
d'un retour sains et saufs au port des Parfums

Kenneth White ("Scènes d'un monde flottant", traduction de Marie-Claude White - éditions Grasset, 1983)

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Extrait de la présentation de son récit de voyage au Japon "Les Cygnes sauvages", par Kenneth White sur son site (adresse ci-dessus) :
"Depuis quelque temps, l'idée mûrissait dans mon esprit d'une virée au Japon, qui serait un pélerinage géopoétique de plus : un hommage aux choses du Japon (choses précieuses et précaires) et un voyage-haïku dans le sillage de Basho*, un récit rêveur de routes et d'îles, un plongeon elliptique dans le Vide – bref, un petit livre nippon extravagant, plein d'images et de pensées zigzaguantes, écrit dans le « style blanc volant », comme disent les peintres.
 [...]

 Un passage :

Il n'y avait pas beaucoup de mouettes sur la Sumida ce matin d'octobre quand je suis allé visiter l'ermitage de Basho, mais il y en avait une, ce qui fut pour moi l'occasion d'écrire ce petit haïku : 

Ce matin-là

sur les eaux de la Sumida

une mouette solitaire

Kenneth White ("Les Cygnes sauvages" - traduit de l'anglais par Marie-Claude White - éditions Grasset 1990)
 * Basho (Bashō Matsuo, 1644-1694) est le plus connu des auteurs japonais de haïkus "classiques". Voir en page 1 de la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français, sous le sommaire, la rubrique HAÏKUS.

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Deux autres haïkus, avec le texte original et la traduction de Marie-Claude White :

Rannoch Moor

Dark heather
wisp of wool
buzzing fly.


La lande de Rannoch

Bruyère brune
touffe de laine
mouche qui bourdonne

----------

Winter Morning Train

Between Béziers and Narbonne
vineyards under frost
and a big red sun

running mad on the horizon.

Dans le train, un matin d'hiver

"Autonome et émancipé, il va de-ci de-là, comme une feuille au vent des Samskara". ("Astavakra Gita" *)

Entre Béziers et Narbonne
vignes sous le givre
et un gros soleil rouge

qui court, ivre, sur l'horizon.

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)
* la citation de K.W. fait référence au livre de poèmes d'Alexandra David-Neel

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Poèmes courts en forme de haïku :

(sans titre)

Au-dessus des herbes
deux papillons blancs
papillonnant.
Plage blanche
un matin d'été
la mer qui monte à travers la brume.

Kenneth White ("L'Anorak du goéland, haïkus" - L’Instant Perpétuel, 1986)

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Lumière du matin

Alors que j'écris ceci


un héron gris

se tient immobile

dans la première lumière du matin

à Loch Sunart. 

Kenneth White ("Terre de diamant", traduction de Pierre Leyris et Kenneth White - Grasset, 1983)

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Retrouvailles avec la rivière

Fin d'après-midi à Govan

au confluent de la Clyde et de la Kelvin

pluie sur la pierre morne
flottant sur les eaux froides et noires


un cygne solitaire. 

Kenneth White ("Le Passage extérieur", traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2005) * La Clyde est le fleuve qui traverse Glasgow, la plus grande ville d’Écosse et u port de commerce transatlantique important. Govan, en aval, au confluent avec la Kevin, est une banlieue de Glasgow.

----------

Image de Bretagne, quand sous le regard du poète, un autre paysage se dessine à l'horizon :

Deux lettres de Bretagne (extraits)

1. Sur la route de Gwenadur (début du poème)

Sous un ciel aux nuages pressés

l'automne prend fin

la mer là-bas gris-vert

piquetée d'éclats blancs

[...]

2. En ce lieu maintenant

Colloque à La Hague :
"en 1900 l'Himalaya avait 10 000 glaciers
à présent 2000 de moins

au cours du dernier siècle et demi
la masse glaciaire des Alpes s'est réduite de moitié

les glaciers de l'Alaska
ont diminué de vingt pour cent ces cinquante dernières années"

ils disent que la planète se réchauffe
ils prévoient des tempêtes et des inondations

de nombreuses terres basses vont disparaître

assis en ce lieu
sur un promontoire rocheux de l'Europe
je regarde passer les nuages
et j'écoute la rumeur de la mer
 

Kenneth White ("Le Passage extérieur", traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2005) 

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Deux passages consécutifs du recueil "Le Grand rivage", qui comporte 53 parties numérotées :

  Le Grand rivage (titre du recueil)

[...]

13

          comme
au détour du sentier
       dans le bois d'avril:
               ce monde concentré
                               complexe
                                         fortuit
       trempé de lumière
                terre
                       pierres
                                herbe mouillée
          et les rouges
                      branches de l'aubépine -
dehors rien que landes nues
                                âpres vallées glaciaires

14

ou comme ce champ de fleurs des Alpes
              sur les hauteurs de Ben Lawers * :
                                saxifrages
    pensées sauvages
  gentianes
                   anémones des bois
     roses des montagnes
                                   compagnons
       angéliques
                    soucis
- assemblage unique
       dû à une série de coÏncidences
    une petite couche de roche idéale
              bien minéralisée
       pas trop acide comme les couches voisines
                      sur des monts si élevés
                 que des souches précaires
   ont subsisté là
                 depuis la fin des glaciers :
       les plantes
                      se sont établies dans une faille
         leurs racines ont crevé le roc
                           lentement
      leurs pousses et leurs feuilles
                      ont enfermé des fragments de pierre
                portés par le vent
    ou entraînés par les eaux
                et la terre s'est accumulée
       les fleurs
                 y trouvent substance
            et la beauté croît

[...]

Kenneth White ("Le Grand rivage", traduction de Patrick Guyon, Marie-Claude White et Kenneth White - Les Éditions du Nouveau Commerce, 1980) * La montagne du Ben Lawers, au nord de Glasgow, région natale de l'auteur, est renommée pour ses plantes alpines.

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Finisterra
ou
La logique de la baie de Lannion
 (extraits)

C'est dans la forme des caps
c'est dans la façon qu'ont les vagues
de se briser sur la côte
(avec un long et lent chpouf contre les rocs)
c'est dans la lumière changeante
c'est dans le clair silence de ce matin d'avril

là-bas au Yaudet

 [...]
on peut voir le Léguer
(qui rappelle la Loire
ainsi que toutes les autres eaux ligures)
courir vers son estuaire
dans l'éclat bleu-vert de ses eaux

après cela
marcher sur le chemin côtier
depuis, disons, la vallée de Goaslagorn
jusqu'à la plage de Pors Mabo
c'est aller entre fleurs et flots
cherchant quelle blancheur
ajouter à ces blancheurs

[...]
les avancées qui viennent à l'esprit
sont le Dourven
(au large, le naufrage de l'Azalée)
Bihit
qui cache à la vue l'île de Milo

[...]
et tout au loin
perdu dans la brume et la lumière
Roscoff, la fin des terres

épines, pins et bruyères
ajoncs et genêts
dévalent
vers l'anse sableuse des plages
et c'est un grand arc de terre
indiquant l'Atlantique
qui s'étend, là, devant soi

[...]
– Je me contente de regarder.

de regarder ce lieu
de regarder dans ce lieu
et tout à la fois
dans les circuits de mon cerveau

dans les aubes de l'été
dans les soirs dorés de l'automne
dans les brumes glacées de l'hiver

[...]
en homme qui a étudié
la grammaire du granit
j'ai marché en ce lieu
en homme qui voudrait faire l'équation
entre paysage et pensée
j'ai marché en ce lieu
en homme qui aime
les voies et les vagues du silence
j'ai marché en ce lieu

qui sait, peut-être
dans les temps futurs
un peu après la dernière catastrophe
un touriste curieux venu de l'espace
marchera-t-il sur ce même sentier
conscient de mon fantôme :
toujours ici à suivre les lignes
toujours à regarder dans la lumière.
 

Kenneth White ("Les Rives du Silence", traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 1997)

----------------------------------------

Marée basse à Landrellec

1.
Mer pleine encore

mouettes immaculées
sur les hauts promontoires

calme océanique.

2.
Lente, très lente
la mer quitte les rochers

laissant une frange
d’algues archaïques

qu’un corbeau avide
fourrage avec fièvre.

3.
Les sables à présent dénudés
tantôt lisses, tantôt cannelés

la mer un scintillement bleu au loin
long après-midi de silence

brisé seulement par le cri des goélands

4.
Plus bas entre les rochers
étrange vie marine

baroque beauté
 
cette éruption de rugueuses balanes

berniques
fermées comme des Chinois

Là-bas
bleue et noire
une épaisse plaque de moules

l'herbe ondulante des posidontes

5.
Dans cette flaque tranquille
parmi les éponges jaune vert

les hydraires roses
et le bleu des mousses irlandaises
 
des crabes tâtonnent
de leurs pattes maladroites
 
6.
Dans cette autre
gelées lunaires

Les vertes couronnes de chair
des anémones
 
une étoile hyperboréenne

7.
Un crabe (de Jonas ?)
calé dans une crevasse

remuant ses antennes
attend

8.
Murmure de la marée
qui remonte à présent


brissements blancs çà et là
le long de la baie

Soleil déclinant
or froid

Kenneth White ("Les Rives du Silence", traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 1997)

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Wakan

This is beautiful, this is beautiful
nothing is more beautiful than this

blue light breaking in the mountains
moon going down through the rain

nothing is more beautiful than this
.

- - - - - - - - - -
 
Wakan *

"J'ai senti quelque chose dans ma tête".

Que c’est beau, que c’est beau
il n’y a rien de plus beau

la lumière bleue qui point sur la montagne
la lune qui descend dans la pluie

rien, il n’y a rien de plus beau
.

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)

* le mot "Wakan" désigne les esprits alliés au dieu Wakan Tanka en langue amérindienne sioux

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A hight blue day on Scalpay

This is the summit of contemplation, and
      no art can touch it
blue, so blue, the far-out archipelago
      and the sea shimmering, shimmering
no art can touch it, the mind can only
      try to become attuned to it
to become quiet and space itself out, to
      become open and still, unworlded
knowing itself in the diamond country, in
      the ultimate unlettered light
.

- - - - - - - - - -
 
Lumière de Scalpay *

Voici le sommet de la contemplation, et
   nul art ne saurait l’atteindre
bleu, si bleu, le lointain archipel, et
   la mer qui miroite, miroite
nul art ne saurait l’atteindre, l’esprit ne peut
   que tenter de s’y accorder
de s’apaiser, de s’espacer, tenter
   de s’ouvrir, tranquille, au-delà du monde
révélé à lui-même en terre de diamant,
   dans la lumière au-delà des mots
.

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)

* Scalpay est une île d'Écosse 

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 Sept vues de Virgin Gorda * (deux des sept "vues")

1

Un horizon d'îles brumeuses
et, portés par les alizés
les cris des mouettes rieuses.

[...]

5

Soir sur l'archipel :
dans l'espace infini du ciel
les éclats du phare de l'Île-aux-Bœufs.

[...]

Kenneth White ("Limites et marges",  traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2000) 

* Virgin Gorda (littéralement "la Grosse Vierge"), appartient à l'archipel des îles Vierges britanniques, territoire d'outre-mer du Royaume-Uni, dans les Petites Antilles

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Les textes qui suivent, jusqu'à la fin du paragraphe consacré à Kenneth White, aussi bien dans leur version originale que dans leur traduction, sont accessibles dans la Poéthèque du site du Printemps des Poètes à l'adresse (à copier-coller) : http://www.printempsdespoetes.com

Late december by the sound of Jura *

Red braken on the hills
rain snow hail and rain
the deer are coming down
the lochs are gripped in ice
the stars blue and bright
I have tried to write to friends
but there is not continuing -
I gaze out over the Sound
and see hills gleaming in the icy sun.

- - - - - - - - - -

Fin décembre au détroit de Jura *
 
Fougères rouges sur les collines
pluie neige et grêle et pluie encore
les cerfs descendent des hauteurs
les lacs sont saisis par la glace
au ciel, les étoiles bleues
essayé d'écrire aux amis
mais mieux vaut y renoncer -
levant les yeux je vois l'île au loin
qui miroite sous un soleil glacé.

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)

* Nous ne sommas pas ici évidemment dans le Jura français, mais encore en Écosse, dans les monts de Jura, du côté du Loch Fyne et de la péninsule du Kintyre.

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South Road, Summer
1.
Mid-afternoon
blue light flickering
on the silent crags.
 
2.
Where did the wind go ? -
dawn coming quietly
over the hills.

- - - - - - - - - -

Route du sud, été
1.
Au milieu de l’après-midi
une lumière bleue vacille
sur les crêtes silencieuses.
 
2.
Où est parti le vent ? -
l’aube se lève doucement
sur les collines.

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)

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Stones of the cloudy forest

In memoriam Hiang Pi Fong

1.Where the path ends
the change beging
and the rocks appear
ideas of the earth
2.
Lying in the mist
among red rocks
admiring the lessons
of wind and rain
3.
As the old man said
up in the mountains
close by the sky
every rock looks a lotus
 

- - - - - - - - - -

Pierres de la forêt brumeuse

In memoriam Hiang Pi Fong
1.
Où s'arrête le chemin
les changements commencent
et les rochers surgissent
idées de la terre
2.
Allongé dans la brume
parmi les rochers rouges
attentif aux leçons
du vent et de la pluie
3.
Au dire du vieil homme
ici dans la montagne
tout contre le ciel
chaque rocher est un lotus

Kenneth White ("Terre de diamant",  traduction de Pierre Jaworsky et Marie-Claude White - Grasset, 1983)

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Le grand rivage
 
(extrait de ce recueil-poème de 53 sections)

13
comme
au détour du sentier
dans le bois d'avril :
ce monde concentré
complexe
fortuit
trempé de lumière
terre
pierres
herbe mouillée
et les rouges
branches de l'aubépine -
dehors rien que landes nues
âpres vallées glaciaires

14
ou comme ce champ de fleurs des Alpes
sur les hauteurs de Ben Lawers :
saxifrages
pensées sauvages
gentianes
anémones des bois
roses des montagnes
compagnons
angéliques
soucis
- assemblage unique
dû à une série de coïncidences
une petite couche de roches idéales
bien minéralisée
pas trop acide comme les couches voisines
sur des monts si élevés
que des souches précaires
ont subsisté là
depuis la fin des glaciers :
les plantes
se sont établies dans une faille
leurs racines ont crevé le roc
lentement
leurs pousses et leurs feuilles
ont enfermé des fragments de pierre
portés par le vent
ou entraînés par les eaux
et la terre s'est accumulée
les fleurs
y trouvent subsistance
et la beauté croît

Kenneth White ("Le Grand rivage", traductions de Patrick Guyon, Marie-Claude White et Kenneth White - Les Éditions du Nouveau Commerce, 1980)

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La vallée blanche

Peu de choses à voir dans cette vallée
quelques lignes, beaucoup de blanc
c'est une fin de monde, ou bien un commencement
peut-être le retrait des glaces du quaternaire

jusqu'à présent
nulle vie, nul bruit de vie
pas même un oiseau, pas même un lièvre
rien
que le vagissement du vent

pourtant l'esprit se meut ici à l'aise
avance dans le vide

respire *

et ligne après ligne
quelque chose comme un univers
se dessine
sans trop vouloir nommer
sans briser l'immensité du silence
discrètement, secrètement

quelqu'un dit

je suis ici
ici, je commence.

Kenneth White ("Limites et marges",  traduction de Marie-Claude White - Mercure de France, 2000) - *en italique dans le texte


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2 janvier 2009

LANGUE D'OC- OCCITAN, PROVENÇAL - Anjela Duval, Jean-Pierre Calloc'h, Xavier Grall - Langues régionales -

Paysages d'Europe

Languedoc et Provence

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La langue d'Oc, observeront les lecteurs attentifs, est différente à l'oral et à l'écrit selon les régions (et même à l'intérieur d'une même région). Témoin ces textes, de Provence et de Languedoc.

Louisa Paulin, auteure bilingue, est présentée dans cette page, mais on rencontrera d'autres auteurs occitans ou provençaux d'expression française, dans la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français

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Occitan

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Max Rouquette "est né en 1908 à Argelliers, près de Montpellier, dans un paysage inoubliable et jamais oublié de bois de chênes verts sombres, de garrigues colorées, de vignes tendrement odorantes et de figuiers bibliques. Ce paysage est la clé de son écriture. Parce que c'est en ce lieu, et en ce lieu seulement, que s'est effectuée la fusion des mots et du monde.
Max Rouquette a écrit en occitan (...)
Tous les textes de Max Rouquette résonnent de cette origine féconde. Ils en tirent probablement leur sève unique, et cette faculté d'éblouissement, tissée de beautés et d'angoisses, qui nous les rend communicables et si précieux."
(Philippe Gardy)

Les recueils de Max Rouquette sont épuisés, mais une réédition, sous le titre "Les Psaumes de la nuit / Los Saumes de la nuòch", est disponible aux éditions Obsidiane (1984)  Cet ouvrage rassemble : "Somis dau matin", "Somis de la nuòch", "La Pietat dau matin", en édition bilingue. Max Rouquette a lui-même traduit ses poèmes en français.

C'est à l'adresse http://melior.univ-montp3.fr/slo/roqueta/fr/, où Philippe Gardy veille à la présence de Max Rouquette, que deux des poèmes qui suivent, Larzac et Comba de la trelha (Combe de la treille), ont été empruntés :

Larzac

DE LA TÈRRA sul cèu lo teunhe fiu
ennevat per la flor de l’aleda
partís ton camp peirós, ò feda,
de las doças planas de Dieu ;
e de mirar la lutz, abandonada,
los uòlhs perduts, non te sovèn
se siás encara a la tèrra mairala
ò se caminas dins lo temps,
dins lo temps blau, de nivols ennevadas,
dins lo temps blau onte los jorns passats
coma los jorns a venir son tas clars.

----- (traduction de l'auteur) -----

Larzac

LE FIL TÉNU de la terre sur le ciel
enneigé par la fleur de l’asphodèle
sépare ton champ pierreux, brebis,
des douces plaines de Dieu ;
et de contempler la lumière abandonnée,
les yeux perdus, tu ne sais plus
si tu es encore de la terre maternelle
ou si tu chemines dans le temps,
dans le temps bleu aux neigeuses nuées,
dans le temps bleu où les jours du passé
sont aussi clairs que les jours à venir.

Max Rouquette ("Sòmnis de la nuòch", Toulouse, Societat d’Estudis Occitans, 1942, réédité en 1984 : "Les psaumes de la nuit", éd Obsidiane -bilingue)

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Comba de la trelha

Lo MERLE que va d’una mata
a l’autra mata e que seguís
los vielhs camins, e que s’acata
en lo bois e los romanins,
sol poiriá dire amb la palomba
e la mostèla e lo singlar
tota la patz d’aquela comba.

----- (traduction de l'auteur) -----

 

Combe de la treille

Le MERLE qui va d’une touffe
à l’autre touffe, et qui suit
les vieux chemins, et qui se cache
dans le buis et le romarin,
seul pourrait dire avec la palombe
et la belette et le sanglier,
toute la paix de cette combe.

* une combe, en languedoc, est une petite vallée. On trouve ce terme dans des noms de villages ou des noms de famille (Lacombe)

Max Rouquette ("Los Sòmnis dau matin", Toulouse, Societat d’Estudis Occitans, 1937 (réédition 1963)

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Du même auteur, une jolie scène nocturne :

Lo sabaud

Perque sus uolhs s'enclausisson de luna
clara dins lo ceu escur
un sabaud de l'estiu, doçament nada
dins l'aiga plana, miralh pur.

Mai naut que la mai nauta branca
ela, que landa eternament
davala e dins l'aiga, un moment
dansa per el en rauba blanca.

Max Rouquette ("Los saumes de la nuoch" - éd Obsidiane -bilingue, 1984)

----- (traduction de l'auteur) -----

 

Le crapaud

Parce que ses yeux s'enchantent de la lune
claire dans le ciel obscur
un crapaud de l'été doucement nage
dans l'eau plane, pur miroir.

Plus haut que la plus haute branche
elle*, qui glisse éternellement,
descend, et dans l'eau un moment
danse pour lui en robe blanche.

Max Rouquette ("Les psaumes de la nuit" - éd Obsidiane -bilingue, 1984) - * la lune


Alan Pelhon  (1946-1994) est né à Coaraze (Alpes-Maritimes), et c'est dans cette région qu"il a passé sa courte vie.

La jòia (titre proposé)

La jòia serà fuec
Cant dau gal
Parpalhon virolant d'aquí ailà
Lutz esclapant la nuech
Aiga fresca dau sorgent
Mar breçolada per li gabians
Solelh que s'escorre plan-plan
En la mieu boca
En una jòia que ren arresta

----- (traduction) -----

La joie

La joie sera feu
Chant du coq
Papillon pirouettant ça et là
Lumière brisant la nuit
Eau fraîche de la source
Mer bercée par les mouettes
Soleil qui ruisselle doucement
Dans ma bouche
Dans une joie que rien n'arrête

Alan Pelhon ("Vi devi parlar"/"Je dois parler") - éditions La Dralha, 2004.


Louisa Paulin (1888-1944), Loïza Paulin en occitan (1888-1944) a vécu dans le Tarn, où elle fut institutrice. Elle a d'abord écrit ses poèmes uniquement en français, puis en français et en occitan.
“Je me suis mise à la langue d'Oc par repentir d'avoir si longtemps ignoré mon pays et peut-être de l'avoir un peu méprisé”.

On trouvera sur le site des éditions Vent Terral, des recueils bilingues qu'on peut commander (2 € de frais de port seulement). Mais qu'est-ce qu'on attend ? C'est ici (copier-coller) : http://www.ventterral.com/tema/ome.php?lien=tema#louisa

Silenci de l'auton

Silenci de l'auton quand lo vent s'es pausat
doç coma una pluma de palomba
escapada de la negra man del caçaire.
Silenci saure de l'auton
ont s'ausis la darrièra vèspa
e lo mai escondut al plus prigond del còr.

----- (traduction de l'auteure) -----

Silence de l'automne

Silence de l'automne quand le vent s'est posé,
doux comme une plume de palombe
échappée de la noire main du chasseur.
Silence blond de l'automne
où l'on entend la dernière guêpe
et le plus caché au plus profond du cœur.

Louisa Paulin  ("Direm a la nòstra nena", Vent Terral, 1994, bilingue)

-----

À partir du texte occitan, une version non autorisée de ce poème, très légèrement différente (avec tout le respect qu'on doit à la mémoire de Louisa Paulin).

Pour rétablir dans le deuxième vers l'ordre naturel adjectif-nom substantif ("negra man" peut se dire plus naturellement "main noire"), et surtout éviter la répétition dans le dernier vers, absente en occitan. Mais on chipote peut-être  : 

Silence de l'automne

Silence de l'automne quand le vent s'est posé,
doux comme une plume de palombe
échappée de la main noire du chasseur.
Silence blond de l'automne
où l'on entend la dernière guêpe
et ce qui est caché au plus profond du cœur.

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La cançon del silenci.

Vèni, ausirem, anuèit, la Cançon del silenci,
la cançon que comença,
quand s'escantís, la nuèit, lo cant del rossinhòl ;
la cançon que s'ausís al doç cresc de l'erbeta,
la cançon de l'aigueta
que se pausa, un moment, al rebat d'un ramèl ;
la cançon de la branca
que fernís e que dança
desliurada del pes amorós d'un ausèl ;
la secreta conçon breçant l'ombra blavenca
del lir còrfondut de promessa maienca,
qu'espèra, per florir, un signe del azur.

----- (traduction de l'auteure) -----

La chanson du silence

Viens, nous entendrons, ce soir, la chanson du silence,
la chanson qui commence,
quand s'achève, la nuit, le chant du rossignol ;
la chanson qu'on entend à la douce croissance de l'herbe,
la chanson de l'eau vive
qui se repose, un moment, au reflet d'un rameau ;
la chanson de la branche
qui frissonne et qui danse
délivrée du poids amoureux d'un oiseau ;
la secrète chanson berçant l'ombre bleuâtre
du lis défaillant de promesse printanière,
qui attend, pour fleurir, un signe de l'azur.

Louisa Paulin  ("Chants d'amour et de paix" - "Les Amis de Louisa Paulin", 1998) - Aux éditions Vent Terral, les recueils de Louisa Paulin ont été réédités.

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Fum 

Non, non, anuèit vòli fugir l'ostal !
Vòli lo fial de lum que s'estira suls camps
Quand lo lauraire aluca un fuòc d'erbassas.
O fial de fum, vèni ligar un raive,
Un rave que m'escapa
– coma tu, lial de fum –
Per fugir cap a las estelas.

----- (traduction de l'auteure) -----

Fumée

Non, non, ce soir je veux fuir la maison !
Je veux le fil de fumée qui s'étire sur les champs
Quand le laboureur allume un feu de mauvaises herbes.
Ô fil de fumée, viens lier un rêve,
Un rêve qui m'échappe
comme toi, fil de fumée
Pour fuir vers les étoiles.

Louisa Paulin ("Sorgas- Sources", Bibliothèque de la Revue du Tarn, Édouard Privat, 1940 et "Poèmes", Éditions de la Revue du Tarn, 1969) - Aux éditions Vent Terral, les recueils de Louisa Paulin ont été réédités)


Jean Boudou ou Joan Bodon (1920-1975), instituteur aveyronnais, est considéré comme le plus grand des poètes du Languedoc. Il est l'auteur de romans et de poésies en occitan, exclusivement.

Recueil le plus connu : Sus la mar de las galèras (Sur la mer des galères), dont on peut trouver le texte intégral ici (format pdf mais non traduit)

Alba de Pigala

Cercavi fortuna, la trobèri lèu;
Aquela nuèch blanca tombava de nèu.
Canti çò que canti, plore lo que vòl...
Mas per cridar l’alba cal un rossinhòl.

Gardèt los debasses e lo casabèc:
De què ne pensavas, Tolosa-Lautrèc ?
Sus una flaçada, sens cap de lençòl ...
Mas per cridar l’alba cal un rossinhòl.

Qu’es aquela trèva que totjorn me sèc ?
Lautrèc es Tolosa: lo comte bufèc ...
Quand l’amor se paga per un blavairòl.
Mas per cridar l’alba cal un rossinhòl.

Al fons de la prada sabi lo pibol,
Sabi la montanha ... Caminarai sol.
La fortuna vira que me ten pel còl.
Mas per cridar l’alba cal un rossinhòl.

Joan Bodon

----- (traduction proposée par le blog lieucommun) -----

L'aube de Pigala

Je cherchais fortune, la trouvai bientôt,
Cette nuit blanche où tombait la neige.
Je chante ce que je chante, pleure qui veut
Mais pour appeler l'aube il faut un rossignol ...

...

Au fond de la prairie je sais le peuplier,
Je sais la montagne ... seul, je marcherai
La fortune tourne qui me tient par le cou.
Mais pour appeler l'aube il faut un rossignol ...

Ce texte est chanté en occitan par Mans de Breish, tout comme le suivant. La libre traduction de la première et de la dernière strophe est proposée par le blog.

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Alba d'Occitania (extrait)            Aube d'Occitanie

La nuèch e la pluèja e lo gèl  La nuit et la pluie et le gel
Pas una estela dins lo cèl       Pas une étoile dans le ciel
Quora tornara l'alba ?            Quand viendra l'aube ?
Encara canta pas l'aucèl         L'oiseau ne chante pas encore
Quora tornara l'alba ?            Quand viendra l'aube ?

Una nuèch longa sens amor    Une longue nuit sans amour
Lo rosal plora sus la flor        Le rosier pleure sur la fleur
Quora tornara l'alba ?            Quand viendra l'aube ?
S'entrevesiam una lusor ...     On entrevoit une lueur ...

Paraulas de Joan Bodon, Cantat per Mans de Breish
Paroles de Joan Bodon, Chanté par Mans de Breish  traduction Lieucommun



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Provençal
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Frédéric Mistral (1830-1914) est un écrivain et poète provençal, prix Nobel de littérature en 1904.Il fonde en 1854 avec d'autres poètes provençaux, le Félibrige, pour défendre les cultures régionales traditionnelles et la langue occitane.

"Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut"
Frédéric Mistral

Voici une petite fable, avec un rossignol dans le paysage :

Lou gripo-roussignòutexte_Mistral_le_rossignol_orig

Au mes de mai, sus uno busco.
Lou roussignòu, plegant lis iue,
S'èro endourmi dedins la niue ;
Mai lou rejit d'uno lambrusco
Dins sa vediho l'arrapè
E lou vaqui pres pèr li ped.

... (suite du texte en cliquant sur l'image ci-contre >)

Frédéric Mistral ("Lis òulivado")

Le grippe-rossignoltexte_Mistral_le_rossignol

Au mois de mai, sur une branche,
Le rossignol, clignant des yeux,
S'était endormi dans la nuit ;
Mais le jet d'une vigne folle
Le saisit dans sa vrille,
Et le voilà pris par les pieds.

... (suite de la traduction en cliquant sur l'image ci-contre >)

Frédéric Mistral ("Les Olivades") en français par l'auteur.


Sextius Michel 1827-1906) est né à Sénas (Provence). Il "monte à Paris", avec ses premiers poèmes et préside les félibres (voir ci-dessus Frédéric Mistral) de Paris, puis devient maire du XVe arrondissement, de 1871 à sa mort.
Il est le fondateur d'une des premières Caisses des écoles de Paris, pour financer les cantines scolaires, d'une colonie de vacances, ainsi que d'une mutualité scolaire (en 1900).

Cette légende a pour cadre un château :

Les hirondelles (légende)texte_hirondelles_orig

Les hirondelles ont fait leur nid
dans la toiture ensoleillée
d'un petit château. L'aube rit
aux piaulements de la nichée.

Vivait dans ce paradis
une charmante dame adorée
d'un galant jouvenceau du pays.
Oh ! Quels tendres embrassements !

Un jour, crime ou folie,
on la trouva morte dans son lit,
la jeune dame, hélas ! toute seule.

L'amant avait disparu.
Revient l'été avec le ciel bleu,
mais ne reviennent pas les hirondelles.

Sextius Michel ("Le long du Rhône et de la mer") ("Long dóu Rose e de la mar" - Flammarion et Roumanillo 1892)

... (lire la traduction du poème  "Li dindouleto" en cliquant sur l'image ci-contre >)



15 mai 2009

Charles CROS, Lise DEHARME - PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français

Charles Cros (1842–1888) est un poète français ("Le Collier de griffes", "Le Coffret de santal") méconnu de ses contemporains et quelque peu oublié aujourd'hui. Il reste quand même son hareng saur, sec, sec, sec, qui se balance aux murs des écoles. Charles Cros est aussi un inventeur dépossédé : qui sait ce qu'il a apporté à la photographie ? Et le phonographe, qu'il avait théorisé, a été réalisé par Thomas Edison.

On observera que les paysages qu'aime Charles Cros sont, à l'image du personnage et de son oeuvre, surprenants :

Songe d'été

À d’autres les ciels bleus ou les ciels tourmentés,
La neige des hivers, le parfum des étés,
Les monts où vous grimpez, fiertés aventurières
Des Anglaises. Mes yeux aiment mieux les clairières
Où la charcuterie a laissé ses papiers,
Les sentiers où l’on sent encor l’odeur des pieds
Des soldats avec leurs payses, la presqu’île
De Gennevilliers, où croît l’asperge tranquille
Sous l’irrigation puante des égouts...
On ne dispute pas des couleurs ni des goûts.

Charles Cros ("Le Coffret de santal", 1873 - Gallimard poésie 1972)



Lise Deharme (1907-1981), est une romancière et poétesse française, proche d'André Breton et des Surréalistes. On trouvera ses d'autres textes de cette auteure sur le blog ici : l'humour de Lise Deharme et ici : des femmes poètes

Le pêcheur endormi

La ligne d'or
danse sur l'eau :
de chaque rayon
sort un oiseau.

Pêcheur qui dort
abasourdi
croit que le lac
est plein de nids.

Lise Deharme ("Cahiers de curieuse personne" - éditions des Cahiers libres, 1933)

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Un paysage-visage *. De quoi donner des idées de création plastique autrement qu'à la Arcimboldo, non ? ...

Curieuse

Tes cheveux sont des araignées noires et griffues
ton front un désert de sable blond
ton nez une vague de son
tes dents ont faim
ta bouche est fine
ton menton
une colline aiguë
mais tes yeux sont deux cratères
de lave et de gouffres ouverts
semés d'étincelles et de feu
Tes yeux sont deux mondes perdus.

Lise Deharme ("Le coeur de Pic" -  photographies de Claude Cahun - éditions Corti, 1937 et Éditions MeMo, 2004)

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* Ce poème me renvoie à une chanson qu'interprétait Claude Vinci, à contre-courant, dans les années 60, et dont l'auteur, qui l'a chantée lui aussi, est sans doute Max Rongier.* On y trouve le mot "censure", qui n'est pas une coquetterie de langage, mais une réalité de ce temps là ... * ce texte sera rangé dans un paragraphe "Max Rongier", s'il se confirme qu'il en est bien l'auteur... on compte sur vous ?

Ci-dessous, la pochette du 33 tours "Chansons pour vivre", qui contient "Ta chanson", jamais réédité (aucun des deux CD de Claude Vinci ne reprend ce titre), c'est bien dommage. Le nom de l'auteur doit se trouver sur ce disque, mais là on ne peut proposer qu'une image, trouvée sur un site marchand d'occasion ...

Claude_Vinci_Chansons_pour_vivre

Ta chanson *

Tes joues de près ce sont des plages
Tes yeux des lacs, tout bêtement,
Et ta bouche frileusement
C'est une fabrique à nuages

Ton front c'est déjà la forêt
Il y a peut-être des panthères
Tes cheveux quel raz-de-marée
Tout ruisselants de vrai mystère

Bref ton visage déluré
C'est un monde
Et je ne dis rien
De ta poitrine censurée
Dont je pense beaucoup de bien

Ce grain de beauté sur ton cou
C'est un soleil en pleine éclipse
Je n'ose le dire à mon goût
Il brûle mes doigts et je glisse

Voici tes bras comme les branches
De l'arbre de la tentation
Tes mains vaudraient une passion
Quand elles effleurent tes hanches

N'insistons pas et restons sages
Nous chanterons à l'unisson
Les secrets de tes paysages
Ailleurs que dans une chanson.

Max Rongier (sous réserves, pour les paroles) - * pas de confusion, ce titre est aussi celui d'une chanson de Jean Ferrat. Ferrat, Max Rongier et Claude Vinci se connaissaient bien, ayant beaucoup d'idées "communes". Vinci a chanté Ferrat, mais les deux chansons n'ont en commun que leur titre.



15 mai 2009

Annie SALAGER, Albert SAMAIN, SAMIVEL, Cécile SAUVAGE - PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français

Annie Salager  est une romancière et poète contemporaine, auteure également de récits et de traductions de textes espagnols (des poésies essentiellement). Son dernier recueil est paru en 2009 : "Aimez-vous la mer, le tango - Tango und Meer" (Éditions En Forêt/Verlag Im Wald bilingue allemand-français). On trouvera sur son site d'autres poèmes, des éléments de biographie et une bibliographie : http://perso.numericable.fr/asalager/

"Le poème nous mêle à la lumière, la poésie comme la biologie portent à l'admiration du vivant" (A Salager).

Oyats

                       à F-J. Temple

J'aurais seulement besoin
des oyats sur les dunes
éclairés par les lis
et d'une cuillerée d'amour
pour marcher sur les flots
agités d'une illusion de temps
et d'un safran de rire

Tant d'années sans eux les lis
le léger inconfort des étangs
les vieilles cabanes de pêcheurs
les canaux les roselières
l'ennui pour eux de n'être pas la mer
soudain un champ de saladelles
je gémis attachée au train
je guette le mistral les flamants roses
je veux les lis de mer
les lieux d'exil terre ni mer
où travaille l'instable le néant de l'être
fouetté par-dessus tête
des courtes vagues du désir
et tout ce poids du temps
réduit à rien

Annie Salager

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Traces 

Où j’aime tomber
mais dans
l’odeur des roses
les lis de mer
la lumière et le piercing
des martinets
ou encore dans
nos traces de silence
après le bruit
où aurais-je aimé vivre
mais dans
l’air la canopée
au milieu des poissons colorés
finalement où juste un vivre
de lumière j’aurais aimé.

Annie Salager

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Un extrait de son dernier recueil :

    Aimez-vous la mer ? (extrait)

J’entends la mer balayer le rivage
entrer dans la chambre
la rumeur du sablier

le ciel est noir d’étoiles
d’infinis lis en poussière de mer

la nuit me peuple

j’ai soif d’eux

dans les senteurs du maquis
l’instant du vivre
tient en haleine.

[...]
 

Annie Salager ("Aimez-vous la mer, le tango - Tango und Meer", Éditions En Forêt/Verlag Im Wald - bilingue allemand-français)

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Et enfin deux poèmes proposés dans la "poéthèque" du site du Printemps des Poètes à cette adresse : http://www.printempsdespoetes.com

Tu cours superbe, ô Rhosne, flourissant 

Tu cours superbe, ô Rhosne, flourissant
Les bords imaginaires du voyage
les rives vertes où l'on s'use en passant
aux tourbillons, aux rhombes des nuages.
Ton couteau nu entraîne nos images
de vie si promptes à rejoindre les puits
où demain les noiera d'une eau d'oubli
et là s'apaiseront les jours amers
quand jusqu'à l'os léchés nos mots blanchis
seront le temps qui pose sur la mer.

Annie Salager ("Printemps des Poètes 2005" - "Hommage à Maurice Scève, sa Délie aux quatre cent quarante neuf dizains décasyllabiques, rimés en ABAB BC CDCD")

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"poéthèque" du Printemps des Poètes : http://www.printempsdespoetes.com

La mer (titre proposé)

Cousus ensemble à la lumière et aux cailloux, des corps d'algues gigantesques imprégnaient l'horizon. Dressés, de lointains panneaux en plastique bleu arrêtaient le bruit quand on glissait le long d'eux, comme le plongeur de Paestum* dans le monde souterrain qui s'ouvre pour lui au creux des vagues. C'était la mer avec sa hache d'infini. Elle fend l'oeil et la tête, nettoie les paroles, pénètre violemment la mémoire. Son feu est-il celui de Cassandre ? Clos sur ses Méditerranées, qui en regarde la roue peut voir ses propres vies dans le vent solaire danser et disparaître.

*Paestum : cité grecque située en Italie du sud (Campanie), appelée aujourd'hui Poseidonia, et classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1998

Annie Salager ("Les dieux manquent de tout" éditions Paroles d'Aube, 1996)



Albert Samain (1858-1900) est un de nos plus importants poètes symbolistes du XIXe siècle (voir Henri de Régnier). 

Le texte original de ce long poème comporte 16 quatrains. Voici le début du texte, dont on ne propose en général que les deux ou trois premières strophes :

Mélancolie

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure,
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L'automne qui descend des collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.

Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu : le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.

Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.

[...]

Albert Samain ("Le Chariot d'Or" - Mercure de France, 1900)

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Chanson d'été

Le soleil brûlant
Les fleurs qu'en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
A demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S'éléve
Si doux qu'on dirait
Que c'est la forêt
Qui rêve ...

Chante doucement ;
Dans mon coeur d'amant
J'adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L'oiseau, d'un élan,
Courbe, en s'envolant,
La branche
Sous l'ombrage obscur
La source au flot pur
S'épanche.

Viens t'asseoir au bord
Où les boutons d'or
Foisonnent ...
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L'eau claire.

Albert Samain ("Au jardin de l'Infante", Mercure de France, 1903)

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J’aime l’aube aux pieds nus qui se coiffe de thym

J’aime l’aube aux pieds nus qui se coiffe de thym,
Les coteaux violets qu’un pâle rayon dore,
Et la persienne ouverte avec un bruit sonore,
Pour boire le vent frais qui monte du jardin,

La grand’rue au village un dimanche matin,
La vache au bord de l’eau toute rose d’aurore,
La fille aux claires dents, la feuille humide encore,
Et le divin cristal d’un bel oeil enfantin.

Mais je préfère une âme à l’ombre agenouillée,
Les grands bois à l’automne et leur odeur mouillée,
La route où tinte, au soir, un grelot de chevaux,

La lune dans la chambre à travers les rideaux,
Une main pâle et douce et lente qui se pose,
"Deux grands yeux pleins d’un feu triste" (1), et, sur toute chose

Une voix qui voudrait sangloter et qui n’ose …

Albert Samain ("Le Chariot d'Or" - Mercure de France, 1900) - (1) guillemets dans le texte original



Samivel (1907-1992) est difficile à classer : écrivain, poète, humoriste et illustrateur, et cinéaste-photographe autant que grand randonneur. ... Son talent est reconnu dans toutes ces activités. Il s'appelait pour l'état civil Paul Gayet-Tancrède. Son nom d'auteur est emprunté à Charles Dickens (Samivel, c'est Sam Weller dans "Les Aventures de Mr Pickwick").

Samivel_dessin

Ci-dessus un dessin humoristique de Samivel (source : http://strictement-confidentiel.com/), qui a parcouru, décrit, romancé sa montagne des Alpes. Il a été avec d'autres le créateur du Parc National de la Vanoise, pour lequel il a écrit cette poésie en forme de code de bonne conduite :

La Vanoise

Voici l'Espace, voici l'air pur, voici le Silence
Le Royaume des aurores intactes et des bêtes naïves
Tout ce qui vous manque dans les villes
Est ici préservé pour votre joie

Eaux libres, hommes libres
Ici commence le pays de la liberté.
La liberté de se bien conduire

Récoltez de beaux souvenirs mais ne cueillez pas les fleurs
N'arrachez surtout pas les plantes : il pousserait des pierres !
Il faut beaucoup de brins d'herbe pour tisser un homme.

Ouvrez vos yeux et vos oreilles, fermez vos transistors
Pas de bruit de moteur inutile, pas de klaxons
Écoutez les musiques de la montagne.

Enterrez vos soucis et emmenez vos boites de conserves.
Les papiers gras sont les cartes de visite des mufles.

Oiseaux, chevreuils, lapins, chamois
Et tout ce petit peuple de poil et de plume
Ont désormais besoin de vous pour survivre.
Déclarez la paix aux animaux timides,
Ne les troublez pas dans leurs affaires
L'ennemi des bêtes est l'ennemi de la vie

Afin que les printemps futurs réjouissent encore vos enfants !

Samivel

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L’automne


Quand l'automne en saison revient
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.
Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! Que la vie est douce, douce
Quand automne en saison revient.

Samivel

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Les galets

Sur une plage de galets
Que voit-on s’il vous plaît ?
À perte de vue des galets
Qui vous paraissent tous semblables.
Mais regardez-y de plus près.
Certains sont rond. D’autres carrés,

Or, grenat, jade, bigarrés…
Dans ces foules incalculables
Qui s’effondrent sous les orteils
On en trouve pas deux pareils…

Il voit tous de même fabrique,
Le Sot, jetant un regard hâtif.
Mais le sage, plus attentif,
Sait bien que chaque Être est unique

Samivel



Cécile Sauvage  (1883-1927).

Le jour (début du poème)

Levons-nous, le jour bleu colle son front aux vitres,
La note du coucou réveille le printemps,
Les rameaux folichons ont des gestes de pitres,
Les cloches de l'aurore agitent leurs battants.
La nuit laisse en fuyant sa pantoufle lunaire
Traîner dans l'air mouillé plein de sommeil encor
Et derrière les monts cachant sa face claire
Le soleil indécis darde trois flèches d'or.

[...]

Cécile Sauvage ("Tandis que la terre tourne")

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La lune blanche

Souvent le coeur qu'on croyait mort
N'est qu'un animal endormi ;
Un air qui souffle un peu plus fort
Va le réveiller à demi ;
Un rameau tombant de sa branche
Le fait bondir sur ses jarrets
Et, brillante, il voit sur les prés
Lui sourire la lune blanche.

Cécile Sauvage ("Mélancolie")

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Fumées (début et passages du poème)

Le brouillard fondu
Prend les arbres nus
Dans sa molle haleine.
Le jardin frileux
Sous un voile bleu
Se devine à peine.

Le soleil blafard
Résout le brouillard
En perles d’eau blanche
Dont le tremblement
Miroite et s’étend
À toutes les branches.
…...

L’azur d’un soir gris.
Un vague arc-en-ciel s’allonge et verdit
Sur la côte obscure ;
Sa courbe légère et rose grandit
De plus en plus pure.
À l’endroit où l’arc suave incliné
Rejoint la colline,
Les arbres d’hiver prennent sa clarté,
Dans leurs branches fines.

Un oiseau chante comme une eau
Sur des cailloux et des pervenches.
Quelle odeur de printemps s’épanche
De cette pure voix d’oiseau !
……

La lune pâle, rêveuse
Et transparente à demi,
Glisse sur la vaporeuse
Douceur d’un ciel endormi.
Dans les branches dénudées
Et si grêles d’un bouleau
Une lueur irisée
Incline ses calmes eaux.
C’est l’hiver et sa tristesse
Avec de muets oiseaux
Se berçant à la sveltesse
Sans feuillage des rameaux.
……

J’ai vu ce matin la lune
Pâle dans les longs bouleaux
Et cette image importune
Reviendra dans mon cerveau.
Elle viendra persistante
Comme un avertissement
Dans un rêve qui me hante,
Et j’ai le bref sentiment
Qu’au jour de ma destinée
Dans un bouleau langoureux
Luiront nettement les feux
De cette lune obstinée.
……

La ville sous la fumée
Du soir et des cheminées
Flotte en un rêve étranger
Et s’efface. Son église
De fines colonnes grises,
Pareilles aux pins légers,
Sur le fond de la colline
Grandit, sans âge et divine
Dans le soir désespéré.

Dans l’herbe trottine un chien,
Une brindille remue,
Un oiseau fuit et plus rien
Ne bouge sur l’avenue.
……

Je ne veux qu’un rêve
À demi-flottant,
Que mon âme brève
Passe en voletant,
Que la brume fine
L’enveloppe aussi ;
Qu’elle s’achemine
Sans autre souci
Que celui d’errer
Avec une brise,
Sur l’arbre léger,
Sur la terre grise.

Cécile Sauvage ("Fumées")


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15 mai 2009

PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES en français - SOMMAIRE

sens_interdit_sourire_et_triste Les textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
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paysage_palette_3"d'infinis paysages"

"Exprimer les liens profonds qui unissent l'homme à la nature, les célébrer ou les interroger est un des traits les plus constants de la poésie universelle. Mers et montagnes, îles et rivages, forêts et rivières, ciels, vents, soleils, déserts et collines, la plupart des poèmes porte comme un arrière-pays la mémoire des paysages vécus et traversés.
Se reconnaître ainsi tributaire des infinis visages du monde, c'est sans doute, comme le voulait Hölderlin, habiter en poète sur la terre".

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes

  Quelques pistes pour la création poétique accompagnent les textes
Beaucoup d'autres sont rangées dans les catégories précédentes
du Printemps des Poètes, et en particulier
>> PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes

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sommaire  (cliquer sur le n° de page ou sur les textes souhaités)

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-  page 1 (vous y êtes) : comptines, chansons... et A B -

comptines, chansons, haïkus

COMPTINES et CHANSONS
HAÏKUS

auteurs de langue française

page 1 (vous y êtes) : Adrover à Besse 

Claudia ADROVER  - La Loire au plus près
Corinne ALBAUT - Les gratte-ciel
Pierre ALBERT-BIROT
  - Admiration ; Le jardin suspendu ; L'oreille fine ; Poème-pancarte
Guillaume APOLLINAIRE   - Automne ; Automne malade ; Saltimbanques
Marc ALYN   - Un printemps tout neuf ; Bulletin de santé 
Paul ARÈNE  - Paysage ; Chronique d'automne 
Théodore de BANVILLE - À la Forêt de Fontainebleau ; L'hiver
Charles BAUDELAIRE   - L'étranger : L'Homme et la mer ; Invitation au voyage ; Harmonie du soir ; Le coucher de soleil romantique ; Le soleil ; Paysage
Pierre BÉARN   - Usine de campagne
Luc BÉRIMONT - La nuit d'aube ; Comme des eaux qui se dénouent ; Je t'attends aux grilles des routes
Michel BESNIER   - Mes résidences
Robert BESSE   - L'arc-en-ciel ; Le lézard 

page 2 (cliquez sur l'auteur recherché) : Bonnefoy à Chesneau 


Yves BONNEFOY / Que ce monde demeure ; Rouler plus vite ; La maison natale ; Le soir ; La seule rose ; La charrue ; Les flambeaux ; Une voix ; La tâche d'espérance ; De grands blocs rouges ; Le nuage rouge
Alain BOSQUET / Un enfant m'a dit ; Arbre ; J'écrirai ; Mer
Alain BOUDET / Elle souffle sur la lune ... ; L'éclair joint le feu à la source ...
Nicolas BOUVIER
/ Les Indes galantes ; Les feuilles des noyers ; Novembre ; Printemps kurde ; Morte saison
Jacques BREL / Le plat pays ; Les Marquises
Michel BUTOR / voir la catégorie dédiée (en haut de page)
Hélène CADOU
/ Plus d'avenir ; Le temps réconcilié ; L'arbre ; Encore un dimanche à rêver ... ; Il faut laver ce que tu dis ...
Maurice CARÊME / Entre Margny et Breux ; Le ciel ; L'automne ; Le nuage ; La grille est toute blanche ; Le brouillard ; Automne en ville ; L'homme et l'enfant ; Il a neigé ; Le sentier se perdait ; Que la mer est belle ! ; Je sais ... ; La mer ; Sur la plage ; Gare isolée ; Étranges fleurs ; L'écureuil  
André CASTAGNOU / Le fleuve
Blaise CENDRARS / Prose du Transsibérien ; Mississipi ; Paysage ; Îles ; Coucher de soleil ; Couchers de soleil ; A tribord Bahia ; Bleus ; Trouées ; Dans le train
Gilbert CESBRON / Les nuages blancs
Anne-Marie CHAPOUTON / Rêve 4
René CHAR / La Sorgue
Jacques CHARPENTREAU / Les fils de la vierge ... ; La clé des champs ; La mer s'est retirée
Andrée CHEDID / Les routes
Marc CHESNEAU / Paysage

page 3 (cliquez sur l'auteur recherché) : Clancier à Gamarra 

Georges-Emmanuel CLANCIER / Les ajoncs, la pierraille ... ; Escales ; Le guet
Paul CLAUDEL / Salut, pays ! Paysage français
Pierre CORAN / Orage
Charles CROS / Songe d'été
Lise DEHARME / Le pêcheur endormi ; Curieuse ( avec texte de Max Rongier)
Robert DESNOS / Les rivières claires ; Le carré pointu ; Par un point situé sur un plan ... ; L'anneau de Moebius ; Ma sirène
Robert DESNOUES / Marche en Provence ; La mort du peintre
Joachim DU BELLAY / Heureux qui, comme Ulysse ... ; D'un vanneur de blé aux vents
Chantal DUPUY-DUNIER
/ Saorge
Marie-Jeanne DURRY / Chanson
Paul ÉLUARD / Monde ébloui, Monde étourdi ; Je te l'ai dit ; La terre est bleue
Pierre EMMANUEL / Par delà les vergers ... ; Dédicace d'Orphée
Jean FERRAT / La montagne ; Ma France ; Raconte-moi la mer ; autres passages de chansons
Maurice FOMBEURE / Images du village ; "Terre-Terre" ; Le coquillage ; Présence des automnes
Paul FORT / La mer ; La ronde autour du monde ; Autour de l'océan ; La Méditerranée ; Montagne ; La pluie
André FRÉNAUD / Pays retrouvé ; Où est mon pays ?
Pierre GAMARRA / Barcarolle dans la ville ; Paysage ; Secrets ; La pluie

page 4 (cliquez sur l'auteur recherché) : Gautier à Leconte de l'Isle   

Théophile GAUTIER / Décembre ; Le pin des Landes ; Le sentier ; Soleil couchant ; Premier sourire du printemps ; Promenade nocturne ; La fleur qui fait le printemps ; Paysage ; Pensées d'automne ; En allant à la Cahrtreuse de Miraflorès
Rosemonde GÉRARD / L'année ; Paysage ; Le jardin vivant ; Les peupliers
Marie GEVERS / Octobre ; Chanson pour apprendre aux cinq sens à aimer la pluie ; Repas du matin
Marc-Adolphe GUÉGAN / Poèmes courts (6 textes)
Yvan GOLL et Claire GOLL / Renouveau ; Faal ; Le semeur d'hexagones ; Transmutations ; d'Yvan à Claire
Julien GRACQ / Aubrac ; L'Èvre ; Qu'est-ce qui nous parle dans un paysage ?
Luce GUILBAUD / Arbre au bord de la route ... ; Le nuage ; Une petite maison ; Le vent ; J'étais perdue ; Je jouais
Louis GUILLAUME / Noir comme la mer ; Soir ; Maison de vent
GUILLEVIC / La plaine, les vallons plus loin ... ; Recette ; Image ; Le vent ; La pomme ; Le soleil ; Arbre l'hiver ; LA forêt ; Inclus ; L'arbre ; La saison ; La vague ; L'arbre (deuxième texte) ; Requis ; Habitations ; Un mur ; Cerisier ; Hirondelle ; Regarder ; Carnac ; Azur ; Transparences ; Rivière
Anne HÉBERT / La neige ; La nuit ; Leçons de ténèbres
Franz HELLENS / Manège d'hiver
Émile HENRIOT / Le village ; Paysages ; Aquarelles
José María de HEREDIA / Les conquérants ; Le récif de corail ; Bretagne
Victor HUGO / Le semeur ; Printemps ; Le feu du ciel ; Une nuit qu'on entendait la mer sans la voir ; La source ; L'expiation ; Stella ; Le poète s'en va dans les champs ; Va-t-en, me dit la bise ; Bièvre ; Promenade dans les rochers ; Spectacle rassurant ; Pluie d'été ; Joie des choses ; Le matin - En dormant ; Le Vésuve
Philippe JACCOTTET / Les eaux et les forêts ; Nouvelles notes pour la semaison ; Je marche dans un jardin ... : Fruits ; L'aurais-je donc inventé ? ... ; Jour à peine plus jaune ... ; Chemin de montagne
Francis JAMMES / Un jour bleu de l'été ... ; Le vieux village ; Le pays natal ; Ô Jammes (poème de Charles Guérin)
Georges JEAN / Ville inconnue ; Dans un bistrot
Vénus KHOURY-GHATA / À Yasmine ; La forêt a peur ; La surface d'un automne ; La voie lactée ... ; À quoi sert l'école ? ;  À quoi sert un nuage ?
Jules LAFORGUE / Chanson d'automne ; Couchant d'hiver ; Crépuscule de dimanche d'été
Alphonse de LAMARTINE / Milly ou la terre natale (I) ; Milly ou la terre natale (II) ; Le vallon
Luce LAURAND / Le chemin
Guy LAVAUD / Nocturne ; Un pin ; Combats
Philéas LEBESGUE / Petit village ; Le village ; Terre d'amour ; Le plus beau pays du monde
Charles-Marie LECONTE DE L'ISLE /
Les éléphants ; La panthère noire ; Le rêve du jaguar ; La forêt vierge ; Paysage polaire ; Midi

page 5 (cliquez sur l'auteur recherché) : Lebrau à Nerval   

 
Jean LEBRAU / Dans les Corbières ; Octobre ; La fleur rose ; Fin d'octobre ; Le vent
Madeleine LE FLOCH / Vers exclusif
Madeleine LEY / La fin des vacances ; Dans les bois noirs
Bernard LORRAINE / Au début ... 
Olivier de MAGNY / À sa demeure des champs
Jeanne MARVIG / Le ruisseau ; La voiture roulait ; L'Arbre
Stéphane MALLARMÉ / Renouveau ; Peindre un paysage
Guy de MAUPASSANT / Nuit de neige ; Le moulin
Pierre MENANTEAU / Qu'elle est belle la Terre ; Ah ! que la Terre est belle !
Henri MICHAUX / Arbres des tropiques ; Contre ! ; Dans ce pays, il n'y a pas de feuilles ... ; Equateur ; La forêt ; La Cordillera de los Andes ; Arbres
Jean MORÉAS / La feuille des forêts ; Dans l'âtre brûlent les tisons ... ; Memento ; La lune d'argent ; Eau printanière, pluie harmonieuse ... ; Ô mer immense ...Quand je viendrai m'asseoir dans le vent ...
Jean-Luc MOREAU / L'oncle Octave
Georges MOUSTAKI / Mon Île de France
Alfred de MUSSET / À mon frère, revenant d'Italie 
Gérard de NERVAL / Avril ; Le coucher du soleil

page 6 (cliquez sur l'auteur recherché) : Noailles à Serres 

Anna de NOAILLES / Chaleur ; Le jardin et la maison (Crépuscule) ; Il fera longtemps clair ce soir ... ; Matin de printemps ; Matin d'été ; Les bords de la Marne
Marie NOËL / Chant de rouge-gorge ; L'île ; Chant de nourrice ; Si j'étais plante
Germain NOUVEAU / En forêt
Jean ORIZET / Sur la prunelle des saisons ; L'or sous le givre ; Haute ponctuation du silence
Louisa PAULIN / voir la catégorie PRINT POÈTES 11 : PAYSAGES - traductions
Charles PÉGUY / Présentation de la Beauce à Notre-Dame-de-Chartres
Benjamin PÉRET / Les temps révolus
Cécile PÉRIN / Aube ; Danse ; Arc-en-ciel ; Oasis ; Chant à voix basse
Louis PIZE / Montagne
Gisèle PRASSINOS / Dans tes yeux il y a la mer ; La neige
Jacques PRÉVERT /
Soyez polis ; Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied ; Le paysage changeur ; Immense et rouge ; Un vent fou ; Le ruisseau ; La plage des sables blancs ; Exilé des vacances ; Les palmes et les branches ; La couleur locale ; Tournesol ; Sables mouvants ; Nuages ; Le vrai jardinier ... ; La pluie ...
Raymond QUENEAU / Pins, pins et sapins ; Port ; Vesper
Jeanne RAMEL-CALS / Robes de printemps
Charles-Ferdinand RAMUZ / Le pays ; Le saule ; Chaleur
Henri de RÉGNIER / Le jardin mouillé ; Paysage ; Les pins ; le bois de pins ; Soir d'automne ; La lune jaune ; Promenade ; En forêt
Pierre REVERDY /  Calme intérieur ; De la pierre à l'eau ; Horizon ; Heure ; Son de cloche ; La neige tombe ; Temps couvert ; En face ; Les ardoises du toit
Jean RICHEPIN / Le chemin creux ; La neige est belle
Madeleine RIFFAUD / Nuit
Ann ROCARD / Bien au chaud
Pierre de RONSARD /  Ode à la Fontaine Bellerie ; Contre les bûcherons de la forêt de Gastine ; Ciel, air et vents, plains et monts découverts
Jacques ROUBAUD / Un matin ; Rondeau étrange des visages et paysages ; mettons ; square de Louvois ; rue de Bretagne ; Les mouettes
Jean ROUSSELOT / On n'est pas n'importe qui ; Pas de vacances
Claude ROY / Météorologie ; L'enfant qui battait la campagne ; La clef des champs ; Étourdis étourneaux ; Les quatre éléments
Marc-Antoine de SAINT-AMANT / L'automne des Canaries
Annie SALAGER / Oyats ; Traces ; Aimez-vous la mer ? ; Tu cours superbe, ô Rhosne, flourissant  ; La mer
Albert SAMAIN / Mélancolie ; Chanson d'été ; J’aime l’aube aux pieds nus qui se coiffe de thym
SAMIVEL / La Vanoise, L'automne, Les galets
Cécile SAUVAGE / Le jour ; La lune blanche ; Fumées
Anne SCHWARTZ-HENRICH / L'autre monde
Léopold Sédar SENGHOR / Nuit de Siné ; je suis seul
Victor SEGALEN / Conseils au bon voyageur ; Terre jaune ; Les lacs
Pierre SEGHERS / Décourage en toi le chagrin ; Automne
Alain SERRES / Toi-même

page 7 (cliquez sur l'auteur recherché) : Sodenkamp à Voisard 


Andrée SODENKAMP
/ Le printemps ; Les loups ; La fenêtre est un livre d'images ; Terre
Philippe SOUPAULT / Pleine lune
Jules SUPERVIELLE / Je caresse la mappemonde ; Elle lève les yeux ; Oiseau des Îles 
Henri THOMAS / Hiver, Novembre, Message du bonhomme de neige
Hamid TIBOUCHI / La rouille
Paul-Jean TOULET / En Arles ; L'été ; "Les Contrerimes" , Dimanche
Paul VALÉRY / Le cimetière marin
Charles VAN LERBERGHE / Image
Angèle VANNIER / Forêt sans muguet
Émile VERHAEREN / Le chant de l'eau ; Le port ; À la gloire du vent ; La plaine
Paul VERLAINE / Dans l'interminable ennui de la plaine ; La lune blanche ; Le ciel est par-dessus le toit ; Soleils couchants ; Clair de lune ; L'heure du berger ; L'ombre des arbres dans la rivière embrumée ; Promenade sentimentale
Anne VERNON / La plage ... ; certains jours ... ; Parfois ... ; Mes questions frangent le silence ...
Gabriel VICAIRE / Matins de neige ; Paysages ; La mer ; Clairs de lune
Gilles VIGNEAULT / Mon pays
Charles VILDRAC / La petite maison
Paul VINCENSINI / Le champ de blé ; Le vent ; L'ombre est bleue ; Le chemin ; L'arbre ; Moisson ; Petite nuit ; Le vent (autre texte) ; Plein ciel ; Moi au printemps j'ai tout ; Hiver
Renée VIVIEN / TRoses du soir ; Chanson ; Les arbres ; À la bien-aimée
Alexandre VOISARD / Écrit sur un mur ; Le muguet perdu ; L'artiste à l'œuvre ; Légende des ingénieurs ; Le pasteur égaré ; Un goûter à l'orée ; Au rendez-vous des alluvions ; La longue nuit soupçonneuse ; L’arbre que terrasse la tempête ; Solitaire au bout du rameau 

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1 avril 2008

Joëlle Abed, Etel Adnan, Claudia Adrover, Corinne Albaut

page 1 : A - B - C



Joëlle Abed est née en 1949.

Le chat

Le chat ne tuait pas l'oiseau
Il en gobait le chant

Gisant sur l'herbe
la clé de la dernière portée

déformée innocemment
par le jeu des canines

Joëlle Abed (titré "L'ombre portée" dans la revue '"L'Atelier imaginaire" - recueil "Lieux du tremble", éditions "L'Age d'homme", 1990)



Claudia Adrover (qui publie aussi sous le nom de Claudia Adrover-Sendra) est née en 1950. Elle a écrit de nombreux ouvrages, dont des recueils de poésie, et en particulier celui dont nous présentons des fragments, mais qu'il faudrait lire et dire entièrement. Il est tout entier consacré à la Loire : "La Loire au plus près", aux éditions "Donner à Voir", en 1999. Ce recueil de 29 pages est vendu à un prix modique, autour de 6 €, comme la plupart des ouvrages de cette collection, mais il est peut-être maintenant épuisé.

On pourra certainement en proposer des passages à la classe :

La Loire au plus près (fragments)

La Loire est une aïeule
qui se souvient
de son éternité liquide

Elle est l'eau millénaire
où l'arbre couche son ombre

et tu bois ton rêve
à ses rives vertes
pour préserver l'imaginaire.

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L'eau immobile
nous raconte des fonds imaginaires
où les racines feuillues
atteignent au centre de la terre. Miroir magique
qui enfante des arbres bicéphales
douce folie du printemps
née d'un ciel voilé
percé de mille boutons du jeune soleil.

- - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Loire reflet
tu témoignes du ciel
dans la liberté
d'une onde froissée, brisée
par un vent nomade.

- - - - -  - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Le ciel de Loire
est descendu vers nous
mais quel limon
a volé sa lumière
au désarroi de l'eau ?

Claudia Adrover ("La Loire au plus près" - éditions Donner à Voir, 1999) 



Etel Adnan est née au Liban en 1925. Après des études universitaires en France, elle a poursuivi son cursus et enseigné aux Etats-Unis, où elle vit aujourd'hui. Romancière, essayiste et poète, elle a écrit des ouvrages en anglais et en français.

"J'ai commencé à écrire en français, parce que je suis allé à l'école française au Liban." E. Adnan

Je suis femme

Je suis femme
suis-je la Mère-terre ?
Je suis la moitié de l'Univers
Serai-je jamais un être entier ?
Je suis le silence qui m'entoure
et le jardin vide
Plus éphémère que nuage
je suis un point.

Etel Adnan



Corinne Albaut écrit, publie, interprète des comptines pour les petits.
La catégorie
PRINT POÈTES 2010 : LE FÉMININ EN POÉSIE  rassemble d'autres comptines de Corinne Albaut.

Elle dirige également la collection "Les Romans Bleus" (Gulf Stream éditeur - 2006), pour les ados de 11 à 14 ans, dans laquelle elle a écrit Chicago Blues. D'autres romans sont parus chez Acte Sud junior.
Dans la jolie collection
"Les Petits Bonheurs", toujours chez Acte Sud junior, on trouvera plusieurs petits recueils intitulés "Comptines pour ...".

Les trois classes



Dans la classe
de Monsieur Leblond,


On cultive des potirons.

 

Dans la classe de Madame Levert,


On cultive des primevères.

Dans la classe
de Mademoiselle Legris,


On cultive des radis.


Dans son bureau la directrice,


Elle fait pousser des myosotis.

Corinne Albaut ("Comptines pour la rentrée des classes" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

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Une autre comptine, trouvée dans le recueil "Comptines pour compter" :
 

Sept jours sur sept 

Sept jours, dans la semaine,
    Pour porter tout ce que j'aime.
Lundi, mon tee-shirt canari,
    Mardi, mon pull gris souris,
    Mercredi, mon short kaki,
    Jeudi, mon bermuda fleuri,
    Vendredi, ma chemise bleu nuit,
    Samedi, mon polo cramoisi,
    Dimanche, ma casquette blanche.

Chic, des pieds à la tête,
    Sept jours sur sept.

Corinne Albaut ("Comptines pour compter" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

fille_verte_cr_ation__PP10À la manière de Corinne Albaut : " Dans la classe de ... "

On trouve dans le recueil cité deux autres variantes de cette comptine. Leur structure peut être reprise et adaptée au cours d'une séance de création poétique orale en maternelle. L'occasion de jouer avec les sons, les rimes. Voyez ICI un exemple de ce travail dans une classe de CP.

À la manière de " Sept jours sur sept ... "

Exemple proposé par le blog, avec des rimes  ou assonances diverses :

Une semaine de vacances

Sept jours, dans la semaine,
Pour faire tout ce que j'aime.
Lundi, gagner à la loterie
Mardi, acheter un hélicoptère
Mercredi, faire le tour de la Terre

Jeudi, acheter un paquebot
Vendredi, voyager jusqu'à Rio
Samedi, ouf la semaine s'achève,
Dimanche, me reposer de mes rêves.

(proposé par lieucommun)
(Voir la catégorie PRINT POÈTES 2010 : LE FÉMININ EN POÉSIE  >>  pour d'autres idées de création poétique)

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Et ce dernier texte, qu'on trouvera dans le recueil "Comptines pour jouer à avoir peur" :

Avoir un dragon chez soi 

Avoir un dragon chez soi
Ce n'est pas si mal que ça,
Surtout lorsqu'il fait très froid.

Quand on lui tire la queue
Ça le rend tellement furieux
Que sa gueule crache du feu.

Il réchauffe l'appartement,
Il sèche les vêtements,
Les parents sont tout contents.

Corinne Albaut ("Comptines pour jouer à avoir peur" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1996)

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Le jour et la nuit

Quand on dit "bonjour",
Que les enfants courent
Vers l'école pour
Jouer dans la cour,
C'est le jour.

Quand la lune luit
Que les chats sont gris,
Qu'on est dans son lit
Au calme et sans bruit,
C'est la nuit.

Corinne Albaut ("Comptines en pyjama" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)



1 mars 2008

LE FÉMININ EN POÉSIE pages 1 à 5

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

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Dans cette catégorie, uniquement des textes de poètes masculins sur le thème du féminin : personnes, animaux ou objets plus ou moins personnifiés ... Les poètes femmes signalées en rouge se retrouvent dans la catégorie PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES

  D'autre part, on trouvera l'ensemble des idées proposées par le blog pour la création poétique ICI :
>> PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes

Les AUTEURS (si tous leurs textes semblent abordables) ou les textes qui nous semblent les plus abordables à l'école maternelle ou élémentaire sont SOULIGNÉS dans le sommaire ci-dessous - Idées de création indiquées :  [+ CRÉATION]

- SOMMAIRE - 

PAGE 1 (vous y êtes) :

  • COMPTINES, PETITS POÈMES, CHANSONS et HAÏKUS au féminin sur les personnes, les animaux et les choses... 
  • Alphonse ALLAIS : Complainte amoureuse / La fille du vieux Peau-Rouge
  • Guillaume APOLLINAIRE : Bestiaire : Les sirènes, La mouche, La méduse / La colombe poignardée  / Les femmes
  • Louis ARAGON : Zadjal de l'avenir / La femme est l'avenir de l'homme (Jean FERRAT) / Isabelle / Les approches de l'amour et du baiser / Elsa / Elsa au miroir
  • Théodore de BANVILLE : Lorsque ma sœur et moi ... 
  • Charles BAUDELAIRE : La chevelure / Un hémisphère dans une chevelure / À une passante
  • André BERRY : D'une vieille à son miroir 
  • Alain BOSQUET : La mer

PAGE 2 (cliquez ici pour un accès direct) :

  • Georges BRASSENS : Bonhomme / Jeanne / Bécassine / La cane de Jeanne / Dans l'eau de la claire fontaine / Pénélope / Les sabots d'Hélène
  • André BRETON : Union libre (Ma femme)
  • Aristide BRUANT  (chanson)  : Rue Saint-Vincent
  • René-Guy CADOU : L'enfant précoce / Sainte-Reine-de-Bretagne / Parmi toutes mes roses / Ravensbrück / Je t'atteindrai Hélène  
  • Maurice CARÊME : Fantaisie / Belle de jour / L'écolière / Berceuse pour une rose / Tu es belle, ma mère / Pour ma mère / Ronde / La dînette
  • Philippe CHABANEIX : Les deux gitanes  
  • René CHAR : Léonides  
  • François-René de CHATEAUBRIAND : Souvenir du pays de France / À Lydie /   
  • Anne-Marie CHAPOUTON : Tortue / Quand on est tortue /ces textes sont ici : PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES 
  • Jacques CHARPENTREAU : La réunion de famille  [+ CRÉATION] / La soupe de la sorcière / Prénom  [+ CRÉATION] / La recherche / La fuyante / Le ciel de mon cœur
  • André CHÉNIER : La jeune captive

PAGE 3 (cliquez ici pour un accès direct) :

  • CHRESTIEN DE TROYES : Complainte des tisseuses de soie
  • Georges-Emmanuel CLANCIER : Juliette 
  • Jean COCTEAU : Odile
  • Pierre CORAN : La grenouille / Les souris et le chalutier/ Le O et la dactylo / Maman
  • Pierre CORNEILLE : Stances à Marquise
  • Charles CROS : Malgré tout / À la plus belle / Conseil / Déserteuses
  • Yvan DAUTIN : La méduse
  • Luc DECAUNES : Silence / Sur le livre d'or d'une petite fille / Les nouvelles prières
  • Lise DEHARME : La poule noire /ce texte est ici : PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES
  • Lucie DELARUE-MARDRUS : Petites souris / Les vaches /ces textes sont ici : PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES
  • Marceline DESBORDES_VALMORE : L'oreiller d'une petite fille /ces textes sont ici : PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES 
  • ROBERT DESNOS : Le canapé de Paméla [+ CRÉATION] / Ma sirène / La fourmi [+ CRÉATION]/ La dame pavot nouvelle épousée / Le dernier poème / J'ai tant rêvé de toi / À la mystérieuse / La furtive / La marjolaine et la verveine / Le narcisse et la jonquille / La lavande / La pervenche et la primevère / La pivoine
  • Michel DEVILLE : Lorsque et si [+ CRÉATION]

PAGE 4 (cliquez ici pour un accès direct) :

  • Charles DOBZINSKI : La mère 
  •  Paul ÉLUARD : L'amoureuse / La courbe de tes yeux / Portrait / Air vif / Premièrement
  • Maurice FOMBEURE : Air de ronde / Ma femme /Chanson de la belle / Chanson du loup et de la bergère / C'est le joli printemps 
  • Xavier FORNERET : Elle
  • Paul FORT : La ronde autour du monde
  • Théophile GAUTIER : Carmen / Séguidille  
  • Pierre GAMARRA : Bonne fête ma mère 
  • Fernand GREGH : La plus jeune fée 
  • GUILLEVIC : La pomme  / La forêt / L'alouette / Élégie 
  • Victor HUGO : Les femmes sont sur la terre ... / À une femme / Mes deux filles / Chanson de grand-père / À une jeune fille / Ma Jeanne, dont je suis doucement insensé ... / Jeune fille, l'amour, c'est d'abord un miroir / Jolies femmes / Elle était pâle, et pourtant rose / Je t'aime, avec ton oeil candide / Le doigt de la femme 
     

    PAGE 5 (cliquez ici pour un accès direct) :

  • Max JACOB : Madame la Dauphine / La dame aveugle 
  • Jean de LA FONTAINE : La Cigale et la Fourmi / Le Renard et la Cigogne / La Colombe et la Fourmi / Le Lièvre et la Tortue / La Laitière et le Pot au lait / Le Chat, la Belette et le petit Lapin / La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf
  • Alphonse de LAMARTINE : À Elvire / Chant d'amour III  
  • Jean L'ANSELME : La femme qui a un gros ventre / C'est le grand amour / La mort de la machine à laver  
  • Boby LAPOINTE (chansons) : La maman des poissons / Ta Katie t'a quitté
  • Jean de LA VILLE DE MIRMONT : La mer / Amie aux gestes éphémères 
  • Maurice MAETERLINCK : Et s'il revenait un jour / L fille aux yeux bandés / Les sept filles d'Orlamonde ... 
  • Jean-Hugues MALINEAU : La chenille / Virelangue [+ CRÉATION]  
  • Stéphane MALLARMÉ : La marchande d'habits / La marchande d'herbes aromatiques / Apparition  
  • Pierre MENANTEAU : A l'école du buisson / Les sept filles du ciel / Le premier vol de l'hirondelle

1 mars 2008

Jacques CHARPENTREAU - le féminin en poésie

Jacques Charpentreau (né en 1928), est un poète français. Il est l'auteur d'anthologies, aux éditions Ouvrières, qui ont fait connaître beaucoup de poètes pour la jeunesse, et il a publié de nombreux recueils. Quelques-unes de ses poésies sont présentes sur le blog. 

La réunion de famille

Ma tante Agathe
Vient des Carpates
À quatre pattes

Mon oncle André
Vient de Niamey
À cloche-pied

Mon frère Tchou
Vient de Moscou
Sur les genoux

Ma sœur Loulou
Vient de Padoue
À pas de loup

Grand-mère Ursule
Vient d’Ashtabule
Sur les rotules
Grand-père Armand
Vient de Ceylan
En sautillant

Ma nièce Ada
Vient de Java
À petits pas

Mon neveu Jean
Vient d’Abidjan
Clopin-clopant

Oncle Firmin
Vient de Pékin
Sur les deux mains

Mais tante Henriette
Vient à la fête
En bicyclette

Jacques Charpentreau (dans son anthologie "La nouvelle Guirlande de Julie"- éditions Ouvrières,1976)

fille_verte_cr_ation__PP10Avec les prénoms féminins :

En s'inspirant du poème ci-dessus, associer des prénoms féminins ( ceux des filles de la classe par exemple) à des noms de lieux (villes, pays) connus des élèves, à diverses activités ou occupations, ou encore comme dans l'exemple 3, imaginer un texte sur un thème (cadeaux, collections ...) 

Exemple 1 :  Mes projets de voyage  

Je partirai au Sahara sur mon chameau* avec Emma
Je visiterai l'Australie en kangourou avec Lucie, etc.
* D'accord,  il n'y a pas de chameaux au Sahara, ce sont des dromadaires , mais on peut imaginer ...

Exemple 2 : Le métier de mes amis

Noémie découpe les confettis
Mariam tricote des bananes, etc.

Exemple 3 : Le Père Noël bizarre (c'est lui qui raconte)

J'ai cueilli des radis pour Annie
des rideaux et des radeaux pour Anna

J'ai trouvé un pantin persan pour Marie
un tapis percé pour Myriam.

J'ai acheté un lapin de Noël pour Isabelle
un sapin de soleil pour Célia  ...

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Un texte pour servir de base à une création poétique :

Le laveur de carreaux

Suspendu comme une araignée
Au bout de son fil argenté
Le laveur de carreaux descend
Du haut de la tour. En passant,
Il dit bonjour aux habitants :

30 Le monsieur du trentième étage
Qui ne mange que du fromage.

29 Celui de l’étage au-dessous
Qui n'aime que la soupe aux choux.

28 Les gens qui viennent de Pluton
Et marchent les pieds au plafond

27 Le baryton de l’opéra
Qui se fait des oeufs sur le plat.

26 Ceux qui ont semé du gazon
Pour rendre plus gai leur béton.

25 Ceux qui élèvent des lapins
Sur l’herbe d’un salon de jardin.

24 Ceux qui ont mis dans leur baignoire
Un bébé phoque blanc et noir.

23 Le chat qui vit seul, noir et blanc,
(Il a dû louer l’appartement).

22 Le vieil Auvergnat à moustaches
Qui che regarde dans la glache.

21 Le militaire en permission
Qui compte ses décorations.

20 La foule du vingtième étage
C'est la réception d'un mariage.

19 La receveuse de la poste
Qui ne grignote que des toasts.

18 L’académicien nostalgique
Qui s'amuse au train électrique.

17 L'élève de Napoléon
Qui range ses soldats de plomb.

16 Le collectionneur de timbales
Qui joue du violon à pédales.

15 Un abbé qui fait du trapèze
Sur un bâton entre deux chaises.

14 L’amateur de scie musicale
Qui coupe l’Internationale

13 Le passionné d’exploration
Qui chasse le tigre au salon

12 Deux bustes de marbre au nez grec
Qui contemplent un jeu d’échecs.

11Un athlète en maillot de corps
Qui s'est allongé et qui dort .

10 La dame du dixième étage
Qui garde un sapajou en cage.

9 Plus bas une belle famille
Les parents et quatorze filles.

8 Des campeurs chantant à mi-voix
En rond autour d’un feu de bois

7 Un grand polytechnicien morne
Qui ne porte que son bicorne.

6 Un peu plus bas un éléphant
Prisonnier dans l’appartement.

5 Un couple se bat au cinquième
À coup de tartes à la crème.

4 La petite fille aux yeux bleus
Qui a les yeux verts quand il pleut.

3 La jeune fille du piano,
Qui se tricote un allegro.

2 La dentiste qui vient d’extraire
Une redoutable molaire.

1 Le petit garçon du premier
Qui fourre ses doigts dans son nez.

0 Tout est vide au rez-de-chaussée
La concierge est dans l’escalier.

On voit les secrets de la ville
Quand on descend au bout d’un fil.

Jacques Charpentreau ("La ville enchantée" - éditions de l'École, 1976)

  fille_verte_cr_ation__PP10Création poétique sur le thème du féminin à la manière de "Le Laveur de carreaux"

La structure répétitive de ce texte découpé en paires de vers rimés suscite des expériences intéressantes. Par exemple ici :
http://alain.digiovanni.free.fr/print1.htm

On pourrait imaginer, en s'inspirant des strophes 19 - 10 - 9 - 4 - 3 - 0 (deux vers rimés), un immeuble avec des situations, des saynètes, pas toujours uniquement composées d'un ou plusieurs personnages féminins, mais dans lesquelles ces personnages féminins seraient les acteurs principaux (la grand-mère, la couturière, une maman et son bébé, divers métiers exercés par des femmes ...)

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La soupe de la sorcière

Dans son chaudron la sorcière
Avait mis quatre vipères
Quatre crapauds pustuleux
Quatre poils de barbe-bleue
Quatre rats, quatre souris
Quatre cruches d’eau croupies
Pour donner un peu de goût
Elle ajouta quatre clous

Sur le feu pendant quatre heures
Ça chauffait dans la vapeur
Elle tourne sa tambouille
Et touille et touille et ratatouille
Quand on put passer à table
Hélas c’était immangeable
La sorcière par malheur
Avait oublié le beurre

Jacques Charpentreau

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Dans son recueil "POÉSIE EN JEU", Jacques Charpentreau propose différents types de textes poétiques. On trouvera dans la catégorie PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes, au paragraphe "JEUX", d'autres amusements littéraires et poétiques de divers auteurs.

Voici un acrostiche pour une idée de création poétique au féminin :

Prénom

Je viens de perdre mon prénom
Au bord d'une page nouvelle,
Ce plaisantin, ce vagabond
Qui se sauve quand je l'appelle.
Un lecteur peut-il le chercher
Et me dire où il s'est caché ?
Saurez-vous me le retrouver ?

Jacques Charpentreau ("Poésie en jeu" - éditions Ouvrières, 1981)

fille_verte_cr_ation__PP10Acrostiche féminin à la manière de "Prénom"

Le principe serait de décrire (qualités, défauts, caractère...) en vers rimés ou non, une élève de la classe, avec la contrainte de l'acrostiche : chaque lettre de son prénom est dans l'ordre, l'initiale d'un vers. Variante, utiliser les syllabes pour réduire la longueur du poème, l'écrire à l'envers, etc.

Exemple :  Mon amie : Je la connais depuis longtemps  / Un peu timide mais souriante / Le regard bleu, les cheveux blonds / Il faut que je vous la présente / Appellez-la par son prénom !   

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La recherche

Certains la cherchent dans les airs
Parmi les oiseaux des nuages,
D'autres dans les fleurs du bocage
Ou dans les algues de la mer.
Ils s'en vont la chercher en Chine,
Dans un temple ancien, à Pékin,
Dans les pages d'un vieux bouquin,
Dans les secrets d'une machine...
Pourquoi remuer la planète ?
Moi, comme je t'aime beaucoup,
Dans les cheveux blonds de ton cou
Je cherche la petite bête.

Jacques Charpentreau

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La fuyante

Vous me croyez douce et soumise
Mais malgré vos yeux grands ouverts,
Moi, je vous échappe à ma guise
Et je joue la fille de l'air.
Fille de l'air, enfant du songe,
Je pars au gré de mon caprice,
Sur une brise je m'allonge,
Dans un courant d'air je me glisse.
Quand je suis lasse, je repose
Sur un blanc coussin de nuage,
Avec le parfum de la rose
Sur l'aile du vent je voyage.

Jacques Charpentreau ( "Poèmes pour peigner la girafe"- éditions Hachette, 1994)

fille_verte_cr_ation__PP10Un caractère féminin

Choisir une qualité ou un défaut, un trait de caractère bien marqué à attribuer à une fille ou une femme, à la manière de "La fuyante". On peut se décrire soi-même (si on est une fille !) : la douce, la colérique, la paresseuse, l'étourdie, etc. Il s'agit de ne pas rester dans le description fidèle : comme dans le modèle, céder à l'exagération, s'éloigner du réel pour l'imaginaire, le fantastique.

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Le ciel de mon cœur

Le ciel est gris lorsque tu grondes :
Tombe la pluie, souffle le vent,
Et, dans un tourbillon, le monde
Se courbe et fuit en m’emportant
Au fond d’une forêt profonde
Où mon coeur souffre en attendant
Que s’apaise cet ouragan.

Le ciel est bleu quand ton sourire
Brille comme un jour de printemps.
Pas un nuage ne soupire,
L’aubépine a mis drapeau blanc.
Les oiseaux chantent pour te dire
Qu’aujourd’hui mon coeur est content :
Tu fais la pluie et le beau temps.

Jacques Charpentreau



1 mars 2008

Guillaume APOLLINAIRE - le féminin en poésie

Guillaume Apollinaire (1880-1918), poète français ami de Picasso et de Max Jacob écrit ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans.

... "Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes"


Guillaume Apollinaire ("La Chanson du Mal Aimé")

Voici quelques textes tirés du Bestiaire, pour Les Sirènes et deux animaux au féminin (il y en a d'autres dans le recueil) :

 Les Sirènes
Sachè-je d’où provient, Sirènes, votre ennui
Quand vous vous lamentez, au large, dans la nuit ?
Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
Et mes vaisseaux chantants se nomment les années.

La Mouche
Nos mouches savent des chansons
Que leur apprirent en Norvège
Les mouches ganiques qui sont
Les divinités de la neige.

La Méduse
Méduses, malheureuses têtes
Aux chevelures violettes
Vous vous plaisez dans les tempêtes,
Et je m’y plais comme vous faites.

Guillaume Apollinaire ("Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée" - éditions de la Sirène, 1919)

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Ce calligramme se compose initialement de deux parties superposées et s'intitule "la colombe poignardée et le jet d'eau" . Apollinaire l'a écrit, dessiné, dans les tranchées de la guerre de 1914-1918. La colombe est l'oiseau symbole de paix, que la guerre a "poignardé", réduisant à néant les amours du poète, poignardées elles aussi, représentées par les prénoms de jeunes filles :

La colombe poignardée [et le jet d'eau non reproduit ]

Apollinaire_calligramme_colombe

Douces figures poignardées chères lèvres fleuries
Mya Mareye
Yette et Lorie
Annie et toi Marie
Où êtes-vous ô jeunes filles
Mais près d'un jet d'eau qui pleure et qui prie
Cette colombe s'extasie

Guillaume Apollinaire ("Calligrammes - éditions Gallimard, 1918)

fille_verte_cr_ation__PP10Calligramme

Un calligramme est le tracé par l'écriture seule ou accompagnée d'éléments dessinés, de "l'objet" décrit dans le poème. On fera varier la forme des lettres, leur taille et leur couleur. Une adresse (lien à copier-coller) où vous trouverez de nombreuses productions d'élèves, tous thèmes confondus :
http://www.csdm.qc.ca/SJdelaLande/lesclasses/5web/Projets%202003-2004/Calligramme/calligrammes.htm

Sur ce blog, d'autres calligrammes d'Apollinaire sont rangés dans PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes. Voir aussi Madeleine Le Floch dans PRINT POÈTES 2010 : DES FEMMES POÈTES.

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Les femmes

Dans la maison du vigneron les femmes cousent
Lenchen remplis le poêle et mets l'eau du café
Dessus — Le chat s'étire après s'être chauffé
— Gertrude et son voisin Martin enfin s'épousent

Le rossignol aveugle essaya de chanter
Mais l'effraie ululant il trembla dans sa cage
Ce cyprès là-bas a l'air du pape en voyage
Sous la neige — le facteur vient de s'arrêter

Pour causer avec le nouveau maître d'école
— Cet hiver est très froid le vin sera très bon
— Le sacristain sourd et boiteux est moribond
— La fille du vieux bourgmestre brode une étole

Pour la fête du curé La forêt là-bas
Grâce au vent chantait à voix grave de grand orgue
Le songe Herr Traum survint avec sa sœur Frau Sorge
Kaethi tu n'as pas bien raccommodé ces bas

— Apporte le café le beurre et les tartines
La marmelade le saindoux un pot de lait
— Encore un peu de café Lenchen s'il te plaît
— On dirait que le vent dit des phrases latines

— Encore un peu de café Lenchen s'il te plaît
— Lotte es-tu triste O petit cœur — Je crois qu'elle aime
— Dieu garde — Pour ma part je n'aime que moi-même
— Chut A présent grand-mère dit son chapelet

— Il me faut du sucre Candi Leni je tousse
— Pierre mène son furet chasser les lapins
Le vent faisait danser en rond tous les sapins
Lotte l'amour rend triste — Ilse la vie est douce

La nuit tombait Les vignobles aux ceps tordus
Devenaient dans l'obscurité des ossuaires
En neige et repliés gisaient là des suaires
Et des chiens aboyaient aux passants morfondus

Il est mort écoutez La cloche de l'église
Sonnait tout doucement la mort du sacristain
Lise il faut attiser le poêle qui s'éteint
Les femmes se signaient dans la nuit indécise

Septembre 1901–mai 1902 (Guillaume Apollinaire ("Alcools" - Gallimard 1920)



1 mars 2008

André BRETON - le féminin en poésie

po_sie_Andr__Breton_portrait

<< portrait du poète par Victor Brauner (1934) - André Breton (1896-1966) est un poète surréaliste. On trouvera ici sur ce blog :  http://lieucommun.canalblog.com/archives/_print_poetes_2009___l_humour_des_poetes/p20-0.html une présentation et des idées de création poétique sur le modèle du cadavre exquis, dont il est l'un des inspirateurs.

On ne pourra hélas proposer aux élèves, comme ici, que des passages de ce premier texte, qui peut servir de modèle à un travail de création poétique :

Union libre (autre titre :  Ma femme)

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de
dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
À la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
À la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
À la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur
[...]
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats* qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
[...]
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
À la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
[...]
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

* Les calfats sont des marins qui bouchaient les espaces, calfeutraient les navires de bois pour les rendre étanches (cf "Les marteaux des calfats enfonçant leurs étoupes" - A. Brizeux)

André Breton ("Clair de terre", revue "Littérature" 1923, Gallimard 1931, disponible en Poésie-Gallimard, 1966)

fille_verte_cr_ation__PP10 Portrait féminin à la manière d'André Breton 

Choisir un modèle féminin, sujet du poème : personnage de roman, de BD, personnage réel proche (la mère, la soeur ...), personnage réel connu (par exemple exerçant un métier essentiellement féminin), personnage réel d'autres pays ou cultures, d'autres époques historiques (Jeanne d'Arc) sur lequel on se sera documenté ou bien encore femme imaginée (qu'il faudrait situer quand même).
En gardant la structure répétitive, associer à des éléments physiques des impressions, des bruits, des parfums, des couleurs, des éléments naturels. Utiliser le mouvement, l'effet de surprise, comme dans "À la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux".
On peut aussi
mêler des traits de caractère à des éléments physiques pour décrire la femme    (ex : douce / gentille comme ... / l'eau pure d'une source de montagne... / le bruissement des feuilles au premier matin de printemps"...)  



1 mars 2008

CHRESTIEN DE TROYES - le féminin en poésie

Chrestien (ou Chrétien) de Troyes, (1135-1185, dates approximatives) est un poète français, poète et auteur de romans de chevalerie.

La condition de la femme au Moyen-âge, les tisseuses de soie :

Complainte des tisseuses de soie

Il vit jusqu'à trois cents jeunes filles,
Occupées à divers travaux.
Elles travaillaient des fils d'or et de soie
Chacune de son mieux,
Mais dans une telle misère
Que beaucoup étaient sans coiffe et sans ceinture...
Leurs robes étaient déchirées,
Et leurs chemises sales dans le dos.
De faim et de mal elles avaient
Cous grêles et visages pâles.

Nous tisserons toujours des étoffes de soie
Et n'en serons jamais mieux vêtues.
Toujours nous serons pauvres et nues
Et toujours nous aurons faim et soif ;
Jamais nous ne saurons gagner
Assez pour avoir à manger.
Nous avons du pain à grand-peine,
Un peu le matin, moins le soir ;
Car jamais du travail de ses mains,
Chacune n'aura pour vivre
Plus de quatre deniers à la livre.
Avec cela nous ne pouvons pas
Avoir assez de nourriture et d'étoffe ;
Car qui gagne chaque semaine
Vingt sols n'est pas hors de peine.
Sachez-le bien :
Il n'y a aucune de nous
Qui gagne vingt sous ou davantage.
Un duc serait riche avec cela !
Notre pauvreté est grande
Et il est riche de notre misère
Celui pour qui nous peinons.
Nous veillons une grande partie de la nuit
Et tout le jour pour avoir un gain
;

Mais que vous raconterai-je ?
Nous avons tant de mal et de honte
Que je ne puis vous en dire le cinquième.

Chrestien de Troyes

 

fille_verte_cr_ation__PP10 Un métier féminin à la manière de Chrestien de Troyes 

On listera des métiers plutôt exercés par des femmes (de nombreuses activités professionnelles ne sont plus le "privilège" des hommes et à contrario des femmes): infirmière, sage-femme .. qu'on peut élargir à d'autres métiers autrefois féminins : couturière, fleuriste, et à des métiers qui jusqu'à récemment leur étaient interdits  : routier, pilote d'avion, militaire, mécanicienne, astronaute ...
A la première personne du singulier, dans un poème (rimes), une femme décrit le métier qu'elle exerce, dans ses difficultés et ses plaisirs, avec réalisme comme dans le texte du poète, ou avec humour. Variante : choisir un métier inhabituel (Présidente de la république française ...) ou totalement imaginaire ...



1 mars 2008

Jean COCTEAU - le féminin en poésie

livre_Cocteau_folio

Jean Cocteau (1889-1963) auteur de théâtre,  poète et cinéaste français, était aussi sculpteur, céramiste, peintre, dessinateur...
Le théâtre lui doit en particulier La Machine infernale, Les Parents terribles, Antigone.

image : livre "Choix de poèmes" -  Gallimard, Folio junior poésie, 2004)

Le texte présentés ici n'est pas représentatif de l'oeuvre poétique de Cocteau, à découvrir. Ils estt une illustration du travail sur la phonétique et les jeux de mots dont on peut sinon s'inspirer, du moins s'amuser comme lui un peu ... au féminin

Odile               

Odile rêve au bord de l'île,
Lorsqu'un crocodile surgit;
Odile a peur du crocodile
Et, lui évitant un "ci-gît",
Le crocodile croque Odile.

Caï raconte ce roman,
Mais, sans doute, Caï l'invente
Odile alors serait vivante
Et, dans ce cas-là, Caï ment.

Un autre ami d'Odile, Alligue
Pour faire croire à cette mort
Se démène, paye et intrigue
D'aucuns disent qu'Alligue à tort.

Jean Cocteau ("Le Potomak", 1919, 1924 et réédition Passage du Marais, 1999)



1 avril 2008

Des femmes poètes

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

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On dit aussi "poétesse", mais la sonorité n'est pas vraiment heureuse, et puisque le mot "poète" porte déjà la marque du féminin, considérons ici qu'il désigne l'ensemble des auteur(e)s de poésie.
Dans cette catégorie, uniquement des textes de femmes poètes, tous thèmes confondus.

Les textes de femmes poètes et de poètes hommes d'autres cultures sur le thème du féminin (francophones ou traduits) se trouvent dans la catégorie (en construction) PRINT POÈTES 2010 : LE FÉMININ DES AUTRES
Les textes d'hommes sur le thème du féminin en français sont ici : PRINT POÈTES 2010 : LE FÉMININ EN POÉSIE
Les textes d'Andrée Chedid sont ici : PRINT POÈTES 2010 : ANDRÉE CHEDID

  On trouvera l'ensemble des idées proposées par le blog pour la création poétique ICI :
>> PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes

Les textes les plus abordables à l'école maternelle ou élémentaire sont SOULIGNÉS dans le sommaire ci-dessous (travail en cours)

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SOMMAIRE

par nom d'auteures, dernière mise à jour le 22 fév 2010, 22 h 30

vous êtes à la page 1   :

Comptines et auteurs A - B - C

  • COMPTINES - HAÏKUS - CHANSONS - Marie Tenaille / Anne Froissard / Françoise Naudin / Emmanuelle Parrenin
  • Joëlle Abed - Le chat
  • Etel Adnan - Je suis femme
  • Claudia Adrover - La Loire au plus près 
  • Corinne Albaut - Les trois classes / Sept jours sur sept [+ CRÉATION] / Avoir un dragon chez soi / Le jour et la nuit
  • Huguette Amundsen - J'ai vu ...
  • Marie-Claire Bancquart - Il pleut / Au début mars
  • Colette Bonin-Gevers - Cathédrale 
  • Marie Botturi - L'absence / Le rêve de la Lune
  • Joëlle Brière - La fille de l'épicier
  • Renée Brock - Îles de Lérins / Jamais ...
  • Claude de Burine - Je me transformerai
  • Marguerite Burnat-Provins - Le Livre pour toi, plusieurs passages
  • Hélène Cadou - Je sais ... / Plus d'avenir / Le temps réconcilié / L'arbre / La feuille blanche / Encore un dimanche à rêver ... / Il faut laver ce que tu dis ...
  • Odile Caradec - La capucine / Petits travaux / Capitale de sang / Les poèmes
  • Marie-Magdeleine Carbet - Le ruisseau / L'acacia
  • Rolande Causse - Un coin champêtre / Je vois ces rues
  • Pernette Chaponnière - La neige / Le sapin de Noël / Les feuilles mortes / L'hirondelle
  • Anne-Marie Chapouton : Tortue / Quand on est tortue / La pluie / Il pleut / Rêve 4
  • Andrée Chedid - les textes d'Andrée Chedid sont ici : PRINT POÈTES 2010 : ANDRÉE CHEDID
  • Marie Chevallier - Je verse quelques pauvres larmes ... / Insouciance
  • Andrée Clair - ABRACADABRA / Le hérisson et l'oursin / Le perce-oreilles / Le kangourou
  • Christine Clairmont - Le pays
  • Alice Cluchier - La bulle / Tristesse / Pluie printanière / Le petit monde des enfants
  • Chantal Couliou : Caresses / Crayons de couleur
  • Anne Creuchet - Depuis que la lumière ...
  • Jocelyne Curtil - Petites maisons basses  / Je me cache dans les bagages du soleil / Le jour de mon anniversaire

PAGE 2 (cliquez pour un accès direct)

D - E - F - G

  • Michelle Daufresne : Petites ombres
  • Lise Deharme : L'horloger / La poule noire / La plume / Curieuse / La cage vide / Le cochon blond / Les pâquerettes
  • Lucie Delarue-Mardrus : Mauvaise rencontre / Petites souris / Problème / Le chat noir / Les poissons rouges / Les vaches / Le cochon / Ballade des échecs
  • Marceline Desbordes-Valmore : Les séparés / Ma fille / À mes enfants / Au revoir / Un nouveau-né / Une lettre de femme / Les roses de Saadi / Qu'en avez-vous fait ?/ Jours d'été
  • Anne-Marie Désert : LES VACHES 
  • Lucienne Desnoues - Hiboux / Rimes riches pour mirliton / Mesures / Le face-à-face
  • Emily Dickinson - voir la future catégorie "PRINT POÈTES 2010 : AUTRES CULTURES AU FÉMININ"
  • Béatrice de Die - Grande peine m'est advenue
  • Hélène Dorion - On peut très bien vivre / La terre, l'univers
  • Denise Dubois-Jallais (Denise Jallais) - Le temps des mirages / Les rites / L'hiver est comme une orange ouverte ... / Assise sur la dune ...
  • Chantal Dupuy-Dunier - Les animaux ... / L’hiver baisse la garde ... / Saorge
  • Marie-Jeanne Durry - Chanson
  • Nouad Es-Saad - Je t'ai suivie
  • Marie de France - Le lai du chèvrefeuille / Le corbeau et le goupil
  • Anne Froissard : voir COMPTINES en haut de cette page 1
  • Rosemonde Gérard : Bonne année / L'année / L'éternelle chanson (Le dernier rendez-vous) / Le sommeil / Paysage / Une rose / Le dernier papillon / Le crapaud / Le jardin vivant / Sabine Sicaud
  • Marie Gevers - Chanson pour apprendre aux cinq sens à aimer la pluie / repas du matin
  • Claire Goll - Danse captive / Démunie
  • Luce Guilbaud : Grand-mère / Attendre /Dans ma boîte [+ CRÉATION] / Un déjeuner de fous / Le nuage / Une petite maison / Le monstre de pierre / Une image / Le petit rêve / Le vent / J'étais perdue / Je t'offre un soleil / Je jouais / Année nouvelle

PAGE 3 (cliquez ICI pour un accès direct)

H - I - J - K - L - M

  • Anne Hébert - La page blanche / La neige / Il y a certainement quelqu'un ... / Rencontre
  • Jacqueline (et Claude) Held :  Acrobatie / Ballade pour un métro / Grillon de lune / Monsieur Pissenlit / Transformations
  • Gérard d'Houville (pseudonyme masculin) - Épitaphe / Les plus tristes amours du monde / Lorsque vous m'étendrez au bûcher de santal ...
  • Arlette Humbert-Laroche - On tue / Hier
  • Andrée Hyvernaud - Galette des rois / Les mots
  • Anne-Marie Kegels - Automne / La fenêtre
  • Vénus Khoury-Ghata - À Yasmine / La forêt a peur / La surface d'un automne / Ma mère au tronc creux / La voix lactée ... / À quoi sert l'école ? / À quoi sert un nuage ?
  • Anise Koltz - J'avance sans filet / Le mot change / Dans ce monde / Couchée dans le désert /J'écris les yeux grands ouverts / Le mur du son (quelques poèmes) / L'ailleurs des mots (quelques poèmes dont À ma mère)
  • Marie Krysinska - La gigue / Villanelle / Reprise / Devant le miroir / Le sabbat / Marion
  • Louise Labé - Je vis, je meurs ... / Luisant Soleil, que tu es bienheureux
  • Marie Laurencin - Le calmant / Le présent
  • Madeleine le Floch : Vers exclusif /Oiseau vert / Ver de mer / Vert de Lune / Haricot vert / Vertige [+ CRÉATION]
  • Madeleine Ley :  La girafe / En rêve j'ai trouvé [+ CRÉATION] / L'araignée / Grand-père
  • Claude Maillard - Calvaire
  • Gabrielle Marquet - Le sentier / Fantaisie / Les cailloux
  • Lise Mathieu - Matin de printemps / L'idée du bonheur
  • Jeanne Marvig - Le petit lapin / Le ruisseau
  • Louise Michel - Hirondelle / Chant de mort à mes frères / Chanson des prisons (La Commune) / Corrida de Muerte / Chant des captifs
  • Janine Mitaud - Voici les mots ... / L'avenir au bout de la plage
  • Jeanine Moulin - Dialogue / La poésie comme elle s'écrit ...

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N - O - P

  • Françoise Naudin : voir HAÏKUS en haut de cette page 1
  • Marguerite de Navarre - J'aime une amie entièrement parfaite ... / Le temps est bref et ma volonté grande
  • Anna de Noailles : Chaleur / Le jardin et la maison / J'écris pour que le jour où je ne serai plus ... / Chatte persane / Il fera longtemps clair, ce soir ...
  • Marie Noël - Ronde / Chanson / Chant de rouge-gorge / L'île / Chant de nourrice / Connais-moi / Si j'étais plante ...
  • Marie-Claire d'Orbaix - Sirène / Touffe de mots / Les Aînées
  • Emmanuelle Parrenin : voir COMPTINES en haut de cette page 1
  • Louisa Paulin : Chant de neige / La cançon del silenci (La chanson du silence) / Fum (Fumée) / Chat / La nouvelle année / Chanson de mariage / L'Escalier de verre / Chanson pour rire  [+ CRÉATION]
  • Cécile Périn - La coupe
  • Christine de Pisan - Seulette suis et seulette veux être ... / Du mal d'amour soiez vous tourmentez / Qui que die le contraire / Cent balades ay cy esscriptes
  • Thérèse Plantier - Mon amour
  • Mathilde Pomès - Martinets
  • Anne Pougeoise - Automne / Une cloche a sonné ...
  • Catherine Pozzi - Ave / Vale / La déesse qui m'a donné une pomme que je ne méritais pas / Ô vous mes nuits / Il ressemblait à l'absolu
  • Gisèle Prassinos - Dans tes yeux il y a la mer / La neige / La montre / Qu'est-ce qu'un chat ? / Recette / Comptine pour enfant pas sage

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Q - R - S

  • Simone Ratel - Berceuse du petit loir / La rainette
  • Madeleine Riffaud - Cheval bleu / Nuit
  • Emmanuelle Riva - Ses quatre volontés
  • Ann Rocard - Bien au chaud
  • Renée Vivien - Roses du soir / Sommeil
  • Annie Salager - Trouver bonheur ... / Popo / Oyats / Traces / Lumière
  • George Sand - À Aurore 
  • Albertine Sarrazin - Paris / Le soleil voudrait saigner sans arrêt / Je suis en mal du mal que j'aime ... / Rêve du 7 avril / La jacasse dans son noeud de ramures / Le merle / Je suis en partance
  • Cécile Sauvage - Je t'ai écrit au clair de lune / Le jour / Peut-être serai-je plus gaie / Mais je suis belle d'être aimée
  • Anne Scharz-Henrich - L'autre monde / Rêve luisant / Fleurs éternelles / La montre à remonter le temps
  • Madeleine de Scudéry - Contre Job / Impromptu sur des pots de fleur que Monsieur le Prince de Condé cultiva lui-même / Réponse au poème d'un de ses amis
    qui la flattait d'immortalité.
  • Colette Seghers - Berceuse pour Virginie
  • Sabine Sicaud - Le chemin de l'amour / Les trois chansons / La vieille femme de la lune / Vous parler ? / La chanson du soleil (Vassili)
  • Andrée Sodenkamp - La printemps / Les loups / Je suis ton grain pesé / La fenêtre est un livre d'images / Je suis du temps ... / Don Juan / Femmes des longs matins
  • Lucie Spède : Définition / Le mille-pattes / Oh dodo / Météo / Le monde à l'envers

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T - U - V -W

  • Marie Tenaille : voir COMPTINES en haut de cette page 1
  • Louise de Vilmorin :  Récitez-moi votre leçon / Dans le ciel mauve / Vers holorimes / Palindromes / Poème phonétique / La solitude est verte / L'île / Fado / La reine / Dame des courants
  • Angèle Vannier - Pierre / Forêt sans muguet / La lavandière
  • Anne Vernon - Est-ce moi qui choisis le creuset ? / La plage / Certains jours / Parfois / Mes questions frangent le silence
  • Renée Vivien - Roses du soir / Sommeil
  • Chantal Vuillod - Maison de la Culture, 1990
  • Liliane Wouters - A l'enfant que je n'ai pas eu / Ma tête dans le vent / Le bois sec / Que m'importent lieu, durée

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On peut lire ou télécharger d'autres poèmes, une liste d'auteures et une bibliographie sur le site du Printemps des Poètes, à cette adresse: http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=poetheque&page=14

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