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1 avril 2008

Madeleine Le Floch

Madeleine Le Floch est une auteure contemporaine, qui a publié en 1975 "Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver". Un recueil dans lequel elle joue avec les différents sens, les à-peu-près et les homonymies du vert, pour l'écriture de (quand même !) soixante-treize petits poèmes. En voici un échantillon :

Vers exclusif *

La mer
en s'en allant
écrivait sur le sable
un poème

que le vent
jaloux
effaçait.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

* Dans le recueil, ce texte porte le titre "Vert exclusif". Puisqu'il s'agit d'un poème que la mer écrit jalousement, est-ce une faute de frappe, ou faut-il titrer "Vers exclusifs" ?

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Oiseau vert

Il était une fois
un oiseau
que l'on avait
enfermé
dans une cage.

Du matin au soir
il criait :
que je suis malheureux !
Ah! que je suis donc
malheureux !

Comme il chante bien
disait la petite fille.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Ver de mer

Un poisson connaissait par cœur
les noms de tous les autres poissons.
Il connaissait les algues, les courants,
les sédiments, les coquillages.
C’était un érudit.
Il exigeait d’ailleurs qu’on l’appelât «maître » !
Il savait tout de la mer
Mais il ignorait tout de l’homme.
Et un jour il se laissa prendre au bout
d’un tout petit hameçon.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Vert de lune

Une idée fixe
un soir de carnaval
se déguisa en cerf-
volant
et se laissa
monter
jusqu'à la lune
où elle germa.

Quand vous irez sur
la lune
si vous rencontrez un cerf-
volant
ou une fleur
qui a l'air de venir
d'ailleurs
méfiez-vous!

C'est peut-être
une idée fixe
qui cherche
à redescendre.

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Deux poèmes sous  forme de calligrammes :

Haricot vert

L
e

ha
ri
cot
vert
était
très
comp
lexé
dep
uis
que
sa
li
gn
e
n’
ét
ai
t
pl
us
à
l
a
m
o
d
e

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)

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Vertige ("vert-tige", vous aviez deviné)

calligramme_la_fleur

Madeleine Le Floch ("Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver" - Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975)



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1 avril 2008

Luce Guilbaud

Luce Guilbaud , enseignante en arts plastiques, écrivain et poète, est née en 1941.
On trouvera d'autres textes pour la classe dans les catégories rangées par cycles.

Deux ouvrages parmi d'autres : Le dé bleu, ; La petite fille aux yeux bleus.

Pas de rire aux éclats, un sourire, de la gaieté, ou du moins la joie de vivre, dans ces poèmes, dont les titres sont suggérés par le blog.

On retrouvera avec d'autres auteures, les deux premiers textes sur le site du Printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com/

Grand-mère

Grand-mère sur le seuil
avec son sourire
et autour un visage
bien ridé, déjà
(elle a quel âge ? on ne compte pas!)

Elle est là avec la maison
les chambres les fenêtres
les escaliers la cheminée
tout ça pêle-mêle
avec les valises les raquettes
les épuisettes

et la mer tout à côté
qui commence à chanter.

La maison du matin
habillée de rires
et d'odeurs de pain grillé
de confitures de coing
maison de carrelage frais lavé

c'est une maison qui va et vient
de la cave au jardin
en berçant ses grands pins
une maison avec des bras
si doux si près du rêve

c'est la maison de grand-mère
maison d'été maison d'hier
qui ferme ses volets l'hiver.

Luce Guilbaud

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Attendre

Attendre dans la paix
Tracer une ligne
joignant
main et main
pour serrer
très fort

Attendre dans la paix
Sonner les cloches
pour entendre

à l'horizon
l'heure
du silence

Attendre dans la paix
Règnera le vent
qui souffle
uniformément
du nord
au sud

Attendre dans la paix

Luce Guilbaud

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Dans ma boîte

J’aurai une grande boîte
pleine de soleil
pour les jours de pluie
pleine de sourires
pour les jours de grogne
pleine de courage
pour les jours de flemme.

Et dans ma boîte j’aurai aussi
plein de coquillages
pour écouter la mer.

Luce Guilbaud

fille_verte_cr_ation__PP10À la manière de "Dans ma boîte" ...

Voir ici des productions d'élèves :
en CE1 : http://ecoles18.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/rosieres/articles.php?lng=fr&pg=159si
et en CM2 ici, sous forme de petit livre à plier au format pdf :
http://petitslivres.free.fr/petitslivres/AUT/SEB0708002C.pdf

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Un déjeuner de fous

J’organise aujourd’hui
un déjeuner de fous
une chasse à l’herbe folle
un braconnage de fruits verts.
Nous boirons sous les pommiers
du cidre de la pleine lune,
nous ferons un jardin
des moissons d’amitié
de mots sans trèves
et de soleils givrés.
Et dans ce paysage
de rêveries bruissantes
nous danserons
sur l’ennui des dimanches.


Luce Guilbaud ("La petite feuille aux yeux bleus" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le nuage

Un joli nuage blanc
arrive sur la ville
il joue
entre les toits
entre les tours
entre les flèches
il passe sur les ponts
et se voit gris
dans les reflets de l'eau
il se sent fatigué
il tousse un peu
il se regarde dans les vitrines
il se fait peur
il est devenu noir

le nuage s'en va
lâchant quelques larmes
quelques gouttes de pluie
il va se refaire une santé
à la campagne.

    Luce Guilbaud

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Une petite maison

Une petite maison de branches
Avec sa porte d’herbes
Et son lit de mousse
Une petite maison dans les bois
Pour cacher ses secrets
Pour inventer le monde.
Une petite maison
Une cabane
Pour être ici
Pour être ailleurs
Dans nos histoires.


Luce Guilbaud ("Une cigale dans la tête" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Le monstre de pierre

Le vent et la pluie me hantent
Le gel fait craquer mes grimaces
Le soleil me nargue et me brûle
Mais je lui tire la langue !


Je ricane et je vocifère
Je gronde et je balbutie
J’étonne et j’effraie
J’ai mille frères et mille soeurs
Avec des queues des cornes
Des griffes des écailles des hures
Des groins des serres
Des dents pointues
Des trognes ébouriffées
Des nez épatés des yeux exorbités


Armé de piques de fourches
Je harcèle, j’étrangle, j’étripe
J’ouvre les portes de l’enfer
Je suis griffon, cerbère, chimère
Je suis un monstre de pierre.

Luce Guilbaud ("Loup y es-tu ?" - éditions Enfance heureuse)

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Une image

Quel dommage,
Pensait une image
D’être attachée sur cette page !
Car la belle image
Rêvait de voyage
Et de vent du large
Elle en pleurait de rage
Mais un vieux sage
Conseilla l’image :
"Pour partir en voyage ?
Il suffit de tourner la page !"

Luce Guilbaud

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Le petit rêve

C’est un petit rêve léger
Un rêve bien plié sous mon oreiller
C’est un rêve doux et chaud
Qui va pieds nus dans l’herbe fraîche,
Un rêve transparent
Qui glisse entre les yeux
Et se blottit sous les paupières.
C’est un rêve coloré qui murmure
Encore en moi quand le soleil
Ouvre ma porte.
C’est un petit rêve léger
Qui accompagne ma journée.

Luce Guilbaud ("Les oiseaux sont pleins de nuages" - éditions Soc et Foc)

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Le vent

Je plains le vent
Le vent se plaint
le vent gémit
le vent souffre quand il souffle
le vent voudrait se reposer
déposer sa douleur
dans le creux d’un rocher
danser avec les mouettes
doucement tranquillement
les emporter sur un nuage
le vent rêve de tendresse
mais il est condamné à hurler
à déchirer les feuilles mortes
à griffer nos visages dans la pluie
ça le met en colère le vent
d’être si méchant !
Alors il s’emporte et devient fou
le vent tornade tempête
sa douleur n’a plus de bornes
il détruit tout sur son passage
puis il s’arrête essoufflé désespéré
dans un lointain désert
et là-bas il s’endort
en rêvant de caresses.
Je plains le vent.

Luce Guilbaud

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J’étais perdue

J’étais perdue dans la ville
Entre les façades noires
Et les boutiques bariolées
J’étais perdu parmi la foule
J’avais perdu mon nom
Et le chemin de ma maison.
C’est en suivant un pigeon
Puis un couple de pinsons*
Qu’au détour des violettes
Et du bleu des arbres
J’ai retrouvé mon nom
Et le chemin de ma maison.


Luce Guilbaud - * et pas "un couple de personnes", erreur signalée par une lectrice, merci !

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Je t'offre un soleil

Je t'offre un soleil
dans mes mains nues
quelques touches de brume
un dé de pluie
et la ligne bleue des collines

sans guirlande
sans papier cadeau
je t'offre un monde
avec mon coeur

Luce Guilbaud ("La petite feuille aux yeux bleus" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

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Je jouais

Je jouais à grimper à l'arc-en-ciel
comme à l'échelle
Sur le jaune
j'ai cueilli des boutons d'or
Sur l'orange
j'ai des clémentines
Sur le rouge
des framboises et des cerises
Plus haut, j'ai respiré les violettes
Dans le bleu
j'ai coupé une fenêtre de ciel
pour voir l'indigo
Et je suis tombé par la fenêtre
sur l'herbe verte.

Luce Guilbaud

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Année nouvelle

Année nouvelle
Donne moi les oiseaux
Qui possèdent les mots
Doux et tendres
Les mots du coeur
Du grand large
Et de l'évasion

Année nouvelle
Donne moi les fruits d'or
Dont chaque graine
Égrène les notes
Qui chantent la douceur
D'aimer en arpège
Jusqu'aux montagnes bleues
Derrière l'horizon.

Luce Guilbaud



1 avril 2008

Louisa Paulin

Louisa Paulin (1888-1944) a vécu dans le Tarn, où elle a été institutrice. Elle écrit ses poèmes d'abord uniquement en français, puis en français et en occitan.
“Je me suis mise à la langue d'Oc par repentir d'avoir si longtemps ignoré mon pays et peut-être de l'avoir un peu méprisé”.

On ne connaît généralement de Louisa Paulin que ses poèmes en français. Voici deux textes qu'elle a écrits dans les deux langues :

Chant de neige

L'ange de la géométrie, mon cœur,
Ce matin d'hiver veut nous prendre au piège.

L'ange étincelant nous ouvre, mon cœur,
Le blanc paradis des cristaux de neige.

Et nous sommes là, fascinés, mon cœur,
Par sa merveilleuse et pure science.

Et nous sommes là, prisonniers, mon cœur,
De son ineffable et cruel silence.

Louisa Paulin ("Rythmes et Cadences", 1947)

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La cançon del silenci.

Vèni, ausirem, anuèit, la Cançon del silenci,
la cançon que comença,
quand s'escantís, la nuèit, lo cant del rossinhòl ;
la cançon que s'ausís al doç cresc de l'erbeta,
la cançon de l'aigueta
que se pausa, un moment, al rebat d'un ramèl ;
la cançon de la branca
que fernís e que dança
desliurada del pes amorós d'un ausèl ;
la secreta conçon breçant l'ombra blavenca
del lir còrfondut de promessa maienca,
qu'espèra, per florir, un signe del azur.

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La chanson du silence

Viens, nous entendrons, ce soir, la chanson du silence,
la chanson qui commence,
quand s'achève, la nuit, le chant du rossignol ;
la chanson qu'on entend à la douce croissance de l'herbe,
la chanson de l'eau vive
qui se repose, un moment, au reflet d'un rameau ;
la chanson de la branche
qui frissonne et qui danse
délivrée du poids amoureux d'un oiseau ;
la secrète chanson berçant l'ombre bleuâtre
du lis défaillant de promesse printanière,
qui attend, pour fleurir, un signe de l'azur.

Louisa Paulin

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Fum 

Non, non, anuèit vòli fugir l'ostal !
Vòli lo fial de lum que s'estira suls camps
Quand lo lauraire aluca un fuòc d'erbassas.
O fial de fum, vèni ligar un raive,
Un rave que m'escapa
– coma tu, lial de fum –
Per fugir cap a las estelas.

Louisa Paulin ("Sorgas")

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Fumée

Non, non, ce soir je veux fuir la maison !
Je veux le fil de fumée qui s'étire sur les champs
Quand le laboureur allume un feu de mauvaises herbes.
Ô fil de fumée, viens lier un rêve,
Un rêve qui m'échappe
comme toi, fil de fumée
Pour fuir vers les étoiles.

Louisa Paulin ("Sources")

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Chat

Chat, chat, d'où viens-tu ?
- Je viens du fond de la nuit,
je viens de jouer sans bruit
avec le vent et la lune.

Chat, chat, d'où viens-tu ?
- Je viens d'aiguiser mes dents
à l'or du soleil levant
je l'ai cardé de mes griffes.

Chat, chat, d'où viens-tu ?
- Je viens de lustrer mon corps
sous la pluie des gouttes d'or
et ma fourrure étincelle.

Chat, chat, d'où viens-tu ?
- D'un pays silencieux
qui dort au fond de mes yeux
à l'abri de mes paupières.

Chat, chat, d'où viens-tu ?
- D'un pays où je suis roi
moi, j'en viens, vous n'irez pas,
vous n'irez pas, demoiselle !

Louisa Paulin ("Poèmes")

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La nouvelle année

Nouvelle année, année nouvelle,
Dis-nous, qu’as-tu sous ton bonnet ?
J’ai quatre demoiselles
Toutes grandes et belles.
La plus jeune est en dentelles.
La seconde en épis.
La cadette est en fruits,
Et la dernière en neige.
Voyez le beau cortège !
Nous chantons, nous dansons
La ronde des saisons.

Louisa Paulin

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Cette "Chanson de mariage" a été mise en musique par Henri Rys. On la trouve souvent sans les troisième et quatrième couplets

Chanson de mariage

La pie veut se marier,
C'est pour rire, c'est pour rire,
La pie veut se marier,
C'est pour rire et pour pleurer.

Elle épousera le geai,
C'est pour rire, c'est pour rire,
Elle épousera le geai,
C'est pour rire et s'amuser.

C'est un fort joli garçon,
C'est pour rire, c'est pour rire,
C'est un fort joli garçon,
C'est pour rire sans façon.

Il a un bel habit bleu,
C'est pour rire, c'est pour rire,
Il a un bel habit bleu,
C'est pour rire quand on peut.

La pie est folle du geai,
C'est pour rire, c'est pour rire,
La pie est folle du geai,
C'est pour rire et pour chanter.

Quand ils se sont fiancés,
C'est pour rire, c'est pour rire,
Quand ils se sont fiancés,
On a ri, chanté, dansé.

Le jour ils se sont griffés,
C'est pour rire, c'est pour rire,
Le jour ils se sont griffés,
Ce n'est que pour commencer.

Demain ils s'épouseront,
C'est pour rire, c'est pour rire,
Demain ils s'épouseront,
Et le soir ils se battront.

La pie veut se marier,
C'est pour rire, c'est pour rire,
La pie veut se marier,
C'est pour rire et pour pleurer.


Louisa Paulin (dans l'anthologie d'Armand Got "Pin Pon d'or" - éditions Colin-Bourrelier, 1972)

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L'Escalier de verre

Pour arriver dans cette terre
Passez par l'Escalier de verre.

Alors quittez vos lourds sabots,
Le verre est fin, les pieds sont gros.

Je suis allée dans un pays
Où l'on attelait les fourmis.

Je suis entrée dans les maisons
Où l'on y sucrait les jambons.

Je suis allée à l'écurie
On y déployait un tapis ;

La lune brillait tout le jour,
Le soleil était dans le four.

Le pain cuisait à la fontaine
Et les hommes filaient la laine.

Le feu pleurait des larmes d'eau,
La fermière plumait un veau.

Le vin coulait à l'abreuvoir
Et l'eau ruisselait du pressoir.

Les vaches paissaient les nuages
Et tous les enfants étaient sages.

Les loups berçaient les nourrissons
Et leur murmuraient des chansons.

Les renards allaient à confesse
Et le lutin chantait la messe.

L'église dansait la polka
Et les maisons la mazurka
 
Alors pour quitter cette terre
J’ai repris l'Escalier de verre
J'ai dit à tous ceux que j'ai vu
Et personne, alors, ne m'a cru.

Mais si vous voulez tout savoir
Fermez les yeux, allez-y voir.

Je prends la clé et je la serre
Au bas de l'Escalier de verre.

Celui qui la retrouvera
Mon petit conte achèvera.

Personne n'a trouvé la clé.
Cric ! Crac ! Mon conte est achevé.


Louisa Paulin ("L'escalier de verre")

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Chanson pour rire

Le Rat, la Rate sont partis
Quel beau voyage !
Le Rat, la Rate sont partis
Pour voir Paris.

Ils sont partis en avion
Quel beau voyage !
Ils sont partis en avion
avec Raton.

En arrivant se sont assis
Quel beau voyage !
En arrivant se sont assis
Pour voir Paris.

Sur Notre-Dame de Paris
Quel beau voyage !
Sur Notre-Dame de Paris
Quel beau pays !

Ils ont mangé la Tour Eiffel
Quel beau voyage !
Ils ont mangé la Tour Eiffel
Au caramel.

Ils reviendront tous par sans-fil
Quel beau voyage !
Ils reviendront tous par sans-fil
Ainsi soit-il !

Louisa Paulin (dans l'anthologie d'Armand Got "Pin Pon d'or" - éditions Colin-Bourrelier, 1972)

fille_verte_cr_ation__PP10Une chansonnette à la manière de Louisa Paulin

Des classes se sont amusées ici à créer des comptines chantées à la manière de ces deux chansons de Louisa Paulin. A vous de voir si...
En maternelle : http://www.perigord.com/asso/asco/pages/ecoles.htm
En Cycle 3 (CM) : http://www.ac-nancy-metz.fr/ia88/Lubine/chansons_pour_rire.htm



1 avril 2008

PP 09 - L'humour de PAUL VAILLANT-COUTURIER

Paul Vaillant-Couturier (1892-1937) était journaliste, écrivain, et poète mais l'Histoire a surtout retenu son engagement pacifiste et sa carrière politique. Il contribue à la diffusion de la « chanson de Craonne » pensant la guerre de 14-18. Journaliste au "Canard Enchaîné", en 1917, il crée en 1919 la revue pacifiste et artistique Clarté, avec Henri Barbusse.
Après le Congrès de Tours (1920), il participe à la fondation du Parti communiste français .

recueils de poésie : La Visite du berger (1913) et  Trains rouges (1922).

L'alphabet (première version)

Le A majuscule monte dans le ciel comme une Tour Eiffel.
Le B est un monsieur à gros ventre.
Le C fait la révérence.
Le D est le dernier quartier de lune.
Le E a faim de toutes ses dents.
Le F est une grue dressée sur un chantier.
Le G ouvre sa bouche pour vous avaler.
Le H dresse ses deux poteaux sur le terrain de rugby.
Le I est un monsieur très maigre qui se tient droit.
Le J a le profil d'une louche à soupe.
Le K est un képi très haut.
Le L me servira d'équerre.
Le M est deux ponts dans la plaine.
Le N nous avertit d'un virage dangereux.
Le O est une belle pomme.
Le P pourrait servir de parapluie.
Le Q a le profil d'une raquette.
Le R est une pieuvre sur ses gardes.
Le S se tortille comme un serpent.
Le T est perché comme une antenne sur le toit.
Le U est un trapèze.
Le V est comme un oiseau dans le ciel.
Le W est comme les racines d'une molaire.
Le X présente deux épées qui se croisent.
Le Y est une baguette de sourcier.
Le Z est le signe de Zorro.

Paul-Vaillant Couturier

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L' alphabet (deuxième version)

"Paul se plaisait à imaginer les lettres un peu comme se les imaginaient les enlumineurs de manuscrit...
II y avait l'A, gendarme campé sur ses bottes,
le B, gros monsieur sans fesses roulant sur son ventre,
le C qui fait la révérence,
le D qui est assis derrière son comptoir,
le E qui a faim de toutes ses dents,
le F qui indique la sortie,
le G, menuisier des lettres avec son étau,
le H avec ses duellistes qui s'enferrent
le I monsieur maigre qui salue,
le J qui saute
et le K petit bossu,
le L qui envoie son coup de pied,
le M, la plus assise des lettres,
le N, montagne russe pour aller au ciel,
le O à qui on n'a qu'à dessiner une figure comme à la lune,
le P, initiale de Paul, ce qui suffit,
le Q dont on fait un rat en lui mettant deux oreilles,
le R mousquetaire, la plus noble et la plus majestueuse des lettres,
l'anguille du S,
la balance du T,
l'U tête sans crâne,
le V de vipère et le mystère de son identification
avec l'U sur les affiches,
le W qui n'est nulle part que sur les cabinets
et les parents lointains des lettres qui offrent avec le W une évocation d'exotisme et de voyage : X, Y, Z."

Paul Vaillant-Couturier ("Enfance" - Editions  Messidor, 1987)

logo_cr_ation_po_tiqueLa forme des lettres, évocation poétique

L'observation des lettres de l'alphabet permet l'évocation poétique. On imaginera d'autres correspondances (cf aussi "Voyelles", le poème d'Arthur Rimbaud, en formes et couleurs :

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes ...

Autres matériaux : les chiffres : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9, les signes d'écriture  : , ; . ! ? ... ( " ¨^@ + - X

Dans la nouvelle "L'alphabet de Mondo", ci-dessous, Le Clézio, auteur contemporain, livre d'autres visions de l'alphabet : [...]

L'homme avait pris dans son sac de plage un vieux canif à manche rouge et il avait commencé à graver les signes des lettres sur des galets bien plats. En même temps, il parlait à Mondo de tout ce qu'il y a dans les lettres, de tout ce qu'on peut y voir quand on les regarde et quand on les écoute.

Il parlait de A qui est comme une grande mouche avec ses ailes repliées en arrière ;  de B qui est drôle, avec ses deux ventres, de C et D qui sont comme la lune, en croissant et à moitié pleine, et O qui est la lune tout entière dans le ciel noir. Le H est haut, c'est une échelle pour monter aux arbres et sur le toit des maisons ; E et F, qui ressemblent à un râteau et à une pelle, et G, un gros homme assis dans un fauteuil ; I danse sur la pointe de ses pieds, avec sa petite tête qui se détache à chaque bond, pendant que J se balance ; mais K est cassé comme un vieillard, R marche à grandes enjambées comme un soldat, et Y est debout, les bras en l'air et crie : au secours ! L est un arbre au bord de la rivière, M est une montagne ; N est pour les noms et les gens saluent de la main, P dort sur une patte et Q est assis sur sa queue ; S, c'est toujours un serpent, Z toujours un éclair ; T est beau, c'est comme le mât d'un bateau, U est comme un vase. V,W, ce sont des oiseaux, des vols d'oiseaux ; X est une croix pour se souvenir.
Avec la pointe de son canif, le vieil homme traçait les signes sur les galets et les disposait devant Mondo.


Jean-Marie Gustave Le Clézio ("Mondo et autres histoires" - éditions Gallimard, 1978).

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3 février 2008

PRINTEMPS DES POÈTES 2010 - COULEUR FEMME - ANDRÉE CHEDID- PRÉSENTATION

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

bandeau_no_pub_ligne


Andr_e_Chedid_blogAndrée Chedid - image empruntée au site référencé, qui propose des ressources biographiques et bibliographiques - autres sites :  http://www.mondalire.com/chedid.htm  et le site "officiel" : http://www.andreechedid.com/

Vous trouverez sur cette page une présentation de l'auteure et quelques textes classés par niveau de difficulté supposée.

"Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde; mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l'avenir" (Andrée Chedid, dans son roman "Le message" )

Andrée Chedid (pas d'accent sur le "e")  est une poétesse française aux racines multiples : 
Née en 1920 en Égypte (Le Caire) de parents libanais, elle vit au Liban de 1942 à 1946 puis vient s'installer en France (où elle avait séjourné enfant) et adopte la nationalité française.  
Auteure de nombreux romans, récits, pièces de théâtre, recueils de poésies, ainsi que de contes et de comptines pour les enfants, elle a également écrit des paroles de chansons interprétées par son petit-fils Matthieu Chedid ("M"), fils du chanteur Louis Chedid.  
Andrée Chedid est absente de la plupart des anthologies poétiques : un oubli remarquable et majeur, entre-autres, celui de Jean Orizet dans son pavé "La poésie française contemporaine" (Le cherche midi éditeur, 2004), qui réunit environ 150 auteurs. Comme d'autres "poétesses", elle est souvent cantonnée aux recueils de poésie féminine, aux thèmes étiquetés "féminins", ou encore à l'édition "jeunesse" et au secteur scolaire.

Le Printemps des Poètes 2008, sur le thème de L'Éloge de l'autre (accès aux textes de cette catégorie colonne de gauche) avait mis en exergue ce passage d'un poème d'Andrée Chedid :

"Toi
Qui que tu sois
Je te suis bien plus proche qu'étranger".

(derniers vers du poème TOI-MOI"  - "Visage premier, Flammarion, 1972) - voir le poème intégral plus bas

Elle sera "l'ambassadrice" du Printemps des poètes 2010, sur le thème Couleur femme. On trouvera donc ici les textes de l'auteur déjà présentés dans la catégorie du blog Éloge de l'autre (Printemps des Poètes 2008), En rires (PP 2009) ainsi que d'autres textes, tous thèmes confondus. 

livres_Chedid_enfants

<< ci-dessus en image et ci-dessous en couleur, des recueils accessibles aux élèves de primaire.  
Bibliographie poétique (source principale recoupée : Wikipédia et deux autres sites signalés plus haut) :  
Textes pour une figure, Éditions du Pré aux clercs, Paris, 1948 / Textes pour un poème, G. L. M., Paris, 1950 / Textes pour le vivant, G. L. M., Paris, 1953 / Textes pour la terre aimée, G. L. M., Paris, 1955 / Terre et poésie, G. L. M., Paris, 1956 / Terre regardée, G. L. M., Paris, 1957 / Seul le visage, G. L. M., Paris, 1960 / Lubies, G. L. M., Paris, 1962 / Double-pays, G. L. M., Paris, 1965 / Contre-chant, Flammarion, Paris, 1968 / Fêtes et lubies : petits poèmes pour les sans-âge, Flammarion, Paris, 1973 (réimpr. 1996 (coll. « G.F. ») / Prendre corps, G. L. M., Paris, 1973 / Cérémonial de la violence, Flammarion, coll. « Poésie », Paris, 1976 / Fraternité de la parole, Flammarion, coll. « Poésie », Paris, 1976 / Le Cœur et le temps : poèmes pour les enfants, L'École des Loisirs, Paris, 1977 / Cavernes et soleils, Flammarion, coll. « Poésie », Paris, 1979 (réimpr. 2005) / Lubies, L'École des Loisirs, coll. « Chanterime », Paris, 1979 / Par-delà les mots (poèmes), Flammarion, Paris, 1995 /Grammaire en fête, Ed. Folle avoine,1984 / Territoires du souffle (poésie), Flammarion, Paris, 1999 / Naître plus loin, Lo Païs d'Enfance, Draguignan, 1997 / Rythmes (poèmes), Gallimard, Paris, 2002.
D'autre part, deux recueils réunissent une sélection des textes publiés dans tous les recueils précédemment cités : Textes pour un poème (1949-1970), Flammarion, 1987 et Poèmes pour un texte (1970-1991), Flammarion, 1991.

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rappel : les publicités insérées sur le blog sont indépendantes de notre volonté

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28 mai 2009

PRINTEMPS DES POÈTES 2009

 

lettre___Monsieur_Lapin_apl

ci-dessus, exemple d'objet poétique à créer proposé :
Lettre à Monsieur Lapin

Veuillez trouver dans ce colis
en promotion "chasse et nature"
vos bouchons d'oreille anti-bruit.
Nous régler avant ouverture.*
* de la chasse

Sérieux s'abstenir, le thème du
Printemps des poètes 2009 
est "en rires"
Voici un choix de textes et d'idées
de création poétique pour la classe
 sur le thème de l'humour
cliquez sur les liens :

PRINT POÈTES 2009 : L'HUMOUR des poètes (divers auteurs)
et
PRINT POÈTES 2009 : JEAN TARDIEU
(choix de textes de Jean Tardieu)

lever_du_jour_DR_fen<< Voir aussi LES CATÉGORIES en MAJUSCULES POUR LA CLASSE

et puisqu'il arrive :    UNE SAISON en POÉSIE - été

<< L'été ou presque !

Le blog http://jourssemisentre2.canalblog.com/
propose des créations en arts plastiques pour les textes


 

 POÈME À LA DEMANDE

Vous cherchez le texte, le titre ou l'auteur d'une poésie ou d'une chanson ?
Laissez votre recherche précise ci-dessous, en commentaire de ce message
et lisez ICI les textes en recherche et ceux trouvés

NB. Le lien "contacter l'auteur" ne fonctionne pas toujours, préférez les commentaires


S_villa___septembre_2008___portrait_mur
Un mur, Sévilla, sept 2008 : décrépitude naturelle  (photo lieucommun)

Portrait dégoûtant

Il avait mauvaise mine
une langue de vipère
un nez de fouine
des oreilles de cocker
des dents de loup
des yeux de mouche
mais surtout
une bouche d'égoût.

C'est pourquoi
il ne se sentait pas bien du tout.

Antoine Bial


Les textes qui suivent seront rangés dans la nouvelle catégorie : Antoine Bial : Actus

Actualité de la semaine : samedi 23 avril 2009
 Contexte : Le 72e Festival de Cannes, strass et paillettes, montée des marches pour les stars, poses photo sur la plage pour les starlettes d'un jour.

Cinémas 

La Croisette déroule son tapis rouge,
Festival de Cannes,

prestige de stars.
La montée des marches fait tourner les têtes.

La Croisette déroule son tapis de sable,
festival de cannes,

vertige de starlettes
qui ne tournent que sur place.

La Croisette déroule son tapis bleu,
estival de Cannes,

la starlette arrête son cinéma.
Silence on tourne
la page.

Antoine Bial


 

Actualité de la semaine : lundi 20 avril 2009
 Contexte : Dialogue de malentendus à l'Elysée. Le Président et des journalistes.

Samedi 18 avril, Frédéric Lefebvre a accusé Libération de "ressembler de plus en plus à un tract". Selon lui, le quotidien, "après avoir perdu ses lecteurs, perd sa crédibilité". Le quotidien, citant des participants, avait mis dans la bouche du chef de l'Etat des commentaires notamment sur le président du gouvernement espagnol Zapatero, qui auraient été tenus lors d'un déjeuner avec des parlementaires.

Bien entendu

Bien entendu je n'ai rien dit
à ce propos,
je sais que vous l'avez compris
à demi-mot.
D'ailleurs je déments à l'avance
ce que je pense.
Ne jouez pas avec les mots.

- Bien entendu on reste sourd
à vos propos.
Comptez sur nous,
on rendra compte
mot pour mot.
On n'a pas le tract* pour le dire,
On va l'écrire
dans le journal.

* D'autres ont eu le trac de confirmer les propos.

Antoine Bial


Actualité de la semaine : vendredi 10 avril 2009
 Contexte : un député socialiste raconte...

"Alors que j'étais ce matin en réunion [...] à l'Assemblée pour préparer une proposition de loi que nous devons déposer la semaine prochaine, une collaboratrice de notre groupe m'a appelé pour me signaler que le vote allait bientôt intervenir sur ce texte et que, compte tenu du rapport de forces, il y avait une chance qu'il ne soit pas adopté. Lorsque j'ai accouru à l'hémicycle, j'ai constaté que plusieurs députés socialistes restaient groupés derrière la porte de l'hémicycle ou plus exactement derrière le rideau qui sépare le sas d'entrée du bas de l'hémicycle. J'ai évidemment compris qu'il s'agissait d'attendre là, la fin de l'intervention de la ministre pour faire une entrée groupée.[...] Comme quoi le vote d'un texte tient parfois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !"


Coup de théâtre

Le compte est bon
la voie est libre.
Le rideau s'ouvre
sur la première mise en pièces
d'Hadopi
(©tous droits réservés).

De leurs voix bien placées
les acteurs exécutent le texte
en un seul acte délibéré.
La majorité de la salle applaudit.

Très touchés,
les auteurs promettent
une prochaine représentation.

On leur souhaite
le même succès.

Antoine Bial


Actualité de la semaine : 21 mars 2009
 Contexte : On vide les entreprises mais on se remplit les poches. Le gouvernement menace de légiférer ...

Chut(e) !

On touche à ses valeurs
fondamentales,
on conteste les options qu'il a prises
en stock,
on lui reproche même
ses bonnes actions,
et quand il veut rendre des contes,
on  lui taille un costard
dans le parachute doré ...

Alors
il s'écrase.

Antoine Bial

 


 

 

 

3 février 2008

PRINTEMPS DES POÈTES 2010 - COULEUR FEMME - ANDRÉE CHEDID- TEXTES CYCLES 1 et 2

livre_Chedid_f_tes_et_lubies

- Andrée Chedid -

fl_che_d_grad__droite1. textes plutôt destinés aux cycles 1 et 2 (Maternelle, CP)
mais pas forcément ! à vous de voir ...

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L’anniversaire

J’ai neuf ans
Salut les vétérans !
J’aime l’élan
Mais pas les caïmans

J’ai neuf ans
Salut les descendants ! 
J’aime Laurent
Un peu plus que maman

Andrée Chedid ("Le Cœur et le temps" - chapitre 2 : Des bêtes et des choses - éditions de l'École des Loisirs, 1977) et "Lubies" - Flammarion, 1962)

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Le caillou

Le caillou
Passe-partout
Sans froufrou
Sans bagout
Est jaloux, très jaloux
De Nicéphore, le Pou
Ce casse-cou
Vent-debout
Qui court le guilledou !

Andrée Chedid ("Le Cœur et le temps" - éditions de l'École des Loisirs, 1976)

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La cervelle de papa

La sardine a des arêtes,
Papa n'en a pas !

Papa, lui, a un squelette,
Que la sardine n'a pas !

La machine a des ailes,
Papa n'en a pas !

Papa, lui, a de la cervelle,
Il dit que la machine, pas !

Andrée Chedid (Andrée Chedid ("Lubies" - Flammarion, 1962 - et "Fêtes et lubies" - éditions Guy Levis et l'École des Loisirs, chanterimes, 1979)

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Histoire de cou

Un jour, le kangourou
Se fit gourou
Pour se monter le cou
Et la girafe
Dut faire gaffe
De peur de tomber
En carafe !

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion,1972 et 1996)

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La fringale

Holà ! Holà !
Tous, garez-vous !
Les durs les doux
Les secs les mous
Holà ! Holà !
Je donne le signal :
Voilà que Dame Noix
A sa FRINGALE !

Les petits gâteaux
Font le gros dos
Les Cochonailles
De peur, défaillent
Les Confitures
Se claquemurent
Tous les Anchois
Sont aux abois

Mais rien rien Rien
Ne résistera
À la FRINGALE
De Dame Noix !

Andrée Chedid ("Le Cœur et le temps" - chapitre 2 : Des bêtes et des choses - éditions de l'École des Loisirs, 1977)

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Ding ! Dong !*

"Ding ! Dong ! Dingue !
dit la Grande Broingue,
J'emmène ma Vache en carlingue !"

"Survolant la Canebière
À chaque sursaut
À chaque trou d'air :
Ding ! Dong ! Dingue !
Fait son grelot.

"Ma vache est gaie
et pleine de lait
Grosso-modo,
elle ne dit mot.

"Quant à moi :
je suis trilingue !"
ajoute presto
la Grande Bringue.

"Ma Vache fait "Ding !"
Et moi, je suis Dingue !"

* ponctuation, majuscules et guillemets conformes au texte original

Andrée Chedid ("Le Cœur et le temps" - chapitre 2 : Des bêtes et des choses - éditions de l'École des Loisirs, 1977)

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L'éponge

Une éponge
Songe
Songe
Songe aux songes
D'une éponge
Qui songe

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion,1972 et 1996)

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Chedid_image_ch_vre

illustration du poème dans l'ouvrage "101 poèmes pour les petits"

La chèvre magique

La chèvre magique
A des tiques
Dans l'oreille gauche
Dans l'oreille droite
Et tic et tac
Et gratte et gratte
La chèvre magique
Se détraque

Andrée Chedid ("Lubies" - GLM, 1962  et "101 poèmes pour les petits" - Bayard Jeunesse, 2002)

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L'onomatopée

Lolo, nono,
Mama, topée !
C'est pas possible
A prononcer !

Glou-glou, tic-tac
Do-do, pé-pé,
Tout ça
C''est de l'O
NOMATOPÉE !

Lolo, nono
Mama, topée !
Un mot
A vous rendre toqué !

Cui-cui, chut-chut
Boum-Boum, yé-yé
Voilà des O
NOMATOPÉE ! *

Lolo, nono
Mama, topée!
Pourquoi vouloir
Tout compliquer !

* A.C. a mis "onomatopée" au pluriel sans "S"

Andrée Chedid  ("La grammaire en fête", Flammarion, 1993, collection Père Castor.  

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retour au sommaire Andrée Chedid ? cliquez ICI

3 février 2008

PRINTEMPS DES POÈTES 2010 - COULEUR FEMME - ANDRÉE CHEDID- TEXTES CYCLE 3 et COLLÈGE

- Andrée Chedid -

fl_che_d_grad__droitefl_che_d_grad__droite2. textes plutôt destinés au cycle 3 (CE2, CM1, CM2) et au Collège

 mais pas forcément ! à vous de voir ...

Chassé-croisé

Le Grain de Poussière
S'est mis au vert
Pour respirer

Un plein bol d'air

Ailé, ailé
Le Grain de Blé

S'est envolé
Vers la cité.

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973 et 1996)

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L'Exploit

"Rien qu'avec mes mandibules",
Dit la fourmi toisant Hercule,
"Je déplace vingt fois
Mon poids !"

"Et c'est Toi !
Qui te dis le Roi !"

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973)

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Le rire

Le rire
Pour rire
Quitta les hommes
Ce fut navrant
Fallait voir comme
Mais le rire
Bonhomme
Regagna son "home"
Riant riant
De voir comment
Un homme sans rire
N'est plus un homme

Andrée Chedid ("Le Cœur et le temps" - éditions de l'École des Loisirs, 1976) / ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973 et 1996) et également sur le site du Printemps des Poètes (archives 2009)

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La fourmi et la cigale

"Fini, fini !"
Dit la fourmi.
"Au diable la parcimonie ! Dès aujourd’hui
Je convie
Toutes cigales affranchies
A me chanter leurs mélodies,
Et nous fêterons, en compagnie,
La vie qui bouge,
La vie qui fuit !"

"Holà, holà !"
Fit la cigale
Poussant un cri très vertical.
"Pour moi, adieu le carnaval !
L’hiver, l’hiver m’a tant appris,
Et le souci tant rétrécie,
Que j’ai rangé toutes mes rêveries
Pour m’établir
En Bourgeoisie !"

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973 et 1996) 

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La majuscule s'impose pour "Le Secret" :

Le Secret 

D'où viennent-ils ?
Où vont-ils ?
Tous ces humains que cherchent-ils ?

Il court, il court, le Secret !
Et les hommes lui courent après !

Il est passé par ici,
Il repassera par là.

C'est comment, c'est quoi la vie ?
Bien malin qui le dira !

Elle est passé par ici,
Elle repassera par là.

Il court, il court, le Secret !
Et les hommes lui courent après !

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973 et 1996)

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Éloge de l'Accent

"Aigu
Grave
Ou circonflexe
Avec zèle
J’annexe
Par kyrielles
Les Voyelles !

A E I O U, mes Belles !
Je vous suis providentiel !
 
Je vous coiffe à tire-d’aile
Je vous gèle
Je vous flagelle
Je vous grêle
Je vous ombrelle !

U O I E A, Agnelles!
Rendez-vous à mes appels ! 
   
Aigu
Grave
Ou circonflexe
Je le répète sans complexe :
C’est l’Accent
Qui fait le Texte !

* La dernière strophe est absente de l'édition "Étonnants Classiques" Garnier-Flammarion 1996.

Andrée Chedid ("Fêtes et lubies" - éditions Flammarion - 1973 et 1996)

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fille_verte_cr_ation__PP10Dans le poème qui suit, Andrée Chedid féminise l'Automne. Est-ce que ça ne vous donnerait pas des idées de création poétique pour le Printemps des Poètes 2010 "couleur femme" ? hein ?

Les routes

Si tu sautes par-dessus la haie
Vers les routes en triangle

Tu trouveras l'Automne
Allongée comme un cadavre
Couchée de toutes ses feuilles

Tandis que d'une cheminée
Montera la première chaleur
Étoile rouge du berger
Avec sa coiffe de magicienne.

Andrée Chedid ("Textes pour un poème", GLM et Flammarion, 1950)

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La vague
[ce poème a été retiré en attendant vérifications : texte et références]


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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de LUCIE SPÈDE

- Lucie Spède -

Lucie Spède, née en 1936, est une poétesse belge de langue française.
Quelques recueils : Volte-face, 1973 ; Inventaire, 1974 ; Comme on plonge en la mer, 1984 -  ; Chansons de l'oiseau, 1993 ; J'ados, 2002

Tu penses que la vie est grise,
Mais ce sont tes lunettes qui sont sales.

Lucie Spède

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Définition

 L'humour ?
C'est l'humeur
qui devient jaune soleil
les yeux
qui se font champagne
le visage
qui se fend d'un sourire
les poumons
qui ouvrent leurs pétales
la voix
qui cascade son rire.
C'est un regard
un mot
un dessin
une musique
en tenues de fête
une façon
de porter en toutes saisons
ses lunettes solaires
pour regarder
la vie
.

Lucie Spède 

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Le mille-pattes

 Un mille-pattes à un mariage invité
n'y est jamais arrivé
car il n'a pas pu achever
de lacer tous ses souliers.

Lucie Spède

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Oh dodo

L'édredon
et ron et ron
est le bidon
dodu et rebondi
du lit.

Lucie Spède

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Météo

Les escargots
sont de sortie :
sortons nos parapluies.
Les limaces
sont sur le chemin :
ouvrons larges nos pépins.

Lucie Spède (dans "L'almanach de la poésie", anthologie rassemblée par Jacques Charpentreau - Éditions Ouvrières, 1983)

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Le monde à l'envers

Un jour où je dormais les yeux ouverts,
J'ai rêvé qu’après un grand tremblement de mer,
Le monde entier fonctionnait à l'envers,
Les Esquimaux se retrouvèrent en paréos et
Les Hawaïens dans des igloos,
Les libellules rampaient comme des limaces,
Les tortues fendaient l'air de leur carapace,
Les escargots filaient à toutes pattes et
Les zèbres pesants laissaient passer les mille-pattes,
Les poissons perchaient dans les bois,
Les oiseaux nageant chantaient sous l'eau à pleine voix,
Les crabes marchaient droit,
Les arbres plantaient leurs racines dans l'espace,
Les nuages se roulaient dans la mer et
Les vagues bruissaient dans le ciel,
Et moi, je marchais à travers tout cela,
La tête en bas, et tout émerveillée,
Je souriais de tous mes orteils.

Lucie Spède 

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de YAK RIVAIS

- Yak Rivais -

Yak Rivais, enseignant et auteur pour la jeunesse, est né en 1939. Il a écrit de nombreux ouvrages, mêlant contes et jeux de mots ("Les demoiselles d'A" est composé exclusivement de phrases empruntées à différents ouvrages). Dans  "Les sorcières sont N.R.V.", il s'est exercé avec talent au tautogramme (tous les mots commencent par la même lettre).
Ce livre contient bien d'autres expériences auxquelles l'auteur soumet le langage. 

livre_Yak_Rivais_sorci_resCauchemar !

Voici Venir Vingt Vampires Verts !
Six Sales Sorcières Sifflantes Suivent !
Deux Dragons Déchaînés Dégobillent Des Déchets Dégoûtants
Attention Aux Affreux Assaillants !
Courez, Car Cinquante Crapauds Crachent Cent Cancrelats Caoutchouteux !
Trente Terrifiants Tapirs Tonitruent !
Mille Monstres Marins Mordent
!
Cent Cavaliers Chevauchent Cent Centaures Colossaux !
Douze Diables Dévorent Douze Dames Désespérées !
Fuyez Faibles Femmes !

Yak Rivais ("Les sorcières sont N.R.V." - L'École des Loisirs, 1989)
et Claude Gagnière, dans "Au bonheur des mots", page 132 (éditions Robert Laffont, 1989)

logo_cr_ation_po_tique Tautogramme 
Cet exercice est ardu, car respecter la contrainte à la lettre (c'est bien ça), complique la construction de phrases.
Pour réduire la difficulté, on peut limiter le nombre de mots par initiale, ou/et décider que seuls les verbes, noms, adverbes et adjectifs obéiront à la règle. On obtiendra alors un effet d' allitération. Voir d'autres tautogrammes dans la partie "JEUX".

Exemple :
1. 
Votre vieux vélo va si vite que vous volez.
Voulez-vous vraiment que je voyage avec vous ?

2. 
Un simple serpent suffit souvent à soulager les sinusites
Faites-le frire, farinez-le et frappez-vous fortement le front.

On trouvera ici des productions d'élèves, avec de vrais tautogrammes :
http://www.ac-nancy-metz.fr/petitspoetes/HTML/SALLESDEJEUX/JEUTAUTOGRAM.html

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JEAN ARP

image_Jean_Arp_collage

- Jean (Hans) Arp -

(image : collage de Jean Arp)  Jean (ou Hans) Arp (1886-1966), poète, sculpteur et peintre français (d'Alsace), a appartenu au Mouvement Dada, qu'il a contribué à fonder, et au Mouvement surréaliste. Un ouvrage est paru en 1966, posthume, réunissant son oeuvre écrite en français : Jours effeuillés  (éditions Gallimard). Arp a aussi écrit et édité en allamand ("Unsern täglichen Traum" [Nos rêves quotidiens], 1955). 

Un ouvrage est paru en 1966, posthume, réunissant son oeuvre écrite en français : Jours effeuillés  (Gallimard). Arp a aussi écrit et édité en allamand ("Unsern täglichen Traum", 1955).

"Nous ne voulons pas copier la nature. (...) Nous voulons produire comme une plante qui produit un fruit et ne pas reproduire. Nous voulons produire directement et non par truchement. Comme il n'y a pas la moindre  trace d'abstraction dans cet art nous le nommons : art concret."                   
                  
                  "L'homme fait à tous les instants des déclarations définitives sur la vie, l'homme et l'art, et ne sait pas plus que le champignon ce qu'est la vie, l'homme et l'art."

Jean Arp

De ce "Bestiaire sans prénom" de Jean Arp, on a isolé chaque paragraphe, comme de petits poèmes. On trouve souvent le dernier paragraphe présenté seul et titré "La puce",  et plus rarement le paragraphe "le papillon".

Bestiaire sans prénom

l'éléphant est amoureux du millimètre
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
l'escargot est fier
sous son chapeau d'or
son cuir est calme
avec un rire de flore
il porte son fusil de gélatine
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
l'aigle a des gestes de vide présumé
son pis est rempli d'éclairs
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
le lion porte une moustache
en pur gothique flamboyant
et des souliers pâles et purgés
comme un néo-soldat
après une défaite de lune
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
la langouste descend du mât
échange sa canne contre une baguette
et remonte avec son bâton
le long du tronc d'arbre
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
la mouche avec un regard ronflant
repose son nez sur un jet d'eau
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
la vache prend le chemin de parchemin
qui se perd dans un livre de chair
chaque poil de ce livre
pèse une livre
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
le serpent saute avec picotement et picotement
autour des cuvettes d'amour
remplies de cœurs percés de flèches
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
le papillon empaillé
devient un papapillon empapaillé
le papapillon empapaillé
devient un grandpapapillon grandempapaillé

- - - - - - - - - - - - - - - - - -
le rossignol frère du sphinx
arrose des estomacs des cœurs des cerveaux des tripes
c'est-à-dire des lys des roses des œillets des lilas
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
la puce porte son pied droit
derrière son oreille gauche
et sa main gauche
dans sa main droite
et saute sur son pied gauche
par-dessus son oreille droite


Jean Arp (écrit en 1940 et paru dans un recueil posthume : "Jours effeuillés", Poèmes, Essais, Souvenirs, 1920-1965 - éditions Gallimard, 1966)

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Firi

lion de nuit é pli
dépli ivri par pli
débranche si pi si pli
firi firi
i
gli
car rond ton son piri
tiu tiu en voute
ilion ti piri
lion signole ré mi
si illicide lyrie
inique isis si pli
son ton é rond enchante
invoute empli la nuit
tiu tiu é glu
supu tiu glu
glu supu
tulu

Jean Arp (écrit en 1924, mêmes références)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MARC DELOUZE

- Marc Delouze -

Marc Delouze est né en 1945.
Extraits de sa biographie sur le site du Printemps des Poètes :
Son premier recueil paraît en 1971. Quelques années plus tard, se refusant à "faire le poète", il s'installe dans un silence éditorial d'une vingtaine d'années, pendant lesquelles il travaille à la recherche de nouveaux supports d'expression poétique liés à la Cité : spectacles de rue, poésie musicale, interventions diverses...et, en 1982, il crée l'association "Les Parvis Poétiques", qui organise des événements, des festivals, des expositions sonores, des lectures-spectacles, etc.

Dernière publication en date : "C'est le monde qui parle" (récit - éditions Verdier, 2007).

Marc Delouze a mis en poèmes animaux les instruments de musique, en voici deux :

Le tambourin

Chitiki le kangourou
a volé plein de grelots
se karapatte à grands sauts
mais son ventre fait un bruit
à réveiller les nuages
Chitiki Chitiki
Chitiki le kangourou
n'est pas surpris

IL EST SOURD

Marc Delouze

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La grosse caisse

Tontakès
le dinosaure
patatauge
dans la gadoue
puis il s'essore
comme un torchon

À PATTES

Marc Delouze

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1 avril 2008

PRINTEMPS DES POÈTES 2009 - EN RIRES - DIVERS AUTEURS

 sens_interdit_sourire_et_tristeLes textes publiés n'ont pas tous fait l'objet d'une demande d' autorisation.
  Les ayants droit peuvent nous en demander le retrait. 

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  •  Des pistes pour la création poétique* renvoient au sommaire des textes. Quelques-uns sont accompagnés d'exemples ou d'adresses où vous pourrez trouver des idées, des productions d'élèves, des conseils.

et  :

L'HUMOUR des COMPTINES - ANGLAIS et ESPAGNOL

L'HUMOUR des POÈTES - ANGLAIS et ESPAGNOL

L'HUMOUR des POÈTES - AUTRES LANGUES (sauf anglais-espagnol)

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1 avril 2008

EN RIRES - Pour la création poétique

- - - - - - - - - - -   (RÉ)CRÉATION POÉTIQUE   - - - - - - - - -

logo_cr_ation_po_tique

signalée par [+ CRÉATION] dans le sommaire

Poésies, comptines, jeux de langage,  permettent de produire différentes formes d'écrits amusants avec les élèves, dans un projet de création poétique.

  • Allitérations, assonances, virelangues (voir Comptines) -  Pierre Coran , Boby Lapointe / Géo Norge
  • Anagramme -  Pierre Coran
  • Art postal et poème-adresse - Stéphane Mallarmé
  • Cadavre exquis - André Breton et le Surréalisme
  • Calligrammes - Pierre Albert-Birot / Apollinaire / Madeleine le Floch / Jean Lescure
  • Comptines : voir le SOMMAIRE, Michel Beau, Pierre Béarn, ainsi que la catégorie consacrée à Jean Tardieu ICI  
  • Chansonnettes répétitives (ou comptines chantées) - Louisa Paulin 
  • Conjugaison inventive - Alphonse Allais / Luc Bérimont
  • Découpage-collage de mots - Tristan Tzara et le Mouvement Dada
  • Description réduite - Jacques Roubaud  
  • Dialogues - Jean Tardieu [voir la catégorie consacrée à Jean Tardieu ICI ] 
  • Fables - Gabriel Macé (Jean de la Futaille) / Guillevic / Jean-Luc Moreau 
  • Fables express -  Alphonse Allais /  Guillevic 
  • Géométrie poétique - Guillevic - Jacques Roubaud
  • Haïkus et poèmes courts - voir le sommaire et Paul Claudel / Jules Renard
  • Jeux : acrostiches, charades, devinettes, suite de syllabes - voir sommaire, Jacques Charpentreau et Carl Norac 
  • Jeux avec les sons, échanges de voyelles et de consonnes, verlan - Luc Bérimont / Boby Lapointe, Jean-Hugues Malineau, etc.
  • Langage (ré)inventé - Robert Desnos / Maurice Fombeure /  Géo Norge / Jean Tardieu [voir sa catégorie ICI ]
  • Lettres de l'alphabet, chiffres, signes : évocation - Paul Vaillant-Couturier
  • Mono-rimes voyelles  - Pierre Menanteau / Andrée Chedid / Robert Desnos / Gilbert Saint-Pré
  • Mots-valises -  Michel-François Lavaur, Henri Michaux
  • Mots inventés - Luc Bérimont / Robert Desnos / Guillevic / Boby Lapointe / Henri Michaux / Boris Vian  
  • Onomatopées -  Pierre Albert-Birot / Luc Bérimont
  • Orthographe -  Jacques Prévert
  • OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle) + palindromes, holorimes...   - Alphonse Allais / Raymond Queneau / Louise de Vilmorin
  • Pastiches, imitation de textes connus -  Charles Cros / Raymond Queneau / Andrée Chedid
  • Poème-adresse - Stéphane Mallarmé
  • Poème carré -  Jean Lescure
  • Poème-objet - André Breton
  • Poème multiple - Raymond Queneau  
  • Poème-pancarte, slogan - Pierre Albert-Birot 
  • "Portraits" d'objets, d'animaux -  Pierre Gamarra - Jules Renard - Jacques Roubaud
  • Proverbes, dictons illustrés ou détournés -  Jacques Charpentreau, Luc Decaunes
  • Publicité -  Henri Heurtebise
  • Recettes - Guillevic / Jacques Prévert 
  • Répétition de mots et de syllabes - Boby Lapointe 
  • Structures répétées, poèmes "à la manière de ..." Paul Éluard, Luc Bérimont,  Alain Bosquet,  Maurice Carême, COMPTINES, Jacques Charpentreau, Pierre Coran, Robert Desnos, André Frédérique, Robert Gélis, Luce Guilbaud, Jean-Luc Moreau, Claude Roy,   Jacques Prévert,   etc / et Jean Tardieu [voir la catégorie Jean Tardieu ICI ]
  • Tautogramme - Yak Rivais dans JEUX DIVERS (ci-dessous)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MAURICE DONNAY

- Maurice Donnay -

Maurice Donnay (1859-1945) est un écrivain français, humoriste, poète, chansonnier du "Chat noir" (voir Alphonse Allais), et prolifique auteur de théâtre.

On connaît le début de ce poème d'Alfred de Vigny, "Le cor" :

J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Maurice Donnay s'en est inspiré pour une fable, jeux de mots à l'appui :

Le serpent et le cor de chasse

Un jour, un grand serpent, trouvant un cor de chasse,
Pénétra dans le pavillon
Et comme il n'avait pas beaucoup de place,
Dans l'instrument le reptile se tasse.
Mais, terrible punition !
Quand il voulut revoir le grand air et l'espace,
Et la vierge forêt au magique décor,
Il eut beau tenter maints efforts,
Il ne pouvait sortir du cor,
Le pauvre boa constrictor ;
Et pâle, il attendit la mort.
Moralité :

Dieu ! comme le boa est triste au fond du cor !

Maurice Donnay

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de GEORGES PEREC

- Georges Perec -

Georges Perec (1936-1982), écrivain, poète, a placé la majeure partie de son oeuvre sous les contraintes de l'Oulipo. Voir le paragraphe consacré à ce Mouvement littéraire et à Raymond Queneau, ainsi que Jean Lescure. Perec est l'auteur de La Vie Mode d’emploi (éditions Hachette/POL 1978) et de La disparition (éditions Denoël, 1969), roman de 300 pages sans la lettre E (voir ci-dessous).

Les contraintes de l'OULIPO, en dehors du plaisir que peut prendre l'auteur au jeu de construction lui-même, produisent parfois d'étonnants effets. On cherchera ici la meilleure diction, pour cette accumulation d'infinitifs.

Déménager

Quitter un appartement. Vider les lieux.
Décamper. Faire place nette. Débarrasser le plancher.
Inventorier, ranger, classer, trier.
Éliminer, jeter, fourguer.
Casser.
Brûler.
Descendre, desceller, déclouer, décoller, dévisser, décrocher.
Débrancher, détacher, couper, tirer, démonter, plier, couper.
Rouler.
Empaqueter, emballer, sangler, nouer, empiler, rassembler, entasser, ficeler, envelopper, protéger, recouvrir, entourer, serrer.
Enlever, porter, soulever.
Balayer.
Fermer.
Partir.

Georges Perec ("Espèces d'espaces" - éditions Galilée, 1974)

logo_cr_ation_po_tique L'infinitif à l'infini

Ce procédé a été tenté par des élèves de collège (5e) ici :
http://paroles2.free.fr/demenager.html

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Georges Perec, dans son roman "La Disparition", s'est interdit d'utiliser la lettre "E", la plus fréquente en français. C'est ce qu'on appelle un lipogramme. Ci-dessous, extrait de cet ouvrage, "Vocalisations" est la réécriture sans "E" du poème "Voyelles", d'Arthur Rimbaud (l'original est à la suite). Évidemment, il fallait s'attendre à quelques difficultés, pour l'auteur ... et pour le lecteur.

Vocalisations

A noir, (Un blanc), I roux, U safran, O azur:
Nous saurons au jour dit ta vocalisation :
A, noir carcan poilu d'un scintillant morpion
Qui bombinait autour d'un nidoral impur,

Caps obscurs; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d'anis ?
I, carmins, sang vomi, riant ainsi qu'un lis
Dans un courroux ou dans un alcool mortifiant;

U, scintillations, rond divins du flot marin,
Paix du pâtis tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savoir aux grands fronts imprima;

O, finitif clairon aux accords d'aiguisoir,
Soupirs ahurissant Nadir ou Nirvâna :
O l'omicron, rayon violin dans son Voir !

Georges Perec ("Espèces d'espaces" - éditions Galilée, 1974)

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Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (écrit en 1871, édité en 1883 dans "Lutèce")

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de MICHEL BESNIER

- Michel Besnier -

Michel Besnier (né en 1945) , enseignant, romancier et poète, écrit pour la jeunesse. Un de ses derniers recueils en date : " Mon KDI n’est pas un KDO ", est une succession d'images poétiques et loufoques dans un supermarché. Il est paru en 2008 aux éditions Motus (au prix de 9,50 €, mais on ne le trouve pas en supermarché).

C'est le titre proposé par le blog pour le premier poème de ce recueil (les poèmes n'ont pas de titre particulier) :

Mon KDI n’est pas un KDO

Ingouvernable
ça tangue
ça couine
ça coince
tire à droite
tire à gauche
bloque
et accélère
cogne un mollet
file un collant
pardon madame

Mon KDI
n’est pas un
KDO

Michel Besnier (" Mon KDI n’est pas un KDO " illustré par Henri Galeron, éditions Motus, Collection Pommes Pirates Papillons, 2008)

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Un autre recueil : "Le rap des rats" :

Le rap des rats (ces deux poèmes n'ont pas de titre particulier)
 
1

C’est le rap des ratslivre_Michel_Besnier_le_rap_des_rats
qui rasent les murs
qui dérapent
qui se cachent
qui apachent
C’est le rap des rats
des durs des rapaces
qui rapinent
qui ravinent
qui ratinent
C’est le rap des rats
les rois des parias
qui travaillent
qui creusaillent
boustifaillent
C’est le rap des rats
qui grignotent
qui papotent
avec leurs potes
C'est le rap des rats
des rongeurs
des râleurs
des rôdeurs
renifleurs
C'est le rap des rats
qu'on n'aime pas
connaît pas
attire a-
vec des appâts
C'est le rap des rats
pas méchants
ou pas plus
que les gens
qui les tuent


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2


On en a ras le bol nous les rats
On en a ras le bol
nous les rats
d’être symboles
du choléra
de la peste et du reste
Hiroshima
c’est pas nous
le Rwanda
c’est pas nous
la vache fada
c’est pas nous
la grippe poulaga
c’est pas nous
l’air cracra
c’est pas nous.

Michel Besnier (" Le rap des rats " illustré par Henri Galeron, éditions Motus, Collection Pommes Pirates Papillons, 1999)

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Trois poèmes pour un troisième recueil : "Le Verlan des oiseaux et autres jeux de plumes" :

Un oiseau

Un oiseau
qui mange
trop
de granulés
devient
gras
nul
et laid

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Mes résidences

Je n’habite pas du côté de l’océan
mais du côté de la goutte d’eau

Je n’habite pas du côté de la forêt
mais du côté du brin d’herbe

Je n’habite pas du côté de l’ouragan
mais du côté du courant d’air

Je n’habite pas du côté de l’aigle
mais du côté du pingouin

Dites-moi où vous habitez
si vous habitez mon quartier

Je viendrai un de ces jours
vous dire un petit bonjour

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Deux pigeons

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre,

Deux corbeaux s’aimaient d’amour noir,

Deux mésanges s’aimaient d’amour bleu,

Deux pies s’aimaient d’amour bavard,

Deux autruches s’aimaient d’amour lourd,

Deux pinsons s’aimaient d’amour gai,

Deux vautours s’aimaient eux aussi.
Michel Besnier ("Le verlan des oiseaux et autres jeux de plumes")

Michel Besnier ("Le Verlan des oiseaux et autres jeux de plumes" illustré par Henri Galeron, éditions Motus, Collection Pommes Pirates Papillons, 1995)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de JEAN-HUGUES MALINEAU

- Jean-Hugues Malineau -

Jean-Hugues Malineau (né en 1945), est un poète d'aujourd'hui,  et l'un des acteurs essentiels pour la diffusion, la connaissance des auteurs et des textes en milieu scolaire, animateur d'ateliers de création poétique.
"Jean-Hugues Malineau propose des rencontres scolaires (de la maternelle à l'université) sur la poésie, ou des ateliers d'écriture durant lesquels il s'adresse à la sensibilité, à l'humour, à l'imagination, au sens rythmique, à la sensualité comme à la logique ou à la culture de l'enfant." Plus d'infos à son adresse Web (lien cliquable) :
http://jhmalineau.free.fr/


livre_Malineau_pas_si_b_tesLe ragondin

Un ragondin ragondait
Les gontes de milles et une gouttes
Aux grenouilles qui égoutaient
Gaptivées en gassant la groûte.

Jean-Hugues Malineau ("Pas si bêtes, les animaux" - Éditions de L'École des loisirs, 2003)

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Le perroquet

C'est très coquet
Un perroquet


Des plumes rouges
Bleues violettes
Ça vit ça bouge
Et ça répète


C'est très coquet
Un perroquet


Dans un baquet
Un perroquet
Ça fait trempette
Et ça répète


C'est très coquet
Un perroquet


C'est beau, c'est sec
Après toilette
Et ça répète
Du bout du bec


C'est très coquet
Un perroquet


Tais ton caquet
Vieux perroquet
Mais ça répète
Saperlipopette

C'est très coquet
Un perroquet

Jean-Hugues Malineau ("Prête-moi tes plumes" - Éditions de L'École des loisirs, 1978)

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour de CORINNE ALBAUT

- Corinne Albaut -

livre_comptines_rentr_eCorinne Albaut écrit, publie, interprète des comptines pour les petits.
Elle dirige aussi la collection "Les Romans Bleus" (Gulf Stream éditeur - 2006), pour les ados de 11 à 14 ans, dans laquelle elle a écrit Chicago Blues. D'autres romans sont parus chez Acte Sud junior.
Dans la jolie collection
"Les Petits Bonheurs", toujours chez Acte Sud junior, on trouvera plusieurs petits recueils intitulés "Comptines pour ...", à commander et à recommander aussi aux parents (6,50 € chacun en librairie).

Les trois classes

Dans la classe
de Monsieur Leblond,
On cultive des potirons.

Dans la classe
de Madame Levert,
On cultive des primevères.

Dans la classe
de Mademoiselle Legris,
On cultive des radis.

Dans son bureau
La directrice, elle
fait pousser des myosotis.

Corinne Albaut ("Comptines pour la rentrée des classes" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

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Une autre comptine, trouvée dans le recueil "Comptines pour compter" :
 

Sept jours sur sept 

Sept jours, dans la semaine,
    Pour porter tout ce que j'aime.
Lundi, mon tee-shirt canari,
    Mardi, mon pull gris souris,
    Mercredi, mon short kaki,
    Jeudi, mon bermuda fleuri,
    Vendredi, ma chemise bleu nuit,
    Samedi, mon polo cramoisi,
    Dimanche, ma casquette blanche.

Chic, des pieds à la tête,
    Sept jours sur sept.

Corinne Albaut ("Comptines pour compter" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1997)

logo_cr_ation_po_tique À la manière de Corinne Albaut : " Dans la classe de ... "

On trouve dans le recueil cité deux autres variantes de cette comptine. Leur structure peut être reprise et adaptée au cours d'une séance de création poétique orale en maternelle. L'occasion de jouer avec les sons, les rimes. Voyez ICI un exemple de ce travail dans une classe de CP.

À la manière de " Sept jours sur sept ... "

Cette comptine se prête également à l'humour, et pas uniquement avec les vêtements :

Exemple proposé par le blog, avec des rimes  ou assonances diverses :

Une semaine de vacances

Sept jours, dans la semaine,
Pour faire tout ce que j'aime.
Lundi, gagner à la loterie
Mardi, acheter un hélicoptère
Mercredi, faire le tour de la Terre

Jeudi, acheter un paquebot
Vendredi, voyager jusqu'à Rio
Samedi, ouf la semaine s'achève,
Dimanche, me reposer de mes rêves.

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Et ce dernier texte, bien dans le thème de l'humour dans le recueil "Comptines pour jouer à avoir peur" :

Avoir un dragon chez soi 

Avoir un dragon chez soi
Ce n'est pas si mal que ça,
Surtout lorsqu'il fait très froid.

Quand on lui tire la queue
Ça le rend tellement furieux
Que sa gueule crache du feu.

Il réchauffe l'appartement,
Il sèche les vêtements,
Les parents sont tout contents.

Corinne Albaut ("Comptines pour jouer à avoir peur" - collection "Les Petits Bonheurs", Actes Sud Junior, 1996)

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1 avril 2008

PP09 : L'humour de MAURICE FOMBEURE

- Maurice Fombeure -

Maurice Fombeure (1906-1981) est un romancier et poète français.
Son recueil de poèmes le plus connu est "À dos d'oiseau", édité en 1942 aux éditions Gallimard et disponible en Poésie-Gallimard.

Chanson de la pluie

À dos de mule
À dos d'oiseau
À dos de libellule hulot
À dos de rat-mulot
À pas  de campanule
À bras de mélilot
S'en va la pluie à bulles
S'en va la pluie sur l'eau

Une pluie fil à fil
Qu'habille l'horizon
Et de fil en aiguille
Va jusqu'à la maison,
" Va jusqu'à la maison
Tu trouveras ma mère
Qu'est assise au tison
Qui recoud des linceuls
Ou qui tire au rouet
Toute  sa vie amère,
Demande-lui z'à boire
Z'à boire et à manger..."
Mais la pluie perd la mémoire
À force de voyager,

À force de voyager
Sur ses pattes de gouttes rondes
Faire le tour du monde.
À dos de mule
À dos d'oiseau
À dos de libellule hulot
À dos de rat-mulot
À pas de campanule
À bras de mélilot
S'en va la pluie à bulles
S'en va la pluie sur l'eau !

Maurice Fombeure ("À chat petit" - éditions Gallimard, 1967)

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Air de ronde

On dansa la ronde,
Mais le roi pleura.
Il pleurait sur une
Qui n’était pas là.

On chanta la messe,
Mais le roi pleura.
Il pleurait pour une
Qui n’était pas là

Au clair de la lune,
Le roi se tua,
Se tua pour une
Qui n’était pas là.

Oui, sous les fougères
J’ai vu tout cela,
Avec ma bergère
Qui n’était pas là.

Maurice Fombeure

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1 avril 2008

PP 09 : L'humour d'HENRI MICHAUX

- Henri Michaux -

Henri Michaux (1899-1984) est né en Belgique. Il a acquis en 1955 la nationalité française. Il découvre Lautréamont (Les chants de Maldoror), dont on retrouve l'empreinte dans son œuvre écrite poétique, à la marge du Surréalisme. Il écrit des carnets de voyages (Écuador), d'autres récits, imaginaires ceux-là, de voyages (en Asie notamment), et des récits de ses expériences avec les drogues ...
Voir sur ce blog la catégorie qui lui est consacrée :
HENRI MICHAUX et ses "Propriétés"

Le grand combat

Il l'emparouille et l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu'à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerveau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
Et on vous regarde,
On cherche aussi, nous autres le Grand Secret.

Henri Michaux ("Qui je fus" - NRF, 1927, paru en Poésie-Gallimard)

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Mes occupations

Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre. D'autres préfèrent le monologue intérieur. Moi, non. J'aime mieux battre.
Il y a des gens qui s'assoient en face de moi au restaurant et ne disent rien, ils restent un certain temps, car ils ont décidé de manger.
En voici un.
Je te l'agrippe, toc.
Je te le ragrippe, toc.
Je le pends au porte-manteau.
Je le décroche.
Je le repends.
Je le redécroche.
Je le mets sur la table, je le tasse et l'étouffe.
Je le salis, je l'inonde.
Il revit.
Je le rince, je l'étire (je commence à m'énerver, il faut en finir), je le masse, je le serre, je le résume et l'introduis dans mon verre, et jette ostensiblement le contenu par terre, et dis au garçon : " Mettez-moi donc un verre plus propre. "

Mais je me sens mal, je règle promptement l'addition et je m'en vais.

Henri Michaux ("La nuit remue" - NRF, 1937, paru également en Poésie-Gallimard)

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1 avril 2008

PP 09 : L'humour de MALCOM DE CHAZAL

- Malcolm de Chazal -

Malcolm de Chazal (1902-1981), écrivain, essayiste, poète surréaliste et peintre, a vécu sur l'Île Maurice où il est né.
Les poèmes en forme d'aphorismes du recueil "Sens magique", sont de courts textes imagés et surréalistes. En voici un aperçu  :

La vitre (titre proposé)

La vitre
Ne sait
Par
Quel côté
Se regarder
Pour se reconnaître.

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L'eau (titre proposé)

L'eau dit à la vague :
"Tu me bois.
-Comment le pourrais-je ?
Reprit la vague,
Je suis ta bouche."

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L'auto (titre proposé)

L'auto
N'atteindra
Jamais
La vitesse
de la route.

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Les animaux (titre proposé)

Tous les animaux
Sourient
Quand
Ils boivent.

Malcolm de Chazal ("Sens magique" 1957 - dans Oeuvres, tome 14, éditions Léo Scheer, 2004)

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1 avril 2008

PP09 : L'humour de LUC DECAUNES

- Luc Decaunes - et proverbes

Luc Decaunes (1913-2001), instituteur et journaliste français, était écrivain, biographe ("Les idées noires" , "Vie de Paul Éluard"...) et poète ("Le feu défendu", "Récréations", "Le cœur légendaire"...).
Sans appartenir lui-même réellement au Mouvement surréaliste, il était proche d'Éluard, Aragon, Tzara.

Du recueil Chansons pour un bichon, qui comprend 60 chansons pour enfants (dont Luc Decaunes a écrit également la musique) qu'on peut considérer comme des poèmes, voici deux titres :

Le porc-épic (chanson)

Avez-vous vu le porc-épic
Qui se baladait place du Trône ?
Avez-vous vu le porc-épic
Qui remontait la rue Lepic ?
Pic pic pic !
Dit le porc-épic,
Je ne pique pas, ma parole !
Pic pic pic !
Dit le porc-épic,
Je ne pique pas les aspics !

Luc Decaunes ("Chansons pour un bichon" - Éditions Seghers, 1979 et réédition 1999)

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Le tamanoir n'est pas bien vu (chanson)

Refrain :
Non !
Je ne veux pas vous voir,
Monsieur le Tamanoir !

I
Dans notre ferme il est un chien
Qui sent mauvais, qui ne vaut rien ;
Chacun se sauve quand il vient.
Moi... je l'appelle mon copain.

II
Dans la montagne il est un loup
Avec des yeux comme des trous
Et le
cœur dur comme caillou
... À qui j'ai donné rendez-vous.

III
Dans la rivière est un poisson
Qui ne mord pas les hameçons,
Seulement les petits garçons.
... On est amis comme cochons !

IV
Et dans mon lit sont des souris
Rongeant mes pieds à petits cris.
... Je leur apporte chaque nuit
Du bon fromage et du pain bis.

V
J'ai rencontré un éléphant,
Trompe terrible et grandes dents,
Qui fait peur à tous les enfants !
... Il a mon cœur, ce bon géant.

Luc Decaunes ("Chansons pour un bichon" - Éditions Seghers, 1979 et réédition 1999)

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Dans son recueil "Récréations" (Éditions Rougerie, 1977), Luc Decaunes s'est amusé à détourner des proverbes, des dictons.
En voici quelques-uns, choisis parmi les plus "convenables". Le jeu pour les élèves consiste à retrouver le proverbe initial :

Proverbes

Il n'y a pas de fusée sans queue.

Qui va en classe, perd sa grâce.

L'ennui porte conseil.

Il y a loin de la poule au lièvre.

Plus on a de poux, plus on vit.

Un bon chien vaut mieux que deux rats.

Tel blair, tel pif.

Qui trop embrase mal éteint *.

Luc Decaunes ("Récréations" - Éditions Rougerie, 1977)

* On trouve ce dernier proverbe dans un album du "Chat" de Philippe Geluck, les grands spirituels se rencontrent.

logo_cr_ation_po_tiqueDétournement de proverbes, de dictons

Répertorier des dictons et des proverbes, dans lesquels on remplacera certains noms ou verbes par des mots de sonorités approchantes, en gardant la construction initiale. C'est encore mieux si le proverbe prend un nouveau sens, amusant (comme plusieurs dans la liste ci-dessus).

Exemples classiques (ou presque) :

Ne remets jamais à deux mains ce que tu peux faire avec une seule.
Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers (attribué à Raymond Queneau).
À vaincre sans baril, on triomphe sans boire.

 

Une variante consiste à ne modifier que la fin du proverbe, pour provoquer une surprise. marquer un temps d'arrêt avant la "chute".

Exemples :
Neige en novembre... Noël en décembre.
C'est au pied du mur qu'on voit le mieux... le mur (JM Bigard).
On a souvent besoin de petits pois chez soi (ancienne publicité) 

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Exemples d'un autre auteur, Guy de la Mothe ("Jeu des proverbes travestis", dans "Notes en marge") :

Jamais deux sans trois >  Jamais deux sans toi.
À quelque chose malheur est bon >  À quelque rose bonheur est bon.
Mon verre n'est pas grand mais je bois dans mon verre >  Mon rêve n'est pas grand mais je bois dans mon rêve.

variante proposée par le blog  : Mon rêve n'est pas grand mais je crois dans mon rêve.

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1 avril 2008

PP 09 - L'humour d'HENRI DÈS

- Henri Dès -

Henri Dès, né en 1940, un chanteur connu des enfants.
Il est même passé à l'Olympia (la preuve en image avec le CD ci-contre).
Plus de 20 albums.

Le site officiel du chanteur, où on peut écouter des extraits de tous les titres, rangés par album, et imprimer est ici :
http://www.henrides.net/

On trouve une sélection de textes (31) avec partition, ici :
http://perso.orange.fr/partitions/primaire/des/des.htm

Voici le début d'une chanson extraite du CD Les bêtises (photo):

Avec les copains

On aime bien avec les copainsHenri_D_s_b_tises
Aller faire un tour dans le bois tout près.
On y passe l'après-midi
On fait les malins
On est comme des fous.

On aime bien avec les copains
Aller faire un tour en forêt
On y passe l'après-midi
La forêt elle est rien qu'à nous.

On prend des fusils de chasse
Bout de bois sur un bout d'tuyau
On se frotte la figure
Les deux mains trempées dans de la boue.

On dit qu"on part à la chasse
Dans le pays des zozos
Ça nous fait une drôle d'allure
Y a des loups garous partout ...

Henri Dès (CD "Les bêtises" - Disques Mary Josée, 1999)

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Un deuxième texte, extrait d'un autre disque :

La marche des chapeaux

Quand je mets mon chapeau gris
C'est pour aller sous la pluie

Quand je mets mon chapeau vert
C'est que je suis en colère
Et je mets mon chapeau mou
Quand ça ne va plus du tout

Quand je mets mon galurin
C'est pour aller au jardin

Quand je mets mon chapeau bleu
C'est que ça va déjà mieux
Et je mets mon chapeau blanc
Quand je suis très content

Quand je mets mon p'tit béret
C'est pour aller au muguet

Et je mets mon chapeau rond
Pour aller aux champignons
Avec une plume au bout
C'est pour aller partout

Quand je mets mon grand chapeau
C'est pour jouer du piano

Quand je mets ma p'tite casquette
C'est pour jouer d'la trompette
Et je mets mon capuchon
Pour jouer du violon

Henri Dès (dans le disque "Flagada" -  Disques Mary Josée, 2005)

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1 avril 2008

PP 09 - l'humour des HAÏKUS

- Haïkus -

Les haïkus de ce paragraphe sont empruntés à "Ploc, la revue du haïku" , publication gratuite proposée à l'adresse www.100pour100haiku.fr. au format pdf.

La revue consacre une grande partie de son intéressant n°18 de décembre 2008 à l'humour dans le haïku, documenté et classé par genre. Vous y trouverez forcément d'autres textes et des idées pour en produire avec les élèves.

D'autres haïkus sur ce blog avec une présentation de ce type de poésie ici : HAÏKUS - poésies des saisons

Auteurs traditionnels ou modernes japonais :

après avoir mangé
des pommes volées
mal au ventre

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je veux dormir
tue les mouches
mais sans bruit !

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Dites leur bien
que j’étais un mangeur de kakis
aimant les haïkus

Shiki Masaoka (1866-1902)

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Dans la vapeur du bain
Se dressent
Deux crânes rasés

Natsume Sōseki (1867-1916)

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sur la cane qui la frappe
se pose
la libellule

Kôhyô (1866-1903)

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sous le divin nez
du divin Bouddha
pend une morve de glace

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Début de printemps
Aux sottises s’ajoutent
De nouvelles sottises

Kobayashi Issa (1763-1828)

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j’ai manqué mon coup
la tête du clou
est toute tordue

Hosai Ozaki (1885-1926)

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Auteurs modernes occidentaux :

Voies désaffectées
plus de trains à regarder
des vaches ruminent

Patrick Druart (France ,contemporain)

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Somnolant dans l'herbe
J'ai servi de montagne
À deux ou trois fourmis

Thierry Cazals

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Le soleil couchant
A germé
Dans les citrouilles

Françoise Naudin

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La petite fille
A enjambé la chenille
D'un pas de géante

Françoise Naudin

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une poule dans la rue
le coq fait une drôle de tête
derrière le grillage

Luc Bordes (France, contemporain, dans "L’esprit du promeneur", éditions Publibook, 2003)

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la cheminée démontée
grand-père continue
à casser du bois

Klaus-Dieter Wirth (Allemagne,contemporain, traduction)

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Bras croisés
Sous la lune
Au milieu des vaches

Jack Kerouac (États-Unis d'Amérique, 1922-1969, traduction)

logo_cr_ation_po_tiqueHaïkus et poèmes courts

Dans sa forme traditionnelle et codifiée, le haïku est essentiellement un poème court de 3 lignes sur le thème des saisons. Les 3 vers comptent 5, 7 et 5 syllabes.
On pourra s'affranchir de cette règle stricte en gardant  à l'esprit que le contenu du haïku est une image, un instantané qui doit donner une représentation forte de la scène suggérée.

exemple : janvier tout blanc / feuille d'automne au cerisier / un rouge-gorge



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